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SOCIÉTÉ
DBS
LETTRES, SCIENCES ET ARTS
DES ALPES-MARITIMES
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ANNAL ES
DB I.A
SOCIÉTÉ
LETTRES, SCIENCES * ARTS
des
ALPES-MAR I Tl M ES
DÉCLARÉS .
ÉTABLISSEMENT D’UTILITÉ PUBLIQUE
par décret du 25 août 1879
Tome VI
NICE
IMPRIMERIE ANOLO-FRANÇAI8E
MALVANO-MIGNON
M — filofr^o. —
et chez tous les libraires
PARIS
XX. CHAMPION
libraire-éditeur
CORRESPONDANT DR LA SOCIETE
f K» Quai H «laquais
1 979
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Tous droits rései'vés
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SÉANCE PUBLIQUE ANNUELLE DU 19 MARS 1877
DISCOURS
du Président M. le Docteur LAMBRON
SCR
LES TRAVAUX ET SUR L’INFLUENCE SCIENTIFIQUE ET MORALE
DE LA SOCIÉTÉ
Mesdames, Messieurs,
Nous vivons au temps des études sérieuses et dans une
des phases les plus remarquables du développement des con-
naissances humaines.
Ce grand mouvement intellectuel, qui fera la gloire de no-
tre siècle, est la conséquence des découvertes scientifiques
faites depuis moins de cent ans.
Pour ne parler que des principales, ne devons-nous pas,
en effet, à la vapeur :
1° D’une part, le développement immense de toutes les
industries par la possibilité de mettre en action des machi-
nes de plus en plus puissantes, de plus en plus ingénieuses,
de plus en plus perfectionnées, qui nous permettent ainsi de
fabriquer vite, bien, en grande quantité et à bon marché ;
2* D’une autre part, la facilité des échanges commerciaux
sur tous les points du globe par suite de la rapidité des
voyages et des transports sur terre et sur mer ?
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Au télégraphe, les communications pour ainsi dire ins-
tantanées entre presque toutes les parties du monde : de
sorte, qu’en évitait les pertes de temps considérables d’au-
trefois , cette admirable invention augmente véritablement
la durée de l’existence humaine ?
A notre époque, en effet, on compte la longueur de la
vie, moins par le nombre des années, que par le nombre des
affaires réalisées.
De toutes parts on s’efforce de développer et d’entretenir
cet essor de l’esprit humain. Les grands Etats du globe ou-
vrent, tour ‘à tour, et comme à l’envi les uns des autres, de
splendides expositions internationales et convient tous les
peuples à .venir admirer, ainsi réunies, les merveilles in-
ventées par le génie de l’homme et exécutées par sa patience
et par son habileté.
Les nations, et surtout les nations européennes, pour rap-
procher des ouvriers, qui ne peuvent se déplacer, les pro-
duits si variés de leurs travaux, ouvrent, plus ou moins pé-
riodiquement, dans leurs capitales, dans leurs principales
villes, des concours, des expositions plus ou moins impor-
tantes, mais toujours d’un grand intérêt, des principaux
produits de l’agriculture , de l’ industrie , des lettres , des
sciences, des arts ; et, ainsi, incitent puissamment dans les
classes ouvrières l’intelligence, le zèle et l’émulation.
De plus, ces nations ont voulu mettre les travailleurs en
rapport constant les uns avec les autres, en favorisant le
plus possible, sur leurs territoires réciproques, la création
des Sociétés savantes, qui, quoique indépendantes, vivent
cependant dans des rapports intellectuels communs et cons-
tants par l’échange de leurs publications.
, La France, en particulier, est couverte de Sociétés de
lettres, de sciences, d’arts, d’agriculture. . . Tous ses chefs-
lieux de département en possèdent plusieurs ; on en voit
aussi dans bon nombre de ses chefs-lieux d’arrondissement.
Ces Sociétés toutes en rapport, comme nous venons de le
dire, par l’échange de leurs travaux, sont en outre réliées
entre elles par des Sociétés centrales, spécialement par 17ns-
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titut des provinces, qui a son siège à Paris et possède trois
cents membres titulaires, un nombre illimité de correspon-
dants et au moins un délégué dans chaque département; puis
par les grandes assises scientifiques que, sous le nom de
Réunion annuelle des délégués des Sociétés savantes à la
Sorbonne, le gouvernement fait tenir, chaque année, vers
Pâques, à Paris, en réunissant, dans le vaste amphithéâtre
de la Sorbonne, les savants qui s’y rendent de tous les points
de la France, et en distribuant des prix et des couronnes à
ceux qui lui apportent les œuvres les plus méritantes.
Par contre, d’autres Sociétés centrales se déplacent pour
aller trouver leurs sœurs cadettes et ouvrent chaque année,
ordinairement au temps des vacances, tour à tour, sur diffé-
rents points de la province et même des Etats voisins, une
grande réunion générale, où elles appellent tous les délégués
des autres Sociétés traitant des mêmes points de la science.
Dans Sa petite sphère, quelle part prend donc la Société
des Lettres, Sciences et Arts des Alpes-Maritimes, à ce
grand développement des connaissances humaines?
D’abord, elle a tous les quinze jours d’intéressantes séan-
ces, dans lesquelles ses membres apportent le résultat de
leurs travaux, de leurs recherches, de leurs découvertes, et
ainsi provoquent, par de savantes lectures ou par des im-
provisations, des discussions d’un haut intérêt et qui profi-
tent, non-seulement aux collègues qui les écoutent, mais
encore aux auteurs eux-mêmes; car de la discussion jaillit la
lumière.
Ensuite, au moyen de ses publications annuelles, autre-
ment dire de ses Annales, notre Société porte au loin le fruit
de ses incessants travaux. Dans un instant nous dirons quel-
les résolutions elle vient de prendre pour sauver de l’oubli
et peut-être de la destruction, les Chartres, les documents
historiques que ce département possède en très-grand
nombre.
Enfin, depuis l’an dernier, elle a créé des concours, afin
d’inciter tous les travailleurs, proches ou éloignés, et de les
déterminer à produire et à nous adresser des Mémoires di-
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gnes d’obtenir nos récompenses modestes, mais non pas
sans gloire. Dans un moment vous entendrez deux intéres-
sants rapports sur les travaux qui nous ont été envoyés
pour le concours de cette année, et nous proclamerons avec
joie les noms des vainqueurs. C’est pour donner plus d’éclat,
plus de retentissement à ces victoires que la Société vient
vous demander, Mesdames et Messieurs, votre puissant et
très-honorable concours en vous conviant tous les ans à une
semblable séance solennelle.
Un autre but de la Société, en créant cette séance publi-
que annuelle, a été de développer le goût du travail et des
études scientifiques. Car elle porte ainsi ses travaux à la
connaissance de ceux qui ne reçoivent point ses publications
et des personnes auxquelles de nombreuses affaires ne lais-
sent pas le temps de les lire.
Enfin, elle a voulu faire appel et tendre la main aux tra-
vailleurs qui, par trop de modestie, restent dans l’isolement,
craignant de faire partie d’une Société savante, parce qu’ils
trouvent trop faible leur bagage scientifique. Erreur pro-
fonde ! Sachez vous mieux apprécier, mes futurs collègues ;
car, ce que le vrai savant sait le mieux, c’est qu’il ne sait
rien. Chacun de nous a son aptitude, sa spécialité ; et s'il ne
connaît qu’un ordre de choses, généralement il le connaît
bien : il peut donc être assuré qu’il sera sur ce point supé-
rieur, et qu’il ne pourra apporter que de précieuses lumiè-
res sur tout ce qui touchera au sujet de ses études favorites.
Or, c’est précisément l’ensemble, la réunion de ces spécia-
lités qui fait le grand avantage des Sociétés savantes : on
s’éclaire les uns par les autres. Avec quel empressement se
réuniraient à nous les travailleurs, qui se tiennent ainsi trop
modestement à l'écart, s’ils savaient quel charme on trouve
à ce contact avec des collègues savants et courtois ! Combien
dans nos communications et dans nos discussions scientifi-
ques on apprend de choses en quelques.heures ! Combien
souvent on évite des pertes de temps en de longues recher-
ches bibliographiques, en ce qu’on est de suite renseigné par
de courts entretiens avec des collègues plus versés dans
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telle ou telle spécialité qui se rattache à nos propres tra-
vaux ! N’est-ce pas en se prêtant ainsi un mutuel appui que
les diverses parties de la science concourent à former ce
grand tout qu’on appelle les connaissances humaines ?
Enfin, quel développement l’esprit trouve dans ces réu-
nions scientifiques et quelle joie légitime on a de voir ses
travaux portés ainsi à la connaissance, d’abord de ses collè-
gues de Nice, puis de tous les érudits du monde par nos
Annales !
Je dois vous dire actuellement les travaux spéciaux de la
Société pendant l’année qui vient de s’écouler, son influence
scientifique et morale; puis les flatteurs encouragements
qu’elle a reçus pour le concours et les constants efforts
qu’elle a apportés au développement, en ce pays, du grand
mouvement intellectuel de notre époque.
M. Lagarrigue, notre honorable trésorier-archiviste, a
lu à la Société un intéressant Mémoire sur l’état actuel de
l’instruction publique dans la République Argentine et nous
a montré que le gouvernement de ce pays a fait les plus
grands sacrifices pour la propagation de l’instruction, per-
suadé, à bon droit, que c’est le meilleur moyen de dévelop-
per la civilisation, d’améliorer les moeurs, d’adoucir la fou-
gue des esprits et ainsi d’éloigner les causes du plus affreux
fléau, la guerre !
M. Brun a offert à la Société, de la part de M. Toesca, ar-
chitecte à Nice, des ossements humains que ce dernier a
trouvés, au mois de novembre 1875, dans une grotte ou ca-
verne appelée Albarea et située à 4 kilomètres environ de
Sospel, sur le versant nord du mont Roulabra. Cette po-
sition est h considérer en ce que c’est précisément sur le
versant sud de ce même mont, au bord de la mer, que se
trouvent les grottès de Baoussé-Roussé , dans lesquelles
M. le docteur Rivière a trouvé ses deux troglodytes ou hom-
mes préhistoriques. On doit se demander, en effet, si ces
deux grottes n’avaient pas déjà alors entre elles quelques
communications souterraines : d’autant mieux qu’ aujour-
d’hui un sentier les relie en conduisant, à ciel ouvert, sur
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les flancs du mont Roulabra, de l’une à l’autre de ces
grottes.
Ces os humains, encore en partie enveloppés d’une gangue
de carbonate de chaux, ont été découverts sous une couche
de ce sel terreux, provenant du dépôt fait, en s’évaporant,
par des eaux d’infiltration , qui de la môme manière ont
formé les nombreuses stalactites appendues à la voûte de
cette caverne.
On reconnaît que ces os ont appartenu à des personnes
jeunes ; mais au sujet de leur provenance on ne peut, pour
le moment et jusqu’à plus ample informé, qu’émettre des
hypothèses.— Ont-ils appartenu aux premiers êtres humains,
c’est-à-dire soit aux Atlantes que l’on trouve dans l’étage
miocène des terrains tertiaires ; soit aux troglodytes que l’on
trouve dans les terrains quaternaires moyens et plus spé-
cialement dans les cavernes ?
Sont-ce, au contraire, les os des impedimenta, c’est-à-
dire des êtres faibles ou invalides que les races guerrières
traînaient nécessairement après elles, particulièrement leurs
femmes et leurs enfants, qu’ils devaient abriter pendant le
temps des combats? Cette supposition peut bien être la réa-
lité, en ce que j’ai trouvé moi-même dans une grotte de l’ A-
riége, celle de Yherme, des ossements humains dans une si-
tuation tout à fait semblable, et quelques-uns accompagnés
de colliers de perles faites avec une substance résineuse ou
d’ambre coloré'; ce qui démontre que ces restes humains
avaient appartenu à des races d’une civilisation plus avan-
cée que celle de l’âge de pierre. — Enfin, sont-ce là des
restes de peuplades qui, dans nos guerres civiles de cause
politique ou religieuse, auraient été obligées de se réfugier
dans ces cavernes, où elles auraient trouvé la mort par man-
que de nourriture ou par asphyxie, comme nous l’avons vu
pratiquer, de nos jours, hélas! sur des peuplades arabes ré-
voltées et refoulées dans une caverne de l’Atlas ?
Le mot Alba-rea, qui veut dire Blanche coupable, ne
parait-il pas avoir voulu conserver le souvenir d’une exé-
cution ?
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Il serait donc très intéressant de faire de nouvelles fouilles
pour éclairer et fixer la valeur de ces diverses suppositions,
ainsi que l’âge approximatif de ces ossements antiques ; c’est
ce que se propose de faire M. Toesca.
M. Desforges est un musicien d’un grand mérite et très
versé en esthétique musicale. Malgré ses nombreuses occu-
pations, il trouve encore le moyen de faire très-brillamment
sa partie de violoncelle dans des concerts intimes et, à l’oc-
casion, dans des concerts de bienfaisance. C’est donc avec
le plus vif intérêt que la Société a écouté la savante analyse
qu’il nous a faite de la Messe de Requiem de Verdi, d’après
l’audition du 25 janvier dernier.
De nombreux éloges ne pouvaient manquer d’être donnés
au grand compositeur italien ; mais notre collègue, par de
judicieuses observations d’art pur, par la comparaison de
cette messe avec les autres œuvres de cet illustre maître,
a montré que ce n’était pas là son œuvre capitale, qu’il y
avait même quelques légitimes critiques à lui adresser sur
la manière dont étaient rendus certains sentiments bibliques.
Néanmoins M. Desforges no lui a pas ménagé les couron-
nes, non plus qu’à la merveilleuse réunion d’artistes chargés
d’exécuter cette œuvre magistrale.
M. le docteur Collongues a présenté, il y a deux ans,
à la Société, un instrument consistant en deux bâtons de
moelle de sureau, posés en croix et suspendus, au moyen
d’un fil ordinaire, dans une cage en verre. Ce petit appareil,
exécute, dans un certain ordre, des mouvements de torsion
et de détorsion, toutes les fois qu’on introduit les mains
dans cette cage et qu’on les tient en face de ces bâtons de
sureau. Notre collègue, après une longue et consciencieuse
étude de ces mouvements, crut voir là des effets de forces
physiques et vitales, et, pour cette raison, il. donna à cette
espèce de balance de torsion, qu’il s’efforçait d’appliquer à la
détermination des divers états physiologiques ou morbides
du corps humain, le nom fort ingénieux de Bioscope, ce qui
veut dire : je vois la vie.
Mais après avoir entendu quelques observations que lui
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M
adressèrent certains de ses collègues, après un examen plus
approfondi du mode d’action de son instrument, il vit que
cet indicateur des formes vitales était bien plutôt un indi-
cateur de la transpiration et de l’évaporation de la sueur ;
alors, sans lui enlever entièrement son premier nom, puis-
qu’il indique encore dans ce cas, des phénomènes vitaux, il
le désigne actuellement sous celui de hygrodermomètre,
ou indicateur du degré de l’humidité de la peau.
La nouvelle lecture qu’il fit alors à la Société eut pour
but de démontrer qu’avec cet instrument on peut appré-
cier la quantité de transpiration, de force expansive ou
élastique de la sueur, la densité de ce liquide, les lois du
mouvement organique et fonctionnel du travail de sécrétion
cutanée; d’où découle cette considération que par la richesse
ou la pauvreté de la transpiration, on peut déduire la
richesse et la pauvreté du sang et, par conséquent, déter-
miner une juste application des médications débilitantes ou
fortifiantes.
Ce sont là des données physiologiques et médicales toutes
nouvelles, qui ont besoin d’être sanctionnées par l’expé-
rience avant qu’on puisse émettre un jugement définitif sur
leur valeur.
M. Domergue possède les connaissances les plus variées;
aussi les trois communications qu’il a faites à la Société,
portent-elles sur trois points de science différents : la musi-
que, la géologie et l’architecture.
La première lecture a été faite sur la saison musicale à
Nice, durant l’hiver dernier. On y reconnaît un amateur
éclairé et compétent de cet art des dieux. La seconde a
porté sur les stries qu’il a observées sur les roches mises à
nu par les déblais exécutés au pied du rocher du château de
Monaco. Ces stries, suivant M. Domergue, dateraient de
l’époque où la pâte qui constitue ces couches géologiques
était encore molle. En effet, ces raies sont nettes, dirigées
à peu près toutes dans le même sens et la surface des roches
est le plus souvent rugueuse ; tandis que les stries provenant
de frottements de glaciers présentent des directions diffé-
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rentes et la surface des roches qui les portent est mamelon-
née et surtout polie.
Sa dernière lecture, qui porte le titre de Musique et ar-
chitecture, offre- un aperçu tout nouveau et fort curieux ; ce.
sont les rapports que présente Ventrecolonnement et la
gamme. Suivant notre collègue, les intervalles harmoniques,
produisant des sons qui charment nos oreilles, sont analo-
gues aux intervalles architectoniques qui ont fait disposer
les colonnes d’un édifice de manière à flatter l’œil.
Assurément les grands architectes de l’antiquité n’ont pas
eu le sentiment de ces rapports harmoniques ; mais ils ont
obéi insciemment à la loi supérieure et instinctive, sinon
calculée, du beau.
Selon M. Domergue le ton en musique et le module en
architecture s’expriment par des rapports numériques. Ainsi
il établit que les cinq espèces d’entrecolonnements recon-
nues par les Grecs, se rangent sous cette loi, savoir : « Que
« l’intervalle auquel correspond chaque espèce d’entrecolon-
« nement, égale le nombre des diamètres des colonnes dont
« est formé cet entrecolonnement, moins un. » Puis, que
Je nombre de diamètres de ces divers entrecolonnements re-
présente exactement le rapport numérique de certains inter-
valles de la gamme ou, en d’autres termes, donne juste la
longueur de la portion vibrante de la corde qui fournit ces
intervalles musicaux.
Cet ingénieux petit travail a été publié en une brochure
que je y vous laisse le plaisir de lire. Permettez-moi seule-
ment de vous transcrire, ici, la haute pensée religieuse par
laquelle conclut l’auteur de cette théorie musicale de l’en-
trecolonnement : « Cette rencontre de deux arts, dans leurs
« rapports les plus éloignés prouve, une fois de plus, l’ad-
« mirable harmonie de la Création, et il nous plaît de re-
« monter par l’architecture et la musique jusqu’à Celui qui a
« si merveilleusement disposé toutes choses en poids, en
« nombre et en mesure. »
M. l’abbé Tisserand, aumônier du Lycée, et membre
correspondant du Ministère de l’instruction publique pour les
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— U —
travaux historiques et la carte des Gaules, est un chercheur
infatigable. Il travaille sans relâche, son érudition est im-
mense, sa patience à toute épreuve. Il a une véritable pas-
•sion pour les vieilles Chartres et tous les écrits concernant
les temps passés : aussi chaque jour sort-il de l’oubli bien
des documents enfouis sous la poussière des bibliothèques.
C’est ainsi qu’il a fait , sous le nom de notre Société et
avec le concours de MM. Carlone et Barthélemi, le Diction-
naire topographique des Alpes-Maritimes. Cet ouvrage
est extrêmement important pour ce pays, en ce qu’il renferme
plus de vingt mille mots et qu’il fournit de précieux ren-
seignements.
M. l’abbé Tisserand nous a fait deux lectures. La pre-
mière est une notice biographique sur le général Luce de
Gasparis-Belleval. Ce travail offre d’autant plus d’intérêt
qu’il retrace la vie et les mérites d’un enfant de Grasse, qu’il
est extrait de lettres d’autant plus importantes, qu’elles ont
été écrites, jour par jour, par le général à son père, et
qu’elles donnent de très curieux détails sur les événements
de la Révolution auxquels M. Luce de Gasparis s’est trouvé
très fortement mêlé comme militaire, comme homme de la
haute société de Paris, puis comme émigré.
La seconde communication de notre respectable collègue
est une narration des événements tragiques et révolution-
naires qui se sont passés à Vence, dans la nuit du 14 au 15
novembre 1797. Non-seulement elle présente un intérêt his-
torique, mais elle offre un grand enseignement pçur les
personnes chargées de fonctions publiques sous des gou-
vernements contestés, variant avec la prépondérance des
partis et passant sans cesse de la faiblesse à l’extrême ri-
gueur.
M. Brun, notre zélé et infatigable secrétaire, s’était pro-
posé d’aller à Paris, en 1875 et en 1876, pour représenter
par une lecture notre Société à la réunion annuelle des délé-
gués des Sociétés savantes à la Sorbonne ; mais chaque fois,
retenu par une indisposition, il a été réduit à envoyer des
mémoires. Celui qu’il a adressé à la réunion de 1875, était
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intitulé Nice et Cimiès ; le second, adressé l’an dernier, était
une Description, des bains de Cemenelum ou d’anciens
bains romains, dont les substructions avaient été mises à
découvert dans la propriété de M. le comte de Garin, à
Cimiès. — Ces mémoires n’ayant pu être lus par leur auteur
et discutés en sa présence, n’ont pu avoir un compte rendu
analytique dans le rapport général de cette grande assem-
blée. Cependant son savant rapporteur, M. Chabouillet, n’a
pas cru pouvoir le passer tout à fait sous silence ; car je lis
dans la Revue du concours de 1876 ce passage très-flatteur
pour notre collègue : « Nous n’analyserons pas le travail de
« M. F. Brun ; mais nous ne pouvons nous dispenser de dire
« qu’en le parcourant nous avons été heureux de constater
« la science et l’exactitude avec lesquelles ce savant a dé-
« crit ces bains, dont la conservation est assurée, grâce à la
« vigilance éclairée de M. le comte de Garin. »
M. Brun a donné à la Société lecture de cet intéressant
mémoire et a mis sous nos yeux les plans remarquables qui
l’accompagnaient, savoir : un plan d’ensemble des fouilles,
de coupe et d’élévations de Y hypocaustum ; une vue des
ruines du sudatorium ; un fac-similé d’inscriptions romai-
nes, malheureusement mutilées, où parait, à deux reprises,
le nom des Alpes-Maritimes, etc., etc.
Ces plans sont d’une exécution si parfaite que M. Cha-
bouillet en demande la publication. Il est, en effet, fort à
désirer qu’il en soit ainsi ; car les membres de la colonie
étrangère, qui ne peuvent aller voir en Italie des ruines
d’anciens bains romains, pourraient, avec ces plans et la
notice qui les accompagnerait nécessairement, aller visiter
avec fruit ces ruines de Cimiès et se représenter facilement
la disposition fort curieuse des établissements balnéaires de
ce grand peuple. On ferait ainsi une promenade en même
temps agréable, salutaire et fort instructive.
M. Brun a fait à la Société une autre lecture ayant pour
sujet l'homolographe, de MM. Peaucellier et Wagner.
Laissez-moi vous dire que le premier est colonel et le second
lieutenant-colonel du Génie et tous les deux anciens mem-
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bres de notre Société, avant d’être appelés hors de Nice par
les exigences de leur service ; que M. Peapcellier a eu, de
l’Académie des sciences de Paris, un prix Montyon pour
avoir découvert par le calcul seul une forme d’organe pour
la transmission du mouvement des machines à vapeur, bien *
supérieure au parallélogramme de Watt. En effet cet organe
est un losange qui diminue considérablement la perte de
force due aux frottements et au mode de transmission brisée
des mouvements que donne le parallélogramme : de sorte
qu’aujourd’hui, partout, le mécanisme de Watt est remplacé
par le losange de M. Peaucellier.
Je reviens à l’homolographe. C’est un instrument fort ingé-
nieux et très-simple dans sa manipulation, qui annihile toutes
les chances d’erreur provenant de la lecture ou des calculs
que nécessitent les opérations de mesurage, de chaînage,
de levée d’angles et de nivellement. — Avec cet instrument,
en effet, l’opérateur n’a qu’à viser le point à observer,
comme on le ferait avec une lunette, et il le rapporte presque
automatiquement sur le papier par un simple piquage. Autre-
fois pour lever des côtes et le relèvement des terrains, pour
établir, en un mot, la topographie très-exacte des lieux, il
fallait recourir à des opérations d’arpentage et de triangu-
lation très compliquées et très longues. Aujourd’hui, au con-
traire, grâce à l’admirable simplicité de l’homolographe,
on fait ces opérations rapidement et avec la plus grande
exactitude, et elles embrassent un horizon ou mieux une
surface d’environ 300 mètres carrés. Cet instrument facilite
donc extrêmement la reproduction, par des plans en relief,
du sol des divers lieux soumis à l’observation. Aussi a-t-il
joui d’une grande faveur à l’exposition géographique tenue
l’an dernier à Paris»
Enfin, M. Brun, dans une de nos dernières séances, nous
a donné une analyse du Bulletin du musée de Rio-Janeiro
renfermant des études fort curieuses : la première sur des
antiquités découvertes dans File Sainte-Catherine de l’A-
mérique du Sud et qui remontent à l’âge de pierre ; la se-
conde sur les tangas découvertes à l’ile Saint-Jean ou
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Marajo, à l’embouchure de la rivière des Amazones. Ces an-
tiquités consistent en des plaquettes d’argile décorées d’or-
nements dont se paraient les femmes des anciens indigènes
de File de Pacoval, située dans le lac Arozy, qui lui-même
fait partie de File Saint-Jean. M. Brun, un peu polyglotte,
a eu le mérite de traduire ce Bulletin publié en portugais. —
A ce sujet permettez-moi de vous faire remarquer que notre
Société présente un avantage que les autres Sociétés de
province offrent rarement, savoir : que les travaux qui lui
sont adressés, en quelque langue qu’ils soient écrits, sont
assurés d’y être compris et bien traduits, car la Société des
Lettres, Sciences et Arts des Alpes-Maritimes a dans son
sein des membres appartenant à beaucoup de nationalités
diverses ; puis, par son siège dans une ville aussi cosmopo-
lite que Nice, elle est assurée de trouver parmi les natio-
naux de tous les pays, qui forment sa colonie étrangère, les
traducteurs qu’elle n’aurait pas parmi ses membres.
M. le docteur Nièpce père nous a fait une lecture pleine
de judicieuses observations sur la composition de l’air à
Nice. Il nous a décrit le nombre infini de particules salines
ou terreuses, d’animalcules, de globules de pollen ou pous-
sière fécondante des plantes, de débris de végétaux etc.,
qui y sont tenus en suspension, outre les effluves ou produits
aériformes, que nous ne pouvons voir même au microscope ;
mais qui s’exhalent de la terre et des eaux, particulière-
ment des eaux stagnantes provenant du mélange des eaux
douces et des eaux de la mer, 4 condition le plus à redouter
pour la production de la fièvre intermittente.
Mais ne vous inquiétez pas outre mesure : tous ces agents
microscopiques n’ont pas des influences délétères aussi puis-
santes qu’on pourrait le croire ; car les recherches analyti-
ques donnent une composition à peu près semblable à l’air,
cependant si vivifiant, de la campagne et même des hautes
montagnes. — D’ailleurs, Nice trouve une compensation dans
les émanations parfumées et variées à l’infini, que répand sans
cesse, jour et nuit, sa végétation florale, toujours riche, même
durant l’hiver. — De plus, elle trouve des conditions de sa-
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— 48 —
lubrité non moins actives dans les vents alternatifs qui souf-
flent deux fois par jour : le matin, de la mer vers la montagne
et le soir de la montagne vers la mer. — L’ozone ou oxygène
électrisé dont le vent marin est chargé est encore une cause
puissante de revivification.
Enfin, ne manquons point d’observer que la transformation
incessante des lieux bas, des prairies marécageuses par la
construction de nombreuses et luxueuses maisons, par la
création de splendides jardins toujours fleuris, par l’établis-
sement de vastes égouts couverts, par les arrosages quoti-
diens au moyen des eaux limpides de la compagnie, ne tar-
deront pas à avoir fait disparaître le peu qui reste de causes
morbides ; et Nice ne sera pas seulement citée pour la dou-
ceur de son climat, pour l’éclat de son soleil, mais encore
pour sa salubrité.
M. Sardou est notre président honoraire ; il dirige nos
publications. C’est donc l’âme de la Société et le véritable
trait d’union entre elle et les autres Sociétés scientifiques
françaises et étrangères, puisque, par l’échange réciproque
de leurs Annales, elles sont toutes dans un constant rap-
port.
Mais ce n’est pas son seul titre à notre estime. M. Sardou
est non-seulement un de nos bons linguistes, mais un ama-
teur passionné de la vieille langue d’Oc. A ce titre, il re-
cueille avec amour tous les travaux manuscrits ou imprimés
qui se rattachent à cet idiome. — Nous lui devons d’avoir
donné pour nos Annales de l’an dernier la Vida de Sant
Honorât, poëme provençal du XIII me siècle dû à Raymond
Féraud, enfant niçois et dont notre ville doit s’honorer
d’avoir la noble descendance, car on compte encore, ici,
plusieurs familles de ce nom.
Ce poëme, d’environ dix mille vers, n’avait jamais été
publié en entier. Notre respectable collègue a eu le mérite
de le copier sur les meilleurs manuscrits, de l’enrichir de
notes d’une grande valeur et d’en surveiller l’impression
dans nos Annales : de sorte que cette publication a été,
comme l’a dit l’an dernier mon honorable prédécesseur
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«9
M. Leclerc, un véritable événement dans le monde scienti-
fique.
Cette année, pour nos Annales de 1876, M. Sardou nous
a donné un ouvrage ancien, écrit en vers provençaux, avec
chants notés en musique du temps, et d’un mérite non moins
grand que celui de la Vie de saint Honorât. C’est le Martyre
de sainte Agnès ou Mystère en vieille langue d’Oc, par un
poète inconnu , mais très-probablement contemporain et
même compatriote de Raymond Féraud.
Une première édition de ce drame religieux avait été pu-
bliée à Berlin en 1869, par M. le professeur Bartsch qui en
avait découvert le manuscrit original à Rome, précieusement
conservé, depuis des siècles, dans la bibliothèque de la fa-
mille du cardinal Chigi. Sa publication est venue combler
une véritable lacune dans la littérature provença^.
En effet, nous savons que l’art dramatique en France a
commencé par la représentation à la porte des églises, sur
la voie publique, puis sur des tréteaux, dès mystères de la
religion catholique, c’est-à-dire de drames dont les sujets
étaient tirés de la Bible, du Nouveau Testament, du Marty-
rologe, et scrupuleusement copiés sur les récits des livres
saints. — Il est à remarquer que les représentations théâ-
trales, répudiées aujourd’hui par les âmes pieuses, en raison
de la licence dans laquelle l’art dramatique tombe trop sou-
vent, étaient données alors par des corporations religieuses.
Les frères de la Passion, en effet, avaient ce privilège à
Paris et jouaient ces mystères en langue d’oii. — Ce sont
des restes de ces représentations religieuses que l’on voyait
naguère se faire durant la semaine sainte chez notre voisine,
la principauté de Monaco et qui se font encore, en cette
même semaine, avec une pompe inouïe, à Séville, la grande
ville de l’Andalousie.
Mais plus d’un siècle avant les représentations des frères
de la Passion, cet art était arrivé en Provence à un degré
de perfection très-remarquable, et le Mystère de sainte
Agnès, représenté à cette époque, a le véritable mérite d’être
un spécimen, sinon unique, du moins le seul complet, de cet
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20
art en France. Il offre de plus cet avantage, précieux pour
les savants qui s’occupent de l’histoire dramatique, qu’on
peut le considérer comme l’un des premiers modèles d’une
action théâtrale dans laquelle le chant se trouve associé au
dialogue parlé.
Le bibliophile allemand, M. Bartsch, n’a tenu aucun
compte de cette vieille musique. C’est une faute que M.
Sardou ne pouvait pas ne pas réparer. En effet, avec le zèle
que nous lui connaissons et qui ne se dément jamais, notre
savant collègue est parti pour Rome, au mois d’avril dernier,
afin de collationner le manuscrit original et en prendre une
copie des plus exactes et des plus complètes. Accueilli
comme il le méritait par le cardinal Chigi, dont l’esprit
éclairé égale la parfaite bienveillance, il copia tous les an-
ciens airs mt même releva un certain nombre d’erreurs de
lecture échappées à M. Bartsch.
Cette partie musicale consiste généralement en des airs
populaires, comme l’indiquent les timbres écrits en tête des
couplets ; et ces airs sont notés dans le système musical de
Fépoque, sur des portées en encre rouge de quatre, trois et
parfois deux lignes seulement. Mais cette ancienne musique
des XI e , XII e et XIII e siècles avait besoin, pour être bien
comprise aujourd’hui, d’être traduite en notation moderne,
comme le texte a été traduit par M. Sardou, vers pour vers,
en notre langue actuelle. M. l’abbé Raillard, du journal
Les Mondes, membre correspondant de notre Société, l’un
des hommes les plus expérimentés en archéologie musicale,
a bien voulu se charger de ce soin et a réussi de la manière
la plus digne d’éloges.
La Société des Lettres, Sciences et Arts des Alpes-
Maritimes, qui déjà l’an dernier a édité à ses frais le grand
poème de la Vie de saint Honorât, s’est chargée également
à ses frais, cette année, de la publication de ce précieux
document littéraire. Elle offre donc aux philologues, aux
écrivains sur l’art dramatique, aux amateurs du vieux
langage et surtout de la littérature des troubadours, une
édition française très-remarquable de cette tragédie, avec
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le texte en langue d’oc et, en regard, la traduction fran-
çaise scrupuleusement littérale; de plus avec une copie des
vieux airs notés d’une part, selon la manière du temps, de
l’autre, selon la manière d’écrire la musique de notre époque.
Nous ne saurions trop remercier notre honorable collègue
M. Sardou, d’employer sa verte vieillesse et son amour pas-
sionné pour la langue de ses jeunes années, à nous faire
revivre ainsi d’anciens chefs-d’œuvre restés manuscrits et
par suite presque ignorés. Il lui reviendra l’honneur de faire
revivre le goût et l’étude de cette vieille langue-mère parlée
dans le midi de la France.
A ces savantes études, à cette haute intelligence, ne re-
connaissez-vous pas le précurseur, le père de l’un des plus
éminents et des plus féconds auteurs dramatiques de notre
époque, M. Victorien Sardou?
Je sens que cette analyse des travaux de la Société pour
1876, malgré son insuffisance, est déjà bien trop longue ;
cependant je ne saurais terminer sans vous parler d’un de
nos plus anciens et de nos plus laborieux travailleurs. Je
vous signale donc, sans me laisser arrêter par sa modestie,
notre bon, notre très affectionné collègue, M. Teysseire.
Il y a près de trente ans, en effet, qu’il relève, avec la pa-
tience d’un bénédictin et avec la scrupuleuse exactitude d’un
véritable astronome, des observations météorologiques, afin
de bien établir le climat de son cher pays niçois. Il réserve
plus spécialement le résultat de ses nombreuses et très-com-
plètes observations pour nos Annales ; mais il se fait un réel
plaisir de les mettre, avec la plus parfaite obligeance, à la
disposition des autres corps savants et, même, de toute per-
sonne qui a besoin de consulter ces documents. Il n’y a pas
d’autôur, en effet, qui puisse écrire sur la climatologie des
contrées du littoral méditerranéen sans faire de larges em-
prunts aux observations météorologiques de M. Teysseire.
Je ne saurais en donner une meilleure preuve que par les
intéressantes publications météorologiques qu’un de nos
plus jeunes collègues, M. le docteur Nièpcefils, fait paraître
chaque mois, dans le journal Nice-Médica.1.
*
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22
La variété des travaux que je viens de faire passer sous
vos yeux vous démontre que tout homme studieux peut
trouver une place à occuper utilement dans la Société des
Lettres, Sciences et Arts des Alpes-Maritimes.
Pour finir il me reste à vous entretenir brièvement de la
vie ou de l’influence morale de notre Société.
Pleine du brillant souvenir qu’avaient laissé les cours
faits à Nice, il y a quelques années, par plusieurs de ses
membres et par des professeurs éminents du Lycée, préoc-
cupée de la satisfaction à donner à l’opinion publique qui
réclamait le rétablissement de ces cours, la Société pensa
que c’était un devoir pour elle de prendre l’initiative de la
réouverture de conférences dont le but était d’instruire, de
charmer, puis de faire naître et de développer le goût des
études sérieuses.
Elle s’empressa donc de faire des démarches auprès de
l’autorité supérieure de ce département, pour en obtenir,
non-seulement un puissant appui, mais encore l’argent né-
cessaire au fonctionnement de ces cours. M. le Préfet, avec
la bienveillance que vous lui connaissez tous, nou3 accorda
sa haute influence avec un empressement des plus flatteurs ;
mais il nous dit, avec regret, qu’aucuns fonds n’étaient mis
à sa disposition pour recevoir cette destination.
En présence de cette difficulté, un de nos collègues,
M. le docteur Proell, médecin-inspecteur des Eaux de Gas-
tein, en Autriche, mû par un sentiment qui lui fait honneur,
crut avoir trouvé le moyen de soulever cette pierre d'achop-
pement en proposant d’établir, conformément à ce qui se
passe dans les Eaux d’Allemagne, une kur t&x, c’est-à-dire
une espèce d’impôt sur tout étranger, après un séjour de
trois jours, comme droit de séjour en cette ville. Bien que
cette redevance légère fût une juste manière de faire payer
les plaisirs, les moyens de distraction et d’instruction par
ceux-là mêmes qui en profitent, elle ne pouvait être admise
et surtout imposée par l’administration préfectorale, attendu
qu’en France tout impôt ne peut être établi que par un vote
des deux Chambres, qu’il ne saurait frapper sur un seul
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23
ordre de citoyens, mais qu’au contraire il doit être toujours
une charge générale.
Nos craintes d’un insuccès étaient donc toujours grandes ;
mais vous connaissez le dévouement de M. le Préfet pour
tout ce qui touche à l’instruction publique, son amour pour
la jeunesse qui étudie dans notre Lycée et dans nos écoles
primaires, les encouragements et les récompenses qu’il tient
à donner lui-même aux succès des élèves; il ne pouvait
donc ne pas prendre à cœur le rétablissement des cours
publics, qu’on pourrait mieux appeler des cours de hautes
études, en raison des sujets qui y sont traités et des audi-
teurs qui les suivent.
Aussi est-ce avec une grande joie que nous venons tous
d’entendre que, portant sa sollicitude pour les pionniers de
l’intelligence jusqu’à Paris, il a su associer le ministre à la
bonne œuvre et en obtenir des allocations pour les cours de
cette année, et pour ceux de l’an prochain. Qu’il me permette
de lui adresser de vifs remercîments au nom de notre Société,
au nom de la colonie étrangère et au nom de la ville entière.
Par nos Annales nous portons le plus qu’il nous est pos-
sible nos travaux à la connaissance des personnes qui se
livrent à la culture de l’esprit. Puis, nous nous efforçons, par
des publications spéciales de sauver de l’oubli des docu-
ments enfouis dans les bibliothèques et surtout, en imprimant
de précieux manuscrits, de les sauver des altérations et
même de la perte irréparable qui sans cesse les menace.
C’est dans ce but que déjà ont été publiés par les soins de la
Société, la Vie de saint Honorât et le Mystère de sainte
Agnès. Elle vient d’émettre un vote pour publier à l’avenir
dans ses Annales et en les tirant à part pour en former un
véritable cartulaire des Alpes-Maritimes, les vieilles chartes
qui abondent dans les archives de la ville de Nice, dans
celles du département, des sous-préfectures, de certaines
mairies et même de quelques villes où ont existé des châ-
teaux, des familles nobles, des abbayes, des couvents etc.
Ces Chartres renferment les documents les plus précieux
pour l’histoire du comté de Nice, de la Provence et même
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24
delà France entière. Quelle mine féconde à fouiller pour nos
historiens, auxquels la Société aura rendu, ainsi, non-seule-
ment le réel service de conserver ces précieux documents ;
mais surtout de les mettre à la disposition de tous les tra-
vailleurs.
C’est dans ce but que la Société publie, dans ses Annales
de 1876, en ce moment sous presse, trois cents proverbes
piémontais recueillis et offerts à la Société par M. Malval,
son ancien membre titulaire devenu son membre correspon-
dant depuis qu’il habite Clermont-Ferrand.
Notre Société a fait classer comme monuments historiques
les ruines de l’amphithéâtre gallo-romain de Cimiès et le
monument de la Turbie. Elle a donné de vifs encourage-
ments, mais en les accompagnant de conseils que lui suggé-
rait la science, à M. Minisigni, pour deux inventions : 1° un
nouveau métier à tisser le lin ; 2° une machine propre à
utiliser les mouvements de roulis et de tangage des navires,
et par conséquent la force des lames de la mer pour faire
fonctionner des pompes aspirantes et foulantes de manière
à vider l’eau de la calle ou celle provenant de quelque avarie.
Ces inventions fort ingénieuses ont cependant besoin de la
sanction de l’expérience.
La Société a pris part à la souscription ouverte pour
élever une statue à feu M. de Caumont, le célèbre directeur
de l’Institut des provinces et le véritable fondateur de la
science archéologique en France.
Elle fait l’éloge des membres que l’impitoyable mort lui
ravit. M. Nièpce père vous lira, dans un instant, la remar-
quable notice biographique qu’il a faite sur M. Gény, enfant
de ce pays, devenu un vrai savant par son travail, sa pa-
tience et la force de sa volonté.
Par réciprocité notre Société a reçu de précieux encou-
ragements :
1° M. le Ministre de l’Instruction publique lui a donné un
secours de 400 franc? ;
2° Dans sa session du mois d’août, le Conseil général de
notre département lui a voté une allocation de 300 francs ;
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— 25 —
3° Déjà l’an dernier, S. A. S. Mgr. le prince de Monaco
avait eu la gracieuseté de nous faire remettre un don de
500 francs;
4° La Municipalité de Nice, dont un de nos collègues
M. Auguste Raynaud, est à la tête, nous a fait d’excellentes
promesses pour cette année ;
5* Un ami passionné des arts et des artistes, membre de
notre Société, paye sa cotisation annuelle en grand seigneur
en nous envoyant un billet de banque représentant la va-
leur de quatre cotisations. A ce généreux procédé vous avez
tous reconnu M. Gambart. Il y a lieu d’espérer que ces se-
cours prendront une importance de plus en plus grande, à
mesure que l’on pourra juger des services que nous rendrons
à la science par la publication des chartes manuscrites in-
téressant le département.
Enfin, je ne saurais terminer cette allocution sans remer-
cier le public d’élite qui veut bien s’intéresser à nos travaux
et dont la présence à cette séance générale annuelle de notre
Société, n’est jjas le moins flatteur des encouragements qui
lui sont donnés. — Nous aspirons, Mesdames et Messieurs, à
tenir nos travaux et notre reconnaissance à la hauteur de
votre intérêt. Ce qui vous récompensera de vous joindre
ainsi à nous pour aimer et cultiver les travaux de l’esprit,
ce sont: le charme, les douceurs, les consolations que ces
travaux procurent. L’étude, en effet, en détournant des agi-
tations de la vie, repose aussi de ses labeurs et calme sou-
vent ses déceptions amères ; en transportant l’homme vers
des régions nouvelles, lumineuses et pleines d’espérances,
elle allège les cruelles douleurs du cœur, la perte déchirante
de nos morts bien-aimés et jusqu’aux souffrances physiques
de notre pauvre humanité.
Puisse cette communauté d’intelligence s’agrandir autour
de nous et votre exemple augmenter chaque année le nombre
de nos sympathiques auditeurs.
Le Docteur Ernest Lambron,
Président de la Société.
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DEUX VIEILLES TOURS
AU CANNET
PRÈS CANNES (ALPES-MARITIMES)
Ces tours, de forme carrée et construites en matériaux
identiques à ceux des plus humbles maisons du village,
sont situées à une assez grande distance l’une de l’autre ;
en outre la grande différence de leur style architectural in-
dique suffisamment qu’elles ne datent point de la même épo-
que : il est donc fort probable qu’elles n’ont jamais appar-
tenu à un système général de défense, comme parties de
l’enceinte d’un bourg ou simples dépendances de manoirs
féodaux. Ce n’étaient sans doute que deux postes fortifiés,
propres à servir de refuge en cas d’une de ces alertes si fré-
quentes au moyen âge sur les côtes de la Provence, cons-
tamment exposées aux descentes des Sarrasins et même de
pirates autres que ceux qui accouraient des bords africains :
tels, par exemple, que le Génois Salagerius de Nigro, qui,
dans une nuit de l’année 1400, envahit Pile de Saint-H o-
norat, s’empara de la grande tour du monastère et y soutint
un siège contre les troupes du grand sénéchal de Provence
Georges de Marie, renforcées de la noblesse du pays et d’un
grand nombre d’habitants de Cannes, de la Napoule, de
Mougins, d’Antibes, de Vence, de Cagnes et autres vil-
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28
lages de la contrée. (Voy. Histoire de Provence d’Honoré
Bouche, t. II.)
L’une de ces tours, la plus ancienne, est appelée dans le
pays la tour des Danis, du nom du hameau auprès duquel
elle s’élève ; l’autre est la tour des 'Calvis ou de la Placette,
à cause d’une petite place dont elle n’est séparée aujourd’hui
que par une maison relativement moderne.
• Toutes deux ont subi, depuis peu d’années, de notables
changements exécutés par leur propriétaire dans un but
d’intérêt privé, mais extrêmement regrettable au point de
vue de l’archéologie. La tour de la Placette surtout a été
transformée à un tel point, que, sans les quelques mâchi-
coulis sauvés de la destruction sur mes vives instances,
rien n’indiquerait plus aujourd’hui l’existence séculaire de
cet intéressant édifice. Heureusement mon fils Victorien a
retrouvé dans ses cartons deux croquis de nos tours, faits
par lui avant qu’elles eussent reçu les atteintes d’un rude et
indifférent maçon. A défaut d’autre mérite, ces dessins au
simple trait ont du moins celui d’être d’une parfaite exac-
titude ; et cette raison seule m’a paru suffisante pour jus-
tifier le parti que j’ai pris d’en mettre la reproduction sous
les yeux du lecteur.
La figure 1 représente la façade orientale de la tour des
Danis, avec sa porte d’entrée surélevée, à laquelle donne
difficilement accès un escalier tout à fait en ruine et dont,
bien certainement, la construction était de beaucoup posté-
rieure à celle de la tour elle-même. L’autre façade est celle
qui regarde le midi : nous voyons déborder sur l’arête de
gauche les pousses vigoureuses d’un lierre gigantesque qui
couvre entièrement la façade occidentale. Ce lierre, depuis
que le dessin a été fait, s’est considérablement développé
sur la façade du midi et sur celle du nord.
M. Viollet-Le-Duc ( Dictionnaire de l'architecture fran-
çaise du XP au XVI* siècle, t. VI, p. 297) donne de cette
tour la description suivante, en l’accompagnant d'un très-
petit dessin, fort inexact, fait par Mérimée pendant une
saison d’hiver passée à Cannes.
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*9
« Sur les côtes de la Méditerranée on trouve parfois des
» habitations des champs qui affectent la forme d’une tour
» ou d’un petit donjon, et qui appartiennent à une époque
» assez ancienne ; mais ces maisons ont été plutôt habitées
» par des pirates que par des agriculteurs. Il en existe quel-
» ques-unes entre Toulon et Cannes. »
« Voici l’une d’elles encore entière, bâtie à l’entrée du
» village du Cannet, près Cannes, à mi-côte et à quatre
» kilomètres environ de la mer. Elle consiste en une tour
» carrée possédant deux étages et un rez-de-chaussée sans
» communication avec l’extérieur. La porte, relevée de trois
» mètres au-dessus du terrain extérieur, n’était accessible
» qu’au moyen d’une échelle que l’on pouvait facilement
» rentrer pour éviter les importuns. Le premier étage,
» ou plutôt le second (car on ne communique au rez-de-
» chaussée que par une trappe ménagée dans le plancher du
» premier), est percé de six mâchicoulis en forme de hottes,
» et ne possédait pas de fenêtre. Le premier n’a d’autre
» ouverture que la porte. De cet étage on montait à celui
» des mâchicoulis par une échelle de meunier. L’ornement
» en torsade (fig . 2), qui décore le linteau de la porte in-
» dique une époque assez ancienne. Au Cannet, cette tour
» est connue sous le nom de la maison du brigand. Le
» dernier étage est voûté en moellon sous le comble. On
» voit encore en Corse un certain nombre d’habitations de
» ce genre. »
J’ai quelques remarques à faire sur cette page intéressante
de M. Viollet-Le-Duc.
Le seuil de la porte d’entrée est à 2 m 10 au-dessus du sol
et non à 3 mètres, et le nombre des mâchicoulis n’est pas de
six mais de huit : la façade occidentale en a deux, de même
que les autres ; le lierre épais qui couvre cette façade a sans
doute empêché M. Mérimée de les apercevoir.
A part ces deux petites inexactitudes, la description de la
tour des Danis par M. Viollet-Le-Duc, d’après les notes qui
lui ont été fournies par Mérimée, est très-exacte. Mais je ne
saurais admettre que des maisons de ce genre aient été,
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comme il le croit, plutôt habitées par des pirates que par
des agriculteurs. Cette assertion peut être vraie pour des
tours semblables que l’on rencontre parfois dans quelques
pays ; elle ne l’est guère pour celles qui se dressent encore
sur nos rivages. Ainsi, j’espère pouvoir démontrer que les
deux tours du Cannet ont été construites pour protéger des
cultivateurs, et par les moines de Lérins, qui, dans le moyen
âge, possédaient presque toutes les terres de ce village,
simple annexe de Cannes, habitations et territoire, jusqu’en
1774, année où le Cannet fut érigé en commune.
En second lieu, j’affirme que la tour décrite par M. Viollet-
Le-Duc n’est nullement connue dans le pays sous le nom
de maison du brigand, et que jamais les habitants du village
ne l’ont appelée autrement que la tour des Danis. Je dirai
plus loin quelle est l’origine de cette dénomination inexacte,
et comment il est arrivé quelle" a eu cours parmi la co-
lonie étrangère de Cannes, où Mérimée l’a prise pour la
transmettre à M. Viollet-Le-Duc.
Voici quel est l’état présent de la tour des Danis par suite
des travaux qui y ont été faits, il y a une dizaine d’années.
A l’extérieur, le vieil escalier, devenu tout à fait imprati-
cable, a été remplacé par un nouveau, composé de onze
marches et disposé dans une direction contraire à celle du
premier. La vieille pierre portant le fragment de torsade qui
décorait le linteau de la porte (fig. 2) a malheureusement
disparu ; et le propriétaire a cru faire preuve de bonne inten-
tion et de goût en reproduisant la torsade complète sur une
grande pierre toute neuve, formant la voussure de la dite
porte d’entrée. Une porte donnant accès au rez-de-chaussée
a été percée au pied de la façade qui regarde le nord : ce qui
a rendu inutile la trappe par laquelle on communiquait du
premier étage au rez-de-chaussée.
A l’intérieur, on a refait l’escalier en bois qui, déjà depuis
longtemps, avait remplacé l’échelle de meunier au moyen de
laquelle on montait jadis du premier au second étage. Quel-
ques autres travaux, dont le plus important a été la construc-
tion d’un nouvel étage entre les deux anciens, ont rendu
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34
cette tour un peu plus habitable comme logement de paysans
ou d’ouvriers.
Les dimensions de ce curieux édifice sont encore ce qu’elles
étaient à l’époque de sa construction, savoir : hauteur 8 œ 65,
largeur 5 m 35.
La tour des Calvis ou de la Placette (Jig. 3) était mieux
pourvue que l’autre de bons moyens de défense. Avant les
travaux récents qui l’ont complètement défigurée et considé-
rablement réduite, cette tour mesurait 14 mètres de hauteur
totale et 6 m ,66 de largeur. Chacune de ses quatre façades
était garnie d’un rang de sept mâchicoulis, surmonté d’un
parapet haut lui-même de 2 mètres extérieurement. La fig. 3
bis montre la forme de ces mâchicoulis. A l’intérieur, la dis-
position des appartements ayant changé bien des fois dans le
cours des deux derniers siècles, il nous est impossible de
savoir ce qu’était la disposition primitive, aujourd’hui sur-
tout que, pour convertir cette tour en une bonne habitation
bourgeoise, le maçon a fait disparaître presque toutes les
traces du passé. Heureusement les quelques mâchicoulis
conservés sur les deux façades du sud et de l’ouest, suffisent
pour rappeler le caractère de ce vieil édifice; mais il est
fâcheux que le parapet qui entourait la plate-forme du som-
met ait perdu une grande partie de sa hauteur : ce qui a eu
pour effet d’altérer les proportions du couronnement, écrasé
d’ailleurs par une sorte de véranda récemment construite
sur cette plate-forme.
En présence d’anciens monuments qui appellent l’atten-
tion des archéologues ou des simples curieux, on se demande
naturellement quand et par qui ils ont été élevés ; et le plus
souvent on trouve dans quelque charte ou dans quelque
vieux livre une réponse précise à ces deux questions ; mais
c’est en vain que j’ai consulté tous les documents qui auraient
pu m’apprendre quelque chose de certain touchant les deux
tours du Cannet : ils ne m’ont rien fourni, ni nom ni date.
Très-probablement si M. Viollet-Le-Duc eût vu lui-même
la tour des Danis, ou s’il avait eu sous les yeux un meilleur
dessin que celui qu’il tenait de Mérimée, son profond savoir
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— 3 * —
d’archéologue et sa très-grande expérience, suppléant au
manque d’un document authentique, lui auraient permis de
déterminer avec assez d’exactitude l’époque où furent jetés
les fondements de cette tour. Or, puisque, aussi bien pour
cet édifice que pour l’autre, nous sommes forcés de nous
contenter de dates approximatives, demandons-nous d’abord
quelle est l’origine du village lui-même, et à quelle période
du passé nous pouvons raisonnablement faire remonter
cette origine. Ici, du moins, nous ne serons plus réduits à
ne faire que des suppositions gratuites; car nous avons à
notre disposition plusieurs vieilles chartes, au moyen des-
quelles il nous sera facile d’établir une somme de probabi-
lités équivalente, en quelque sorte, à la certitude historique
elle-même.
Quelques personnes, confondant le Cannet près Cannes
(Alpes-Maritimes) avec leCanet-du-Luc(Var), où se trouvent
deux inscriptions gallo-romaines et des restes de construc-
tions antiques *, ont prétendu que le premier de ces deux
villages avait été d’abord un poste romain; l’auteur d’un
Dictionnaire administratif et historique des communes du
département des Alpes-Maritimes, a renchéri sur cette pre-
mière erreur en assurant que « les Sarrasins y avaient cons-
truit deux tours, dont il reste encore une partie. » Le fait
est que le Cannet près Cannes n’a aucun droit à une an-
cienneté aussi reculée, et que les Sarrasins n’y ont jamais
rien construit, par la raison infiniment simple qu’ils n’y ont
jamais fait le moindre séjour.
Voici ce que nous savons de science certaine. Jusqu’en
1774 le Cannet n’avait pas, pour ainsi dire, d’existence offi-
cielle ; ce n’était, comme je l’ai déjà fait remarquer, qu’une
sorte de faubourg de la petite ville de Cannes, qui était un
fief de l’abbaye de Lérins, fief comprenant toute l’étendue
du terrain sur lequel le village est bâti et la plus grande
partie de son territoire actuel.
1 . C’est près du Canet-du-Luc, sur les rives de l'Argens, qu’ Antoine et Lépide, réunis*
saut leurs troupes, jetèrent les bases du triumvirat qu'ils firent avec Octave. (Voy.
Honoré Bouche et Papon, Histoire de Provence.)
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Il suit de là que bien des faits relatifs à la ville de Can-
nes, transmis à notre connaissance par de vieux documents,
peuvent tout autant concerner le Cannet que Cannes; sans
qu’il soit possible aujourd’hui, à moins d’indications préci-
ses, de distinguer ce qui se rapporte spécialement à la
première de ces deux localités : telles sont entre autres les
donations faites au monastère de Lérins à diverses époques
et dont voici les principales.
En 990, Guillaume, surnommé Gruetta, fils de Rodoard,
comte d’Antibes, fait don à Gamerius ou Wamerius, abbé
de Lérins, des terres et habitations d’Arluc *, et confirme la
donation faite précédemment du port de Cannes (de portu
CanueJ, c’est-à-dire du bourg et du territoire. (Cartulaire
de Lérins, P 52, verso.)
En 1131, Bérenger Raymond, comte de Barcelone, de
Mergueil et de Provence, approuve les donations faites an-
térieurement et en particulier celle de Cannes, qu’il exempte
de toute redevance, à l’imitation de ses prédécesseurs : en
conséquence de quoi il veut que désormais, au lieu du nom de
Castrum Marcellinum qu’il portait, ce bourg soit appelé
Castrum Francum *. Il prend en outre sous sa protection
Lérins et tout ce que ce monastère possède en Provence.
(Cartulaire, P 35 recto.)
Soixante ans après (juin 1190), Alphonse ou Ildefonse I",
roi d’Aragon et comte de Provence, confirme les donations
faites par son père Bérenger Raymond et par ses prédéces-
seurs, des terfes et châteaux de Cannes, Mougins, Arluc,
Vallauris, Roquefort et Pégomas. (Archives de Lérins, à la
préfecture des Alpes-Maritimes, liasses 772 et 773.)
Aucune de ces chartes ne fait mention du Cannet, à
cause peut-être de leur ancienneté. Mais ce qui parait assez
surprenant, c’est que, tandis que le Cannet figure sur une
carte de Provence, gravée en 1621 à Amsterdam et dont la
1. Village, aujourd’hui détruit, qui était situé au sommet et au pied du monticule de
Saint-Cassien, dans la plaine de Laval.
t. D’où le nom de Villefranche, qui était encore le vrai nom de Cannes jusqu’à la fin
du XIII* siècle. (Voy. Raymond Féraud, Vida de tant Honorât.)
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Bibliothèque nationale possède un exemplaire, Vincent Bar-
ralis, religieux de Lérins et auteur d’un livre publié huit
ans auparavant, ne nomme pas ce village dans la descrip-
tion suivante de la grande avancée de mer comprise entre le
cap Roux et la pointe de la Garoupe, masse d’eau qui pour
lui ne forme qu’un seul golfe, au milieu duquel semblent
surnager à peine les deux petites îles allongées qui s’ap-
pellent l’une Sainte-Marguerite, l’autre, la moindre, Saint-
Honorat.
« Dans la périphérie de ce golfe, semblable à un vaste
» amphithéâtre, dit Vincent Barralis, s’élèvent des bourgs
» le long de la mer : la Napoule, jadis Avenionetum, limi-
» trophe de Fréjus 1 2 ; la Siagne, cours d’eau rongeur de
» terres, abondant en poissons de rivière ; Cannes, autrefois
» Castrum Marcellinum et Castrum Francum; sur le
» sommet d’une colline, Mougins, anciennement Ville- vieille;
» Vallauris, dans le voisinage d’Antibes : tous lieux sous le
» droit féodal du monastère de Lérins *. »
Vincent Barralis aurait-il, par inadvertance, omis involon-
tairement dans cette énumération le village du Cannet, qui,
placé en face même des îles de Lérins, se dessine si bien
aujourd’hui au fond même du beau panorama que cet écri-
vain déroule aux yeux de son lecteur? — On ne saurait ad-
mettre un pareil oubli de la part d’un moine lettré, qui se
complaît à faire le compte exact des fiefs possédés par son
monastère tout le long du littoral. Mais le Cannet, dont
l’existence à cette époque est attestée par la* carte que je
viens de citer, n’était alors qu’un simple hameau de Cannes,
peuplé d’un petit nombre d’âmes et perdu peut-être dans des
massifs d’oliviers et d’orangers. D’où nous pouvons inférer
que, comme on l’avait certainement fait avant lui, Vincent
1. Le nom delà ville pour celui du territoire.
2. In cujus ainûs peripheriâ, in modum ampli Amphitbeatri, insunt oppida secùs mare
poaita : Neapola, olim Avenionetum, codtermina Forojulii ; fluviua Siagne (sic) vorax,
amnigerit (sic, pour amnigenis) piscibut abundans ; Canoce, alias Castrum Marcellinum,
et Francum denominatura ; in vertice collia Muginum, antiquitùs Villa vetua; Valia-aurea,
in conAnio Antipolitano : cuncta juris Cœnobii Lerinensis. (Chronologie Sanctorum et
aliorum virorum illustrium ac Abbatium sacrœ insula Lerinensis. Lugduni, sumptibus
Pétri Rigaud, MDCXIII).
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Barralis, en disant Cannes, avait entendu parier de tout ce
qui en dépendait, et par conséquent des quelques habitations
qui de son temps constituaient ce qu’on appelait le Cannet
ou petit Cannes.
Ces habitations n’étaient pas les premières qu’on eût
construites en ce lieu à l’époque où écrivait le moine Bar-
ralis : une charte de 1471 1 2 nous apprend que l’abbaye de
Saint-Honorat possédait de grands biens sur le territoire ac-
tuel du Cannet, qui, je le rappelle, faisait partie du terri-
toire de Cannes avant l’année 1774 ; elle en possédait
d’aussi considérables sur le territoire de Mougins, limitro-
phe de celui du Cannet *. Tout cela suppose des maisons ha-
bitées par les ouvriers des champs aux gages de l’abbaye,
ou par des cultivateurs qui tenaient à ferme des biens du
monastère, ou encore par des tenanciers, petits propriétai-
res de terrains à eux concédés sous condition d’une rede-
vance annuelle. Cette charte, en date du vendredi 17 août
de l’an de la nativité 1471, est un procès-verbal de délimita-
tion de propriétés dressé par Barthélemy Delande, baillif 3
et notaire de la Curie de Lérins ( Curiæ Lerinensis), pour
déterminer, au moyen de vingt-deux bornes, la portion
considérable des biens de l’abbaye qui appartenaient spécia-
lement à l’office de l’infirmerie du monastère.
La dite délimitation fut faite en présence de Révérend
Père et Seigneur Isnard, évêque de Grasse et premier abbé
commendataire de Lérins, d’une part, et de Vénérable et reli-
gieux homme Dom Guillaume Vayssère, ci-devant abbé et
présentement infirmier de l’abbaye 4 , d’autre part. L’opération
1. Archives de 1* préfecture des Alpes-Maritimes, liasse 154 des papiers de Lérins.
2. Il y a an demi-siècle tout an plus, le territoire de Mougins s’étendait josqu’au
Cannet même et comprenait quelques rues de ce village.
3. Baiulus ou bajulus. « Au troisième siècle, on trouve dans certaines églises un
nouvel Officier ecclésiastique sous le nom du Sénéchal ou Baillif». (Dom de Vaines, Die -
tionnaire raisonné ds Diplomatique .)
4. « Ouillelmus IV Vayserius, al. Vazerius sedis apostolic» gratiâ Lerinensem abbatiam
consequitur an. 1445 eaque privatur an. 1447, Nicolai V summi pontificis auctoritate ».
(Oallia christiana , t. III, p. 1200 : Paris, Victor Palmé, 1870). — Après la déposition de
Guillaume Vayssère ou Vaysseri, les moines élurent abbé l’infirmier André Fontano de
Plaisance, et Guillaume Vayssère prit la place de ce dernier. En 1464 le pape Pie II
nomma André de Plaisance au siège épiscopal de Sisteron et donna l'abbaye en commende
i Isnard. évêque de Grasse.
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du bornage se fit sur le dire et l’attestation de quatre an-
ciens du village de Mougins, experts ou estimateurs jurés
( s&pitores ), nommés Pierre Ferrand, Antoine et Vésian
Rebol ou Reboul, et Barthélemy Peyron. Huit personnes y
assistèrent comme témoins requis, savoir : Pierre Crispin,
Guillaume Hulmi, Honorât Escarras, Jean Gazan et Bap-
tiste Boniface, tous cinq de Cannes, et Etienne Maure,
Honorât Isnard et Georges Pellegrin, de Mougins. Nous
trouvons en outre dans cette pièce les noms de trois pro-
priétaires dont les descendants existent encore au Cannet ;
ils se nomment Jean Gazan *, Angelier ou Angelet Calvi
ou Calvy et Augustin Calvi.
D’après cette charte et autant que nous pouvons en juger
aujourd’hui, les possessions de l’infirmerie de Lérins au
Cannet s’étendaient jusqu’aux collines qui dominent le vil-
lage au nord ainsi qu’au nord-est, et comprenaient au sud
la majeure partie du bassin qui s’appelait et s’appelle encore
les Prés, évidemment parce qu’il y avait là des prairies,
remplacées depuis lors par de nombreux orangers, qui,
d’après la tradition, y auraient été apportés par les moines
de Saint-Honorat dès le seizième siècle.
Deux considérations s’imposent à notre esprit à la lecture
de ce procès-verbal de délimitation. En premier lieu ces
terrains, propriété particulière de l’infirmerie du monastère,
sont comme des pièces de conviction attestant que les
moines de Lérins avaient reconnu l’admirable situation du
Cannet et l’excellence de son climat, d’où par conséquent le
choix d’un lieu très-convenable pour le traitement des ma-
lades ou le complet rétablissement des convalescents : il est
donc fort probable que ces moines y avaient un hôpital ou
tout au moins une maison de santé. En second lieu, ces
grandes propriétés de Lérins provenaient certainement de
donations faites longtemps avant l’année 1471, peut-être
même remontaient-elles à celles de Guillaume Gruetta, vers
la fin du dixième siècle. Quoi qu’il en soit nous pouvons,
1. Le même sans doute que l’un des cinq témoins du bourg de Cannes et qui très-
probablement habitait le Cannet.
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— 37 ; — .
sans trop nous écarter de la vérité, faire les conjectures
suivantes.
A l’époque, quelle qu’elle soit, où l’abbaye de Lérins de-
vint propriétaire de la portion du territoire de Cannes sur
laquelle s’élève aujourd’hui le Cannet et s'étend le territoire
propre de ce village, tout le sol était probablement inculte
et couvert de bois ; on prétend même que dans le superbe
bassin dit des Prés, la place occupée de nos jours par les
orangers l’était primitivement par de magpifiques châtai-
gniers. Les moines de Lérins, gens relativement très-ins-
truits et très-entendus, les seuls peut-être dans tout le pays
en ces temps de profonde ignorance et de force brutale,
surent apprécier la bonne qualité d’un terrain merveilleu-
sement exposé aux rayons solaires et arrosé par des eaux
fraîches et abondantes, circonstance assez rare dans la con-
trée : ils se mirent donc à défricher le sol et y construisirent
les premières habitations. Le nombre des ouvriers devenant
de plus en plus insuffisant à mesure que la culture s’étendait
sur les immenses possessions du monastère dans les terri-
toires de Cannes, de la Napoule, d’Arluc, de Pégomas, de
Mougins, de Vallauris,etc.,les religieux appelèrent de partout
et successivement de nouveaux cultivateurs. Plusieurs de ces
colons vinrent de la partie du littoral italien qu’on appelle
la Rivière de Gênes, où l’abbaye de Lérins possédait quel-
ques domaines importants, et entre autres, non loin de Vin-
timille, la principauté de Sabourg, qui donnait à l’Abbé le
droit de battre monnaie 1 ; et c’est là ce qui explique l’exis-
tence actuelle au Cannet do familles qui s’appellent Dani,
Calvi, Ardisson *, tous noms évidemment italiens, que l’on
retrouve le long du littoral au-delà de la frontière.
Les descendants de ces colons, tant provençaux qu’étran-
gers, se rendirent peu à peu acquéreurs de portions plus ou
moins grandes des terrains que leurs ancêtres avaient culti-
vés comme mercenaires ou comme fermiers ; et ce leur fut
1. Les abbés de Lérins exercèrent ce droit jusqu'en 1686, époque où il fut aboli par
Louis XIV ; mais la monnaie de Sabourg n’avajt jamais eu cours eu France.
2. Italien, Ardiuone.
3.
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chose facile dès le jour où commença la décadence rapide
de Lérins, et dont je n’ai pas à indiquer ici les déplorables
causes. Il me suffira de dire que dès la fin du quinzième
siècle ou le commencement du seizième, ce fut le besoin in-
cessant d’argent qui mit les religieux de Saint-Honorat dans
la nécessité de recourir à des aliénations partielles et con-
tinues de leurs propriétés. Mais leurs embarras financiers
augmentaient d’année en année : et ces embarras s’accrurent
à un tel point, qu’en 1729 l’abbé de Lérins se vit contraint
de vendre à Victor-Amédée II, roi de Sardaigne, la princi-
pauté de Sabourg pour la somme de 142,000 livres, monnaie -
de Savoie; et que moins de cinquante ans après, l’abbaye de
Lérins, autrefois si florissante, ayant atteint le dernier degré
d’abaissement et se trouvant réduite à un personnel de cinq
religieux, fut sécularisée, c’est-à-dire supprimée par le roi
Louis XVI d’accord avec le saint-siège. (Édit de 1787.)
Les nouveaux propriétaires issus des premiers colons se
bâtirent des demeures sur un sol désormais leur apparte-
nant ; et telle est l’origine des hameaux dits des Danis, des
Calvis, des Ardissons, des Michels et des Gourrins.
Je reviens à ces deux questions : Quand et par qui ont été
bâties les tours du Cannet ? Serait-ce par les Sarrasins ?
— Depuis leur expulsion de Fraxinetum. 1 2 , en l’an 972, par
le comte do Provence Guillaume I er , ils abordent sur nos
rivages très-fréquemment , il est vrai , et ils se rendent
tellement redoutables, qu’en 1243 l’évêque d’Antibes Ber-
trand III obtient du pape Innocent IV la translation du
siège épiscopal à Grasse à cause des nombreuses descentes
des pirates sur la côte d’Antibes *. Il est encore vrai que
durant les siècles suivants, les Sarrasins ne cessent de por-
ter l’épouvante sur les côtes de la Provence : ainsi en 1475
des corsaires turcs 3 , dit une chronique, surprennent la ville
de Fréjus dégarnie de la plupart de ses habitants, appelés
1. Aujourd'hui 1a Garde-Freyncl , dans les montagnes des Maures, au N. -O. de Saint-
Tropes (Var).
2. Et aussi de l'insalubrité de l’air, dit la bulle.
3. C’est-à-dire mahométant.
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par leurs devoirs religieux au loin dans les environs, un jour
de grande fête. Ces corsaires pillent et brûlent la ville, mas-
sacrent ou enlèvent les quelques personnes qui n’ont pas eu
le temps ou les moyens d’échapper à leur fureur, et rega-
gnent promptement la haute mer. Ces faits, et beaucoup
d’autres, fort graves aussi, sont incontestables ; mais il est
tout aussi certain que jamais les Sarrasins ne se sont établis
sur nos rivages à la suite d’une de leurs descentes : ni l’his-
toire ni la tradition n’eussent manqué de nous transmettre
la connaissance d’un événement aussi important. Ces terri-
bles ennemis du nom chrétien n’auraient donc pu construire
les deux tours du Cannet qu’au dixième siècle au plus tard,
avant leur expulsion de la Garde-Freynet. Or la plus vieille
de ces tours, celle des Danis, n’est certainement pas anté-
rieure au quatorzième siècle, et l’autre ne remonte pas au-
delà du quinzième.
D’autres pirates, partis des côtes d’Espagne ou d’Italie,
moins nombreux et moins à craindre que les Sarrasins, se-
raient-ils parvenus à s’établir sur un point du territoire de
Cannes, au mépris des forces du comte de Provence et des
seigneurs de la contrée, et s’y seraient-ils maintenus assez
longtemps pour y construire des habitations à leur conve-
nance? Cela n’est pas admissible.
On est donc parfaitement fondé à croire que les deux
tours du Cannet ont été élevées par les abbés de Lérins,
comme l’a été celle de Cannes, pour servir de refuge au petit
nombre de cultivateurs de ce lieu, en cas d’une attaque im-
prévue de nombreux pirates assez hardis pour s’avancer
dans l’intérieur des terres ; peut-être même y avait-il d’au-
tres maisons fortifiées dont il ne reste plus aucun vestige ;
mais quel qu’ait été le nombre de ces sortes d’habitations,
j’estime que le but que l’on avait en vue au moment de leur
construction est bien celui que je viens d’indiquer. J’ajoute
qu’il ne saurait y en avoir d’autre ; car, aux époques dont il
s’agit, c’est-à-dire durant tout le moyen âge, les moines
de Lérins n’avaient nullement à redouter la rapacité ou les
insultes des barons du voisinage : aucun de ceux-ci n’aurait
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osé faire irruption sur des terres jadis offertes en pur don à
la glorieuse Vierge Marie et au grand saint Honorât, et mises
sous la protection, non-seulement des comtes de Provence,
mais aussi du saint fondateur de Lérins, de la mère de Dieu
et de Dieu lui-même !
Il est fort probable, ai-je dit précédemment, que l’infir-
merie de Lérins avait fondé au Cannet un hôpital ou tout au
moins une maison de santé. Si le fait est vrai, les moines
avaient dû choisir l’emplacement le plus convenable pour
un établissement de ce genre ; et il ne serait pas impossible
que le quartier de la Placette, sans contredit l’un des mieux
abrités du village, eût, par cette raison et d’autres encore,
obtenu leur préférence. Dans ce cas, la tour ne serait peut-
être qu’un reste du bâtiment principal.
Cette tour de la Placette, remarquable par sa forme et
ses dimensions, vénérable par son ancienneté, méritait assu-
rément d’être conservée intacte : elle le méritait aussi et
surtout parce que restée debout, elle eût pu longtemps
encore rappeler aux habitants du Cannet un acte de cou-
rage et de patriotisme tout à l’honneur de leurs ancêtres.
L’histoire a noté ce fait, mais brièvement et sans aucun
des intéressants détails que j’ai eu l’heureuse chance d’ap-
prendre dans l’occasion que je vais dire, et qui étaient restés
à peu près inconnus jusqu’à ce jour.
En 1815 (j’avais alors douze ans), après la rentrée de Louis
XVIII à Paris et lors de l’arrivée dans notre pays de l’armée
autrichienne qui avait renversé le roi Murat de son trône
de Naples, mon vieux grand-père maternel sentit se réveil-
ler en lui les premiers souvenirs de son enfance. La vue de
ces troupes étrangères lui rappela l’invasion de décembre
1746 par l’armée sous les ordres du comte de Brown. « Cette
» fois-ci, nous dit-il, les Allemands ne nous font pas de mal,
» parce que le roi a fait la paix avec eux; mais lorsqu’ils
» sont venus quand j’étais tout petit, ils nous en ont fait
» beaucoup ; et, d’après ce que j’ai ouï dire à mon père,
» ils nous en ont fait bien davantage du temps qu’il était
» encore enfant. »
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L’invasion dont mon bisaïeul avait été témoin et qui fut
en effet cause de grands maux dans toute la contrée, est
celle de 1707 par les troupes allemandes du célèbre prince
Eugène, unies aux Piémontais du duc de Savoie Victor
Amédée II.
Je priai mon grand-père de me raconter ce qu’il savait de
cette invasion. On va voir ce qu’il me dit : écoutons d’abord
le sieur de Vizé, historiographe de France, nous apprenant,
dans son Histoire du siège de Toulon 1 les premiers ex-
ploits de l’ennemi après avoir passé le Var dans la nuit du
10 au 11 juillet.
« Le village de Saint-Laurent fut pillé et saccagé sous
» les yeux mêmes de ce prince (le duc de Savoie). On fit le
» même désordre à Cagnes et à Villeneuve, qui sont à une
» lieue de Saint-Laurent. MM. Bellissime et Garidel, prieurs
» de ces deux villages, furent dépouillés et battus à outrance ;
» les églises furent pillées et on y fit une profanation épou-
» vantable. On brûla les images ; on tira des coups de fusil
« au crucifix et on foula aux pieds les saintes hosties, après
» avoir pris tous les vases sacrés qu’on y trouva. Les fem-
» mes furent violées, etc.
« Les ennemis vinrent camper le 15 à Biot, à trois lieues
» de Saint-Laurent, où ils laissèrent cent-cinquante hommes
» et cinquante au fort de Saint- Paul. Leur armée continua
» à faire les mêmes désordres partout où elle passa. Le
» Cannet, qui est à une demi-lieue de Cannes, fut entiè-
» rement pillé et brûlé. M. Ardisson, vicaire de cette
» paroisse, fut blessé à mort, et l’on tua un grand nombre
» d’habitants. M. le duc de Savoie y envoya un colonel
» piémontais pour arrêter le carnage, et ce colonel fut tué
» par les Allemands. »
Voici maintenant les détails très-circonstanciés que m’ap-
prit mon grand-père Antoine Ardisson et qu’il tenait lui-
même do son père, petit-neveu du brave desservant qui
1. Publiée peu après en deux formats, l’un in-4*, l’autre in-12. Dans cette relation,
l’auteur, fort mauvais géographe, a estropié divers noms de localités : il a écrit par
exemple, Cargues au lieu de Cagnes et Cagnes a«i lieu de Cannes.
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donna à ses paroissiens le noble exemple d’une résistance
énergique aux brigandages de l’ennemi. C’est, comme on
le voit, une tradition de famille.
« La bande d’Allemands qui de Cannes, où le duc de Savoie
avait établi son quartier général, s’était portée sur le Cannet,
fit d’abord irruption dans la petite chapelle de Saint-Claude
située au confluent des deux ruisseaux qui se réunissent au
pied de la montée du village ( fig . 4). Ne trouvant rien de bien
précieux dans ce pauvre oratoire rustique, ils se dédomma-
gèrent de leur déception en incendiant le modeste mobilier
qu’il renfermait ; et c’est de ce jour que datent les ruines
que l’on voit en ce lieu.
« De là, ces forbans montèrent au hameau de Sainte-Ca-
therine, où s’élève l’église, la seule du village jusqu’à ces
derniers temps 1 . Ils enfoncèrent la porte de cette église,
dérobèrent les vases sacrés et autres objets de prix ; puis,
se jetant sur les maisons voisines, ils firent main basse sur
tout ce qui leur parut avoir quelque valeur : après quoi se
ruant dans les celliers, ils percèrent les tonneaux à la pointe
de leurs baïonnettes, burent à même et laissèrent le vin
couler à flots. Quelques propriétaires ayant fait mine de
vouloir empêcher cette abominable dévastation qui les rui-
nait, les pillards, à moitié ivres, maltraitèrent horriblement
ces malheureux et mirent le feu à leurs maisons.
« Les autres habitants du hameau s’enfuirent précipitam-
ment vers la partie supérieure du village, qui s’étend à mi-
côte en forme d’amphithéâtre. Le curé Ardisson, échappé
par miracle à la fureur des bandits, courut à la chapelle de
saint Sauveur, située à l’autre extrémité du pays, fit sonner
le tocsin par la cloche de la chapelle, et se vit bientôt entouré
d’un petit groupe de ses paroissiens armés de fourches, de
haches, de faux, de fusils de chasse ; et le digne abbé, mar-
chant résolûment à leur tête, se rendit à la place du hameau
1. On en construit actuellement, près de la Placette, une seconde, plus centrale et
beaucoup plus grande, dans la prévision d'un rapide accroissement de population,
résultant, comme à Cannes, de l'installation au Cannet d'une nombreuse colonie de
riches étrangers, séduits par la merveilleuse situation de ce village.
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des Calvis, agrandie depuis et justement' appelée aujourd’hui
place Belle-Vue. Il y trouva une troupe assez nombreuse
d’hommes parfaitement décidés à défendre leurs foyers, pen-
dant que les femmes, les enfants et les vieillards s’étaient
réfugiés dans les bois qui couvraient les hautes collines en-
vironnantes.
« Les Allemands ne trouvant plus rien à saccager dans le
pauvre hameau de Sainte-Catherine, envahirent le reste du
village après s’être partagés en deux bandes. L’une d’elles
se dirigea à droite, en traversant le hameau des Danis, vers
la chapelle de Saint-Sauveur, dont la petite cloche conti-
nuait de faire un appel aux armes ; l’autre suivit le chemin
qui monte directement à la place Belle-Vue, en passant par
les hameaux des Michels et de la Calade, qui subirent le
même sort que celui de Sainte-Catherine. Cette dernière
bande fut arrêtée aux abords de la place par les courageux
habitants qu’excitaient les paroles et l’exemple de l’abbé
Ardisson. Aux premiers coups de feu des Allemands, le
vaillant abbé tomba dangereusement blessé et avec lui plu-
sieurs des hommes qui combattaient à ses côtés.
« Ceux des défenseurs du village que cet engagement meur-
trier avait laissés en état de lutter encore, malgré l’inégalité
des armes, se voyant privés de leur héroïque chef et vive-
ment pressés par l’ennemi, jugèrent prudent de se retirer
sur les hauteurs qui dominent le village au nord et à l’est,
où ils pourraient du moins protéger les familles qui s’y
étaient réfugiées. La majeure partie d’entre eux gagna les
quartiers dits de la Vignasse; les autres, au nombre de
vingt-cinq ou trente, descendirent précipitamment la rue
étroite et tortueuse, seule voie, jusqu’à ces dernières années,
pour se rendre directement sur les hauteurs de Serro-
■ capèu l . Mais au dernier détour de la rue, ils virent devant
eux, en avant du pont des Calvis, le détachement ennemi
qui, de Sainte-Catherine, avait marché sur la chapelle de
Saint-Sauveur et s’était attardé au pillage du hameau des
1. Littéralement terre-chapeau, c’est-à-dire tient-le ferme , sous-entendu pour que
le vent ne. l'emporte. Ce nom a été corrompu depuis en celui de San Recapèu.
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Danis et de celui, plus important, des Ardissons. Pris ainsi
entre deux feux, nos braves Cannettans n’eurent d’autre res-
source que de s’échapper par la route qui débouche sur la
Placette et de se barricader dans la tour voisine. Rudement
attaqués par les assiégeants, ils ripostaient avec rage ; mais
leurs munitions étaient sur le point d’être épuisées, et ils ne
se faisaient plus d’illusion sur le sort qui les attendait, lors-
que, heureusement pour eux, arriva sur les lieux, suivi d’une
forte escorte, un officier général piémontais, envoyé à la
hâte par le duc de Savoie, pour mettre fin aux épouvantables
scènes que la lueur de l’incendie du Cannet et le bruit de la
mousquetade avaient signalées à ce prince.
« L’officier piémontais s’avança vers les assiégeants et leur
intima l’ordre de cesser l’attaque et de rentrer à Cannes ;
les Allemands, ivres des fumées du vin et de l’odeur de la
poudre, lui répondirent par une décharge qui l’étendit raide
mort. A la vue de cette lâche et stupide trahison, l’escorte
de l’officier piémontais se précipita sur les assassins; la
garnison de la tour, profitant de cette heureuse diversion en
sa faveur, fit une sortie, se joignit aux Piémontais, et les
deux troupes réunies, renforcées bientôt par ceux des habi-
tants qui s’étaient postés sur les hauteurs de la Vignasse,
firent subir aux Allemands une déroute complète. »
Ce récit et celui de l’historiographe de Vizé ne s’accor-
dent pas sur un point assez important,’ celui des habitants
du Cannet qui perdirent la vie dans cette affaire. Ainsi de
Vizé dit que l’abbé Ardisson fut blessé à mort et que l’on
tua un grand notnbre d’habitants du village ; or, il est certain
que le digne abbé ne périt point dans le combat livré sur la
place du Cannet, et il en fut très-probablement de même pour
la plupart de ses compagnons qui furent atteints par les balles
de l’ennemi. En effet, les registres de la paroisse constatent
que Christophe Ardisson, desservant de l’église du Cannet
depuis l’année 1691, est mort en 1731, à l’âge de soixante-dix
ans; ils ne nous disent pas que tel jour (celui du combat) a
eu lieu la mort simultanée de plusieurs habitants du village ;
enfin , ils nous apprennent qu’en juillet et août 1707, les décès
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n’ont guère été plus nombreux que durant les autres mois
de l’année. On peut admettre sans doute que quelques-uns
des hommes décédés dans la dernière moitié de juillet et
dans les mois suivants, ont dû mourir des suites de leurs
blessures ; mais comme la courte note de l’obituaire qui les
concerne n’indique point la cause de leur mort, nous ne pou-
vons rien assurer, rien donner de certain à cet égard.
L’historien de Vizé a donc, en cette occurrence, singu-
lièrement exagéré les faits. Devons-nous en conclure contre
sa bonne foi? Nullement; il a pu, il a dû être trompé lui-
même par des renseignements inexacts. D’ailleurs, l’abbé
Ardisson et plusieurs de ses hommes, très-gravement bles-
sés comme lui, ont pu rester plus d’une semaine entre la vie
et la mort et être considérés comme perdus.
Nous voyons ici une preuve des difficultés que la vérité
trouve à se produire et à s’établir, lors même qu’il s’agit de
faits contemporains. Je citerai, en finissant, un exemple du
même genre, moins sérieux, mais plus récent : c’est à propos
de la tour des Danis. J’ai promis de faire savoir d’où était
venu le nom terrible de maison du brigand donné à cette
tour ; ce que j’ai à dire à ce sujet n’est qu’une anecdote fort
simple, mais assez piquante, selon moi, et assez instructive.
Je tiens cette anecdote du propriétaire de la maison atte-
nante à la tour, lequel propriétaire avait été témoin du fait
que je vais raconter;
Plusieurs années après que Lord Brougham eut fait con-
naître au monde entier la jolie ville de Cannes, l’un des
nombreux Anglais qui venaient, pour la première fois, y
passer la mauvaise saison, fit, par une tiède matinée de dé-
cembre, une petite promenade sur l’ancien chemin du Can-
net, dont les bords, à chaque pas que faisait le compatriote
du noble lord, offraient à ses regards émerveillés des- mira-
cles de verdure et de floraison en plein hiver.
Arrivé au petit pont qui touche presque aux ruines de la
chapelle de Saint-Claude et marque le point où le chemin se
bifurque, notre promeneur prit à droite, passa le pont, gravit
le coteau, arriva au hameau des Danis, et quelques pas plus
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— 46 —
loin s’arrêta devant la vieille tour qui termine ce hameau.
Frappé du caractère que présente cette singulière habitation
et voyant que la porte en était fermée, il interrogea une
femme âgée qui, assise sur la dernière marche de l’escalier
délabré de la tour , filait tranquillement sa quenouille aux
doux rayons du soleil matinier.
— « Quelqu’un demeure-t-il dans cette tour ? »
La bonne femme n’entendait guère le français ; mais ces
paroles du monsieur étranger, prononcées comme le font
généralement les Anglais, ont une telle analogie avec la
phrase provençale: qauqun demouoro-t-i dins aquesto
tourre ? que la vieille paysanne n’eut pas de peine à les com-
prendre, et elle répondit sur-le-champ :
— « Aro noun, li a plu dégun ; mai a gairé de tem, li avié un
« brigan d’omé qué li dioun Agnelin. »
(Maintenant non, il n’y a plus personne ; mais il y demeu-
rait naguère un brigand d’homme que l’on appelle Agnelin.)
— « Un brigand, dites-vous ? »
— « Si, un ubriac, un piafou vengut dé délà. »
(Oui, un ivrogne, un piafou 1 venu d’au-delà, sous-en-
tendu la frontière.)
De toute cette conversation, notre Anglais n’avait com-
pris et ne retint que le mot brigand ; et, prenant ce mot
dans son acception rigoureuse, sans se douter le moins du
monde que, dans la pensée de son interlocutrice et confor-
mément à l’usage local, l’expression un brigan d'omé signifie
tout simplement un vaurien, ou encore un vagabond, un
homme de rien, le fils d’Albion, rentré à Cannes, raconta
à ses compatriotes la découverte qu’il venait de faire au
Cannet, d’une tour extrêmement curieuse, appelée la tour,
ou maison du brigand par les habitants de ce village. Peut-
être même pour faire valoir l'importance de sa découverte,
et son imagination aidant, improvisa-t-il une petite histoire
dramatique dont cette tour aurait été le théâtre ; toujours
est-il que depuis lors, pour les touristes, comme pour les
1. Piafou , terme de mépris appliqué aux gens de la basse classe qui, de la haute
Italie, viennent chercher leur vie en Provence.
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47
auteurs de Guides des Etrangers (M. Elisée Reclus, par
exemple, Les Villes d'hiver, p. 114), cette tour n’est plus la
tour des Danis, ce qu’elle n’a pas cessé d’être pour les gens
du pays, mais la tour ou maison du brigand.
On a vu que M. Mérimée a fourni à M. Viollet-Le-Duc, en
même temps que son dessin très-inexact de la tour, la dé-
nomination plus inexacte encore, et même tout à fait fausse,
de maison du brigand.
Le brigand d’homme dont parlait la bonne vieille s’appelle
en effet Agnelin. C’est un pauvre diable venu du Piémont
ou de la Rivière de Gênes, jeune alors, vieux aujourd’hui,
et faisant, comme autrefois et tant bien que mal, les com-
missions dont on le charge, ainsi que de grossiers travaux de
toute nature ; mais, resté fidèle à ses anciennes habitudes, il
va parfois encore parcourant les rues, aux trois quarts ivre
et chantant bravement des airs de son pays : du reste, point
méchant et point voleur.
Ainsi parait démontré de nouveau ce fait (plus fréquent
qu’on ne le croit à notre époque de scepticisme) qu’aujour-
d’hui comme jadis, un mot mal interprété suffit pour subs-
tituer la légende à la vérité.
A.-L. Sardou
Président honoraire.
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ÉPIGRÂPHIE ANTIQUE
DU
DÉPARTEMENT DES ALPES-MARITIMES
DEUXIÈME PARTIE
ARRONDISSEMENTS DE NICE ET DE PUGET-THÉNIER8
INTRODUCTION
GÉOGRAPHIE ANCIENNE
I
Considérations générales
Depuis la publication de la première partie de mon épi-
graphie, un événement scientifique d’une grande importance
s’est accompli. Le deuxième volume du tome V du Corpus
inscriptionum latinarum de M. Mommsen a été publié, et
dans ce volume, l’auteur a cru devoir comprendre les ins-
criptions de l’ancien comté de Nice parmi celles de la Gaule
cisalpine, quoique lui-même ait reconnu que les territoires
qu’il place aujourd’hui dans cette région, faisaient autrefois
partie des Alpes-Maritimes et que cette province était com-
prise dans la Gaule transalpine l . Je ne veux pas rechercher
I. Mém. «ur le» prov. rom . Th. Mommsen. Trad. E. Picot.
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— 50 —
ici quelles sont les raisons, très-graves assurément, qui ont
poussé F illustre savant à se mettre en contradiction avec
tous les documents historiques connus et avec lui-même,
dans des travaux antérieurs ; quelles qu’elles soient, ces rai-
sons n’ont rien à faire ici, où je dois me contenter d’exposer
la situation nouvelle qui m’est faite par suite de cette publi-
cation.
Entreprendre la publication des inscriptions des Alpes-
Maritimes quelques mois après l’apparition d'un travail
identique par M. Th. Mommsen, peut, au premier abord,
paraître ou complètement inutile ou singulièrement préten-
tieux ; en effet, de deux choses l’une : ou mon travail ne sera
que la copie servile de celui de M. Mommsen, ou bien il
proposera des corrections aux lectures du savant épigra-
phiste, et, dans ces deux hypothèses, il semble que je ferais
mieux de m’abstenir. ‘ >
Heureusement il n’en est point ainsi. Le travail de M.
Mommsen est certainement fort bien fait et partout où il a
pu vérifier lui-même les monuments, il reste peu de chose à
faire ; mais c’est le plus petit nombre qui se trouve dans ce
cas : car il n’a pu, la plupart du temps, que proposer des le*
çons toujours hypothétiques, sur de mauvaises lectures; il n’a
pas pu indiquer, d’une façon précise, ce que sont devenus
les monuments originaux : de sorte que le lecteur ne sait
jamais si le monument existe ou s’il a été brisé, égaré, etc.
Enfin, il n’a pas recherché, dans toute la région qu’il décrit,
les monuments nouveaux qui ont échappé jusqu’à ce jour à
tous les autres épigraphistes. A ce triple point de vue, mon
travail a son utilité; c’est une monographie à côté d’un
Corpus; ils se complètent l’un par l’autre, et l’on verra dans
le cours ce travail que, sans me poser en correcteur du
Corpus, j’ai pu glaner encore dans cet immense champ,
après la grande récolte des maîtres.
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5 <
II
Administration ancienne
Les Alpes-Maritimes étaient une province procuratorienne
équestre ; c’est-à-dire que leur gouverneur, qui avait le titre
de procurateur d’Auguste, appartenait à l’ordre équestre,
qu’il était chevalier romain. Une inscription dont je parlerai
plus loin donne pourtant le de titre præfectus civitatium à
un gouverneur des Alpes-Maritimes ; Pline mentionne aussi
le titre de Préfet donné à un gouverneur de cette province
Je tâcherai d’expliquer plus loin la raison de ces diverses
dénominations.
Tous les documents antiques que nous possédons placent
les Alpes-Maritimes parmi les provinces de la Gaule ; le
tableau suivant suffit pour mettre ce fait en évidence.
DIOOESI8 VIENNEN8I8
Manille, de Vérone
Rnfns
Polemlns SilTius
HotitUDlgnltatnin
09 Viennensis
70 Narbonenais prima
71 Narbonenais secunda
72 Novem populi
73 Aquitania prima
74 Aquitania secunda
75 Alpes Maritiinœ
2 Provincia Viennensis
3 Narbonenais
4 Novempopulana
5 Aquitania
6 Aquitania
1 Alpes Maritimes
17 Viennensis
18 Narbonensis l a
19 Narbonensis 2*
22 Novempopulana
20 Aquitania l a
21 Aquitania 2*
24 Alpes Maritimæ
Viennensis
Narbonensis l a
Narbonensis 2 a
Novem populi
Aquitania prima
Aquitania secunda
Alpes Maritimes
L’on pourrait objecter à ce tableau que tous ces docu-
ments sont de basse époque et que dans les commencements
de l’Empire et à la fin de la République, les Alpes-Maritimes
faisaient partie de l’Italie, puisque divers géographes ont
considéré le Var comme la limite entre les Gaules et l’Italie;
mais il ne faut qu’ouvrir Tacite 1 pour y trouver la preuve
1. Tacite, liv. II, XII : Blandiebatur oœptis fortune, posaessa per mare etnavee majore
Italien parte penitus usque ad initium Maritimarum Alpiura ; quibus aggrediendeeque pro-
vincial Narbonensi
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62
évidente du contraire. Cet auteur, parlant des guerres entre
Othon et Vitellius, s’exprime, en effet, en ces termes : « La
« fortune favorisait ses entreprises ; sa flotte (d’Othon) l’avait
« rendu maître de la plus grande partie de l’Italie, jusqu’au
« pied des Alpes Maritimes. Voulant les franchir et attaquer
« la Gaule Narbonnaise... » Dire que César, revenant d’Es-
pagne, a licencié au Var ses légions, qu’il faut en conclure que
l’Italie commençait là, ou autres raisons de ce genre, c’est
vouloir quitter le terrain historique, pour ne plus s’appuyer
que sur des conjectures plus ou moins heureuses.
Les Alpes-Maritimes, dont l’organisation en province ro-
maine parait remonter à l’an 740 de Rome l 2 , avaient pour
limite, à l’est, la chaîne même des Alpes qui formaient aussi
la limite de la Gaule. Cela ressort, ainsi que je viens de le
démontrer, de tous les documents anciens authentiques ; et
de ce que quelques géographes font commencer l’Italie au
Var, .pour leur propre commodité, après avoir pris soin
d’avertir le lecteur qu’ils s’en tiendront, dans leur descrip-
tion, aux limites physiques sans s’occuper des limites poli-
tiques ou ethnographiques, il ne me semble pas que l’on
puisse rejeter ainsi les seuls documents anciens que l’on
possède. C’est ce qu’avait pensé M. Mommsen dans son
Mémoire sur les provinces romaines ; il change d’avis au-
jourd’hui, mais il me permettra de ne pas le suivre dans
cette voie *. A l’ouest, les Alpes-Maritimes s’arrêtaient à
l’Estérel, comprenant ainsi les civitates de Vence, de Cas-
tellane, do Glandevez et de Chorges : le Var, dans tout son
cours, était donc compris dans les Alpes-Maritimes et nulle
part ne leur servait de limite. La métropole des Alpes-
Maritimes ayant été Embrun vers la fin de l’Empire, il parait
que la limite nord touchait les Alpes Cottiennes. En somme,
l’on peut retrouver assez exactement la figure géographique
de l’ancienne province dans celle de l’archevêché d’ Embrun.
1. Dion. Ca»». 54, 84 : al ”AXiteiî al ratpaôaXctaatoi £nw> Arpicnv tS>v Kou 7 )Ttôv
xaXoautvtov IXeuôt po>ç êti xa'i tore vtaoiÆvai eSouXbtOijaav.
2 , On trouverait peut-être une raison à cette subite évolution, en remarquant qu’entre
les deux publications, la guerre de 1870-1871 a eu lieu.
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— 53
Plusieurs procurateurs des Alpes-Maritimes sont connus.
Le corpus en mentionne six ; mais, à l’aide des rehseigne-
ments qu’a bien voulu me communiquer M. Léon Renier et
de mes propres recherches, j’ai complété cette liste et je
puis citer treize noms certains, ce sont :
1® Caius Baebius Atticus, entre les années 41 et 54
de J.-C.
Je le trouve mentionné dans une inscription gravée sur
une plaque de bronze retrouvée à Zuglio .l’ancienne Julium
Carnicum, en 1811. Plusieurs auteurs l’ont publiée, mais
notamment Henzen ', Wilmans 1 2 3 et Mommsen s . Elle est
ainsi conçue :
l! BAEBIO P F • CLA
ATTICO
II VIR • I • D PRIMO PIL
LEG • V • MACEDONIC • PRAEF
CIVITATIVM • MOESIAE • ET
TREBALLIAe prà EF • ci'VITAT
IN ALPIBVS MARITVMIS • TR MIL COH
VHÎ PR • PRIMO PIL • ITER PROCVRATOR
TI CLAVDI • CAESARIS • A VG • GERMANICI
IN NORICO
CIVITAS
SAEVATVM • ET • LAIANCORVM
Caio Haebio Publii filio Claudia (tribu) Attico duum-
viro juredicundo, primopilo legionis quintæ macedonicæ
praefecto civitatium Mœsiæ et Treballiæ præfecto civita-
tium in Alpibus Maritumis, tribuno militum cohortis
octavæ prætoriæ, primipilo iterum, procuratori Tiberii
Claudii Cæsaris Augusti Germanici in Norico, civitas
Sævatum et Laiancorum.
1. N’ 6938.
2. Exempta inscrip. 1618.
3. Corpv 8, V. 1838.
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— 51 —
A Caius Baebius Atticus fils de Publius de la tribu Claudia, (qui ftit) duum-
vir rendant la justice, primipile dans la légion cinquième macédonique, préfet
des cités on Mé-ûe et en Treballie, préfet des cités dans les Alpes-Maritimes,
tribun militaire dans la huitième cohorte prétorienne, une seconde fois primi-
pile et enfin procurateur de Tibère Claude Cæsar Auguste Germanique dans
le Norique. La cité de Sævates et des Laiancores a élevé ce monument.
Les Sævates sont assurément les mêmes que les 2tùaxt«
de Ptolomée, qui les place dans le Norique occidental dans
la partie nord ; on retrouve leur nom dans le Sebatum de
l’Itinéraire d’Antonin. Quant aux Laiancores, M. Mommsen
déclare ignorer leur situation, à moins que les AAAYNOI de
Ptolémée ne soient ces mêmes peuples, auquel cas il fau-
drait corriger ainsi : AAIArKOI.
Le titre de præfectus civitatium, paraît avoir été, dans
l’ancienneté, donné à des magistrats envoyés de Rome avec
des pleins pouvoirs, dans une région qui n’était pas encore
bien organisée; on ne le trouve que dans des régions monta-
gneuses et barbares, difficiles à contenir. Les præfecti ci-
vitatium semblent avoir eu une grande analogie avec nos
commandants de cercles en Algérie. C’étaient probablement
des magistrats investis d’un pouvoir absolu, qui leur permet-
tait de contenir des pays mal soumis et prêts à saisir la
première occasion de révolte *. Le titre de præfectus civi-
tatium disparait d’ailleurs presque immédiatement après
cette époque, puisque, comme nous le verrons bientôt, sous
les règnes d’Othon ou de Galba, les Alpes-Maritimes étaient
gouvernées par des procurateurs. Après Baebius Atticus
nous trouvons :
2° Egnatius Calvinus, dont Pline nous a conservé le
nom dans les termes suivants : Visam in Alpibus a b se
peculiarem Ægypti et ibim Egnatius Calvinus præfectus
earum prodidit. 8 II s’agit de l’ibis noir des anciens fsco-
lopax falcinellusj que l’on croit particulier à l’Egypte.
Quoique l’on ne puisse pas indiquer au juste la date de la
1. Voir Bulletin des Antiquaires de France, 1878, p. 247 sq.. la communication do
M. Héron de Villefosso, séance du 18 décembre.
2. Pline, Histoire naturelle , livre X. ch. lxviii.
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55
préfecture d’Egnatius Calvinus, je la placerais volontiers
entre celle qui précède et celle qui va suivre, à cause de ce
titre præfectm que nous ne retrouverons plus à partir du
règne d’Othon. C’est donc entre les années 54 et 68 qu'elle
peut être approximativement placée.
H" Marius Maturus.
Nous trouvons son nom dans Tacite 1 qui, en deux pas-
sages différents, le mentionne comme s’opposant à la marche
des Othoniens. C’est donc en l’année 69 de l’ère chrétienne
qu’il faut placer sa préfecture.
4” L. Valerius Proculus.
Son nom nous a été conservé par l’inscription suivante :
L • VALERIO LP- QVIR • PROCULO | PRAEF • COHORT JH!
TRACHVM | SYRIACAE • TRIB • MILIT LEGION | IS • VII •
CLAVDIAE • P • F idelis | PRAEF • CLASSIS ALEXANDRIN | ET •
POTAMOIHYLACIAE PROC | AVG • ALPIVM MAR1TVMAR |
DELECTATORI AVG • PRO cen \ sore PROVINCIAE • VLTER
HISPAN | BAETIC • PROC PROVINC • CAP | PADOCIAE • PROC
PROVINCIAE | ASIAE • PROC PROVINCIARVM TRIVM | Dada
|'R • proc. a rationibus AVG | prae F • annON praef. Aegypli
R P 1 MALACIT • PATRONO | DD •
Cette remarquable inscription, qui a été trouvée à Malaga,
a été déjà bien des fois publiée, notamment par Henzen *,
Léon Renier s , Mommsen 4 , Wilmans 5 , etc. Elle doit être
lue ainsi : Lucio Valerio Luci filio Quirina tribu Proculo,
præfecto cohortis quartæ Trachum Syriacæ, tribuno
militum legionis septimæ Claudiæ 6 , piæ, fidelis, præ-
fecto classis Alexandrinæ et potamophylaciæ, procuratori
1. Hiat. II, 12 : « Maritimas tnm Alpes tenebat procurator Marius Maturus; III. 42,
haud procul inde, agebat Marius Alpium Maritimarum procurator. »
2. N* 6928.
3. Mélangea d’épigraphie , p. 86.
4. Corpua , t. II, 1970.
5. Exemp. 1256.
6. La légion VII ( Uaudia . pia, felix , était cantonnée dans la Mésie supérieure.
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56
Augusti Alpium Maritumarum , delectatori Augusti pro-
censore provinciæ ulterioris Hispaniæ Bæticæ, procura -
tori provinciæ Cappadociæ , procuratori provinciæ Asiæ ,
procuratori provinciarum trium Daciarum , procuratori a
rat ionibus Augusti , præfecto annonæ , præfecto Ægypti
res publica Malacitorum patrono decreto decurionum.
A Lucius Valérius Procul us fils de Lucius de la tribu de Quirina, préfet
de la quatrième cohorte des Thraces dite Syriaque, tribun militaire de la lé-
gion septième Claudia, pieuse, fidèle, préfet de la flotte poUftnophylacienne
d'Alexandriç, procurateur d'Auguste dans les Alpes-Maritimes, chargé du
recrutemént des soldats d'Auguste dans la province ultérieure d'Espagne et
de Bétique, procurateur de la province de Cappadoce, procurateur de la pro-
vince d'Asie, procurateur des trois provinces de Dacie, procurateur des rations
d'Auguste, préfet de l’annone et préfet d’Egypte, la république des Malaci-
tains, d’après un décret des Décurions.
Nous nous trouvons ici en présence d’un haut personnage
de Rome ; parmi les fonctions importantes qu’il avait rem-
plies, on peut remarquer celles de Præfectus classis Alexan-
drinæ potamophylaciæ , c’est-à-dire commandant de laflotte
à qui était dévolue la garde du Nil, qui parcourait ce fleuve
de son embouchure aux cataractes, recueillant les impôts, ra-
vitaillant les stations, etc. Après quoi, il remplit les fonctions
de procurateur des Alpes-Maritimes et fut ensuite nommé
délectateur ou chargé du recrutement en Espagne, et, après
avoir rempli diverses magistratures intermédiaires, il fut en-
fin nommé præfectus annonæ. Grâce à une inscription de
Rome, nous connaissons la date de cette préfecture Lucius
Valérius Proculus fut préfet de l’annone sous Antonin le
Pieux en 1 44; ce qui, en comptant en moyenne deux ans pour
chacune des magistratures qu’il avait remplies, ferait remon-
ter vers l’année 130 l’époque où il fut procurateur des Alpes-
Maritimes. Une autre inscription de Malaga, nous fait savoir
qu’il fut ensuite nommé préfet d’Egypte 8 , ce qui était une
des plus hautes dignités de l’empire ; et c’est probablement
à la suite de cette nomination, que Malaga lui éleva ce mo-
nument.
1. Corp. VI, 1002.
î. Corp. II, 1971.
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57
5° C. Iunius Flavianus.
C’est encore une inscription qui nous a conservé le nom
de ce fonctionnaire ; elle se trouve à Rome, et n’est plus en-
tière aujourd’hui : mais les parties qui restent concordent par-
faitement avec les anciennes lectures. Elle est ainsi conçue :
C • IVNIO -CF- QVIR | FLAVIANO | PRAEFECTO ANNONAE |
PROC • A • RATIONIBVS PROC 1 PROVINCIARVM LVGDVNESIS |
ET • AQVITANICAE • PROC • HEREDITAT | PROC • H1SPANIAE
CITERIORIS | PER ASTVRICAM • ET • GALLAECIAM | PROC
ALPIVM MAR1TIMARVM | PROMAGISTRO • XX HEREDITATIVM
I TR • MIL • LEG VII • GEM • PONTIF • MINORI | MERCATORES .
FRVMENTARI | ET OLEARI • AFRARI
Caio Junio Caii filio Quirina tribu Flaviano præfecto
a nnonæ, procuratori a rationibus, procuratori provin-
ciarum Lugdunensis et Aquitanicre, procuratori Heredi-
tatis ( Augusli ), procuratori Hispaniæ citerioris per As-
turicam et Gallæciam, procuratori Alpium Maritimarum
pro magistro vigesimæ hércditatium, tribuno militum le-
gionis septimæ geminæ *, pontifici minnri. Mercatores
frumentarii et olearii Afrari.
A Caius Junius Flavianus fils de Caius, qui appartient à la tribu Quirina,
préfet de l'annone, procurateur des rations, procurateur des provinces Lyon-
naise et Aquitaine, procurateur de l'hérédité d'Auguste, procurateur de l'Es-
pagne citérieure de l’Asturie èt de la Gallice, procurateur des Alpes-Maritimes
chargé de lever le vingtième sur les successions, tribun de la légion Vll me
gemina, pontife mineur. Les marchands de froment et d'huile commerçant
avec l’Afrique.
On remarquera que, dans cette inscription, les fonctions
remplies par ce personnage, sont mentionnées dans l’ordre
inverse, c’est-à-dire que sa dernière fonction est mentionnée
la première, tandis qu’au contraire la première est nommée
la dernière ; ce mode est aussi usité que l’autre. Ce person-
nage qui certainement appartenait à l’ordre équestre, avait
1. La légion VU* gemina était cantonnée en Espagne.
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58
commencé par être pontife mineur à Rome, après quoi il
débuta dans la carrière militaire en prenant d’emblée le
grade de tribun dans la septième légion; il fut ensuite nommé
percepteur du vingtième sur les successions, impôt qui avait
été institué pour remplacer le service militaire ; puis pro-
curateur des Alpes-Maritimes, qui étaient une petite pro-
vince. Il passa de là dans l’Espagne citérieure, l’Asturie et la
Gallice; après quoi, il fut chargé de s’occuper des successions
d’Auguste et de l’administration de son patrimoine. L’on
sait en effet que de nombreux citoyens, pour une raison ou
pour l’autre, laissaient leurs biens à l’empereur : il fallait des
officiers chargés de recueillir ces successions et de les faire
passer dans le domaine impérial ; c’étaient les procurateurs
de l’Hérédité, ils avaient sous leur ordre les exacteurs de
l’Hérédité, qui étaient ordinairement des esclaves ; car on
tenait à pouvoir leur appliquer la torture au cas ou leur
charge aurait été malhonnêtement remplie, et la torture ne
pouvait s’appliquer qu’à des esclaves. Après avoir rempli ces
fonctions, Caï us Junius fut nommé procurateur des provinces
Lyonnaise et Aquitaine ; après quoi il devint procurateur
aux rations et préfet de l’annone, ce qui était une très-haute
charge.
Le titre de procurator a rationibus n’est pas antérieur à
Hadrien, et la mention de l’Asturie et de la Gallice indique
d’une façon précise une époque antérieure aux Antonins ; je
placerai donc, sans plus préciser, cette préfecture à la suite
de celle de Valérius Proculus.
6 °
L’inscription qui relate cette préfecture est malheureuse-
ment brisée dans son sommet, de façon que le nom du per-
sonnage est perdu; mais nous savons quelles fonctions il avait
remplies et l’époque à laquelle il fut procurateur des Alpes-
Maritimes. Elle a été trouvée récemment à Ephèse *.
1. Corput. III, 2.
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59
S PROC Augg. | nostrOR • ITEM PRAE sidi | Alpiuft
COTTIAR • ET • MAn7 • praef | veAicVLATIONIS • PANNOnmae
utriuSQ • ET • MOES1AE • SVP erioris \ et NORICI • PRAEF AL • PR *
Asturum trHB • LEG • XI • CL • ADVOC • Yisci co | miti Fulvii
Plautiani pr • pr. j c V • AD • FINIS • DOMINOrwm | nos/rORVM •
AVGVSTORum | ZyCVS • AVGVSTOrum | ser aDIVTOR TABUL-
PR ov • Asiae | OR • ARK MAG O |
S. procuratori Augustorum nostrorum,item præ -
sidi Alpium Cottiarum et Maritimai'um, præfecto vehi -
culationis Pannoniæ utriusque et Mœsiæ superioris et
Norici , præfecto Alæ primæ Asturum, tribuno legionis
undecimæ Claudiæ l , advocato fisci, comili ( C J Fulvii
Plautiani præfecti prætoriæ viri clarissimi ad finis do -
minorum noslrorum Augustorum . Lycus , Augustorum
servus, adjutor , tabularius , provinciæ Asiæ .... or ark....
Mag.... O...
S. procurateur de nos Augustes et prœses des Alpes Cottienn'es et Mar
ritimes, préfet des convois de Pannonie, de Mésie supérieure et du Norique,
préfet de l’aile première des Asturiens, tribun de la onzième légion Claudia,
appelé au fisc, compagnon de Caïus Fulvius Plautianns, préfet du prétoire,
homme clarissime aux frontières de nos Augustes. Lycus, esclave des Augus-
tes, aide percepteur de la province d'Asie
La chute de Plautien, beau-père de Caracalla, ayant eu
lieu en 203, c’est antérieurement à cette date que cette ins-
cription a été gravée et que le gouverneur des Alpes-Mari-
times, dont le nom nous manque, a occupé sa charge ; nous
savons seulement de lui qu’il était un ami de Plautien et
c’est probablement à la protection de ce parvenu, qui fut
tout-puissant à Rome, qu’il dut sa fortune rapide. La puis-
sance de Plautien fut telle, qu’il obtint un second consulat,
sans avoir jamais occupé cette magistrature une première
fois, afin de contenter son amour-propre, en mettant dans
son cursus honorum COS.II au lieu de COS.
L’inscription a été élevée au procurateur inconnu , par
Lycus, qui était esclave d’Auguste : ce qui nous permet de
1. La légion XI CloudUo. était cantonnée danala Mésie inférieure
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60
constater une fois de plus que les employés au fisc étaient
des esclaves.
Les præfecti vehiculationis étaient chargés d’organiser
et d’assurer le service des convois dans les provinces.
7° Julius Honoratus.
Nous connaissons le nom de ce procurateur des Alpes-
Maritimes par deux inscriptions de ce département, que
j’ai publiées dans la première partie de ce livre sous les nu-
méros 3 et 62. La première, qui se trouve à Vence, nous ap-
prend qu’il procéda comme procurateur à la dédicace d’un
temple en cette ville ; la seconde nous le montre s’occupant
de restaurer la voie de Vintium à Snlinium vers l’année
213.
8° Tiberius Claudius Demetrius.
Nous le connaissons par une inscription de Cimiez que le
lecteur trouvera plus loin ; il y est qualifié de vir egregius
procurator Augustorum nostrorum item ducenarius epi-
scepseos choræ inferioris. Je donnerai, en rapportant cette
inscription, les explications de ces divers titres. Je ne re-
tiens pour l’instant que celui de procurator Augustorum
nostrorum, qui doit se rapporter à Valérien et Gallien : ce
serait donc entre 253 et 260 qu’il faudrait placer la magistra-
ture de Tibérius Claudius.
9° Annius Rufinus.
Nous le trouvons mentionné dans une inscription de Chor-
ges en Dauphiné, l’ancienne civitas Rigomagensium des
Alpes-Maritimes, inscription qui a été publiéè bien des fois
déjà, mais notamment par Gruter, Spon et Bourquelot. La
voici telle que la donne Bourquelot :
PIO • PRINCIPI | INVICTO • AVGVSTO | RESTITUTORI • ORBIS |
PR0V1DENTISSIM0 RETRO PRINCIPVM • AC ' SVPER | OMNES
FORTISSIMO 1 ANNIVS RVFINVS VE- PROCVRATORI
ALPIVM MARITIMARVM DETOTVS | NVMINI MAIESTATIQÜE
• EIVS •
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64
Les titres de pius princeps, restitutor orbis providen-
tissimus, indiquent clairement que l’inscription est dédiée à
Aurélien ; c’est donc, entre les années 270 et 275 qu’il con-
vient de placer la magistrature d’Annius Rufinus. Le lieu
où cette inscription a été trouvée, semblerait indiquer que
c’est vers cette époque que la métropole des Alpes-Mariti-
mes a été transportée à Embrun.
Ce sont là les seuls procurateurs dont nous puissions fixer
par à peu près les dates ; ceux qui vont suivre ont pu exercer
leur magistrature avant, comme après ceux que je viens de
citer, ce sont d’abord :
10° Marcus Aureuus Masculus,
Que nous fait connaître une inscription de Cimiez, que le
lecteur trouvera plus loin ; il y est qualifié de patronus et
de vir egregius. Les trois collèges de Cimiez lui élèvent un
monument à l’issue de-sa magistrature, pour le remercier de
son intégrité, de sa bonté envers tous les habitants et de sa
munificence, à propos de la réparation d’un aqueduc tom-
bant de vétusté. C’est une des inscriptions de Cimiez qui
prouvent que la métropole de la province se trouvait pri-
mitivement dans cette ville. Elle parait donc antérieure à
celle d’Annius Rufinus. Je la crois pourtant postérieure aux
Antonins, car la réparation des bains a dû coïncider avec la
reconstruction de l’aqueduc, et nous connaissons de source
certaine l’époque où les bains de Cimiez ont été réparés.
C’est donc vers le milieu du troisième siècle qu’il faut pro-
bablement placer cette magistrature.
11° Publius Ælius Severinus,
Que nous retrouvons aussi dans une inscription de Cimiez,
où il est qualifié de vir egregius et de presses. Nous n’avons
absolument rien qui nous indique la date approximative de
la magistrature de Publius Ælius Severinus, sinon qu'ayant
été trouvé à Cimiez, le monument est certainement antérieur
au transfert de la métropole à Embrun : si donc, je ne me
suis pas trompé dans ma conjecture, si c’est dans la seconde
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62
moitié du troisième siècle que ce transfert a été fait, le mo-
nument. est antérieur à cette époque.
12° Marcus Julius Ligurus,
Nous est connu, par une inscription bilingue de file
Sainte-Marguerite. Je l’ai publiée dans la première partie
de ce travail sous le n° 132 ; Marcus Julius Ligurus y est
qualifié de procurator augusti, par son esclave Agathocles
qui a fait un vœu au dieu Pan pour le rétablissement de sa
santé. Il m’est absolument impossible de rien dire sur l’épo-
que de sa magistrature ; car , l’on comprendra très-bien
qu’un vœu fait dans l’ile Sainte-Marguerite au dieu Pan,
qui y avait probablement un temple, n’implique en rien le
séjour du procurateur à Cimiez ou à Embrun.
13-
Enfin, une inscription de Lyon rapportée par Gruter et
M. de Boissieu, ne porte plus que les lettres suivantes :
/ ET GALLEC • PROc
Alpium MARITIMARVM PROC • X • | iriB
LEG VII • G em | . . .provinciæ fuGVDVNENSIS
Je serais tenté de rapporter à Caïus Julius Flavianus, cité
plus haut, ce fragment d’inscription. Nous savons, en effet,
qu’il fut tribun de la septième légion Gemina, vice-président
du vingtième sur les successions, préfet des Alpes-Mariti-
mes, délectateur d’Auguste en Espagne et notamment en
Gallice etp ocurateur de la province Lyonnaise. Nous trou-
vons dans le fragment de Lyon bien des points qui paraissent
se rapprocher de l’inscription de Rome; aussi est-ce sous
toutes réserves que j’ai mis un numéro à ce monument *.
14° Lucius Dudistius Novaxus.
1. M. Ail mer, qui vient de publier cette inscription dans sa Reçue Épigraphique.
est aussi de cet avis.
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63
15° Et Aurelius Saturninus, qui tous deux furent pro-
curateurs dans les Alpes Cottiennes, ne se rattachent que
de loin à notre province, qui a parfois été réunie aux Alpes
Cottiennes, ainsi que le prouve l’inscription que j’ai citée au
numéro 6 de ce catalogue.
Les inscriptions font encore mention de flamines de la
province, ce qui implique l’existence d’un temple provincial
à la métropole ; or, comme les textes qui mentionnent cette
dignité ont été trouvés à Cimiez, il s’ensuit que Cimiez > était
bien la métropole de la province. J’entrerai dans de plus
grands détails à ce sujet en commentant les inscriptions qui
mentionnent ces dignités. On trouve aussi à Cimiez des viri
eÿregii, des putroni et de nombreux collèges.
III
DUcuulon sur le* ville* ou lieux mentionné*
par le* auteur* ancien*
§ i
VILLES ET PORTS DE LA CÔTE
En partant du Var, pour se diriger vers l’Italie, Nicæa.
était la première ville que l’on rencontrait. C’était une colo-
nie marseillaise : Etienne de Byzance 1 est formel à ce sujet:
Ntxata Ks/tix^ç Maaa’aAioTwv îzotxoç, « Nice, ville de lu G mile, co-
lonie de Marseille. » Ce qui, une fois de plus, prouve que,
pour les géographes anciens, le territoire de Nice se trouvait
dans les Gaules. Strabon 2 3 , nous dit qu’elle fut fondée par
les Marseillais, pour l’opposer aux Salyens et aux Ligures
des Alpes : xat t/)V ’OXêtav xat 'AvwroXiv xal Ntxatav TW TWV SaXuwv
î8v*i xat roïç Alywji toîç ri; ‘AXratç oixoùiiv , Pline 8 dit : NiciSSL , Op-
1. Et. de Byiance.
2. Strabo lib. IV, cap. i. 5 .
3. Pline III, v, 47.
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64
pidum a Massiliensibus conditum; Ptolomée 1 : N6wt«
MœreaWGv, Nice des Marseillais.
L’Epitome de Tite-Live 8 dit : Transalpinos Ligures qui
Massiliensium oppida Antipolim et Nicæam vastabant.
Ammien Marcellin 3 , dans sa description de la Gaule, s’ex-
prime en ces termes : llis prope Salluvii sunt et Nicæa et
Antipolis insulæque Stœchades; ce qui démontre bien que
pour cet auteur, comme pour tous les autres, les Alpes-Ma-
ritimes se trouvaient dans les Gaules ; et, comme le fait re-
marquer M. Desjardins 4 , s’il oublie de citer cette province
dans sa liste, c’est par suite d’une simple omission : car elle
figure dans la liste de Vérone, qui est antérieure de près
d’un siècle à Ammien Marcellin. L’itinéraire maritime
d’Antonin décrit ainsi la côte entre le Var et la Roya 5 .
Ab Albintimilio Hercle Manico portus ... M. P. XVI
Ab Hercle Manico Avisione portus M. P. XXII
Ab Avisione Anaone portus M. P. IIII
Ab Anaone ad Olivulam portus M. P. XII
Ab Olivula Niciam plagia M. P. V
Je démontrerai plus ioin que ces distances doivent être
corrigées ; je ne retiens pour le moment que le nom de Nicia.
Pomponius Mêla 8 , dans la description de la Gaule Nar-
bonnaise, dit : Nicæa tangit Alpes.
Fondée par les Marseillais pour assurer leur commerce,
Nice n’eut jamais une grande importance. De son histoire
avant la conquête romaine nous ne savons rien, sinon qu’elle
fut assiégée par les Décéates et les Oxybiens en même
temps qu’ Antibes. Pendant la domination romaine, son im-
portance diminua encore, à cause du voisinage de Cimiez ;
si bien que, dans les premiers siècles de l’ère chrétienne, on
ne la trouve plus nommée autrement que Portu Nicæno et
1. Ptolémée III, i, 3.
S. Epit. TU. Liv. XI.VII.
3. Ammien Marcel. XV, xi, 15.
4. Qiogr . de la Gaule, t. II, p. 180.
5. Itin. (Ed. G. Porthay et'M. Pinder, in-8^» P- 246, n*' 503, 504.
0. Pomp. Mel. De SU. Orb. II, 76.
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65
Castellum N icæensis- 1 . Mais à partir de la destruction de Ci-
miez, elle reprend promptement son importance, devient le
siège incontesté d’un évêché, et, grâce à sa position unique
au milieu d’une des plus belles contrées des Gaules, grâce
à l’azur sans égal de son ciel, grâce surtout à la clémence
incomparable de son climat, elle se développe progressive-
ment à travers les siècles, jusqu’à ce qu’enfin elle soit de-
venue de nos jours, la coquette cité des fleurs et des palmiers,
la reine incontestée des villes de saison de la Méditerranée,
dont les flots bleus reflètent les superbes villas et les magni-
fiques jardins, qui nous font songer aux villas et aux jardins
des environs de Rome.
Même après l’organisation des Alpes-Maritimes en pro-
vince, Nice conserva une sorte d’autonomie : sous la domi-
nation marseillaise et jusqu’à la fin du deuxième siècle, tous
ses magistrats furent exclusivement grecs ou plutôt massa-
liotes; mais pendant le courant du troisième siècle, les Ro-
. mains s’emparèrent peu à.peu de cette administration, qui les
gênait. Ce fut d’abord sous forme de protectorat que se fit
cette usurpation : les magistrats romains y prennent le nom
des anciens magistrats grecs, pour ne pas froisser ouverte-
ment le sentiment des populations : c’est ainsi que nous ver-
rons un procurateur des Alpes-Maritimes s’intituler Epis-
cepseos churœ inferioris, en latinisant les termes grecs que
ces peuples comprenaient seuls.
La puissance de Marseille était alors dans son déclin.
L’astre de l’Athènes des Gaules, qui avait inquiété Carthage
et dont Rome avait recherché l’alliance , était près de
s’éteindre ; et son autorité sur ses colonies était si faible,
qu’il est facile de comprendre qu’un pouvoir voisin, à son
apogée, profitant de l’impuissance de la métropole à défendre
ses colonies, ait pu se substituer peu à peu, sans violence, à
la domination massaliote.
L’on sait, en effet, que Marseille, tout en conservant une
grande indépendance dans son administration, n'avait plus,
1. Mansi Coll . Concit. Il, 476 et le même auteur Litt. Con. VII, 930.
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66
à cette époque, qu’une apparence d’indépendance politique,
quelle ne devait, d’ailleurs, pas garder longtemps encore ;
puisque, pendant le quatrième siècle, la Notice des provinces
nous apprend que l’antique cité phocéenne n’était plus qu’une
simple cioitas de la province viennoise.
La ville ancienne était construite entre l’embouchure
actuelle du Paillon et le monticule du Château ; c’est sur la
plage où l’on voit aujourd’hui les Ponchettes que les anciens
tiraient leurs navires. Le Paillon avait alors son embouchure
dans le port actuel qui formait un estuaire profond, et la ville
était traversée par une voie, la voie Aurélienne, sur le par-
cours de laquelle l’on a retrouvé de nombreuses tombes et
tout dernièrement une inscription funéraire qui est aujour-
d’hui dans le local de la Société des Lettres, Sciences et
Arts de cette ville.
On n’y a trouvé aucun monument de l’époque romaine,
tandis que Cimiez nous montre ses thermes, son amphi-
théâtre, ses aqueducs et ses temples. Le sol de Nice est
resté muet ; et, à l'exception de quelques tombes qui, je l’ai
dit, bordaient la voie, l’on n’a trouvé que de rares monnaies
impériales et des fragments informes de poterie.
Cette absence de monuments publics vient bien à l’appui
de l’opinion que j’émettais, en commençant, sur la médiocre
importance de Nice à l’époque romaine. C’était un comptoir
commercial, mais la vraie ville était Cimiez.
Ap rès Nicæa l’Itinéraire maritime d’Antonin mentionne
Olivula à sept milles de Nice, tandis que Ptolémée nomme
un ’HpotxXéouç Xvpirjv que quelques géographes placent dans la
rade de Villefranche ; c’est là une erreur, due à une
incorretion du texte de Ptolémée, ainsi que je l’ai démontré
dans une communication faite à l’Académie des Inscriptions.
La rade de Villefranche était occupée par Olivula et je dé-
montrerai, en parlant de Monaco, que le portus lierculis ne
peut pas être différencié du portus lierculis Monæci.
C’est ce qu’ont pensé nombre de géographes anciens, au
nombre desquels il faut citer Cluvier \ dont les oeuvres sont,
1. Cluverius, liai, ant t. I, p. 63 et suiv
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67
à juste titre, si estimées des géographes, et notre grand
maître à tous, d’Anville 1 2 : Bouche 8 partage aussi cette
manière de voir, quoique Walckenaer 3 lui fasse dire le con-
traire dans son ouvrage ; et ce n’est pas sans surprise qu’a-
près avoir lu dans le tome II, page 10.6 de la Géographie
ancienne des Gaules, que Bouche distinguait le portus
llerculis du portus Monæci, j’ai pu lire tome I, page 155
de Y Histoire de Provence de Bouche les lignes suivantes :
« Mais certes, Strabon explique si clairement que portus
» llerculis Monæci est Mourguez (Monaco), que quand il
» reviendroit en vie et le montreroit au doigt, il ne le dé-
» signeroit pas plus précisément qu’il le fait on ses écrits ; »
et, plus loin, parlant de Villefranche : « Car dire qu’elle
» soit portus llerculis comme le veut le sus allégué Ioffred
» (Gioffredo) c’est ce que nous avons réfuté un peu aupara-
« vant. » Si ce sont là les auteurs sur lesquels s’appuie
Walkenaer pour étayer son opinion, il faut avouer qu’il
se contente de peu.
Gioffredo 4 , qui le premier a fait la distinction du port
d’ Hercule et du port de Monaco, je dis le premier (car Ric-
cioli 5 , qui l’avait écrit avant lui, n’avait appuyé son opinion
d’aucune raison et son travail est bien plutôt une étude hy-
drographique et commerciale, qu’une étude géographique et
surtout archéologique}:Gioffredo, dis-jc, n’appuie son raison-
nement que sur des preuves négatives sans en citer aucune
de positive: dans sa Chorographic,' ne sachant où placer
Olivula de l’Itinéraire d’Antonin, puisqu’il assigne le port
d’Hercule à Villefranche, il propose de le mettre au petit port
de Saint-Jean ; recherchant ensuite où pouvaient être situés
les ports d'Anao et d 'Avisio, il indique pour l’un, lô port
d’Avisio, la cale Saint-Laurent, et pour l’autre une anse du
cap Male, qui, dit-il, se trouve à l’orient du cap d’Aille ;
ce qui est inacceptable pour deux raisons principales :1a pre-
1. D’Ànvilie, Notice de la Gaule , p. 372.
2. Bouche, Hist, de Prov t. I, Chorogr. p. 155.
3. Walkenaer, Géographie ancienne des Gaules, t II, p. 106. note.
i. Gioff. Storia delle Alpi maritllme , p. 119 sq.
5. Riccioli, Géogr. riffor,. liv. X, cap. x.
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68
mièro c’est que le cap Male est à l’occident du cap d’ Aille, et
la seconde que le port d’Anao était situé avant celui d’ A Visio.
Mais la raison principale qui doit faire rejeter absolument
l’opinion des auteurs qui placent le port d’Hercule à Ville-
franche, consiste dans la preuve indéniable, que nous four-
nissent diverses chartes, de l’identité d’Olivula et de Ville-
franche : nous trouvons en effet dans une donation de la
chapelle de Saint-Etienne-de-Cortone, faite par l’évêque
Arnaud au chapitre de Nice, les mots suivants : « Ecclesiam
beati martyris Stephani, quæ sita est juxta portum Olivi. »
Or, cette chapelle touche Villefranche ; et la charte de do-
nation est datée de l’an 1151.
Cent quarante-quatre ans plus tard, Charles II d’Anjou,
comte de Provence, voulant forcer les habitants de l’antique
Olivula (alors détruite) qui s’étaient disséminés sur les riva-
ges de la rade actuelle de Villefranche et s’y livraient à des
actes de piraterie, à revenir habiter au.fpnd de la baie, sur
l’emplacement même' d’Olivula, s’exprimait en ces termes :
« In portu ipso (Olivulæ sive Olivi) villam de novo constitui
vocandam de cetero Villamfrancam et fabricari decemimus,
ad cujus villæ hahitationem hominum et personarum castri
de Monte Olivi et ejus territorio incolatum transferri volu-
mus... Datum Brinoniæ anno Domini millesimo ducentesimo
nonagesimo quinto, die décima Augusti, indicione octava. »
Cette précieuse charte est conservée aux archives municipa-
les de Nice ; je l’ai vue et lue en entier, et j’ai collationné
sur l’original le passage précédent cité par Carlone *.
Le port de Villefranche conserva encore longtemps le nom
de Port-Olive, puisque, près de cent ans après, nous lisons
dans la relation du voyage de Grégoire XI d’Avignon à
Rome, en 1376 : Villamfrancam sive portus Olivæ intravi-
mus. » Il est donc impossible de placer Olivula autre part
que dans la rade de Villefranche. Il est vrai que la distance
donnée par l’Itinéraire n’est pas absolument exacte ; mais,
outre qu’il est très-rare de voir concorder les mesures des
7. Carlone, Vestig êpig. de la dom. gr.. >/ tassai . el rom , p. 16.
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69
itinéraires avec celles qui sont prises directement sur le
terrain , la différence est ici de peu de chose ; car on
compte, de Nice à Villefranche, quatre milles en suivant les
sinuosités de la côte, et l’Linéraire en donne cinq de Nice à
Olivula ; et si, comme cela est possible, l’ancien estuaire du
Paillon s’enfonçait dans l’intérieur des terres d’un demi-
mille plus avant qu’ aujourd’hui, les distances seraient abso-
lument conformes.
Il n’y a donc pas à rechercher ailleurs la position de ce
port.
Après Olivula, l’Itinéraire nomme le port d’Anao. D 'Oli-
vula aa Portus Anaonis, l’Itinéraire marque xii milles, chif-
fre évidemment altéré par les copistes, qui nous conduirait
à un mille de Monaco, au-delà du cap d’ Aille sur le point le
plus abrupt et le plus dangereux de la côte. Il faut donc, de
toute nécessité, corriger ce chiffre ; la correction la plus
simple est de considérer l’x comme un v, ce qui change le
chiffre xii en vu : à l’aide de cette légère correction, nous
sommes amenés au petit port de Saint-Jean, où l’on a re-
trouvé, non-seulement des tombes et des objets romains,
mais des citernes et des caveaux de construction romaine.
C’est, d’ailleurs, le seul point do la côte qui, jusqu’à la cale de
Saint-Laurent, mérite le nom de port; c’est ce qui avait
décidé Cluvier 1 2 et d’ Anville * à se rallier à cette opinion,
que partagea Bouche 3 . Gioffredo lui-même reconnaît l’exis-
tence du port, mais il y place Olivula 4 . M. Brun 5 a proposé
l’anse de Beaulieu , après avoir, comme Gioffredo, placé Oli-
vula à Saint-Jean : pour appuyer cette opinion, il propose de
supprimer la dizaine que marque l’Itinéraire et de ne comp-
ter que il milles entre Olivula et Anao. Cette correction ne
me paraît pas acceptable, car il n’est pas possible d’admet-
tre qu’Olivula ait été placée autre part qu’à Villefranche. Il
est vrai que l’on rencontre à Beaulieu des tombes romaines
1. Italia an tiqua.
2. Notic. de la Gaule p. 64.
3. Hisl. de Prov. p. *
4. Stor. delle Alp. Marit. p.
5. Rect. de Vit. Marit . etc. p. 5 du tirage à part.
5.
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I
70
et quelques débris de poterie, ce qui a pu persuader à quel-
ques archéologues que ce lieu a été habité autrefois ; mais
les traces qu’on relève à Beaulieu ne sont que celles de la
voie romaine qui y passait : on y trouve simplement ces res-
tes de tombes que l’on rencontre toujours le long des voies
romaines, principalement aux environs des centres habités.
Après Anao, l’Itinéraire nomme Ayisio. D'AnaokAvisio,
il indique quatre milles ; cette distance nous conduit au port
dit Cale de Saint-Laurent : c’est la seule baie qui puisse être
regardée comme un port, entre Olivula et Monaco. C’est à
ce point que l’on a retrouvé d’anciens vestiges d'habitations
romaines. Une voie très ancienne, se dirigeant sur la Turbie,
y a été reconnue par M. Brun; une autre voie remonte di-
rectement à Eze, dont le nom ancien Fria parait être la cor-
ruption du nom romain d ’Avisio ; on y voit une inscription
romaine et un caslrum liguro-romain, où la Société des scien-
ces, lettres et arts de Nice a fait opérer des fouilles qui ont
rapporté une foule d’objets de toilette et de ménage. C’est
tout près de ce castrum que se trouvait l’inscription mili-
taire qui est actuellement à Nice dans le local de la Société.
Fodéré pensait que cette anse avait dû être un port dans
l’antiquité et c’est sur ce point que, pendant les travaux de
construction du chemin de fer de Nice à Monaco, se faisaient
les débarquements de matériaux et d’approvisionnements
nécessaires à la construction, si pénible, de cette difficile
voie. Ces diverses raisons me font adopter l’opinion de Clu-
vier, d’Anville, Bouche, Gioffredo, Carlone et M. Brun, qui
y ont reconnu le port antique d ’Avisio. Walkenaer y place
le Portus Herculis de Ptolémée; M. Mommsen a adopté
cette manière de voir et dans sa carte antique il place, avec
doute, le Portus Herculis à la cale Saint-Laurent. Il est
vrai que, dans son commentaire, il est moins explicite et dit
simplement que le port d’ Hercule est placé entre la pointe de
Villefranche et Monaco. Cette opinion, peu soutenable, tient
à ce que cet auteur n’a pas admis l'erreur de Ptolémée,
•qu’il lui faut donc placer, entre Monaco et Villefranche, un
port de plus qu’il n’y en avait le long de la côte, et qu’il lui
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— 7 « —
a paru que la cale Saint-Laurent était le meilleur port com-
pris dans cet intervalle. Tout ce raisonnement tombe de lui-
même, s’il est prouvé que Ptolémée a fait à tort la distinc-
tion du port d’ Hercule et du port de Monaco : c’est ce que
je vais tâcher de faire.
Après Avisio, l’Itinéraire nomme le port d’Hercule Mo-
naco. La distance, qu’il«indique entre ces deux localités est
de xxii milles ; ce qui nous conduirait au-delà de Vintimille.
Il faut donc nécessairement corriger cette distance et comme
nous ne trouvons entre l’anse de Saint-Laurent et le port de
Monaco, que m milles ou au maximum m milles et demi, je
n’admets que les chiffres m ou un comme possibles.
Ainsi que je l’ai déjà dit, plusieurs auteurs anciens et moder-
nes ont voulu distinguer le port d’Hercule du port de Monaco.
Dans une communication faite à l’Académie des Inscriptions
et Belles-lettres, j’ai démontré l’erreur de Ptolémée à ce su-
jet : je ne crois pas pouvoir mieux faire que d’emprunter à ce
travail lés arguments que j’ai fait valoir à l’appui de ma
thèse, qui a été bien accueillie par la plupart des membres de
cette savante compagnie. Ce mémoire a été inséré dans le
Bulletin trimestriel de l’Académie '.
« Plusieurs auteurs anciens nous ont laissé des descrip-
tions de la côte entre le Var et la Roya ; Strabon, Pline,
Ptolémée et l’Itinéraire d’Antonin nous fournissent des tex-
tes précis, qui ne nous permettraient aucun doute sur la po-
sition respective des ports mentionnés par ces divers au-
teurs, si une erreur, manifeste à mon avis, fortuitement
introduite dans le texte de Ptolémée, n’avait entraîné dans
une fausse voie quelques bons esprits au moyen âge et, de
nos jours, deux de nos maîtres les plus accrédités , MM.
Mommsen et Em. Desjardins. »
« Répondant aux dires d’écrivains aussi autorisés, je dois
m’entourer de toutes les preuves que vont me fournir les
textes anciens, les écrits de nos meilleurs géographes et, en
fin de compte, l’étude topographique de la contrée. »
1 . Bull, de l'Ac. de» Juter, et Bellee-teltre #, 1879, janvier à mars.
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72
« Strabon *, qui étudie la côte de l’ouest à l’est, nous in-
dique, après Antibes, le Var, Nice et Monaco qui, dit-il, se
trouve à 480 stades d’Albenga (Album IngaunumJ et à 200
stades d’Antibes *, et entre les deux, la grande ville de Vin-
timille (Album Vntimilium). »
« Pline 1 2 3 entre dans de plus grands détails : « Igitur, dit-
il, ab amne Varo Nicæa a Massiliensibus conditum, fluvius
Palo, Alpes, populique inalpini multis nominibus sed maxime
Capillati, oppido Vediantiorum, civitatis Cemenilo, portus
Herculis Monœci, Ligustica ora flumen Rutuba, oppi-
dum Albium Intemelium... etc. »
« Ce qui, sans aucun doute, nous désigne le Var, Nice,
le Paillon, le port d’ Hercule Monœcus, la Roya et Vinti-
mille... »
« Au premier abord, pour celui qui connaît la côte, ce
texte semble contenir deux erreurs ; la première qui consiste
à placer Nice avant le Paillon, et la seconde, à nommer de
même la Roya avant Vintimille. »
« Mais des études géologiques attentives m’ont permis de
constater qu’ autrefois le Paillon avait son embouchure dans
le port actuel de Nice, et que, par conséquent, comme l’on
sait que Nicæa se trouvait au pied de la falaise du Château,
sur l’emplacement occupé aujourd’hui par les Ponchettes, le
tribunal, la préfecture, etc., le Paillon se trouvait au-delà de
Nice. En outre des données géologiques absolument certai-
nes sur lesquelles je m’appuie, nous savons que le port de
Nice, anciennement nommé Lympia (peut-être du grec Aot|xôç
ou Aû(*ii), était, au commencement du moyen âge, un cloa-
que malsain, et que c’est aux travaux accomplis, d’abord
sous les comtes de Provence et plus tard sous les ducs de
1. Strab.,iv, i, 9: ’AvwtoXiv x«l Nîxatav... 6 Oüapoç uttroç èm Trjç ’Av-
titcoXhoç xai Nixataç. . . id. iv, vi, 1 : AXël'n'auvov IvtïuOtv 8 k tlç Movotxou
Aifieva Tcrpotxômoi xoti ârSo^xovrot, ïv t* t w |uto$ roXt; ïù[Arr&7); ’AA&ov
’Ivrt|xûiov... «te.
2 . Strab , IV, ti, 3 : St£x*i (Movotxoc) 8’ ’AvtmcôXmm ijuxpû 7tXt£ouç î| Sizxoovxk
T raSi'ou;.
3. Pline Hist. nat.. III, v. 7, 47. Ed. Lngd. J en. Lipel», 1878, in-8*
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73
Savoie, que l’on est parvenu à faire un port de cet ancien *
estuaire. D’ ailleurs, l’Itinéraire d’Antonin, qui appelle Nice
Nicia plagia, démontre bien, qu’à cette époque, Nice ne
possédait pas de port, mais une simple plage pour tirer les
bateaux de faible tonnage. »
« Il en est de la seconde erreur comme de la première ;
les fouilles récentes, commencées par le savant professeur Ge-
rolamo Rossi, en mettant à jour, près de la Nervia, un théâ-
tre antique, des substructions de tous genres, des mosaï-
ques, des inscriptions, et les mille débris que l’on retrouve
sur les emplacements des anciennes cités, ont suffisamment
démontré, que Y Album Intimilium des géographes anciens
se trouvait au-delà de la Roya ; et que ce n’est qu’ après la
destruction de la cité par les Lombards, que la ville actuelle
de Vintimille a été construite sur le monticule qu’elle oc-
cupe. »
« Cette opinion a été admise par M. Mommsen, qui sous
la conduite de M. Rossi a visité les lieux; aussi s’exprime-t-
il en ces termes à ce sujet : « Situm autem fuit (Album Inti-
milium) non eo ipso loco, quo nunc est Vintimiglia, sed mille
passibus fere inde ad orientem, in campis inter Royam flu-
vium et torrentem qui dicitur la Nervia *. »
« Le texte de Pline nous décrit donc très exactement la
côte, telle du moins, qu’elle se trouvait de son temps. »
« Jusqu’ici, les deux géographes restent dans un accord
parfait ; mais voici que Ptolémée 1 2 vient jeter le trouble dans
ces descriptions si claires. Cet auteur, en effet, s’exprime en
ces termes :
MawaXuoThjv.
N6uua xr\ [*y Z8'
HpaxXt'ouç Xtjiirçv. xt| fo' ajï /S'
Tpdrtaia Etêaaroü xtj L 'fi u.8 l ’
Mavolxou XiuTjV . xr, 8 ’ u.8 70
Aux Marseillais.
Long. L&t.
Nice 28*» 43° 5'
Le port d’Hercule 28° 15' 42° 45 ‘
Les trophées d’Auguste 28° 30' 42° 30'
Monaco 28° 40' 42° 40'
1. Corp, inset*. lat t. VI. 2, p. 900-901.
2. Ptol. III, I, 2.
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74
« Voici donc un Port d’IIercule que n’ont connu ni Stra-
bon, ni Pline. Strabon *, il est vrai, nomme un Portus
Herculis Monœci ; mais ce ne peut être celui de Ptolémée,
puisqu’il ne le différencie pas de Monaco : 'O U toC Movoîxou
XijjUjv SpfMi é<mv où ixeYCfXatç où51 iroXXaïî vau <nv, ï/tov hpov 'HpaxXéouç
Movolxou xaXoujiévou, lotxe Si txitô toü ovoixaToç xai (jiypt Seüpo Staretvïv o
MawaXtortxbî ^apaTtXouç Où faut-il donc placer ce port? A Ville-
franche, répondent sans hésiter Riccioli 8 Gioffredo 1 2 3 et
M. Ernest Desjardins 4 ; à Eza, dit Walkenaer 5 6 ; entre Mo-
naco et la péninsule de Villefranche, dit M. Mommsen # , sans
préciser en quel lieu. »
« Bien d’autres auteurs ont nommé Monaco, mais aucun
d’eux, de quelque façon que l’on torture son texte, ne per-
met, à mon avis, de faire une distinction entre le Portus
Herculis et le Portus Monœcus. »
Hecatée, d’après Etienne de Byzance, connaissait déjà
cette ville Mévotxoç -oXiç Aiyvotix^. Exaraïoç, EùpoW,. Hécatée vi-
vait au sixième siècle avant J.-Ç. Lucain 7 8 s’exprime en ces
termes :
Quaque sub Herculeo sacratus uumine portus
Urget rupe cava pelagus : non Corus in ilium
Jus habet, aut Zephyrus : soins sua littora turbat
Circius et tuta prohibet statione Monœci.
J’avoue que, quelque bonne volonté que j’y mette, il
m’est impossible de trouver dans ces vers la mention de
deux ports, l’un le portus Herculeus et l’autre la Statio
Monœci, et surtout der reconnaître dans le portus Herculeus
le port de Villefranche. La première et la meilleure de toutes
les raisons en a été donnée par Cluvier 8 dans son Italia
antiqua : « C’est, dit-il, parce que le port de Villefranche
1. Strab. IV, vi, 3.
2. Oeogr. rifform., lib. cap. x.
3. Stor. delle Alp. Mar., t. I, p. 149 et suiv. (Torino, Stamp. Real., 1839, in-8*.)
4. Oéogr. de la Gaule, t. II. p. 181 et suiv.
5. Géographie ancienne des Gaules . t. II, p. 106.
6. Corp. inter, lai., t. VI, p. 908.
7. Lucain, Pharsal., I, vers 405-408.
8. Cluvier, liai, antiq., lib. I. p. 63.
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*75
n’est pas exposé au mistral ( Circius des Romains), tandis
que le port de Monaco est inabordable lorsque ce vent
souffle. Avant Lucain, Virgile 1 avait dit :
Àggeribus socer alpinis atque arce Monoeci
Descendons . . :
« Ce qui prouve simplement, comme nous l’avions déjà
vu dans Strabon, que l’on disait indifféremment, en parlant
de Monaco, portus herculis Monœci, portus Monœci ou
simplement Monœcus. »
« De même Sillius Italicus 2 disant :
Herculei ponto cœpere existera colles
Et nebulosa jugis attolere saxa Monœci
n’a pu et n’a voulu parler que de Monaco ; d’ailleurs Tacite 3
nous dit clairement que son nom était bien portus Herculis
Monœci : « Fabius Va lens, e sinu Pisano sœvitia mare aut
adversante vento, portum Herculis Monœci depellitur. »
« Ce nom d 'Hercules Monœci se retrouve encore dans
Mamertin 4 , qui certainement parlait de Monaco en disant :
Jam summas arces Monœci Herculis præteribas et dans
Ammien Marcellin 5 disant : Monœci similiter arcem et
portum ad perennem sui memoriam consecravit ( Her-
cules ); et si, quelquefois, comme dans les textes de Va-
lère-Maxime 6 et de Julius Obsequens 7 , on trouve ce lieu
simplement nommé portus Herculis !, c’est, parce que cette
désignation était suffisante pour l’intelligence du récit;
mais il est impossible de s’appuyer sur de pareils textes
1. Vlrg., Æneid., VI, v. 830.
S. Sill. Italie. 1, V. 586.
3. Tacite, Hist., III, 42.
4. Mamert. In Panegyr . Maxim. Aug.
5. Aram. Marcell., XV, 9, 10,
6. Val. Maxim, (lib. I, cap. VI, 7): « Quam ab Herculis portu, quo peditus pervenerat
(C. Hostiliua Mancinus consul) navem conscenderet. »
7. Jules Obseq. : Portu Herculis, quum conscenderet navem. Lib. de prodigii» ,
lib. LXXX1II (22).
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76
pour étayer une opinion contraire à celle de géographes
aussi autorisés que Strabon et Pline.
« Ce sont là, à ma connaissance, les seuls auteurs qui
aient nommé Monaco; et, sauf Ptolémée, aucun d’entre eux,
on l’a vu, n’autorise à faire deux ports du portus Herculis
Monœci. »
Après quoi, passant à l’étude topographique de la région,
je démontrais qu’il n’y a entre Nice et Monaco que trois
ports possibles : Villefranche, Saint-Jean et la cale Saint-
Laurent, et que tous trois étaient occupés par les ports
d'Olivula, d’Anaoet d 'Avisio, et je concluais en ces termes :
«. On a vu, par ce qui précède, qu’il n’y a entre Ville-
franche et Monaco, que deux anses que l’on puisse qualifier
de ports et que ces deux anses sont toutes deux occupées
par les ports d’Anao et d’ Avisio : où donc faut-il placer le
le Port d’ Hercule de Ptolémée? »
« De l’étude topographique de la région, comme de
l’examen impartial des textes, il semble donc résulter que
l’erreur de Ptolémée est manifeste. Dira-t-on qu’Olivula,
qui apparaît au troisième siècle, pouvait, dans des temps plus
anciens, avoir été nommée Portus Herculis, que bien des
villes ont eu deux et même trois dénominations successives et
différentes? Je ne demanderais pas mieux que de me rallier
à cette opinion, s’il était possible d’admettre que Strabon,
qui entre, à propos du port de Monaco, dans de grands
détails, qui nous apprend que ce port ne pouvait contenir
ni beaucoup, ni de grands navires, qui nous indique son
éloignement d’Antibes et d’Albenga, si, dis-je, il était pos-
sible d’admettre que Strabon eût oublié de mentionner que
tout près de là se trouvait le grand port d’Hercule, dans
lequel pouvaient entrer les navires de toutes dimensions :
or cela me parait bien difficile. Mais, même en admettant
cet oubli, incompréhensible de la part du grand géographe,
comment comprendre que Pline, qui était préfet de la flotte,
qui, par conséquent, devait bien connaître les ports et leur
situation, ait oublié de mentionner le seul port pouvant
contenir une flotte, surtout lorsque cet auteur vient de
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— Tl —
mentionner des ports comme ceux d’Antibes, de Nice, de
Monaco, de Vintimille, dont l’importance était des plus mé-
diocres? Il faut donc admettre que du temps de ces géo-
graphes, la belle rade de Villefranche n’était occupée par
aucune ville, ou du moins que la ville qui s'y trouvait n’avait
pas assez d’importance pour mériter d’être mentionnée
dans une énumération géographique. »
« Cela empêchait-il lesanciens de se servir de cette rade
comme d’un abri en. cas de mauvais temps? En aucune
façon ; mais comme les rades n’étaient généralement pas
mentionnées dans les énumérations géographiques, l’on
comprend très-bien le silence des géographes. Si la station
ordinaire de la flotte avait été dans ces régions, il est plus
que probable que cette rade aurait eu une importance tout
autre ; mais comme les' seuls navires de commerce fréquen-
taient d’ordinaire ces parages, ils n’en usaient qu’en cas de
tempête, comme point de relâche. Cette rade ne pouvait
donc pas être confondue avec un port et désignée comme tel
dans une énumération géographique. »
« L’erreur admise, faut-il l’imputer au géographe lui-
même ou à des. copistes qui auraient dénaturé son texte?
Il est impossible de se rallier à cètte dernière opinion, car
la faute du maître ressort non-seulement de la mention,
mais encore de l’erreur dans les longitudes et latitudes
que nul ne conteste. D’ailleurs, une erreur de Ptolémée n’est
pas chose si extraordinaire qu’il faille, pour éviter de l’ad-
mettre, considérer tous les autres textes comme incomplets ;
je n’admettrais cette conclusion que si la faute que je signale
était la seule. Mais sans sortir de la région qui nous occupe,
j’en trouve trois qui me semblent caractéristiques : la pre-
mière à l’occasion des Fosses-Mariennes, que cet auteur
place au-delà du Rhône, tandis qu’il est hors de doute
qu’elles étaient en deçà, dans les environs de Fos à Port-
de-Bouc ; la seconde, à propos de Senez, Eocvîtwv, qu’il place
chez les Vediantii, tandis que, d’après Ptolémée lui-même,
ces peuples en étaient séparés par les Nerusii et les Suetri
et que, d’autre part, nous savons que Senez appartenait aux
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78
Sentii ; la troisième enfin, à propos de Briançon, qu’il place
che les Segusiani, tandis que, de l’aveu de tous les géogra-
phes, il appartenait aux Caturiges.
« L’on pourrait m’objecter que Ptolémée n’a jamais com-
mis d’erreurs de cette nature, qu’une transposition est expli-
cable ; tandis que la mention d’une ville qui n’existait pas
ou le dédoublement d’un seul nom en deux ports ne serait
pas acceptable : à quoi je répondrais que rien n’empêche de
croire que l’HpaxXeoüç Xt^v est le même- port que YHeraclea
Caccabaria de l’Itinéraire d’Antonin, qui, d’après ies meil-
leures déterminations, devait être placé à Cavalaire. Cette
solution rentrerait complètement dans l’ordre des fautes
commises par le grand géographe. »
A seize milles au-delà de Monaco, l’Itinéraire place Vin-
timille, à Vintimilio Herelè Manico portus. m. p. XVI.
De nombreux auteurs ont mentionné cette ville.Tacite l , ra-
contant la guerre entre les Othoniens et les Vitelliens, nous
apprend que le municipe d’Intimilium fut dévasté par les
troupes d’Othon. Pline 2 nous informe qu’elle était la capi-
tale des Intimiln : Oppidum eorum appellatur Albium
Intimilium ; Strabon 3 4 la nomme ‘AX6tov "'Ivre^Xiov ou ’Ivhjm-
X«ov et nous apprend que la ville était assez grande ; il la
nomme en effet TtoXt; éu(*eYt9»]ç. La table de Peutinger l’ap-
pelle Albentimillio, Varron 4 Intiminium. Nous trouvons
ce même nom corrompu dans Ptolémée 5 qui le nomme
’AX6tvt[/.Trçvtov, ’AXêtvToa^viov, ’AÀëiviamov ; et dans Tacite 6 en dum
in Templo, pour dum Intemelios ; mais ce n’est certaine-
ment là qu’une faute de copiste. Les inscriptions la nom-
ment A Ibintimillium, et c’est certainement là le nom véri-
table. Nous savons qu’elle appartenait à la tribu Falerna et
nous lui connaissons, toujours par des inscriptions, des
duumvirs, des édiles et des prêtresses.
1. Tacite, II, 1* et 13.
ï. Pline, III, 5, 48.
3. Strab. IV, 8, 1.
4. Varron, De Re ru&t. III, IX, 17.
5. Qéogr. III, I, 3.
6. Agricola, 7.
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— 79 —
Ainsi que je l’ai dit plus haut, la ville ancienne n’était pas
construite sur l’emplacement de la ville actuelle, mais à plus
d’un kilomètre de là, entre la Roya et la Nervia ; on y a
trouvé un théâtre enfoui sous les sables, deux belles mosaï-
ques, malheureusement détruites aujourd’hui, et de nom-
breuses substructions où l'appareil romain est très recon-
naissable. Dans la ville actuelle on ne rencontre aucun édi-
fice romain et les quelques inscriptions qui s’y trouvent y
ont été apportées.
Je ne puis clore cette étude, sans parler d’un travail pu-
blié dans les Mémoires de notre société, par mon excellent
collègue et ami F. Brun. Quoique les conclusions de ce
travail soient très-séduisantes, je ne puis pourtant pas m’y
associer, mais je les mentionne volontiers. Cet auteur, ayant
remarqué combien les distances fournies par l’Itinéraire
d’Antonin sont erronées, suppose que le plus grand nombre
de ces erreurs sont dues à l’addition ou à la suppression des
dizaines : il propose donc, d’ajouter ou de supprimer les
dizaines , lorsque les distances de l’Itinéraire ne s’accordent
pas avec les mesures prises directement sur le terrain ; et,
appliquant son système aux ports situés entre Monaco et
Nice, il propose la correction suivante :
Ab Albintimilio Herculem Monceci portas m. p XVI
Ab Hercule Monoeci Avisionem portas (cale St-Laurent) II
Ab Avisione Anaonem portas (Beaulieu) IV
Ab Anaone Olivulam portas (port Saint-Jean) II
Ab Olivula Niciam plagia V
Je ne saurais adopter cette correction quelque ingénieuse
qu’elle soit; car il faut, pour faire cadrer ces distances avec
celles qui sont relevées directement sur le terrain, tantôt
suivre les sinuosités de la côte et tantôt mesurer à vol d’oi-
seau à travers les terres, ce qui est inadmissible. D’ailleurs,
ce système aurait l’inconvénient de laisser de côté la rade
de Villefranche, en ne tenant aucun compte de la charte de
Nice.
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VILLES DE L’INTÉRIEUR
A partir de Vintimille, l’Itinéraire terrestre d’Antonin
nous fait connaître :
Lumone
m. p.
X
Alpe summa
m. p.
VI
Hue usque Italia
Hinc Gallia
Cemenelo
m. p.
IX
Varum flumine
m. p.
VI
A la table de Peutinger :
Albentimillo
In Alpe Maritimâ VIIII
Gemenello VIIII
Varum flumine VI
Ces deux documents nous montrent que Cimiez était à six
milles du Var et entre neuf ou dix milles de YAlpis summa ,
qui est aujourd’hui la Turbie. Pline *, ainsi que nous l’avons
vu plus haut, lui donna le titre de capitale des Vediantii :
Oppido Vediantiorum , civitatis Cemenilo. Ptolémée s
nous dit : ’OusStotvrlwv tv xapaXlotç 'AAxwiv, KefwvAeov, Sovi'twv. La
Notice des provinces de la Gaule 1 2 3 nous donné le nom cor-
rompu déjà de Cemelensium, qui a produit Cimela et Ci-
miez. Diodore de Sicile 4 nomme une ville tj xAtç KEpArrüv
que l’on croit être Cimiez ; enfin tous les textes lapidaires
que nous possédons donnent l’ethnique Cemenel.
Cimiez a été le chef-lieu de la province des Alpes-Mari-
times; cela ressort clairement de plusieurs textes, et notam-
ment de ceux qui rapportent les inscriptions dédiées aux
1. Plin., Hist. na/., VI, v. 7, 47.
2. Ptol., 8, 1, 43,
3. Not. prov. Oall . mus, Rheu., 23, 1289.
4. Diod. Bxcer . Vatic., p. 79.
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84
flaraines de la province, et M. Mommsen fait remarquer que,
de même que les flamines de la province d’Espagne cité-
rieure siégeaient à Tarragone, de même que les flamines
des trois Gaules siégeaient à Lyon, où était l’autel des trois
provinces : de même, les flamines des Alpes-Maritimes ne
pouvaient siéger qu’au chef-lieu de la province. Or, comme
on retrouve leurs inscriptions à Cimiez, c’est cette ville qui
était la métropole de la province. Cela ressort encore du
nombre d’inscriptions dédiées à des procuratores, à des viri
egregii et à divers magistrats qui siégeaient ordinairement
au chef-lieu de la province.
Je ne m’arrêterai pas à décrire les antiquités et les ruines
de Cimiez ; ce travail a été fait, et mieux fait que je ne
pourrais le faire, par mon excellent confrère M. Brun. Je
me contenterai de dire après lui que l’amphithéâtre pouvait
contenir trois mille personnes, que les thermes étaient
grands et beaux, et que si l’on fouillait judicieusement ce
terrain, on pourrait probablement reconstituer à peu de frais
le plan primitif de la cité romaine.
Après Cimiez, l’Itinéraire nomme YAlpis Summa, qui
faisait la séparation de l’Italie et des Gaules et se trouvait
à neuf milles de la métropole. Le même point est appelé in
Alpe Maritima par la Table de Peutinger etTfwwxia E«6«rroü
par Ptolémée, qui place ces trophées entre le port d’Hercule
et Monaco.
Plusieurs auteurs ont cru que le nom actuel de ce lieu, la
Turbie n’était que la corruption du mot tropæa ; mais si l’on
considère qu’il n’y avait là, du temps des Romains, aucune
habitation, que le monument était isolé sur le sommet d’un
roc, au-dessus de Monaco, qu’il fut détruit vers le cinquième
ou sixième siècle, et que ses matériaux servirent à la cons-
truction d’un château-fort au milieu duquel se trouvait une
tour dont on peut encore, de nos jours, voir les ruines, et
que cette tour commandait la route d’Italie (via Julia Au-
gusta), il est impossible d’accepter cette étymologie, et l’on
ne peut voir dans le mot Turbie que Turris-biæ , tour de
la voie. La confusion du 6 et du v était chose très-com-
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— 83 —
raune dans les langues latines. Nous trouvons, on effet, très-
souvent dans les inscriptions, bixit pour vixit, quelquefois
même dibus pour divus, et cent autres exemples qu’il serait
trop long de citer.
On ne trouve à la Turbie aucune construction romaine,
sauf peut-être l’intérieur de la grande tour, qui n’a jamais
été déblayé et qui pourrait contenir quelques restes de l’an-
cien monument ; on trouve, au contraire, dans les murs de
toutes les habitations, des fragments ouvragés qui tous ont
appartenu à l’ancien monument des trophées : ce qui montre
bien que, quand ces habitations ont été construites, le mo-
nument était depuis longtemps ruiné.
Ce qui prouve bien mieux encore que le nom grec de
Tjxwtaia ne peut s’être changé en Turbie, c’est qu’entre l’é-
poque où le monument fut détruit et celle où l’on construisit
la tour, ce nom de tropæ a s’était tellement bien effacé de
la mémoire des habitants, que pour expliquer la présence en
ce lieu d’un pareil amoncellement de ruines, on eut recours
à une légende que nous trouvons rapportée dans La Vie de
Saint Honorât, par Raymond Féraud 1 ; légende où se trou-
vent mêlées la mythologie payenne et les croyances chré-
tiennes, où Apollon, les diables, Belzébuth et Matafellon,
saint Honorât, les comtes de Narbonne et les marquis de
Marseille se rencontrent ; comme plus tard, l’auteur a fait
vivre . ensemble Charlemagne et saint Honorât : ce qui ne
doit pas nous étonner dans une légende.
Après avoir raconté comment Apollon (dont l’auteur fait
un savant philosophe, un sage, un géant, que quelques-uns,
dit-il, ont pris pour un dieu) venant d’Espagne et voulant
aller en Italie, arrivé sur le mont Agell, consulta son oracle,
qui lui apprit qu’il devait mourir en ce lieu ; comment il eut
d’abord un grand chagrin à cette nouvelle et se décida, pour
laisser un souvenir impérissable de lui, à construire le mo-
nument de la Turbie, où il plaça une idole qui disait toujours
1. La Vida de tant Honorât , par Raymond Féraud, publiée par A.-L. Sardou « Aysi
dis l’estoria con si fom facha li torres de la Turbia ni qui la fetz » p. 91.
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la vérité à ceux qui venaient la consulter, l’auteur entre
enfin dans les détails de la construction :
...Fetz ab encan tament,
La torre de gran bastiment
Am peyras de gran cayradura
E obras d'antigua figura,
Colonnas de marme pesanz;
Y mes maravillosas grantz
Que sufron l’obra tôt entor, etc.
Ce qui rappelle bien évidemment les anciennes descriptions
des trophées d’Auguste que nous ont laissées les auteurs.
L’auteur, entre ensuite dans le détail de l’histoire d’une
femme qui a trompé son mari et qui, grâce à saint Honorât,
est sauvée des révélations de l’idole qu’ Apollon avait placée
dans la tour, et il finit en racontant comment le saint fit dé-
truire la tour, le monument, les colonnes et l 'inscription
qu’y avait laissée Apollon, par le marquis de Marseille, père
de la jeune femme, à laquelle il avait remis un fragment de
sa cagoule, qui devait le préserver des artifices des démons :
Toquet l’ymaie del vestir :
Le dyables s’en vay a fugir.
E fez desfar la cayradura
De la bella obra de natura :
Colonnas et marmes entiers
A fag espezar per cartiers ;
Tôt l’encantament a délit
On Apollo mes son escrit l .
Vers le dixième siècle, on construisit le fort et la tour de
la Turbie; et c’est probablement à cette époque que vinrent
se grouper sous sa protection quelques habitations qui pri-
rent simplement le nom d'habitationes turris biæ. On se
servit naturellement, poür la construction de ces maisons*
des matériaux que l’on avait sous la main ; c’est pourquoi il
est peu de maisons, aujourd’hui encore, dans les murs des-
quelles on ne retrouve pas quelque morceau de l’ancien mo-
nument.
J’entrerai, en parlant de l’inscription de la Turbie, dans le
I. Vida de saint Honorât : « Ayzi dis con tuuit Honoratz fetz desfar al marques de
Marseylla l'idola la torre do la Turbia » p. 93.
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— 84 —
détail des parties du monument qui ont été retrouvées. Em-
manuel-Philibert fit réparer la tour et fortifia la Turbie.
Berwick la détruisit en 1765 ; la partie qui est encore debout
a été classée parmi les monuments historiques. La tradition
dit que l’empereur Pertinax naquit à la Turbie ou à Laghet.
Au-delà de YAlpis Sumrna, à six milles à l’Orient. L’Itiné-
raire terrestre d’Antonin mentionne une localité du nom de
Lumone, qu’il place entre la Turbie et Vintimille, la table
de Peutinger ne donne pas, il est vrai, le nom de cette ville;
mais il est à remarquer qu’entre Forum Julii et Varia
Sabatia, on compte dix crochets sur le trait qui figure la
voie *, que chacun de ces crochets répond nécessairement à
une station et que l’on ne trouve que neuf noms mentionnés
sur la carte : on est donc amené à croire que le copiste a
négligé d’inscrire le nom de Lumone à sa place. Il faut
aussi remarquer qu’entre la Turbie et Vintimille, la table ne
donne que ix milles, ce qui est* faux; car, ainsi que je le
démontrerai plus loin, on comptait xv milles entre les
deux stations : or, l’Itinéraire indique une distance de x
milles entre Vintimille et Lumone, ce qui me fait penser
que le chiffre IX que porte la table, se rapporte à la dis-
tance comprise entre Albintimilio et Lumone, et que le
chiffre VI qui devait être placé après la station in Alpe Ma-
ritima a été omis, de même que ceux de Costa Dalene et
d'Albingauno et bien d’autres encore qu’il serait trop long
de citer. En somme, je pense que le copiste a écrit à la
suite de la station in Alpe Maritima, le chiffre qui se trou-
vait après Lumone, ce qui l’a induit en erreur et lui a fait
oublier le nom de cette localité. Il a donc continué de placer
à chaque crochet le nom d’une station, jusqu’à Varia Saba-
tia ; mais comme le nom de cette ville répondait à une vi-
gnette, il ne pouvait se tromper sur sa position : il a donc
laissé vide le crochet qui précédait la vignette. Mais si,
partant, d’un côté, de Forum Julii et de l’autre, de Varia
Sabatia, nous plaçons à chaque crochet un nom de station,
1. Voyez pl. III.
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— 85 —
nous voyons que le vide se trouve entre YAlpe Maritima et
Albintimillo. Il faut donc nécessairement y placer Lumone.
On a proposé de placer cette station à Menton ; on a dit
que cette ville se nommait autrefois ainsi, mais qu’à la suite
du séjour qu’y fit l’empereur Othon, elle avait abandonné
son ancien nom pour la dénomination composée de in me-
moriâ Othonis, qui, par contraction, avait donné Menton.
C’est là, on en conviendra, la rage de l’étymologie poussée
dans ses dernières limites. Cette opinion, qui est très-répan-
due dans le pays, a trouvé un défenseur dans M. Gaston
d’Hombres, agrégé de l’Université, professeur d’histoire
dans divers lycées, qui, dans sa Notice historique sur le
comté de Nice, page 12, s’exprime en ces termes : « Les par-
tisans d’Othon occupèrent la ville qui , depuis , s’appela
Menton (in memoriam Othonis). » MM. Sardou 1 2 , Abel
Rendu 8 et Métivier 3 ont fait bonne justice de ces absurdités;
mais l’ouvrage de M. d’Hombres est classique, et l’on con-
tinue à enseigner dans les lycées et collèges que Menton
descend de in memorià Othonis.
Une autre tradition, plus croyable celle-là, attribue l’ori-
gine de Menton à des forbans de l’ilé Lampadouze qui se-
raient venus vers la fin du huitième siècle s’y établir 4 : il est
remarquable, en effet, que l’histoire, qui s’occupe fort an-
ciennement de Vintimille et Monaco, ne parle de Menton
qu’après l’époque sarrazine. Mais l’opinion qui place Lu-
mone à Menton n’est pas soutenable, surtout parce que les
distances ne sont pas conformes avec les indications de
l’Itinéraire : en effet, Menton ne se trouve guère qu’à sept
milles de Vintimille, tandis qu’en suivant la voie romaine,
il est à huit milles de la Turbie. On peut encore faire re-
marquer que si Lumone avait été situé sur le rivage de la
mer, l’Itinéraire maritime l’aurait mentionné.
MM. de Cessoles 5 6 , Abel Rendu, Métivier et Sardou ont,
1. Sardou, Quest. de Giogr. Hist. {in Ann. des Alp.-Mar.) 1869.
2. Menton, Roquebrune , Monaco, p. 97.
3. Monaco et ses princes , p. 18.
4. Abel Rendu, p. 97, loc. cit.
5. Dans les Mémoires de l'Académie de Turin, série 2, vol. V, traduit en français et tiré
à part, Nice.
6 .
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avant moi, indiqué le cap Martin comme étant la position
de Lumone ; mais aucun d’eux n’ayant exactement suivi la
voie romaine entre Vintimille et la Turbie, n’a pu donner à
l’emplacement de cette ville la certitude que je propose au-
jourd’hui. Aucun de ces auteurs n’a remarqué que l'Album
Intimilium des anciens se trouvant un mille au-delà de
Vintimille, c’est de ce point qu’il fallait partir pour compter
les dix milles que marque l’Itinéraire entre Albintimillio et
Lumone.
Il y a à Vintimille deux milliaires qui portent le numéro
d’ordre 590, mais comme Albintimillio était situé un mille
plus loin, il faut compter 589 pour l’emplacement de cette
ville. Le milliaire de la Turbie portait le numéro 604, la
distance entre les deux stations était donc de 15 milles en
suivant la route ; il ne s’agit donc, pour retrouver exacte-
ment la position de Lumone, que de suivre l’anciennë voie
et de rechercher un point situé' approximativement à dix
milles de Vintimille et à six milles de la Turbie. Si nous
trouvons sur ce point des ruines romaines, des murs, des
tours et autres vestiges, nous pouvons conclure sans crainte
que là se trouvait Lumone : or, toutes ces conditions sont
merveilleusement remplies par un point situé un peu au-
dessous de Roquebrune, vers la chapelle de Saint-Roch, à
l’endroit où la nouvelle route s’embranche avec l’ancienne
voie. C’est là, ou à peu près, qu’il faut placer Lumone ; ce
point est situé à plus de neuf milles de Vintimille et à
plus de cinq milles de la Turbie : ce qui explique pourquoi
l’Itinéraire compte dix milles entre Lumone et Albinti-
millio, puisqu’il y en avait plus de neuf, et six milles entre
la Turbie et Lumone, puisqu’il y en avait plus de cinq.
Pour trouver exactement les distances que j’indique, il
faut, à partir de la Turbie, laisser à droite la route de la Cor-
niche et le chemin de Sainte-Croix, que bien des auteurs
ont confondu avec la voie romaine. Cette route, fort an-
cienne d’ailleurs, n’a probablement été construite qu’après
que Lumone, détruit par les Barbares, eût été reconstruit
au sommet d’un roc presqu’inaccessible, sous le nom de
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87 -
Roquebrune ; mais la voie romaine était celle qui contourne
la colline des carrières de la Justice, d’où furent extraites les
pierres qui servirent à élever le monument des trophées
d’Auguste. Elle descend vers Monaco, et peu après l’em-
branchement qui se dirige sur cette ville, l’on trouve une
maisonnette qui a conservé la dénomination caractéristique
d' Aurélia : à partir de ce point, la route s’infléchit vers l’est
et, suivant à mi-côte les pentes de la colline, elle arrive au
point que j’ai indiqué, après un parcours de cinq milles et
demi. Entre la cabane nommée Aurélia et la chapelle de
Saint-Roch, on a trouvé trois milliaires sur le même empla-
cement ; tous trois portaient le même chiffre 601 : or, ce
point est situé à deux milles et demi de Lumone, il n’est
donc pas douteux que cette ville se trouvait entre les nu-
méros 599 et 598.
On a trouvé au cap Martin, à l’emplacement même que
j’indique, de nombreuses constructions où l’appareil romain
avec chaînes de briques se montre seul ; les principales sont :
un grand mur, une vieille tour, et quelques caves. On le voit,
il est peu d’attributions qui offrent des garanties aussi nom-
breuses et aussi solides ; je n’insisterai donc pas davantage
sur cette détermination qui me paraît inattaquable.
Le cap Martin, dont le nom semble rappeler une dédicace
au dieu Mars, était autrefois couvert d’un bois touffu, en-
touré du respect et de la vénération des habitants ; il a été
depuis détruit par la bande noire, à qui l’on doit la destruc-
tion et la dispersion de tant de monuments que les siècles
avaient respectés.
IV
Ville* et lieux, dont le* nom* non* ont été conservé*
per le* Inscription*.
Outre les villes et lieux que mentionnent les auteurs et les
Itinéraires, nous connaissons encore, dans les Alpes-Mariti-
mes les noms anciens de quelques localités que l’on trouve
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88
gravés sur des marbres; tels sont : le Pagus Licirum, le
Vicus Navelis, le Vicus Cuntinus, le Pagus Beritum et la
ville de Brigantio.
Le Pagus Licirum est mentionné sur un texte de Saint-
Pons, près de Nice, que nous font connaître Gioffredo et de
nombreux auteurs après lui. On a proposé diverses localités
pour être identifiées avec le Pagus et, entre autres, Lieuche
(Alpes-Maritimes), petit village perdu dans la vallée du
Chanz, l’un des affluents du Var. Cette attribution, qui ne
s’appuie que sur une pseudo-ressemblance de noms entre
Lieuche et Licirum, dénote chez ses auteurs une connais-
sance bien peu approfondie de la région ; car, tandis qu’ils
vont chercher à plus de 30 kilomètres de là une petite
localité qui n’a que faire dans le débat, ils oublient de re-
marquer qu’il ne faut que remonter le Paillon pendant quel-
ques kilomètres, en partant de Saint-Pons, pour rencontrer
le village de Lucéram, dont la conformité de nom avec le
Pagus Licirum que mentionne l’inscription ne laisse rien à
désirer. J’ai déjà proposé cette attribution dans la Revue
archéologique (mars 1878). Je citais à l’appui une inscription
publiée parDurandi *, nous apprenant qu’un monument avait
été élevé dans cette localité, à Caius Julius Valons, de la
tribu de Falerna, sévir de Castellane et patron des auber-
gistes de Cimiez. A ce propos, je faisais remarquer que
Castellane était inscrit à la tribu Quirina et non Falerna.
L’on sait aujourd’hui que cette inscription est fausse, mais
elle n’infirme en rien mon attribution; car si l’on n’a pas
d’inscription romaine à produire, le pays n’en fournit pas
moins de nombreux débris gallo-romains. J’y ai trouvé moi-
même des briques plates à rebords et des fragments de po-
terie dite sammienne ; au nord du village, un vaste plateau
conserve encore le nom de plateau des Romains, et le pays
tout entier aux alentours, fourmille de débris de toutes sortes
rappelant la période gallo-romaine. D’ailleurs, ainsi qu’on le
verra plus loin, ce village est entouré de localités où les Ro-
1. Il Piem. Cisp. anl., p. $0.
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89
mains ont laissé des traces non équivoques de leur passage.
Je maintiens donc mon attribution tout en rejetant le texte.
Le Vicus Navelis ne peut être, à mon avis, que le lieu
aujourd’hui nommé Plan de Revel. Peut-être le texte por-
tait-il RAVELIS ou REVELIS, ce qui rendrait la confor-
mité de noms absolue ; dans tous les cas, le Plan de Revel
était relié à Cimiez par la voie romaine qui traversait le
département du nord au sud ; on y a trouvé de nombreuses
inscriptions que l’on trouvera plus loin dans ce recueil, et
toute sorte de débris romains ; on y reconnaît encore les
fondations de plusieurs constructions, dont l’appareil est
certainement romain : sa position entre Lucéram et Cimiez
est bien en rapport avec le texte que nous possédons.
Le Vicus Cuntinus, nommé dans une inscription de l’Esca-
rène rapportée par Gioffredo dans son Histoire des Alpes-
Maritimes, me parait ne pouvoir être autre chose que le
village de Contes, qui est tout' près de l’Escarène. Carlone,
qui combat cette opinion, fait remarquer que ce lieu est dé-
signé dans les chartes du moyen âge sous le nom de locus
de Computis ; il ajoute qu’il y a, près de la porte d’entrée
de la paroisse, une pierre que la tradition locale prétend être
la pierre des comptes, sur laquelle était effectué le paye-
ment des redevances à des seigneurs du voisinage. L’argu-
ment n’est pas sérieux : car, si quelques chartes portent le
nom de castrum de Compites ou locus de Computis, cela
ne peut être attribué qu’à l’ignorance des rédacteurs de ces
chartes qui, voulant latiniser le nom de ce village, en ont
fait Computis ; d’ailleurs, d’autres chartes portent le nom
de Cuntinus, ce qui est péremptoire. Pour ce qui est de la
pierre, quoique je respecte toujours les traditions locales, je
me permettrai de faire remarquer que la pierre en question
est un cippe romain et que, s’il a servi à compter l’argent
des redevances seigneuriales, sa destination première était
tout autre.
Cette opinion, que j’ai émise dans la Revue archéologique
(1878), a été acceptée par M. Mommsen, qui déclare que de
grandes probabilités militent en sa faveur. Le village de
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90
Contes est situé entre Châteauneuf, Ville-Vieille où tant
d’inscriptions ont été retrouvées, et Berre, qui, comme nous
allons le voir, était habité par les Romains.
Le Pagus Beritum est mentionné dans une inscription
conservée à la Penne, où l’on voit les mots PAG. BERITINI
les habitants du Pagus de Beritum. Papon dit que les ha-
bitants de la Penne sont encore nommés les Beretins, ce qui
conserve le nom de Beritini. Je ne sais où cet auteur a pris
le renseignement qu’il nous fournit; mais, c’est en vain que
j’ai interrogé les plus vieux habitants du pays, c’est en vain
que j’ai recherché dans les anciens livres terriers des traces
de ce nom : je ne l’ai pas plus retrouvé dans la mémoire des
habitants que dans la nomenclature des noms anciens de la
contrée ; l’on sait pourtant combien les dénominations de
quartier sont persistantes, combien des lieux sont encore
nommés l'Oustaloun, Peiralonga, l’Abadié, dans lesquels
la maison, le milliaire et l’abbaye ont, depuis longtemps,
disparu, et qui, malgré cela, continuent et continueront
longtemps encore à garder leurs noms. Si donc les habitants
de la Penne, étaient appelés les Beretins du temps de Papon,
qui est mort en 1803, il est certain que j’aürais retrouvé
aujourd’hui des traces de ce nom. C’est donc un renseigne-
ment de pure fantaisie qui a induit en erreur cet historien.
Papon ajoute que le mot Beretini a fait naître beaucoup
de conjectures : « Il a rappelé à la mémoire Berite, petite
ville de Phénicie... On s’est souvenu que les Chananéens
faisaient un grand commerce, qu’ils avaient beaucoup de
colonies sur les côtes de la Méditerranée et qu’après que
Josué les eut chassés de leur pays, ils se répandirent en
Grèce, en Afrique, en Espagne et dans la partie méridio-
nale des Gaules. On a cru qu’un petit nombre de ces fugitifs
pourraient bien s’être venus établir à la Penne. La vallée où
ce village est bâti porte le nom de Chanan et parmi les
différents quartiers, l’un s’appelle Manassé, l’autre le Pays
de Salomon, un troisième le champ d ’Uricl La con-
formité de ces noms avec ceux qu’on lit dans l’histoire
du peuple de Dieu, semble appuyer la conjecture de ceux
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91
qui prétendent que les Phéniciens vinrent habiter cette
vallée. »> 1 2 3
Ce sont là des suppositions enfantines. Le mot de Berre
se retrouve dans plusieurs noms de villages et notamment
dans celui de Berre des Bouches-du-Rhône, sur les bords
de l’étang de ce nom. La contrée, dans laquelle est bâtie la
Penne, ne se nomme pas la vallée du Cha.na.n , mais bien du
Chaînant avec la prononciation du ch doux comme dans
chaîne, ce qui ne se rapproche en aucune façon le nom de
Chanaan; et ceux de Salomon et d'Uriel, qui sont des ex-
ceptions, ont été assurément donnés aux lieux qui les portent
par les Templiers, qui ont possédé tout ce pays et y ont eu
des établissements prospères. Mais, sauf ces deux dénomi-
nations, tous les noms du pays, sont de même nature que
ceux des autres localités du département; on y retrouve le
Mardaric, la Sagne, la Penne, le Pinau, la Laune, la Val,
la Clue, l’Enjarde, et un grand nombre d’autres noms que
l’on retrouve partout dans les départements environnants.
C’est en acceptant, sans les contrôler, de semblables éty-
mologies, que l’on en arrive à des conclusions baroques sur
les origines d’un pays.
Le Pagus tieritum était certainement le village actuel de
Berre, situé entre les villages de Lucéram, Contes, l’Esca-
rène, Châteauneuf, Ville-Vieille et Tourettes de Nice, tous
lieux où les Romains ont laissé des traces d’habitations ; on
en a retrouvé d’ailleurs à Berre.
Nous retrouvons sur quelques textes de Briançonnet les
mots Ordo Brig, qui évidemment se rapportent à cette ville.
D’Anville, après avoir parlé de Briançon, dit avec beaucoup
de raison : « Il faut reconnaître un autre Brigantio : ce lieu,
appelé Briançon ou Briançonnet, est situé sur l’Estéron qui
* tombe dans le Var. * »
Papon 8 avait accepté cette manière de voir et l’on pouvait
croire la chose admise ; mais quelques épigraphistes n’ad-
1 . Papon, Hist de Prov ., p. 109 et 110.
2. D’Anville, Notice de la Gaule, p. 174-75.
3. Papon, HUt. gener. de Prov., 1. 1, p 80-81.
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92
mettent pas cette détermination et traduisent le sigle Brig.
par Briançon, se fondant sur ce fait que les chefs-lieux de
civitates avaient seuls le droit de prendre le titre d'ordo,
que les civitates ont formé les évêchés et que Briançonnet,
n’ayant jamais été le siège d’un évêque, ne peut avoir été le
chef-lieu d’une civitas. M. Allmer 1 a soutenu cette opinion
dans la Revue Epigraphique ; il rapporte donc à l’ordo de
Briançon, que, dit-il, nous retrouvons dans les Itinéraires
que Ptolémée cite avec Suse comme civitates, que Strabon
nomme, il est vrai, sous la simple dénomination de vicus, que
l’on retrouve dans la carte de Peutinger et chez Ammien Mar-
cellin, qui l'appelle Vïj’gantia, les sigles Brig de Briançonnet.
A cela je répondrai d’abord, que tous les chefs-lieux de ci-
vitates n’ont pas été des sièges d’évêchés ; et pour n’en citer
que quelques exemples pris dans les Alpes-Maritimes, je
rappellerai la Civitas Rigomagensium (Chorges), qui a tou-
jours fait partie de l’évêché d’Embrun ; la Civitas Salini en-
sium, qui faisait partie de l’évêché de Senez : je ne parle pas
de Briançon, qui n’a jamais été non plus le siège d’un évê-
ché, parce que rien ne nous prouve qu’elle ait été un chef-
lieu de civitas.
On ne peut donc pas affirmer a priori qu’une ville n’a pas
été le chef-lieu d’une cité, parce qu’elle n’a pas été plus tard
le siège d’un évêché.
En second lieu, je ferai remarquer que beaucoup de cités
gauloises étaient des cités territoriales, dans lesquelles on
ne trouvait pas de chefs-lieux proprement dits ; que ces cités
n’en avaient pas moins un ordo, qui siégeait tantôt sur un
point et tantôt sur l’autre ; que bien des causes pouvaient
faire varier le siège de l’ordo : la construction d’une route,
un marché florissant, etc., pouvaient le décider à changer
sa résidence.
Dans le cas actuel, nous savons que Briançonnet était
compris dans la cité des Glanatenses ; il a fait partie de
l’évêché de Glandevez et, en l’absence de documents anti-
1. Allmer, Rev . Epigr n. 6, nov. et déc. 1878, p. 78.
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93
ques, rien n’empêcherait de supposer 'que, par suite de sa
position sur la voie romaine qui de Cemenelum se rendait à
Salinium, Brigantium avait pris assez d’importance, pendant
les deuxième et troisième siècles, pour que l’ordo de la cité
des Glanatenses l’ait choisi pour y siéger.
Mais nous possédons heureusement d’autres documents
qui viennent pleinement confirmer notre opinion et les tex-
tes épigraphiques retrouvés à Briançonnet. Ce sont deux
chartes, l’une de 1022, l’autre de 1081, conservées dans les
archives des Alpes-Maritimes (fonds de Lérins H. 505), et
recopiées dans le cartulaire de cette abbaye (f b 160).
M. Auguste Longnon, qui a retrouvé ces précieux docu-
ments, a bien voulu me les communiquer et m’autoriser à
m’en servir; les voici dans leur entier.
Le premier se rapporte à la cession d’une église et de son
territoire ; la charte dit : « Id est quandam ecclesiam in ho-
nore S. Satumini quæ sita est in pago Glanadensi in terri-
torio Briessenci 1 cum terra que est in ipsius ecclesiæ cir-
cuitu, que etiam taliter constat terminata : primo latus a
vertice Martis usque ad fontem quæ vocatur Saisa 1 2 3 , secundo
latus sic quomodo rivus ipsius fontis currit usque ad rivu-
lum qui vocatur Agabron 8 , tertio latus imminat 4 fons quæ
venit a monte cadens in rivulo Agabron. »
Le second extrait, qui date de 1081, est plus affirmatif
encore : « Trado et transfundo totam partem que in pago
Brianzun videor haberi ac teneo, vel aliquis pro me silicet
quartam in supradicto castello Brianzun » (Cartulaire de Lé-
rins, f* 27).
h'ecclesia Sancti Satumini est l’église de la Sagne, ha-
meau de Briançonnet, où j’ai retrouvé une inscription ro-
maine. Il n’y a donc pas de doute, c’est bien de Briançonnet
qu’il s’agit; et cela démontre que, même à cette époque, cette
ville avait encore une certaine importance, parce qu’elle y
est qualifiée de pagus, dénomination caractéristique à cette
1. Le Cartulaire donne Ici Briancionensi.
2 . La petite rivière aujourd'hui nommée la Sagne.
3. Le Qébron.
4. Le Cartulaire donne terminât au lieu à'imminal.
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— 94 —
époque, qui ne s’appliquait d’ordinaire qu’aux anciens chefs-
lieux territoriaux ; c’est pourquoi, en joignant ces docu-
ments aux inscriptions de Briançonnet, on ne peut qu’en
conclure que, pendant une certaine période de temps, Brian-
çonnet a été le chef-lieu de la civitas des Glanatemes, et
que ce n’est qu’ après la destruction de cette ville par les
Barbares, Wisigoths, Hérules ou autres, que le siège de l’é-
vêché a été transféré à Glandevez (Glanatum), qui n’a ja-
mais eu comme ville l’importance qu’avait Briançonnet.
Nous savons, en effet, que le premier évêque connu de
Glandevez n’ apparaît qu’au milieu du sixième siècle.
La ville ancienne n’occupait pas l’emplacement exact du
village actuel ; elle se trouvait à 500 mètres en aval, dans la
petite plaine aujourd’hui recouverte d’une prairie, où se
trouve la ferme connue dans le pays sous le nom de l’ou-
meou (l’ormée). C’est là que l’on a recueilli nombre de dé-
bris antiques, parmi lesquels des monnaies d’or, d'argent et
de bronze, des fragments de statue également en bronze, etc.
On y reconnaît encore de nombreuses substructions romai-
nes. C’est là qu’a été retrouvé le milliaire qui est aujour-
d’hui dans le cimetière de Briançonnet, et c’est de là qu’ont
été extraites toutes les inscriptions que l’on voit encore dans
le village actuel.
Il m’est donc absolument impossible d’admettre l’opinion
émise par M. Allmer; malgré sa haute compétence dans les
questions d’épigraphie, le savant lyonnais nous permettra
de ne pas partager sa manière de voir à ce sujet.
Il me serait, en effet, impossible d’admettre, n’aurions-
nous même aucun des documents que je viens d’énumérer,
que les décurions de Briançon, qui se trouvait à plus de
trente lieues de là, dans la cité des Caturiges, aient fait élever
des monuments en l’honneur des empereurs sur les rives
de l’Estéron, qui, en cet endroit, faisait partie de la cité des
Glanatenses ; encore moins admettrai-je que ces inscriptions
ont été transportées en ce lieu de Briançon et que c’est
par un pur effet du hasard que le nom de Briançonnet s’est
trouvé convenir au sigle Brig gravé sur les monuments.
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95
V
Ville» et lieux habités per le» Gallo-Romain», qui ne «ont
mentionné» per euoun auteur enclen ou monument épi-
graphique, mal» dont le» nom» paraissent s’ôtre conservé»
Jusqu’à nous*
Il y avait autour de Cemenelum tout un groupe de vici,
dont aucun auteur, aucun monument ne nous rappelle les
noms ; mais on peut avec presque certitude déterminer leur
emplacement, grâce à la grande quantité de débris gallo-
romains que l’on y retrouve chaque jour : quant à leurs
noms anciens, on les trouve presque intacts dans les chartes
du moyen âge. Tels sont en premier lieu sur les bords du
Paillon le village de Drap l 2 .
Le vicus ancien n’occupait pas la place du village actuel ;
il était au lieu nommé aujourd’hui le Figet, lieu que traver-
sait la voie Julienne en descendant du vallon de Laghet. Ce
nom de Figet paraît être le nom ancien de cette localité ; on
le retrouve dans le cartulaire de Lérins sous la forme de
Castrum de Figeto à partir du dixième siècle : on peut donc
penser que le nom gallo-romain était Figetum. On a trouvé
dans ce quartier de nombreux débris de l’époque romaine,
qui pour la plupart ont été acquis par feu M. Guilloteau * ; il
a fourni notamment quelques belles monnaies des Antonins,
de nombreux fragments de poteries, dont plusieurs portent
des inscriptions, sur lesquelles je reviendrai à la fin de ce
travail, et quelques objets de toilette et de ménage.
Après Drap, en se dirigeant à l’ouest, on trouvait le plan
de Revel et Contes, dont j’ai déjà parlé, et l’on arrivait à
Ville-Vieille (Villa-Veteris), dont tous les hameaux et quar-
tiers ont conservé leurs noms romains. L’on sait que Ville-
Vieille a fourni deux inscriptions dédiées aux divinités topi-
ques de ces peuples. Dendejun, l’un de ses hameaux, a
1. Voyez pl. I.
2 . La collection 9o M. Guilieteau est à Citniez.
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96
peut-être été le siège d’un culte à Junon , comme le veut la
tradition ; le nom ancien de cette localité est Castrum de
Bendejuno, ce qui ne signifierait pas nécessairement qu’il y
a eu un temple à Junon, comme l’ont dit nombre d’auteurs ;
mais on remarque que l’église de ce lieu porte encore au-
jourd’hui le nom caractéristique deNotre-Dame-des-Pagans.
Or, si du temps de l’Empire, le terme pagani ne signifiait
pas les payens, mais les paysans, il n’en était plus de même
pendant, le moyen âge, à l’époque de la construction de
l’église de Bendejun; et je pense, sans l’affirmer positive-
ment, que cette église a été construite sur les ruines d’un
temple païen : mais affirmer que ce temple était dédié à
Junon, c’est, je crois, aller un peu loin.
Quel était le nom ancien du village de Ville-Vieille? Cette
dénomination n’étant évidemment qu’un qualificatif, le pays
avait certainement un autre nom, que cette appellation
postérieure a fait oublier : on pourrait peut-être le retrouver
dans celui de Cantaron, que porte encore le quartier où se
trouvent les ruines de l’ancien village ; ceci n’est toutefois,
qu’une supposition et non une affirmation.
A côté de Ville-Vieille se trouvait Tourrette-de-Levens,
qui n’a dû son nom actuel de Tourette qu’aux tours qui
flanquaient son château-fort ; je pense qu’il faut reconnaître
le nom ancien de cette localité dans celui de Laurenti, qu’a
conservé le quartier nord de cette ville : Tourette possède
encore de nombreuses inscriptions. C’est dans son territoire
que se trouve le plan de Revel ; la route romaine qui tra-
versait les Alpes-Maritimes du sud au nord y passait : j’ai
^reconnu, dans l’appareil de plusieurs maisons anciennes, des
fragments de pierres travaillées, empruntées à d’autres mo-
numents plus anciens dont le caractère gallo-romain n’est
pas contestable. J’en conclus que, comme le calcaire ne
manque pas, ces pierres monumentales n’ont pas été ap-
portées en ce lieu, mais qu’on s’en est servi parce qu’elles
s’y trouvaient à portée des travailleurs et déjà taillées : ce
qui évitait du travail aux constructeurs.
Le nom d 'Aspromont, village où l’on a trouvé de nom-
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97
breux débris gallo-romains, parait être celui que ce lieu
portait anciennement. Il est formé de la même façon que
Clarmont, Grimont, etc. , qui sont tous des noms romains
conservés. L’un des hameaux d’Aspremont , aujourd’hui
nommé Colomas, est appelé dans les chartes anciennes Cas-
trum de Collo Martis : ce qui parait caractéristique, si l’on
rapproche cette dénomination d’une inscription, dont je par-
lerai dans le cours de ce travail, qui rappelle un culte au dieu
Mars de Cimiez.
• Levens est encore un lieu où les Romains ont eu un vicus;
on en retrouve les traces au quartier des Prats. C’est là que
l’on peut voir encore l’inscription d’un trompette de la qua-
torzième cohorte urbaine. Je pense que ce nom de Levens
peut être le nom ancien que portait cette localité; il se rap-
proche de Vence, de Vens, etc., qui sont des noms gaulois
que l’on rencontre dans les Alpes-Maritimes. Ainsi que je le
démontrerai plus loin, ce village était sur le parcours d’une
voie romaine. Son nom ancien est Castrum de Levenzo.
Au nord de Levens, de l’autre côté de la Vésubie, U telle
parait avoir été habité par les Romains. L’emplacement du
vicus était, non au château Gineste, comme l’ont dit de
nombreux auteurs, mais dans une petite plaine que l’on voit
entre le village et le sanctuaire de Notre-Dame-de-la-Garde.
C’est de là que l’on a retiré nombre d’objets gallo-romains
et nous verrons plus loin que la voie romaine traversait cette
plaine.
Le nom d’Utelle rappelle-t-il, comme le veulent bien des
auteurs, celui des Oratelli, que l’inscription de la Turbie
place dans les environs des Nerusi, qui, comme on le sait,
habitaient le terroir de Vence ? C’est ce que j’examinerai en
étudiant cette inscription. On trouve ce nom abrégé en Uelz
dans plusieurs documents du moyen âge ; mais c’est cer-
tainement une contraction de UtELleZ, car on le trouve
dans d’autres chartes contemporaines écrit Castrum de
U telles.
Si nous retournons vers l’est, nous trouvons, sur la fron-
tière même du département, le village de Saorge. Aucun
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98
lieu n’a gardé plus de traces de l’occupation gallo-romaine
dans les dénominations de ses quartiers : Castrum des Sa-
tinas (aujourd’hui les Sales); collis Martis, aujourd’hui en-
core nommé col de Mars ; castrum de Malamortis, aujour-
d’hui Malmort; etc. On voit encore dans ce village une
inscription qui sera publiée dans ce recueil, laquelle rattache
cette contrée à la tribu Falerna. La tradition veut qu’il y ait
eu à Saorge un temple dédié à Mars et à Cybèle, sur l’em-
placement duquel a été construite l’église paroissiale dédiée
à saint Georges. J’admets volontiers la dédicace à Mars, soit
à cause du nom de collis Martis, soit à cause du culte à
saint Georges, qui, comme saint Martin, a souvent pris la
place de Mars ; mais je me demande pourquoi cette associa-
tion de Mars et de Cybèle. Est-ce parce que les deux cultes
se côtoyaient à Vence? Ce n’est certes pas une raison accep-
table. Le culte de Mars était en grand honneur dans la pro-
vince des Alpes-Maritimes ; mais il parait le plus souvent
associé à des divinités topiques : Mars Olloudius, Mars Vin-
tius, Mars Jeusdrinus, Mars Cemenelius et peut-être Mars
Segomon. La grande quantité de noms de lieux dans les-
quels on retrouve le souvenir de ce culte, nous montre qu’il
était très-répandu dans tout le territoire, où il a peut-être
succédé à celui d’IIercule apporté par les Phéniciens. Le
Castrum de Malamortis couvrait, en partie du moins,
l’emplacement de l’ancien vicus romain.
Les Romains avaient encore un vicus à Val-de-Blôre, où
j’ai retrouvé une inscription et un Castrum gallo-romain
dont je parlerai en décrivant la voie romaine qui se rendait
à Embrun.
Le nom d’Isola, Castrum de Insula dans les chartes,
parait encore être un nom romain. On trouve dans ce pays
quelques antiquités; mais j’avoue que son nom seul me pousse
à le regarder comme un vicus gallo-romain; car tout ce qu’on
m’a montré d’antique se borne à quelques briques à rebords
que l’on trouve en abondance sur le parcours de toutes les
voies romaines. Or, nous verrons qu’une route romaine tra-
versait ce pays.
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— 9 » —
Je ne dirai rien de Saint-Étienne, dont quelques histo-
riens veulent faire une station romaine du nom de Deli In-
sula, ou ile de Vénus. Cette opinion, qu’il est possible d’ac-
cepter à la rigueur, ne me semble pas appuyée sur des
preuves suffisantes ; je n’ai, pour ma part, rencontré de
traces d’habitation romaine qu’au lieu nommé Aoron, à la
chapelle de Saint- Arige, où j’ai trouvé une inscription ro-
maine parmi quelques débris de murs qui pourraient être de
construction romaine; mais Aoron est situé à plus de quatre
kilomètres au sud de Saint-Étienne et ne peut, en aucun cas,
être appelé une île.
Une petite localité qui a certainement été habitée par les
Romains est le hameau de Berthemont, où l’on voit encore
les ruines d'un établissement thermal que les Romains y
avaient construit ; ils y arrivaient par le Val de Blôre, où la
route romaine est très-reconnaissable. Les eaux de Berthe-
mont, après avoir été abandonnées pendant des siècles, re-
commencent à être visitées par les malades. Le nom de
Berthemont parait être le nom antique.
Entraunes, anciennement Castrum de Interamnis, ne
doit son nom qu’à sa position au confluent de deux rivières :
le Var et le Bourdous; on voit encore des ruines qui pour-
raient bien être romaines à Péone; les Templiers y ont eu de
grands établissements et l’on trouve dans le pays quelques
monnaies romaines : on n’y a toutefois trouvé aucune ins-
cription.
Il y avait entre l’Estéron et le Var un groupe de villages
qui étaient certainement habités par les Gallo-Romains. Ce
sont : Toudon (Castrum de Toreduno), nom assurément
gaulois ; on a trouvé à Toudon de nombreuses antiquités
romaines, parmi lesquelles il faut citer deux médailles d’ar-
gent portant comme exergue: l’une, VENERANDA MI-
NERVA et l’autre, IVPITER GANIMEDES. Je ne ga-
rantis pas l’authenticité do ces deux médailles ; je tiens
cette communication de M. Bruny, actuellement curé de
Vence, mais je n’ai pas vu les médailles. Ce que j’ai vu, c’est
un petit mamelon tout couvert de constructions gallo-
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<00
romaines,. parmi lesquelles j’ai recueilli de nombreux frag-
ments de poteries, et plus loin, dans la direction d’Ascros,
un sarcophage romain et une inscription que l’on trouvera
plus loin.
Un peu avant d’arriver à Sigale, on rencontre une cha-
pelle dédiée à saint Sébastien où se voyaient autrefois deux
fragments d’inscriptions aujourd’hui couvertes par le badi-
geon ; ce lieu est nommé dans les anciennes chartes Cas-
trum de Intervineas ou Castrum de Alasia. Ces noms et
les débris romains que l’on y trouve permettent de supposer
qu’il y avait autrefois un vicus en ce lieu. ’
Plus loin c’est Aiglun, dont le nom ancien Aiglodunum
ne laisse pas de doute sur son origine gauloise. J’y ai trouvé
bien de poteries romaines et un milliaire de la voie qui
allait rejoindre Brigantium.
Je ne prétends pas que ce soient là les seuls points qui
aient été habités par les Romains ; mais ce sont les seuls qui
en ont gardé des traces à peu près certaines.
En fait de fleuves, les Romains connaissaient la Roya,
qu’ils nommaient Rutuba ; le Paillon, que Pline et Mêla
appellent Palo ; le Var, connu sous le nom de Varus, et la
Vésubie, qui est peut-être le fleuve désigné sous le nom de
Vulpis dans la table de Peutinger. On peut encore citer la
Tinnée qui devait se nommer Tinia ou Ectinia.
Pline nous donne le nom du Mons Cerna, d’où il fait sortir
le Var ; Gioffredo veut que ce soit lou serre de Camaioun.
Je parlerai des peuplades celto-ligures dont les auteurs et
l’inscription de la Turbie nous ont conservé les noms, en
commentant cette inscription.
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— 404 —
VI
De» vole» romaine» qui traversaient le» Alpes-Mari tl me» 1
J’ai déjà démontré dans de précédents mémoires, que les
Alpes-Maritimes, où l’on n’admettait qu’une seule voie, la
via Aurélia, étaient pourvues de trois grandes artères :
1° La voie Aurélienne, qui suivait le littoral ;
2° La voie Julienne, qui suivait un tracé identique, à quel-
ques kilomètres dans l’intérieur des terres ;
3° Et enfin la voie qui joignait Vence à Castellane.
U s’agit aujourd’hui d’une quatrième artère, qui, partant
de Cemenelum, allait rejoindre la Tinée, qu’elle remontait
jusqu’à sa source, débouchait dans la vallée de Barcelonnette
par le col de Pelouse et se rendait à Ebrodunum. C’était une
voie exclusivement militaire ; sa argeur moyenne, partout
où elle est conservée, varie entre 2 m ,50 et 3 ra : en de cer-
tains points elle diminue même jusqu’à 1 ”*,50 ; mais elle se
trouve alors dans des passages particulièrement difficiles,
où l’établissement d’une voie plus large eût occasionné de
grandes dépenses.
Sur son parcours, comme sur celui de la voie Julienne,
on trouve parfois des solutions de continuité : la voie dis-
parait pendant un ou plusieurs kilomètres ; mais on la re-
trouve bientôt, avec tous ses caractères; et ses divers tron-
çons, rapportés avec soin sur une carte, ne peuvent laisser
aucun doute sur sa direction générale.
En partant de Cimiez, la route suivait assurément pen-
dant quelques kilomètres le tracé de la voie Julienne, qui,
comme elle, se dirigeait vers le nord ; elle passait à Saint-
Pons, mais arrivée au vallon de Saint- André, tandis que la
voie Julienne suivait, en le remontant, le cours du Paillon,
la nouvelle voie se dirigeait à gauche, vers le plan de Revel.
1. Ce chapitre a été la à l’Académie des inscriptions et belles lettres dans la séance
du 21 février 18TO.
7 .
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— 408 —
Il est impossible de reconnaître son parcours dans cette
première partie ; mais elle devait assurément passer entre le
château de Saint-André qu’elle laissait à gauche et le lieu
aujourd’hui nommé YAbadié, de l’ancienne abbaye que l’on
y voyait au moyen âge. A partir de ce point, on la retrouve
intacte dans le chemin connu sous les noms de camin rou-
miou et camin de l'Abadié. Elle traverse les plans de Re-
vel : elle est sur ce point, bordée de tombes, et, quoique la
plupart des inscriptions que l’on y voyait soient aujourd’hui
perdues, on y trouve encore une telle quantité de débris
romains, qu’il est impossible de ne pas admettre l’existence
en cet endroit d’un vicus.
Du plan de Revel, la route se continue jusqu’à Tourette,
et sur tout son parcours on rencontre des fragments de
briques à rebords et de poteries rouges dites samiennes.
De Tourette à Levens elle devait suivre, à peu de chose
près, le parcours de la route actuelle, laissait à gauche
Saint-Biaise et arrivait à Levens par le quartier des prés,
où se trouve actuellement la caserne de gendarmerie. C’est
là que, parmi toutes sortes de débris et de substructions
romaines, on a trouvé le titulum d’un tubicen de la quator-
zième cohorte urbaine, appartenant à la centurie de Quintus
Volusius Sévérus.
Le terrain environnant est rempli de débris romains, et
quelques substructions de cette époque y ont été mises à
jour : ce qui fait présumer que le vicus romain était primi-
tivement établi en ce lieu; et ce n’est que plus tard, après
les premières invasions, qu’il se transporta sur un mame-
lon situé à 500 ou 600 mètres à gauche et forma le village
actuel de Levens.
Au sortir du village, on retrouve la route qui se dirige
directement sur le fond de la vallée de la Vésubie, en lais-
sant à droite la route actuelle pour se rendre à Utelle ; elle
est dénommée par eux camin viei. C’est le raccourci que
prennent les gens du pays. Elle franchit la Vésubie sur un
pont dont les culées sont de construction romaine ; le cintre
paraît avoir été refait plus récemment. Ce pont est nommé
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403
dans le pays pont d'àu garoumiou, c’est-à-dire pont du
gué romain ; ce qui semblerait indiquer que les Romains
avaient primitivement établi un simple gué à ce point et que
le pont en a gardé le nom.
De la Vésubie à Utelle, la voie est conservée sur presque
tout son parcours; elle traverse le Cros, petit hameau où j’ai
recueilli des poteries romaines, et arrive, en serpentant, à
Utelle. Le vicus romain n’était pas sur l’emplacement du
village actuel , mais à un demi-kilomètre de là, entre le
village moderne et le sanctuaire de Notre-Dame-de-la-Garde.
D’Utelle à la Tour, on ne quitte pas la voie ancienne, et sur
tout son parcours on rencontre des tombes romaines. Avant
d’arriver dans le village de la Tour, que la voie laissait à
droite, on rencontre à gauche du chemin un oratoire dédié
à saint Sébastien, lequel est construit sur des fondations ro-
maines ; et jusqu’à Clans, on suit, sans interruption, un che-
min qui certainement n’est autre que l’antique voie parfois
restaurée, mais bien reconnaissable aux nombreux débris
romains dont elle est jalonnée.
C’est à Clans que Cnæus Domitius Ahenobarbus, qui fut
consul avec Fannius Strabon (l’an de Rome 632), laissa une
inscription à Hercule, pour le remercier des victoires qu’il
venait de remporter sur les Gaulois du Dauphiné. Or, comme
cela est aujourd’hui bien prouvé, l’inscription de Clans étant
certainement authentique, il reste acquis à l’histoire que
Cnæus Domitius Ahenobarbus a ramené ses légions par la
vallée de la Tinée ; et pour qui connaît le pays, pour qui
a parcouru ces vallées taillées à coups de hache dans la
montagne, pour celui qui a mesuré de l’œil la profondeur
des insondables précipices qui s’y rencontrent à chaque pas,
pour celui qui a vu des coteaux entiers disparaître à la suite
d’un orage un peu violent, comme il s’en produit chaque
année dans ces régions, il est impossible d’admettre qu’une
armée a passé par là, s’il n’y avait pas de route ; et Car-
lone, qui a émis cette opinion, comme ceux qui l’ont suivi
dans cet ordre d’idées, ont écrit cela dans leur cabinet, en
suivant de l’œil sur une carte le cours de la Tinée.
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— 404 —
De Clans à Marie, la voie existe et sert encore de nos jours
à mettre en communication les deux villages. A partir de
Marie, un hiatus se produit et l’on ne retrouve plus de traces
de la voie jusqu'à Saint-Sauveur. Mais ceci s’explique d’une
façon satisfaisante par la nature du terrain que l’on trouve
entre ces deux villages : ce sont des schistes ardoisière ap-
partenant au terrain permien et des couches de marnes ar-
gileuses, que l’on rattache aux terrains triasiques.Tout le ver-
sant entre Marie et Saint-Sauveur n’a aucune solidité : il s’y
produit chaque année des éboulements considérables et l’ins-
tabilité de la roche est telle que l’administration des Ponts
et Chaussées est obligée d’entretenir sur ce point une bri-
gade de cantonniers, spécialement occupés à réparer les
dommages journellement causés à la route par les éboule-
ments qui s’y produisent.
Cet état de choses aurait dû, semble-t-il, empêcher l’éta-
blissement d’une voie romaine sur un terrain aussi mouvant;
mais il faut remarquer que ce n’est qu’à la suite du déboise-
ment de ce versant que les éboulements ont commencé et
que, du temps des Romains, le pays était certainement en-
core boisé : ce qui retenait les terres.
Jusque là je n’avais rencontré aucun milliaire et je déses-
pérais d’en rencontrer aucun, lorsque, entre Marie et Saint-
Sauveur, immédiatement au-dessous de Rimplas, sur les
bords du vallon de la Boulinette, je découvris, dans un mur
de soutènement, un fragment de pierre arrondie qui portait
une inscription milliaire qu’on trouvera dans le cours de ce
recueil.
Durandi et Carlone ont mentionné bien d’autres milliaires
sur le parcours de cette voie, mais je n’en ai retrouvé aucun
autre. M. Mommsen 1 les a classés parmi les falsæ : cette
classification ne me paraît pas suffisamment justifiée; il se-
. rait peut-être plus à propos, à mon avis, de les considérer
comme des textes mal lus et de tâcher d’en tirer parti, que de
les rejeter absolument, surtout lorsqu’il est indéniable que la
1. Corp. \MCr. lat t. V, nn. 1025* à 1029*.
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405
voie a existé et que l’on retrouve un fragment de l’un des
textes qui sont déclarés faux.
Ainsi que je le dirai en commentant l’inscription de ce
milliaire, contrairement à l’avis de Carlone qui l’atribue à
Constantin, je pense que c’est à Probus qu’il faut le rap-
porter.
Carlone lui donne Rimplas comme emplacement, ce qui
concorderait bien avec ma découverte.
Trois kilomètres plus haut, dans le vallon de la Boulinette,
j’ai découvert un autre fragment d’inscription romaine, et à
Rimplas, j’ai constaté l’existence, à côté du village actuel,
d’un Castrum gallo-romain admirablement bien conservé :
on y retrouve un mur d’enceinte entouré d’un fossé, une
citerne, de petites meules à main, des monnaies et des frag-
ments dé poteries et de verres.
Carlone rapporte, toujours d’après Durandi, qu’il se trou-
vait un milliaire à Saint-Sauveur : je l’ai inutilement cher-
ché. Entre Saint-Sauveur et Isola, la voie suivait la rive
gauche de la Tinée tandis que la route actuelle se trouve
sur la rive droite. Mais elle n’a été établie de ce côté que
parce que la Tinée, servant à ce point de frontière entre la
France et l’Italie, il a forcément fallu faire passer la route
sur le territoire français. Cette raison n’existant pas du temps
des Romains, la voie suivait la rive gauche, qui est bien plus
abordable et sur laquélle se trouvent quelques hameaux.
Entre Isola et le vallon d’Aoron, je présume que la voie
suivait la rive droite de la Tinée; car je n’ai trouvé de ves-
tiges romains que sur cette rive, et notamment à la chapelle
de Saint-Arige, sur le plateau d’Aoron, où j’ai découvert une
stèle en fort mauvais état, mais portant encore un restant
d’inscription romaine. A partir du vallon d’Aoron, la voie
se retrouve entière jusqu’à Saint-Etienne-lès-Monts et,
comme toujours, elle est jalonnée de tombes romaines.
Entre Saint-Etienne et le col de. Pelouse, la voie suivait
toujours le cours de la Tinée sur la rive gauche ; elle passait
à Vens et à Pras, petits hameaux dépendant de Saint-
Dalmas-le-Sel vage .
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— 406 —
C’est à Pras que Carlone, d’après Durandi, place un autel
votif à Jupiter, laissé par M. Fulvius entre les années 628 et
630 de Rome. J’ai inutilement recherché cette inscription en
ce lieu ; mais les vieillards m’ont affirmé qu’il y avait autre-
fois, sur la face ouest de l’église, une pierre écrite et qu’à la
suite d’une avalanche descendue du torrent Salza-Morena, la
moitié du village avait été emportée avec toute la partie
ouest' de l’église. On m’a montré, à gauche du confluent du
torrent de Salza-Morena et de la Tinée, un amas de rocs
éboulés que j’estime former une masse de près de 30,000
mètres cubes. C’est cette masse qu’a apportée l’avalanche,
c’est là-dessous qu’il faudrait rechercher l’inscription citée
par Carlone, si tant est que l’on doive l’identifier avec celle
dont on m’a parlé à Pras, ce que je suis loin d’affirmer; car
l’inscription de l’église de Pras pourrait tout aussi bien être
une inscription gothique se rapportant à la construction de
l’église, comme on en voit sur presque toutes les chapelles
de cette contrée.
De Pras, la voie passait à Boussyées, aux Granges Com-
munes, et finalement arrivait à Barcelonnette par les vallons
des Granges Communes, du Versan et de l’Ubaye.
Mes recherches se sont arrêtées au col de Pelouse ; mais
il est probable que de Barcelonnette, la voie se dirigeait sur
Ebrodunum, métropole des Alpes-Maritimes.
En outre de cette grande voie, on retrouve encore les
traces de plusieurs autres voies secondaires qui desservaient
les vallées du Var et de l’Estéron. Cette dernière nous a
fourni trois milliaires. Elle venait probablement de Castel-
lane, Salinium: passait à Briançonnet, Brigantium, à Gars,
à Aiglun, et de là se dirigeait sur la voie qui joignait Ven -
tium à Salinium, tandis que d’autre part un embranche-
ment, partant de Briançonnet, se dirigeait sur Glanatum ,
sur les bords du Var, en passant par Ville-Vieille: de Glana-
tum la voie s’embranchait de nouveau; et tandis qu’une bran-
che allait rejoindre la grande voie de Cemenelumk Ebrodu-
num, par la vallée du Chanz, l’autre, bien moins importante,
allait passer à la Penne, à Ascros, Toudon, Tourettes de
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407
Revest, Gilette, passait l’Estéron à gué et venait rejoindre
Vence en passant par le Broc, Carros et Saint-Jeannet.
Je n’entrerai pas dans le détail des preuves que j’ai re-
cueillies sur le parcours de ces voies ; elles sont toujours de
même nature: traces gallo-romaines continues, tombes,
constructions, dénominations, et parfois milliaires.
A propos des dénominations caractéristiques que l’on ren-
contre parfois le long du parcours des voies romaines, il en
est une qui revient très-souvent et qui, dans le commence-
ment, m’avait fort intrigué. Sur le parcours de toutes les
voies, au nord comme au sud du département, on rencontre
des lieux portant le nom d’Aurèle. J’ai retrouvé ces noms
dans l’Estérel, à la Napoule, dans le Cheiron, à la Turbie,
et en dernier lieu entre Toudon et Ascros, où l’église de la
Cainée est dédiée à saint Jean d’Aurèle. Ces dénominations
sont fort anciennes ; on retrouve cette dernière dans le car-
tulaire de Lérins, à qui appartenait cette église. Il est évi-
dent quo ces diverses localités n’étaient pas toutes sur le
parcours de la voie Aurélienne; mais on peut, ce me semble,
conclure de ce fait que, dans l’esprit des anciens habitants,
les noms de chemin romain et chemin Aurélien étaient syno-
nymes. Cela est tellement vrai, qu’aujourd’hui encore les
gens du pays vous disent pour désigner une vieille route :
« c’est un chemin Aurélien. » Les noms d’Aurèle et d’ Au-
rélien n’indiquent pas le passage de la voie Aurélienne plus
spécialement qu’une autre, mais simplement le passage
d’une voie romaine quelconque.
Me voici arrivé au terme de cette Introduction. Avant de
commencer mon travail épigraphique, je crois bon d’avertir
le lecteur de la façon dont mes textes seront groupés. Le
premier groupe sera formé par les inscriptions de Nice et de
Cimiez; le second comprendra les inscriptions de Monaco, la
Turbie, etc.; le troisième, celles de Vintimille. Les inscrip-
tions de Tourettes, Chàteauncuf, Levens, etc., formeront
un quatrième groupe, et le dernier se composera des textes
de Briançonnet et de ceux de tout l’arrondissement de Puget-
Théniers. Dans ces divers groupes, les inscriptions seront
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— 408 —
classées en votives, impériales, milliaires, militaires, muni-
cipales et funéraires. Je ferai ensuite un groupe spécial des
marques de potiers et autres sigles figulins qui comprendra
tout le département, et mon travail se complétera par des
tables générales embrassant tout l’ensemble de l’ouvrage.
A NICE ET A CIMIEZ
INSCRIPTIONS ÉTRUSQUES
A l’exception de l’inscription de Busca, longtemps soup-
çonnée, mais aujourd’hui reconnue vraie, on n’avait jamais
retrouvé d’inscriptions étrusques dans nos régions; aussi
n’est-ce pas sans surprise que les savants apprirent qu’on
venait de trouver à Nice, ou mieux à Cimiez, trois fragments
de briques sur lesquels se lisaient des mots étrusques en
caractères archaïques. La découverte fut annoncée en ces
termes par le Pensiero di Nizza des 3 et 4 juin 1872 :
« Giovedi scorso, diversi nostri amici erano a diporto
nell’amenissimo colle di Cimella, ed aggirandosi fra l.e ma-
cerie dell’antica capitale delle Alpi Marittime, trovarono, a
poca distanza dalle rovine del palazzo prefettizio, sotto gli
avanzi di una antica cisterna, un frammento di tegolone in
terra cotta con sovra una iscrizione graffita in caratteri etru-
schi. » Cette inscription était la suivante :
V/M
Ce qui ce lit: mi su ( thi )... luchum (es)., kem... ; ce
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dernier mot étant considéré comme le commencement do
l’ethnique G'emelion.
Le 22 juin de la même année, le même Pensiero publia
deux autres fragments de tuiles portant des inscriptions
dans la même langue ; sur le premier fragment on lisait :
'IWVI
soit : Pulfn... vocable qui paraît être le commencement du
Pulfcnius, mot dont la forme étrusque est Pulfna.
Le second fragment portait les mots suivants :
fXJIQ
— im 9
ce qui, sans difficulté possible, se lit: vil XL...jlein(e)
c’est-à-dire annoi'um XL...
Le Pensiero pensait qu’il fallait rejoindre tous ces frag-
ments et n’en faire qu’une inscription qu’on aurait lue ainsi :
N° 142 * (Fausse)
Mi Suthi
Luchum
Kem
Pulfn
5 ril XL
Lein
Mais M. Ariodante Fabretti, qui le premier a publié ces
fragments l , fait remarquer que cela lui semble peu proba-
ble, parce que le terme Pulfn... ne s’est encore rencontré
jusqu’à ce jour qu’à Chiusi, tandis que le mot leine appar-
tient aux monuments de Volterraet ne s’est jamais rencon-
tré à Chiusi. Le savant épigraphiste reconnaissait plusieurs
singularités dans ces inscriptions. Il s’étonnait d’abord
qu’elles eussent été rencontrées à Cimiez, qui se trouve com-
1. Atti délia regia Accademia delle scienze di Torino, pubblicati dagli accademicl se-
gretari delle due clasei (vol. VII. Disp. T maggio-giugno 1872, p. 854 et 894) n" I, 2, S
de la planche.
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plétement en dehors des points où jusqu’à présent l’on a
mis à jour des inscriptions étrusques ; mais, s’appuyant sur
celle de Busca, il admettait volontiers que ces inscriptions
pouvaient avoir été transportées à Cimiez à une époque indé-
terminée: néanmoins il ne s’expliquait pas la façon dont était
placé l’S de Suthi qui, au lieu d’être tourné à gauche dans le
sens de l’écriture étrusque, était tourné à droite. Malgré ces
irrégularités il admit ces textes comme bons et proposa la
traduction suivante : Sum sepulchrum Luchumi cemeli
Pulfenii annorum XL... William Corssenn 1 les admit à
son tour sur la foi de A. Fabretti et les publia comme au-
thentiques. Depuis, des amis ont fait remarquer à M. Fa-
bretti que l’on trouvait dans ces textes des indices certains
de falsifications modernes, et le savant professeur ne doute
plus aujourd’hui de la fausseté des inscriptions de Cimiez.
J’ai vu, entre les mains de M. Lieutaud, bibliothécaire à
Marseille, une lettre de lui qui le priait de considérer
son travail comme non avenu. Depuis M. Mommsen les a
publiées dans son Corpus * en les déclarant fausses. Je ne
puis que m’associer à cette manière de voir de l’illustre
épigraphiste, tout en faisant remarquer que toute cette
trouvaille a été faite dans un but facile à deviner : il s’agis-
sait de faire établir scientifiquement l’origine étrusque de
Cimiez ; et l’on n’a pas craint, dans ce but, de fabriquer
quelques textes, espérant faire prendre le change aux savants;
malheureusement on ne songe pas à tout et l’âne a montré
le bout de l’oreille : on avait bien copié quelques vocables
étrusques, mais on n’avait pas songé aux localités d’où pro-
venaient ces noms, si bien que l’on associait des noms qui
ne se sont jamais trouvés ensemble dans aucune inscription
et que l’on commettait quelques fautes de paléographie,
qui ont d’abord paru singulières aux savants et finalement
ont été considérées comme des indices certains de fausseté,
par ceux même qui, sur la foi de correspondants peu scru-
puleux, les avaient acceptées et publiées.
1. Will. Corssenn. Die Sprache Etrusker. Vol. 1, p. 522, et 758.
2. Th. Mommsen, Corp. inscrip. Lat., T. V, p. 217 (Cemenelmn).
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— (14 —
En somme, en fait d’inscriptions étrusques dans nos ré-
gions, on n’a jamais trouvé que celle de Busca, dont on a
longtemps conteste l’authenticité, mais dont personne ne
doute plus aujourd’hui. Cette inscription est au musée de
Turin; elle a été publiée par Fabretti, Corssenn, etc. Je crois
utile de la mentionner ici, quoiqu’elle n’ait pas été trouvée
dans notre département, car elle appartient à la région des
Alpes et c’est la seule.
N” 143
MWIOV* JAIGOflJ IQViM
Mi suthi Lartial Suthicus.
Je suis le tombeau de Lartia, fille de Suthicus.
Cette inscription, gravée sur un bloc de pierre, dans un
cartouche replié sur lui-même à la façon des textes runi-
ques, a été trouvée à Busca ; mais, de l'avis de tous les
savants qui s’occupent de la question, elle a été transportée
en ce lieu à une époque inconnue, mais certainement bien
postérieure à l’époque romaine.
INSCRIPTIONS GRECQUES
On n’a jamais trouvé à Nice d’inscriptions grecques. Il est
vrai que l’on en voit quelques-unes dans la collection de feu
M. Guilloteau à Cimiez ; mais, de l’avis de tous les archéolo-
gues qui les ont examinées, ces inscriptions sont étrangères
au département, et, pour la plupart, appartiennent à l’At-
tique.
M. Léon Heuzey, qui les a vues chez M. Guilloteau,
M. Max Frankel 1 qui le premier les a publiées, M. Momm-
sen*, etc., sont unanimes sur la question d’y reconnaître
1. Max Frankel, Archaologitche Zcitung, 1874, p. 118.
2. T. Mommsen, Corp. inter, lat., t, V, vol. 2, p 917, col. 2.
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112
des monuments athéniens ; mais M. Mommsen se demande
à quelle époque ces monuments ont été transportés de l’At-
tique à Nice, car M. Guilloteau lui a assuré avoir trouvé
lui-même ces monuments dans des fouilles opérées chez lui
et n’avoir acheté quelques objets que des paysans, ses voi-
sins. La bonne foi de M. Mommsen a été surprise ; M. Guil-
loteau, cet homme, qu’il nomme complaisamment optimus,
verax et simplex, s’est joué de lui. Sauf quelques inscrip-
tions latines recueillies dans les alentours, quelques mon-
naies et quelques tessons de poteries? toute la collection de
M. Guilloteau est apocryphe. Ce vieillard avait la douce
manie de persuader à ses visiteurs qu’il avait trouvé chez
lui tous les objets de sa collection ; mais tous les marchands
de Nice savent parfaitement ce que valait cette affirmation.
Les textes grecs de sa collection ont été achetés par M. Guil-
loteau lui-même, ainsi que tous les bas-reliefs ou autres
sculptures de même provenance.
Je les publierai donc sous ces réserves expresses.
N° H4
nACüTICOnOAAAKMü)N6NrYMNA
CIOICIOIAA0AOICK6IMAIAAJKAYCT(ünAPX0O
NineiPAeioc.ziüHc.KAi kama
T0ÜNT6PM AAPAMGÜNT AXINON OY
5 TOür APM0IPAIKAtüCT0N6©HNT0MIT0N
Cette inscription est gravée au sommet d’une stèle en
marbre, sur laquelle est sculpté un adolescent nu tenant une
palme; sur le côté gauche de la même stèle on voit écrit :
IAAPOC
TOY IAIOY
CYNTPOO»
OY
5 enoiei
La lecture suivante, de M. Frankel, a été acceptée par
tous les auteurs qui les ont vues et étudiées :
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— m —
IlXSmç ô iroXXà xa [xtov èv yuiivaaiowi cpcXâ6Xoiî
Ktîjxai âXtxXûffTtjj ~ap /Oov. I Itipatfôç,
Zw/js xa'l xaaaTtov xÉpuiot Spauùv xa/tvdv
08t(o yip uioTpxi xXüxrrôv êOtvro utxov.
Et plus bas :
'IXapôç tou ïoîou auvrpôtpou Inotet.
N° 145
Inscription gravée au sommet d’un bas-relief publiée par
M. Max Frankel ( Arct\aol . Zeif., p. 148) :
HAYA02 A/////0HK
E//KOAO///.. ..
M. Frankel propose la lecture suivante :
'HSuXoç aviOriXT, cuxoXoî . .
Le bas-relief, au sommet duquel est gravée cette inscrip-
tion, représente un homme, à demi couché sur un lit, ap-
puyé sur le coude gauche ; le bras droit est relevé dans un
geste déclamatoire, la main gauche tient une coupe. Au bas
du lit est assise une femme, derrière laquelle trois enfants
se tiennent debout écoutant le personnage couché. Il s’agit
certainement d’une scène d’adieu au défunt, que les vivants
sont censés rencontrer. .
Une scène du même genre est gravée sur un autre bas-
relief, sans inscription celui-là, qui se trouve aussi à la
villa Guilloteau. Un personnage déjà mûr, serre avec ef-
fusion dans ses deux mains la main d’un adolescent nu qui
va le quitter : c’est certainement le père faisant ses adieux à
son fils, de même que dans le précédent bas-relief, c’est toute
la famille écoutant le père avant son départ pour les Champs
Elysées.
N» 146 (V. pl. IV, n® 10)
Inscription gravée sur une urne de marbre
Iinriaç TijxoOeou/ .... i ... poç
Max Frankel, Archaol. Zeitung , 1874 ; p. 149. — Cette
inscription est gravée au-dessus d’un groupe de deux per-
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— m —
sonnages, l’un assis et l’autre debout, sur une urne d’un
très bon style.
N» 147 (V. pl. IV, n® 4)
Inscription gravée sur un bas-relief très fruste
. . . ivocvÔY) KaXKrrpaTrjç / SotXocfxivia.
La mention de Salamine dans cette inscription, comme
celle du Pirée dans la première, démontrent bien que ces
textes sont athéniens et qu’ils ont été transportés à Nice.
N» 148 (V. pl. IV, n® 8)
Inscription gravée au sommet d’un bas-relief
NtxofjLOtx T l*
Au dessous une femme assise tend les bras à un jeune
enfant.
La collection de M. Guilloteau renferme encore d’autres
pièces de sculptures, mais sans inscriptions : l’une de ces
sculptures est très remarquable par la beauté du marbre et
le fini du travail ; c’est un médaillon représentant en grand
relief une tête d’homme.
INSCRIPTIONS LATINES
Inscription* votives
N® 149
D • VESvCCIVS
CELER
CENTONDI
V • S
D. Vesuccius Celer Centondii votum solvit.
D. Vesuccius Celer a accompli, son vœu à Centondius.
L’inscription est gravée sur un petit autel, conservé dans
le vestibule du monastère de Saint-Pons, près Nice, où je
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445
l’ai copiée. Elle a été publiée par Gioffredo, Storia delle
Alpi Marittime, manuscrit de la bibliothèque de Turin,
page 48, d’après les notes de B. Richelmi. — Ricolvi, Ins-
crizioni lette e copiate di fresco da... nel contado di
Nizza, co’ nomi de' Luoghi dove si trovano e le misure
loro, manuscrit de la bibliothèque de Turin, n° 5. — Ver-
nazza, manuscrit de la même bibliothèque, d’après les notes
de l’avocat Cristin. — Millin, Voyage dans les départements
du midi de la France, t. II, p. 557. — Bonifassi, Niciences
inscriptiones tum veteres tum recentiores al. B. collectæ,
(manuscrit à M. Eugène Emmanuel, chancelier du tribunal
civil à Gênes) n° 11. — J. de Wal, Myth. sept, monum., p.
86. — Simian, Revue de Nice, 15 février 1862. — Bour-
quelot, Inscr. ant. de Nice, de Cimiez, etc., n° 13. — Tis-
serand, Hist. de Nice, t. I, p. 39. — Carlone, Vestiges épig.
de la dom. grec., mass, et rom. p. 95, n° 149. — Mommsen,
Corpus inscriptionum latinarum, etc., t. V, deuxième
partie, p. 917, n° 7867.
Centondius ou Centondis est certainement le nom d’une
divinité topique ; à ma connaissance, on n’a retrouvé ce dieu
en aucun autre lieu.
N° 150
(Perdue)
HERCVLI
LAPIDARl
ALMAtfl
CENSES
5 P
Ilerculi , Lapidarii, Almanticenses posuerunt.
A Hercule, les tailleurs de pierres habitants d'Almanticum ont posé ce
monument.
D’après Gioffredo l’inscription aurait été gravée sur un
piédestal de près de 0 m ,30 de haut, trouvé au monas-
tère de Saint-Pons et transportée dans une propriété
voisine des capucins. Elle a été publiée par Gioffredo,
Stor. dell. Alp. Mar. édit. p. 1 12, on ne la trouve pas dans
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<16
son manuscrit. — Ricolvi, Insc., etc., n # 34, d’où l’ont
tirée : Zaccaria, Excursuum Litterariorun, 1. 1, 53. — Do-
nati, Nov. Thés. Mur. Sup. xxxiv, 3, d’après Zaccaria. —
Durandi, Il Piemonte cispadano antico, p. 61, d’après le
même auteur. — Bonifassi, Nie. Inscr. n° 6. — Orelli, Inscr.
Latin. Ampl.Coll. n°2012, qui la reproduit d’après Zacca-
ria, corrige ainsi les 2* et 3 e lignes LAPIDARIO. ALMAN ;
cette correction ne peut être admise, car Zaccaria n’a pas
vu cette pierre et ne l’a publiée que d’après Ricolvi : or le
texte de Ricolvi est absolument identique à celui de Giof-
fredo, qui avait vu la pierre ; il ne faut donc pas accepter
cette leçon. — Bourquelot, Insc. Ant. n° 2. — Tisserand,
Hist. de Nice , 1. 1, p. 39. — Sanguinetti, Iscrizioni romane
délia Liguria, p. 204. — Carlone. Vest. epig. p. 95, n° 148.
— Th. Mommsen. Corp. t. V, vol. 2, n° 7869.
L’interprétation de cette inscription a donné lieu à bien
des opinions. Orelli, écrivant Lapidario, appliquait cette épi-
thète à Hercule et rapprochait cette inscription de celles qui
sont dédiées à l 'Hercules saxanus l . Bourquelot repousse
cette leçon, par la double raison, que le texte porte lapidarii
et non lapidario et qu’il ne pense pas que le mot almanticen-
ses ait pu désigner les habitants d’un pays, sans être précédé
des mots incolæ, cives, etc. Cos raisons tombent d’elles-mê-
mes, si l’on traduit, ainsi que je l’ai fait, Lapidarii par « les
tailleurs de pierre; » le mot almanticenses est alors employé
non comme substantif, mais comme adjectif topographique,
servant à désigner la corporation des tailleurs de pierre
qui a élevé ce monument à Hercule. Cela est si vrai, que
M. Hirschfeld a retrouvé à Paris, dans les papiers de Peiresc,
où je l’ai vu à mon tour, un texte, sans indication de prove-
nance, mais mêlé aux inscriptions d’Arles, lequel texte con-
tient lesmots Lapidarii almanticenses : ce sont évidemment
les mêmes. L’inscription de Saint-Pons portait assurément
ALMASr à la troisième ligne et Gioffredo a négligé la
barre transverse du T sur la haste de l’N. Dans tous les cas
1. Freund, Or. Dict. de la langue lat , t. II, p. 329, a, bien i tort, admis cette
signification, sur la foi d’Orelll.
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417
ce texte montre clairement que le mot lapidari ne s’applique
pas à Hercule.
Voici d’ailleurs cette inscription :
SEX • 1VL • VALEN
TINl • LAPIDA
D RI • ALMANTI
CENSES • EX • FV
5 NERE • El VS
POMP • GRA
TINfU CoIVGI
INCoNPARA M
BILI • POSVER
Cela ne nous indique pas, il est vrai, ce que sont ces Al-
manticenses. Faut-il les rechercher dans les environs d’Arles
ou de Cimiez ? Durandi, d’après Zaccaria, veut en faire les
habitants de Clans. L’abbé Bonifassi, trouvant dans Etienne
de Byzance la mention d’une ville du nom d' y AV»v, que cet
auteur place en Béotie, propose d’en faire sortir une colonie
grecque, qui serait venue dans les Alpes-Maritimes. Ce sont
là des suppositions tout à fait gratuites ; la vérité est que
jusqu’à ce jour, rien ne peut indiquer d’une façon quelcon-
que où habitaient ces A Imanticenses.
J’ai vainement cherché dans les localités environnant
Arles et Nice, un nom de lieu qui se rapprochât du mot
Almanticenses ou Almanicenses, je n’ai rien trouvé de
satisfaisant.
Le culte d’Hercule était très répandu dans les Alpes-
Maritimes où il avait succédé au Melkarth phénicien.
N® 151 (Perdue)
IOVI • O • M
CETERISQ • DÛS
deabvsq ■ Immort
TIB • CL • DEMETRIVS
5 DOM • NICOMED ____
VE- PROC • AVGG • NN
ITEM • CC ■ EPISCEPSEOS
CHORAE • INFERIORIS
Jovi optimo, maximo, ceteris que diis deabus que im-
mortalibus Tiberius Claudius Demetrius, Domo Nico-
8 .
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— 118 —
media, vir egregius procurator Augustorum nostrorum,
item Ducenarius episcepseos choræ inferioris.
A Jupiter très bon et très grand et aux autres dieux et déesses immortels,
Tibérius Claudine Démétrius de Nicomédie, homme égrège procureur de nos
Augustes et ducénaire pour la surveillance du bas pays.
Cette inscription a été publiée par Gioffredo, Stor. dell.
Alp. p. 110, elle n’est pas dans son manuscrit; — parSpon,
dans ses Miscellanéesg. 20, dans ses Recherches d'antiqui-
tés, dissert. VII, p. 143; d’où l’ont tirée : Harduin, Num.
popul., p. 267. — Muratori, Nov. Thés, inscr., 1064, 2. —
Donati, Supl. ad Thés. Mur. 8, 2. — Mayer de Lyon. —
Bagnolo, manuscrit, qui la cite parmi les inscriptions de
Gazzera. — Ricolvi, Inscr., n. 16, qui a vu la pierre. —
Burmann, De Vectigal., n. 71. — Par Schott, Explication
d'une médaille d'Auguste, p. 29. — Zom, Biblioth. antiq.
p. 49. — Hultmann, Miscellanea epigraphica, p. 84. —
par Millin, Voy. t. II, p. 540. — Papon. Hist. Gén. de
Prov. t. I, p. 34. — Bonifassi, Nie. inscr. n. 2. — Orelli
Inscr. lat. 3342. — Durante, Chbrographie du comté de
Nice, p. 21. — Bourquelot, Inscr. ant., n. 1. — Tisserand,
Hist. de Nice, 1. 1, 42. — Carlone, Epigraph. grec, massai,
et rom., p. 102, n. 162. — F. Brun, Nice etCimiez, p. 14.
— Mommsen, Corpus, t. V, vol. 2, n. 7870. — Chabouillet,
Rev. des soc. sav., 6* série t. I er , p. 375. — Ch. Robert,
Annal, de la Soc. des lett. scien. et Art. in Rev. des soc.
sav., 6 e série t. VI, p. 472.
Les deux Augustes mentionnés dans cette inscription
sont probablement Valérien et Gallien. Tibérius Claudius
Démétrius était donc procurateur des Augustes à Cimiez,
c’est-à-dire dans les Alpes-Maritimes et aussi ducénaire,
c’est-à-dire jouissant d’un traitement de deux cent mille
sesterces pour la surveillance de la région inférieure. Il est
certain que les mots choræ inferioris désignent ici le ter-
ritoire marseillais qui entourait Nice, j’ai déjà dit plus haut
ma manière de voir à ce sujet. La possession nominale
pouvait être aux Marseillais ; mais sous forme de protectorat
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— 449 —
ou de surveillance, l’administration était en main des Ro-
mains ; et de fait, il était impossible que Marseille pût se
garer de cette puissante protection ; les habitants avaient
trop à y gagner pour s’opposer à ces empiétements de tous
les jours. On verra, d’ailleurs, plus loin, que l’administration
romaine s’était glissée jusque dans Marseille ; il n’est donc
pas étonnant que des colonies lointaines n’aient pu s’en dé-
fendre.
Millin dit que cette inscription, qu’il a vue, se trouvait au
quartier du Ray, derrière la maison du sénateur comte de
la Valle, dans un champ de blé. Gioffredo la place dans un
mur en pierre sèche dans une propriété contiguë aux Ré-
formés.
N° 152 (Perdue)
MAR • TI • CEME
NE • LO
L • VIP • PI • VS LI///V///
V • S • L • M
Marti cemenelo, Lucius Vippius Ligur ? votum solvit
libens merito.
Au Dieu Mars de Cloriez Lucius Vippius Ligur a accompli son vœu de son
plein gré.
Cette inscription a été trouvée au Rayet près Nice ; elle n’a
été publiée que par Bonifassi, n® 154 et d’après lui par
Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, n® 7871.
Ce Mars Cemenelus doit être rapproché du Mars
Vintius que j’ai publié dans la première partie de ce tra-
vail sous le n® 1. Bonifassi écrit ainsi le dernier mot de la
troisième ligne : LICVI, ce que M. Mommsen corrige on
LIGVR, j’ai suivi cette leçon.
N» 153
V1PVS SCA
EVAEI ■ P
MERCVR1
V • S • L • M
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— 180 —
• Vipus Scævæi filius Mercuri(o) votum solvit libens
merito.
Vipus fils de Scœvœius a, de son plein gré, accompli son vœu à Mercure.
Cette inscription est gravée sur un petit autel, conservé
dans le vestibule du couvent de Saint-Pons ; de chaque côté
de cet autel sont gravés les attributs de Mercure ; à droite le
caducée, à gauche un vase ( urceus) . Il est possible que ce
piédestal ait supporté autrefois une statue en bronze.
Cette inscription a été publiée par Ricolvi, Inscr. etc.,
n® 9. — Vernazza, Bibliografia lapicLariæ patriæ, manuscrit
de la bibliothèque de Turin, qui la tenait de l’avocat
Cristin. — Millin, Voy. etc. t. II, p. 556. — Bonifassi, Nie.
inscr. n" 5. — Gazzera, manuscrit de la bibliothèque de
Turin, d’après Muletti (. Memorie storico-diplomatiche
appartenenti alla cittk e ai marchesi di Saluzzo). — Bour-
quelot, Inscr. a nt. n° 12. — Carlone, Vest. épigr. p. 96,
n® 151. — Th. Mommsen, Corp. t. V. vol. 2, n® 7874.
N® 154 (Perdue)
D • SIL • S
G • ARIVS • DOMI
TIANVS
. . .OTVRO • V • V
5 VOTVM • LIBENS
SOLVIT
M. Mommsen propose de restituer ainsi cette inscription :
Deo Silvano Sacrum, Caius Arius Domitianus quod pro
filio votum vovit, votum libens solvit.
Consacré au dieu Sylvain, Caius Arius Domitianus a accompli de son plein
gré le vœu qu’il avait fait pour son fils.
Elle a été publiée par Ricolvi, Inscr. n® 1, d’où l’a tirée
Bonifassi, Nie. inscr. n® 13. — Bourquelot, Inscr. a nt.
n® 8. — Carlone, Vest. épigr. p. 33, n® 21. — Et Th. Mom-
msen, Corp. t. V, vol. 2, n® 7876. ,
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— «1 -
D’après Bonifàssi, cette inscription aurait été trouvée
dans l’ancienne villa, de Maistre.
Le culte du dieu Sylvain était très-répandu dans les
Alpes ; Bourquelot cite d’après le recueil Marmora Tauri-
nensia les Sylvano augusto, Silvano domestico, Sil-
VANO LARI AGRESTI, SlLVANO FLUVIORUM, SlLVANO SANCTO,
Silvano littorali, Silvano dendrophoro, etc. M. de
Ladoucette, Hist. des Hautes-Alpes, en cite une, qui a été
découverte près de Monétier-Allemont. C’est inutilement
que j’ai recherché cette inscription dans les environs de
Nice ; il est probable qu’elle a été détruite ou employée
dans quelque construction, ce qui laisserait encore un faible
espoir de la retrouver un jour.
N» 155 (Perdue)
S1L
VA
NO
Cette inscription, qui n’a pas besoin d’explication, a été
publiée pour la première fois par Bourquelot, Insc. a nt.
n° 7, qui la découvrit dans une des. salles du couvent de Saint-
Pons ; elle n’y est plus aujourd’hui et doit avoir été recou-
verte d’un enduit quelconque, car c’est inutilement que je l’ai
recherchée dans toutes les salles du monastère. Depuis
Bourquelot, elle a été publiée par Carlone, Vest. épigr. p. 98
n*153, et par Th. Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, n° 7875.
N° 156
AXI • F • VOTV
SOLVERVïT
Axi filii votum solverunt.
Le» fils d'Axus ont accompli leur vœu.
Inscription gravée sur une partie d’autel qui se trouve
actuellement dans la villa Guilloteau. Ce texte a été publié
pour la première fois par M. Bourquelot, Inscr. de Nice,
n° 18 — Carlone, Épigr, greco-massal, p. 84, n° 135. Ces
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— <22 —
deux auteurs ont négligé la ligature du T et de l’N à la
fin du mot solverunt. — Th. Mommsen, Corp. t. V. vol. 2,
n° 7878, a aussi négligé cette ligature.
Ce texte ne parait pas complet, il manque le nom de la
divinité à laquelle il était dédié, et les noms des fils d’Axus.
N° 157 (Perdue)
CLAVD
HELENV
CEMEN
PVXIDEM
REAM • D
Cette inscription est incomplète au haut et à droite ; elle a
été publiée par Gioffredo, Alp. manuscrit, p. 47, et dans
son édition p. 102. — Ricolvi, Inscr. n° 30. — Bonifassi,
Nie. inscr. n° 10. — Bourquelot, Inscr. a nt. n # 15. — San-
guinetti, Iscriz. rom. délia Lig., p. 202. — Carlone, Vest.
épigr. p. 73, n. 107. — Et finalement par M. Mommsen,
Corpus, t. V, vol. 2, n° 7877.
D’après Gioffredo, cette pierre aurait été trouvée dans le
jardin des Observants réformés de Cimiez.
Bourquelot, et Carlone d’après lui, donnent à la première
ligne Claudius, à la seconde Helenus et proposent à la
cinquième la restitution auream, sans mentionner le D
qui suit. M. Mommsen rétablit la leçon de Gioffredo et pro-
pose de remplir la lacune de la quatrième ligne par es let-
tres ebo, qui concorderaient bien avec la fin du mot dédit
de la cinquième ligne. Tout en acceptant cette restitution je
proposerai de la compléter de la façon suivante :
AESCULAPIO • ET
HYOIAE • SACRVM
TI CLAVDIVS • TI
CLAVD/ • FILIVS
5 HELENVS • DOM
CmWELENS ■
PVXIDEM • EBO
REAM • D EDIT
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— 423 —
Les lettres inclinées sont celles que je restitue.
Æsculapio et Hygiæ sacrum, Tiberius Claudius, Ti-
berii Claudii filius Helenus, domo Cemenelensi, puxi-
dem eboream dédit.
Consacré à Esculape et Hygia, Tibérius Claudius Hélénus, fils de Tibère
Claude, natif de Cimiez, a donné une cassette d'ivoire.
Le don d’une cassette d’ivoire fait penser à Esculape que
l’on trouve très souvent associé à la déesse Hygie ; le nom
de Tibérius Claudius Hélénus est celui d’un affranchi. Cette
restitution est certainement arbitraire, mais elle est possi-
ble et je ne prétends l’imposer à personne.
Il faut encore mentionner les inscriptions suivantes, pu-
bliées par Durandi, que M. Mommsen déclare être fausses.
Je ne les publie que sous toutes réserves en faisant suivre
leur numéro d’ordre de l’astérisque.
N° 158*
P • EL VI VS P F
DEO • SANCTO. • Eerculi
DONVM • DEDIT
Publius Elvius Publii filius, deo sancto Herculi donum
dédit.
Au saint dieu Hercule, Publius Elvius fils de Publius a fait ce don.
Ce texte a été publié par Durandi, il Piemonte cispadano
antico p. 81. — Bourquelot, Inscr. ant. n° 5. — Carlone,
Vest. épig. p. 34, n° 24. — Par Mommsen, parmi les falsæ,
Corp. t. V. vol, 2, p. 90* n° 1018*.
Durandi plaçait cette inscription sur la pointe de Saint-
Hospice.
N° 159*
' MERCVRIO • SACRVM
0 • AEL
VOTI • COMPOS
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m _
Cette inscription incomplète, n’a été publiée que par
Durandi, Il Piemonte cisp. p. 74. — Carlone, Vestig. épigr.
p. 117, n # 187. — Mommsen, Corpus t. V. vol. 2. falsæ p.
91* n° 1024*. — Durandi la place à la Trinité près de Drap.
N» 160*
IVNONI • SACRVM
M • AVRELIVS • AVFILENVS
DOMO • CEMENELENSI
AEDIL
Je classe cette inscription parmi les fausses, quoique M.
Mommsen ne l’ait pas mentionnée au nombre de ses falsæ ;
mais ce ne peut être qu’un oubli de sa part, car il ne la men-
tionne pas davantage parmi les bonnes ; et, par son origine,
elle est tout aussi suspecte que toutes celles qu’il a rejetées.
Junoni Saci'um, Marcus Aurelius Aufilenus domo ce-
menelensi ædil.
Consacré à Junon Marcus Aurélios Aufllénua originaire de Cimiez, édile...
Cette inscription n’a été publiée que par Durandi, Pie-
monte, p. 179, et par Carlone, Vestiges épigr., p. 116, n. 186.
Durandi la place encore à la Trinité, où certes elle n’est
pas ; je n’ai pas laissé un mur de cette localité sans le vé-
rifier et je n’ai rien trouvé.
N° 161 •
SERAPIDI
VOTVM
Publiée par Bonifassi, n. 7 d’après Ricolvi. — Mommsen,
Corp. t. V, vol. 2. p. 92* n. 1059* falsæ.
A Nice, sans autre désignation d’après Bonifassi. Tout
en la rejetant parmi les fausses, M. Mommsen fait cette
réflexion « suspecta non per sé, sed per sodas » Je dois
avouer, que si l’illustre épigraphiste ne l’avait pas rejetée,
cette raison ne m’aurait pas paru suffisante pour le faire ;
mais je m’incline devant la haute compétence du maitre.
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135
Inscriptions Impériales
N° 162
lmp. cAESAR • divi ■ M. -ANTONmt pii
germ, saRM • FIL • DIVl • C ommodi ■ frairi ■ DIVI • ANlonmt
pii ■ nep. divi AaDRIANÏ • pronep. divi ■ traiANÏ • VARthici • abnep.
divi ■ nervæ . ac?N
5 L. Septimio ■ Seve RO • P*o ■ pertinaci -a \ G • ARABICO • A diàben. parth.
maximo pontif. maximo trib. poŒ ST • V* ■ imp. x\ ■ cos. ii- procos.
PROt>. Alp. MARIT
Cette restitution est due à M. Mommsen. Imperatori
Cæsari divi Marci Antonini pii, germanici, sarrriatici
filio , divi Commodi fratri, divi Antonini pii nepoti , divi
Hadriani pronepoti, divi Traiani parthici abnepoti, divi
Nervæ adnepoti ; Lucio Septimio Severo Pio Pertinaci
Augusto, Arabico, adiabenico, Parthico maximo , pon-
tifici maximo, tribunicia potestate VI, imperatori XI
consuli iterum, proconsuli. Provincia Alpium mariti-
marum.
A l’Empereur César fils du divin Marc Antonin pieux, Germanique, Sarmati-
que, frère du divin Commode, petit-fils du divin Antonin, arrière-petit-fils du
divin Hadrien, fils de l’arrière-petit-fils du divin Trajan Parthique et petit-
fils du petit-fils du divin Nerva, Lucius Septimius Sevère pieux, Pertinax,
Auguste, arabique, adiabénique, parthique très-grand, très grand pontife,
en jouissance pour la sixième fois de la puissance tribuni tienne, qui a été
acclamé empereur onze fois, consul pour la deuxième fois et proconsul. La
province des Alpes-Maritimes.
Cette inscription et la suivante, étaient gravées sur des
fragments de plaques de marbre qui servaient de revêtement
aux baignoires des thermes de Cimiez. Malheureusement les
ouvriers ont brisé, en les découvrant, presque tous ces frag-
ments; il n’en reste plus qu’un seul, mais les lettres étaient
resté gravées sur les mortiers, ce qui fait que l’on a pu
vérifier immédiatement ce que contenaient les inscriptions.
Ce premier travail a été fait par M. le comte Garin, pro-
priétaire de la villa et par M. Brun, architecte à Nice ; et
#
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c’est à ces messieurs que l’on doit la conservation de ces
deux textes, si précieux pour Cimiez ; car il serait puéril
désormais de nier que cette ville a été la métropole des
Alpes-Maritimes : ce sont là deux textes qui ne peuvent se
trouver qu’au siège du gouvernement de la province.
L’inscription date de l’an 198, où Septime Sévère associa
ses fils à son empire; aussi peut-on croire qu’il devait y
avoir une troisième plaque en l’honneur de Géta et peut-
être une autre à Julia Augusta et à Plautilla, plaques que
Caracalla aura fait détruire. L’on sait, en effet, que beau-
coup de monuments honorifiques furent élevés à la fin du
règne de Septime Sévère et que les noms de Géta, de Plau-
tille et de Plautien, que presque tous portaient, furent ef-
facés de ces monuments par ordre de Caracalla et souvent
remplacés par des bandes de pierre sur lesquelles il fit
graver des titres et mentions honorifiques suffisantes pour
remplir les lacunes que la suppression de ces noms y oc-
casionnait. A Cimiez, il est probable que les dédicaces étaient
gravées sur des plaques particulières, ce qui fait que sans
toucher aux inscriptions de Caracalla et de Septime Sévère,
on n’eut qu’à briser les autres pour faire disparaître les
noms de Géta et de Plautille.
Cette inscription, ou mieux, ce qui reste de la suivante, est
dans le tepidarium des anciens thermes de Cimiez, villa
Garin.
N° 163
imp . cœSARi jlT~S\ep timi ■ severi ■ pii
pertinaci ■ augustij A R A \bici • adiàbenici
parthici • maXIMt • /FIL • DlvM • m - aNTONINI • PII • GERm. sarm.
nep. DIVI antomjNl • PII • PRjonEP • DIVI • HADRIANI • ABNep
dtVl ■ TRAIANI • PMRTHICI Et- di\ I • NERVAE • ADNEpoA m. Au
reliO • ANTOOÜNQ • A VG JproV ■ ALP • MARIT • D evota
DECRIVIT /et s. P • POStaY
Cette restitution est un peu différente de celle qu’en a
donnée M. Mommsen. Je n’ai pas vu l’E de Cæsar dans la
première ligne ; je n’ai pas vu davantage les lettres N A de
%
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— 127 —
la seconde ligne (pertinaci), l’M de Maximi à la troisième,
tandis que j’ai très bien reconnu à la fin de la même ligne
toutes les lettres qu’il donne comme douteuses. A la qua-
trième ligne le mot divi est bien lisible, ainsi que la fin du
mot Hadriani à la cinquième ligne ; je n’ai pas vu le P de
a dnepoti à la sixième ligne. M. Mommsen, après le mot
marit n’a rien vu, il m’a semblé y reconnaître un D, dont
j’ai fait devota.
Imperatori Cæsari, Lucii Septimii Severi pii, pertinaci,
Augusti, Arabici, Adiabenici, Parthici maximi filio, divi
Antonini pii, Germanici, Sarmatici nepoti, divi Antonini
pii pronepoti, divi Hadriani abnepoti, divi Traiani
parthici et divi Nervæ adnepoti Marco Aurelio Antonino
Augusto, provincia Alpium Maritimarum devota decre-
vit et sua pecunia posuit.
A l'empereur César, fils de Lucius Septimius Sévère pieux, Pertinax, Au-
guste, Arabique, Adiabénique, Parthique, très grand petit-fils du divin Àn-
tonin pieux, Oermanique Sarmatique, arrière-petit-fils du divin Antonin le
Pieux, fils du petit-fils du divin Hadrien et petit-fils du petit-fils du divin
Trajan le Parthique et du divin Nerva, Marc Aurèle Antonin Auguste, la pro-
vince des Alpes-Maritimes dévouée a décrété et de ses deniers posé ce mo-
nument
Ces deux plaques devaient être scellées sur le même mo-
nument élevé en l’honneur des deux empereurs, probable-
ment comme je l’ai dit à la suite de l’association de Cara-
calla à l’empire; ce prince n’y est qualifié que d’Auguste ; or
il prit ce titre en 198, deux ans plus tard, en 201, celui de
Pieux et dès l’année 199 celui de grand Parthique ; mais du
vivant de son père il s’abstint de porter ces noms, quoi-
qu’ils lui eussent été décernés par le Sénat.
La seule partie conservée aujourd’hui, est celle que dans
le n° 163 j’ai entourée d’un trait; toutes les autres parties
ont été détruites, et je n’ai pu vérifier les lettres restantes
que sur les mortiers qui avaient conservé l’empreinte de
celles que portaient les fragments qui les recouvraient.
Ces deux inscriptions ont été publiées, lors de leur dé-
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— «8 —
couverte en 1875 par M. Brun, à qui, je l’ai dit, on est re-
devable de leur conservation. Cette première publication a
eu lieu en juin 1875 dans le Bulletin monumental, cin-
quième série, t. III, quarante-unième de la collection, n. 4
p. 373, où tout ce qui restait alors d’inscrit a été dessiné
dans une planche qui est jointe à une note sur l’état actuel
des thermes de Cimiez, note due à la plume de M. Brun.
Elles ont été publiées plus tard par M. Mommsen, qui ne
mentionne pas M. Brun, Corp. t. V, vol. 2, n° 7979 et 7980,
et enfin par moi, dans le compte rendu du congrès scien-
tifique de Nice 1878, dans le Bulletin mon. n° 1, p. 94.
M. Mommsen déclare les tenir de Jean-Baptiste Toselli
ainsi que d’Henry Jordan et Albert Zimmermann, qui lui
ont envoyé des estampages.
Les lettres des lignes 1 et 7 ont 0“,14, celles de la ligne
2 en ont 0 m ,07 et de la ligne 3 à la ligne 6 elles n’ont plus
que 0 m ,06.
N° 164
CORNELIAE SALO
NINAE
SANCTISSIM • AVG
CONIVG • GALLIENI
5 IVNI0R1S • AVG N
ORDO CEMENEL
CVRANT • AVRELIO
IANVARIO V E
Corneliæ Saloninæ sanctissimæ, augustæ, conjugi Gal-
lieni junioris Augusti nostri, ordo Cemenelensium, cu-
rante Aurelio Januario, viro egregio.
A Comelia Salonina très sainte, Auguste, femme de Gallien notre jeune
Auguste, l’ordo de ceux de Cimiez, grâce aux soins d'Aurélius Januarius
homme égrège.
Cette inscription, gravée sur un piédestal de calcaire, est
conservée dans le vestibule de la villa Garin.
. Ce texte a été publié par Gioffredo, Nicæa Civitas, p. 18,
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— «29 —
par le même dans la Storia delle Alpi Marittime, ms. p. 47
et édité p. 175 — par Pagi, Dissert, hypatica, p. 21 ; le
même, Critica in annal. Baron., 274. — Orelli, Inscr. 1010
— Bouche, Hist. de Prov. t. I, liv. II, chap. xxx, p. 516 —
par Spon, Miscell. p. 163, qui la tenait, de Mazaugues — Ri-
colvi, Inscr. n° 15. — Suzler, Reise, p. 226. — Muratori, Nov.
thés, cuv, 6. — Fabretti, Colonne Trajane, 2. — Banduri,
Numism. imper., t. I, p.241. — Maffei, Ars critic. lapid.,
430. — Schwartz, Miscel., 12. — Millin. Voyage dans les
dép. du mid. de la France, t. II, p. 549. — Bonifassi, Nie.
inscr. n. 28. — Gazzera, qui la tenait d’un anonyme et plus
tard d’un de ses amis. — Risso, Guide de Nice, p. 55. —
Durante, Hist. de Nie. p. 86. — Tisserand, Hist. de Nice
1. 1, p. 38. — Bourquelot, Insci'. a nt., n° 22. — Sanguinetti,
Inscr. rom. dell. Lig., 194. — Carlone, Vest. épigr., p. 83,
n° 132. — J. de Wal, Myth. sept, mon., p. 204. — Mom-
msen, Corpus, t. V, vol. 2, n°7879.
On s’est étonné pendant longtemps de voir dans cette
inscription Gallien nommé le Jeune, lorsqu’il était seul de
ce nom. M. Mommsen fait remarquer que ce qualificatif de
junior ne s’applique pas au nom de Gallien, qui était fils
de Valérien et par conséquent n’avait pas besoin de ce
surnom pour être distingué de son père, mais au mot
Auguste et qu’il faut traduire « femme de Gallien notre
jeune Auguste. » II ajoute toutefois que cette inscription est
la seule dans laquelle on trouve cette distinction de junior
et senior entre deux Augustes, quelle que soit la différence
d’âge qui les ait séparés.
Ce sont là toutes les inscriptions impériales retrouvées
jusqu’à ce jour à Nice ou à Cimiez.
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— <30
Inscription* provinciales
Je nomme inscriptions provinciales, toutes celles qui se
rapportent à une action quelconque de la province, tels que
les actes des procurateurs d’Auguste ou des flamines de la
province.
N° 165 (Perdue)
C • MEMMIO
_ MACRINO
o • «tir _massil
«TIR • Q Q • ITEM
5 PRAEFECTO_ _
PRO • IIVIRO • Q Q
AGNOTHETAE
EPISCOPO
NIGAENSIVM
10 AMICI
Caio Memmio Macrino quæstori, duumviro Massiliæ,
duumviro quinquenali, itempræfecto pro duumviro quin-
quenali, agnothetæ, episcopo Nicænsium amici.
A Caius Memmius Macrinua questeur, duumvir de Marseille, duumnr quin-
quennal, de même préposé pour le duumvir quinquennal, président des jeux
et surveillant de la région des Niçois, ses amis (ont élevé ce monument).
Cette inscription a donné lieu à bien des débats ; on l’a
suspectée pendant longtemps. Herzog, notamment, avait mis
en doute son authenticité; M. Desjardins la considérait com-
me interpolée et bien des savants doutaient de son authen-
ticité. C'est en effet la seule inscription qui donne le titre de
duumvir à un magistrat marseillais ; elle contredit le texte
d’Agathias *, qui dit que les Marseillais avaient conservé
jusqu’à l’invasion des Barbares leur organisation politique
et leurs institutions grecques.
1. Édition de Bonaventare Val camus. 1504, in-4% p. 7.
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431
Dans le Corpus inscriptionum publié par l’Académie de
Berlin, M. Mommsen a admis ce texte comme bon, et son
autorité le couvre désormais suffisamment.
Gioffredo, qui le premier a publié cette inscription, Nicæa
civitas, p. 5, en a donné la meilleure leçon. C’est celle qu’a
suivie M. Mommsen, en lui faisant subir deux petites correc-
tions : à la troisième ligne Q • IIVIR au lieu de QNVIR et à
la quatrième IIVIR au lieu de QIIVIR • R. C’est aussi celle
que j’ai suivie. En effet, la première correction s’impose ;
quand à la seconde il ne faut que lire la ligne 6 pour être con-
vaincu de sa nécessité. On trouve ce texte rapporté dans le
manuscrit de YHistoire des Alpes-Maritimes de Gioffredo,
d’après la copie qu’il en avait donnée dans son livre Nicæa
civitas ; dans l'édition de cette Histoire cette inscription
est reproduite mais incorrectement, d’après l'Histoire de
Provence de Papon, t. I. p. 10. — Bouche, Hist. de Prov.
1. 1, p. 88, d’après Gioffredo. — Spon, Miscel, p. 193. —
Muratori, Nov. thés., dcxxvi, n. 1. — Maffei, Ars critic.
lapid., t. III. c. IV. — Bonifassi, Nie. inscr., n. 38. —
Orelli, Inscrip. latin ampl. coll., n. 4024. — Bourquelot,
Inscr. antiques, n. 30. — Tisserand, Hist. de Nice, t. I. p.
42. — Sanguinetti, Inscr. lat. délia Lig. p. 213. — Carlone,
Vest. épig., 24-25, n. 1. — Chabouillet, Rev. des Soc. sav.,
6 e sér., t. I, p. 377-978. — Brun, Nice et Cimiez, n. 9. —
— Durante, Hist. de Nice, t. I. p. 30. — Ruffi, Hist. de
Mars., 1. 1, p. 17 — Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, n. 7914.
— Ch. Robert, Rev. des Soc. sav., 6 e série t. VI, p. 470.
D’après Gioffredo, cette inscription, malheureusement
perdue de nos jours, était de son temps conservée dans la
cour de l’évêché à Nice.
UEpiscopus Nicaensium, me parait être le même ma-
gistrat que le ducenarius episcepseos choræ inferiyris,
avec cette seule différence, que C. Memmius était encore
un Marseillais. II avait rempli à Marseille les fonctions de
duumvir quinquennal ; ce qui indique que Marseille, quoique
indépendante encore, avait pourtant subi, dans une certaine
mesure, l'influence de son entourage romain, puisque des
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<32
duumvirs, magistrats essentiellement romains, s’étaient
glissés dans son administration. Cette inscription est cer-
tainement antérieure à celle de Claudius Démétrius ; mais
elle ne doit pas l’avoir précédée de beaucoup : je la crois du
commencement du troisième siècle.
N® 166 (Perdue)
P • AELIO • SEVERINO
V • E
PRAESIDI • OPTIMO
ORDO • CEMEN
5 PATRONO
Publio Aelio Severino viro egregio praesidi optimo,
Ordo Cemenelensium patrono.
A Publius Aelius Sévérinus homme égrège excellent presses, l’ordre (des
décurions) de Cimiez à son patron.
Cette inscription à été rapportée par Gioffredo, Nie. civ.
p. 17, avec cette différence que la copie de cet auteur porte
à la seconde ligne : V • E • P. le même, Stor. Alp. ms.
p. 28. — Bouche, Hist. de Prov. t. p. 121, qui rétablit le
texte tel qu’il est publié ci-dessus. — par Spon, Mise.,
page 163. — Muratori, Nov. thés, mxxxvii, 4. — Beau-
mont, Marit. Alp., p. 94. — Bonifassi, Nie. inscr. n. 35.
— Roubaudi, Nice et ses environs , p. 55. — Châteaugiron,
Album de Nice. — J. de Wal, Mythol. septentr. monum.
p. 203. — Bourquelot, Inscr. a nt., n. 31. — Tisserand,
Hist. de Nice, t. I, p. 42. — Sanguinetti, Inscr. lat. dell.
Lig., p. 195. — Carlone, Vest. épig., p. 130. — Mommsen,
Corpus, t. V, vol. 2, n. 7880.
D’après Gioffredo elle était, de son temps, dans la pro-
priété Gubernatis (aujourd’hui villa Garin).
Ce Publius Aelius Sévérinus était præses des Alpes-
Maritimes et patron de l’ordo de Cimiez.
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433
N» 167 (Perdue)
M • AVRELIO • MASCVLO
V • E
OB ■ EXIMIAM • PRAESIDATVS
EIVS • INTEGRITATEM • ET
5 EGREGIAM • AD • OMNES • HOMINES
MANSVETVDINEM • ET • VRGENTIS
ANNONAE • SINCERAM • PRAEBITIONEM
AC • MVNIFICENTIAM • ET • QVOD ■ AQVAE
VSVM • VETVSTATE • LAPSVM • REQVI
10 SITVM • REPERTVM • SAECVLI
FELICITATE • CVRSVI • PRIST1NO
REDDIDERIT
COLLE G • m
QVIB • EX • S • C • C • P • EST
15 PATRONO • DIGNISS
Marco Aurelio Masculo viro egregio, ob eximiam præsi-
datus, ejus integritatem et egregriam ad omnes homines
mansuetudinem et urgentis annonae, sinceram praebi-
tionem a c munificentiam et quod aquæ, usum vetustate
lapsum, requisitum a c repertum, sæculi felicitate, cursui
pristino reddiderit. Collegia tria, quibus ex senatrn con-
sulto coire permissum est, patrono dignissimo.
A Marcus Aurélius Masculus homme égrège, à cause de sa sortie du prési-
dât, de son intégrité, de son inaltérable mansuétude envers tout le monde,
de sa munificence et de son équité dans la distribution de l'annone pendant
la disette, et parce que, l'aqueduc étant détruit par la vétusté et l'usage, il le
rechercha et l'ayant retrouvé, lui rendit son cours primitif, pour la félicité du
siècle. Les trois collèges, qui par sénatus-consulte ont pouvoir de se réunir,
ont élevé ce monument à leur très digne patron.
Ce Marcus Aurélius Masculus fut præses des Alpes-Ma-
ritimes vers le milieu du troisième siècle, il nous est ma4heu-
reusement impossible de préciser davantage. C’est sous sa
magistrature que fut reconstruit l’aqueduc et probablement
aussi les thermes de Cimiez ; en tous les cas, les thermes
n’ont pu être réparés qu’ après la reconstruction de l’aque-
9.
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m
duc, et nous savons que la réparation des thermes est pos-
térieure aux Antonins, puisque, dans cette réparation, des
marbres de Septime Sévère et Caracalla ont été employés
comme moellons et revêtements.
Les trois collèges dont il est question dans ce texte, sont
des collèges d’artisans ou des associations religieuses.
L’existence de cette assemblée de trois collèges nous est
confirmée par une autre inscription que le lecteur trouvera
plus loin. Il ne nous est malheureusement pas possible de
dire d’une façon certaine quels étaient ces collèges, il s’y
trouvait assurément le collegium Centonariorum dont
nous aurons à parler plus loin , ainsi qu’un collegium
Dendrophorum, et peut-être un collège de Lignariorum
ou de Fabrum tignariorum ; mais nous en sommes réduits
à des conjectures plus on moins fondées à ce sujet.
Cette importante inscription nous a été conservée par
Gioffredo, qui déclare qu’elle a été trouvée près de l’amphi-
théâtre ; on la trouve dans son recueil Nicæa civitas, p. 17,
dans son manuscrit de Y Histoire des Alpes-Maritimes,
p. 27, et dans ce même ouvrage édité p. 57. — Bouche la
reproduit aussi, Ilist. deProv., 1. 1, p. 121. Cet auteur écrit à
la fin de la troisième ligne PRAESIDIATVS et à la fin de
la quinzième DIGNISSIMO en entier. — Spon. Miscel.
p. 36. — Muratori, Nov. thés, cccclxxii, 3. — Beaumont,
Marit. Alps, p. 94. — Papon, Ilist. gén. de Prov., t. I,
p. 32. — Durante, Ilist. de Nice., t. I, p. 73. — Château-
giron, Alb. de Nie. — Bonifassi, Nie. inscr. n. 29. —
Bourquelot, Inscr. ant. n. 29. — Ilenzen, Orell. supl.,
6633. — Tisserand, Hist. de Nie., t. I, p. 43. Cet auteur
divise les lignes d’une façon arbitraire et écrit VF au lieu
de VE. — Sanguinetti, Inscr. lat. délia Lig., p. 199. —
Carlone, Vest. épigr., p. 82, n. 131. — Mommsen, Corp.,
t. V, vol 2, n. 7882. — Brun, Nice et Cimiez, p. 11. Cet
auteur termine l’inscription par les deux lettres VE.
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435
N» 108 (Perdue)
//FU VIO • VERINI • FILIO • QVtV
SAB1NO • DEGVRIONI • IJ.VIRO • sa
UN • CIVITATIS • SVAE • IIVIRO • for
OIVLIENSIS • FLAM1NI • PROVINc
5 ALPIVM • MARITIMARVM • OPTIMO
* PATRONO . TABERNARI ■ SALINIENSEs
POSVERVNT • GVRANTIBVS • MATVcts
ïnaNSVET • ET • ALBVGIano
IMP • COMMODO • III • mtistio
10 BuRRO • COs
J’ai suivi presque exactement la leçon de M. Mommsen
et ses judicieuses restitutions.
...Flavio Verini filio, Quirina (tribu), Sabino, decurioni ,
duumviro Saliniensium civitatis suae, duumviro f or o ju-
lien sis, flamini provinciæ Alpium Maritimarum, optimo
patrono. Tabemarii Salinienses posuerunt, curantibus
Matucis, Mansueto et Albuciano. Imperatore Commodo
très et Antistio Burro consulibus.
A... Flavius Sabinus fils de Vérinus, de la tribu Quirina, décurion et duum-
vir de Salinium sa patrie, duumvir de Fréjus, flamine de la province des
Alpes-Maritimes, à leur excellent patron, les aubergistes de Salinium ont posé
(ce monument) avec les bons soins des deux Matucius Mansuetus et Al-
bucianus, pendant que l'empereur Commode était consul pour la troisième
fois avec Antistius Burrus.
L’inscription est gravée sur une lame de métal encastrée
dans une grande pierre trouvée à Cimiez dans le jardin des
* Observantins réformés, à ce que dit Gioffredo, qui publie
cette inscription dans sa Stor. delle Alp. p. 120, avec quel-
ques différences. — On la trouve aussi dans Ricolvi, Insc.
n° 31 — dans Zaccaria, Excurs. litt. per Italiam 1, 54. —
Donati, Supl. clxxii, I. — Orelli, Inscr. lat. a mpl. coll.
2214. — Durandi, Il Piem. cisp. p. 72. — Bonifassi, Nie.
inscr. 31. — Bourquelot, Inscr. antiq. n. 33. — Tisserand,
Hist.de Nice. t. I, p. 40, très inexactement — Sanguinetti,
Inscr. lat. dell. Lig. p. 200. — Carlone, Vest. épigr. p. 70
n. 103; et enfin Mommsen, Corp. t. V. vol. 2. n. 7907.
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436 —
Aucun des auteurs qui ont cité cette importante inscription
ne Ta fait correctement : seul, M. Mommsen a rétabli ce texte
conformément aux bonnes données épigraphiques ; ses resti-
tutions sont absolument certaines, c’est pourquoi j’ai adopté
sa leçon.
Ce texte confirme celui que j’ai publié dans la première
partie de ce recueil, sous le n° 43, qui.nous avait’appris que
Castellane (Salinium) était inscrite à la tribu Quirina. Il nous
apprend qu’on pouvait être duumvir dans une cité qui vous
était étrangère, et nous fa : t connaître que Cimiez était le
siège des flammes de la province ; d où l’on déduit aisément
qu’elle était alors le chef-lieu de la province des Âlpes-
'Maritimes. Or, cette inscription date de 1 an de J.-C. 181; ce
qui démontre bien que le transfert de la métropole à Embrun
s’est opéré très tard. Les flamines étaient ordinairement dans
la Gaule les prêtres d’Auguste 1 ; il y en avait dans chaque
chef-lieu de cité : ils furent plus tard remplacés par les évê-
ques. Les flamines provinciaux pouvaient être assimilés aux
archevêques.
N° 169 (Perdue)
D'un coté
MEMORIAE • SANCTISSIMAE
C • SVBRI • SECVNDINI
FLAMINIS • ET • PATRONI • PROVINC1AE
PIETATIS • ELOQVENTIAE • MORVM
5 MAG1STRI
C • SVBRIVS ■ SEVERIANVS • FRATER
INMATVRA • EIVS • MORTE • DECEPTVS
De l’autre côté
XXXX ANNIS VIXIT
BIS • DVO • IVNGANTVR • QVOS • MENSES • QVATTVOR • AVGENT
MORTIQVE • -DIES • FELIX • SI • LONGIOR • AETAS
MANSISSET • QVAM • DVRA • SIBI • FORTVNA • NEGAVIT
5 O • MISEROS • HOMINES • VIVVNT • QVI • VIVERE • NOLVNT
VIVERE • QVI • DEBENT • FATO • MORIVNTVR • ACERBO
1. Toutes les divinités pouvaient avoir leurs flamines ; mais dans les Gaules, chaque
chef-lien de cité avait son flamine d'Auguste ; à Rome il y avait des flamines de Jupiter
de Mars, de Junon, etc., jusqu’aux flamines de Pomone, qui étaient les derniers.
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137
Mémorisé sanctissimæ Caii Subrii Secundini flaminis
et patroni provinciæ ; pietatis, eloquentiæ, morum ma-
gistri ; Caius Subrius Severianus /rater, immatura ejus
morte decep tus, quadraginta annis vixit, bis duojungan-
tur,quos menses quatuor augent, vigentique dies. Félix si
longior ætas mansisset quam dura sibi fortuna negavit.
0 miseros hominesJ vivunt qui vivere nolunt, vivere
qui debènt fato moriuntur acerbo.
A la très sainte mémoire de Caïus Subrius Secundinus, fl amine et patron
de la province, qui fut un modèle de piété, d'éloquence et de mœurs. Caïus
Subrius Severianus son frère, déçu par sa prompte mort (lui a élevé ce mo*
nument).
Il vécut quarante ans, auxquels s’en joignent deux fois deux, que quatre
mois augmentent et vingt jours. Heureux s'il eût vécu de plus longs jours
que sa dure fortune lui a refusés. O hommes misérables ! ceux-là vivent, qui
ne voudraient pas, et ceux qui devraient vivre sont emportés par la destinée
acerbe.
Cette inscription a été rapportée par Peiresc, Manuscrit
de la Bibliothèque Nationale, Paris, fonds latin 8957, f.
238. — Par Raymond do Soliers, dans Bouche, Hist. de
Prov. 1. 1. p. 299. — par Gioffredo, dans son manuscrit de
YHist.desAlp. p. 49. — Bonifassi, n° 112, 113 ; Risso, Guide
de Nice, p. 71. — Bourquelot, Inscrip. ant., n. 36. — Hen-
zen, Orell. supl. 6954. — Tisserand, Hist. de Nice, t. I, p.
41. — Carlone, Vestig. épigr. p. 92, n. 146 — Th. Mommsen,
Corpus, t. V, vol. 2, n. 7917.
Peiresc dit que le même bloc qui portait ces inscriptions
en portait une autre, que le lecteur trouvera plus loin.
Carlone adopte cette manière de voir ; il pense que nous
avons affaire à un bloc opistographe et croit que l’inscription
ci-dessus est une inscription chrétienne, gravée sur un bloc
qui portait déjà un texte païen. Cet auteur, suivant la leçon
de Gioffredo, écrit à la troisième ligne, PRIMATIS, au lieu
de flaminis ; il fait remarquer les mots mémorisé sanctissi~
mæ et la formule prolixo du regret contenue dans la prose
mesurée qui finit l’inscription ; tout cela, dit-il, « constitue
un ensemble auquel il est difficile de ne pas se rendre. » Je
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138
n’aurai pas de peine à réduire à néant toute cette argumen-
tation ; et tout d’abord les mots mémorisé s&nctissimæ ap-
partiennent à la phraséologie payenne et se rencontrent
dans un grand nombre de textes incontestablement payens;
mais ce qui empêche surtout de se rallier à l’opinion de Car-
lone, c’est la qualité de flamine de la province, qui est don-
née au défunt : on ne peut pas croire qu’un flamine, qui était
ministre d’une divinité payenne, fût un chrétien.' Quant à
la formule qui finit l’inscription il s’en rencontre partout
d’aussi tristes et d’aussi prolixes, qui sont incontestablement
payennes.
Bouche n’a cité que la première partie de cette inscrip-
tion. Ricolvi, n’a cité qne la première et la dernière partie
de la deuxième qui commence par O miseros. Gioffredo, qui
donne très incorrectement la première partie, ligne 3, pri-
msitis, est le seul auteur qui ait cité la deuxième ; et c’est
chez lui que l’ont prise tous les autres auteurs qui l’ont citée.
J’ai suivi dans ma leçon les corrections indiquées par
M. Mommsen ; mais sans tenir compte des lacunes qu’il in-
dique et qui ne me semblent pas nécessaires.
N» 170
l =ügÿ M M ^
FLAVIAE • BASSILAE CONIVG • CARISSIM • DOM
ROMA • MIRAE • ERGA MARIT • AMORIS • ADQ CASTiTaT
FEMIN • QVAE • V1XIT • ANN ■ XXXV • M • III • DIEB • XIII
AVREL • RHODISMIANVS A VG • LIB • COMM ■ ALP • MAPT ( sic )
ET • AVREL • ROM VLA FILIA INPATIENTISS: . . . D # LORE 1
EIVS • ADFLICTI • ADQ • DESOLAT • CARISS • AG merent. fec. et
SA d.
Mémorisé Flaviæ Bassilæ conjugis carissimse domo Bo-
rna, mirse erg a maritum amoris adque csLstitatis feminse,
quse vixit a unis trigenta quinque, mensibus très , diebus
1. Le petit o qui suit le D est, sur l'inscription originale, renfermé dans ce D.
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<39
tresdecim ; Aurelius Rhodismianus, Augusti libertus,
commentariensis Alpium Maritimarum et Aurélia Ro~
mula filia, impatient issimo dolore ejus adflicti adque dé-
solait, carissimæ a c merentissimæ fecerunt et sub ascia
dedicaverunt.
A la mémoire de Flavia Bassila, sa très chère femme, originaire de Rome,
admirable d'amour et de chasteté féminine à l'égard de son mari ; elle Técut
trente-cinq ans, trois mois et treize jours. Aurélius Rhodismianus, affranchi
d’Auguste, greffier du fisc des Alpes-Maritimes, et Aurélia Romula, sa fille,
affligés et désolés dans leur incommensurable douleur, à leur très chère et
très méritante (mère et femme) ont fait ce monument, qu'ils ont consacré sous
rascia.
Cette inscription a été reproduite par Peiresc, Manuscrit
de Paris, fonds latin n. 8957, p. 237. — Gioffredo, Nicæa
civitas, p. 18, très incorrectement, et plus tard, après avoir
vérifié la pierre, dans son manuscrit de la Stor. dell. Alp.
p. 48. — Spon, Miscel. p. 158. — Maffei, Ars critic. lapi-
dar., III, 4. — Muratori, Nov. thés, mxxii, 5. — Ricolvi,
Inscriz. n° 6. — Albert Baumont, Travels through the
maritime Alps. p. 88. — Millin, Voyage dans les dép. t. II,
554. — Gazzera, Ms. qui dit la tenir d’un anonyme, — Risso,
Guid. de Nie. p. 68. — Bourquelot, Inscrip. ant. n. 38. —
Tisserand, Hist. de Nice. t. I, 40. — Sanguinetti, Inscriz.
lat. dell. Lig. p. 208. — Carlone, Vest. épigr. p. 97, n° 152.
— Bertrand, Revue archéologique, nouv. sér. (1869) 1. 1, p.
307. — Mommsen, Corpus, T. V, vol. 2, n. 7882.
Cette inscription est conservée dans le vestibule du cou-
vent de Saint-Pons.
A la ligne 3, M. Mommsen a lu CASTIaT et il a ajouté
sic. J’ai étudié ce mot avec attention et malgré l’autorité in-
contestable de l’illustre savant allemand, j’ai cru devoir
maintenir CASTiTaT ; à la fin de la quatrième ligne j’ai lu
XIII, au lieu de XII ; à la fin de la sixième, après impa-
tientes. il y aune lacune que comblent très bien les lettres
I M, et un mot que Bourquelot, Carlone et M. Mommsen
ont lu EIORE ; en l’examinant avec attention j’y ai reconnu
le mot dolore, écrit avec un petit o renfermé dans le D,
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— uo —
comme je l’ai noté ci-dessus. Sauf ces observations de
détail, que je n’ai pu faire qu’ après de nombreuses visites à
Saint-Pons, la leçon de M. Mommsen est excellente.
Le Commentariensis était un officier rédigeant des actes
relatifs au fisc, de même que les flammes ; ces officiers
avaient leur siège au chef-lieu de la province. C’est encore
une preuve que Cimiez a été la métropole des Alpes-Mari-
times.
N° 171 »
G_ I • VALENTI I F
VIVIRO • C1VIT • SALIN
ALPIVM MARITIMARVM
PATRONO • OPTIMO
5 TABERNARI • CEMENEL
Caio Julio Valenti, Julii filio, sextumviro civitatis
Saliniensium, Alpium maritimarum patrono optimo, ta-
bemari Cemenelemes.
A Caius Julius Valens, fils de Julius, sévir de la cité de ceux de Salinieu-
sium des Alpes-Maritimes, les aubergistes de Cimiez à leur excellent patron.
Il est impossible d’être plus absurde en une seule inscrip-
tion : d’abord la filiation ne s’indique jamais à l’aide du nom,
c’est le plus souvent avec le prénom et quelquefois le sur-
nom qu’on la trouve. Les usages lapidaires auraient voulu
Caio Julio Cad filio Valenti, parce que le surnom se met-
tait toujours après la filiation : la première ligne contient
donc deux fautes qui, elles seules, devraient faire rejeter ce
texte ; mais la suite, qui a été sottement imitée de la dédi-
cace à Flavius Secundinus, que j’ai publiée ci-dessus n° 168,
en contient bien d’autres. On n’était pas sévir d’une ville
mais bien sévir d’Auguste, duumvir ou décurion d’une ville;
on se demande ensuite ce que vient faire ici le nom des
Alpes-Maritimes. L’auteur n’a pas remarqué que dans la dé-
dicace susnommée, Flavius était flamine de toute la pro-
vince et il a cru qu’on pouvait faire suivre sans autre raison
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444
le nom d’une cité de celui de sa province; et finalement
les mots ta.bema.ri Cerne nelenses se rapprochent trop des
tabem&ri Salinenses pour pouvoir être acceptés. En somme
il est impossible de douter de la fausseté de ce texte.
Ce texte a été publié par Durand', Piem. cisp. p. 72, qui
le tenait probablement de Meyranesi. Il a été mentionné
par Bourquelot, Imcr. a ht. n° 33 — par Carlone, Vestig.
épig. p. 88, n. 140 — et pa** Mommsen, t. V, vol. 2, p. 91*,
n° 1044*, falsæ.
Durandi prétend qu’elle a été trouvée près l’amphitéâtre à
Cimiez.
' N° 172*
C_- IVLIO VALERIO • C • F • FALER
IIIVIRO. VIR
TRIB • MILIT • LEG
5
LIAE
PATRONO.. .
T • IVNIVS •
INDVLGENTISSIMO • PATRONO
Il y a à l'aire, sur cette inscription, les mêmes remarques
que sur la précédente. Je n’insisterai donc pas davantage,
quoique l’auteur, pour donner une certaine vraisemblance à
sa fraude, ait simulé de nombreuses lacunes, qui d’autre part
le tirent d’embarras. Cette inscription sort de la même fa-
brique que la précédente, c’est le prieur Meyranesi qui est
l’auteur de ce volumineux Corpus.
Elle a été publiée par Durandi, Il Piemonte cispadano
antico p. 78. — par Bourquelot, Insc. a,nt. n® 66. — par
Carlone, Vest. épigr. p. 31, n. 15 — et par Mommsen,
Corpus, t. V, vol. 2, p. 91*, n. 1045*, falsæ.
Durandi prétend qu’elle a été trouvée à Nice, près de
la porte du château. Si cette inscription a été trouvée près
de la porte d’un château, ce ne peut être que d’un château en
Espagne.
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442
Inscription» ml 11 In 1res
N<»m (Perdue)
LMP • CAES • FL
AVIO • VALER
10 CONSTANT!
NO • hYg. divi CONSTANTI
5 NI • PII • AVGVSTI • FI
LIO
Imperatori Cæsari Flavio Valerio Constantino Augusto,
divi Constantini pii Augusti filio.
A l’empereur César Flavius Valérius Constantin Auguste fils du divin Cons-
tantin pieux Auguste.
Cette inscription a été trouvée près de l’église rurale de
Saint-Etienne, banlieue de Nice ; je l’ai recherchée active-
ment, mais je n’en ai pas eu des nouvelles. C’était un des
milliaires de la voie Aurélienne. On trouve ce texte rapporté
parGioffredo, Nie. civ. p. 8 ; par le môme dans son ms. de
la Stor. delle Alp., p. 49, et dans son édition du même ou-
vrage, p. 187. — Bouche, Hist. de Prov. t. I, p. 543, en
donne une leçon quelque peu différente et la termine par le
chiffre XL, ce qui ne se comprendrait guère. — Muratori,
Novus thésaurus, cclviii, p. 7. — Ricolvi, Inscr. n. 35.
— Durandi, Piem. cisp., p. 60. — Bonifassi, Nie. Insc.,
n. 27. — Bourquelot, Inscrip. a nt. n. 24, veut y voir une
dédicace et non un milliaire. — Tisserand, Ilist. de Nice t.
I, p. 38. — Sanguinetti, Inscrit, dell. Lig. p. 217. — et par
Mommsen, Corpus t. V, vol. 2, n° 8108.
N» m
IMP • CAESARI • DIV
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— 143 —
Cette inscription, qui n’a été publiée que par Tisserand,
Hist. de Nie., t. I, p. 38, d’après lui par Carlone, Vest.
èpigr., p.63 n" 93, et par Mommsen à la suite du numéro pré-
cédent, me paraît n’êtro qu’une répétition de la précédente.
N“ 175 (Perdue)
IMP • CAES
FL • VAL • CON
STANTTNO
p. f. A VG
5 divi Maœi
miani Aug.
nep.
DIVI • Const
anti Aug.
10 Pu F ilio
Imperatori Cæsari Flavio Valerio Constantino pio felici
Augusto divi Maximiani Augusti nepoti, divi Constanti
Augustipii filio.
A l'Empereur César Flavius Valérius Constantin pieux, heureux Auguste
petit-fils du divin Maximien et fils du divin Constantin Auguste pieux.
Cette inscription a été trouvée dans la citadelle de Nice,
où je l’ai cherchée en vain.
Elle a été publiée par Gioflredo, Nie. civit., p. 8. — par
le même, Stor. dell. Alp. ms. p. 40. — Bonifassi, Nie. inscr.
n. 25 et 26. — par Bourquelot, Inscr. a nt., n. 26, qui en
fait encore une dédicace. — par Carlone, Vest. épig., p. 60
n. 90 — et Mommsen, Corpus, t. V, vol. 2, n. 1107.
La restitution que je propose est absolument certaine ; il
existe une demi-douzaine de milliaires de la voie Aurélienne
qui portent le nom de Constantin et qui tous portent l’ins-
cription ci-dessus. A propos de l’une de ces inscriptions,
• M. Allmer *, fait la remarque suivante :
1. Rev. épigr n. 7, p. 103.
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— 144 —
« Dans les premiers mois de 307, Maximien s’associa
Constantin, lui donna sa fille en mariage et le titre d’empe-
reur. Au commencement de 308 il était réduit à venir cher-
cher dans les Gaules un refuge auprès de son gendre, qui,
tout en lui laissant quelques semblants d’honneurs, l’obli-
geait à déposer le titre d’Auguste. En 310, au mois de février,
il était contraint par Constantin de se donner la mprt pour
le crime, vrai ou supposé, d’avoir voulu l’assassiner. Ses
statues furent renversées, ses noms effacés des monuments.
« En conséquence de ces événements, on devrait douter
de la justesse des restitutions ci-dessus proposées, d’après
lesquelles Constantin aurait encore continué à se glorifier
d’être le gendre de Max>mien après l’avoir fait mourir et
avoir persécuté sa mémoire. Ces restitutions sont cependant
certaines, empruntées qu’elles sont à l’insc''ipi ion d’une bor-
ne de la même route, encore existante dans le cimetière de
Cabasse. Constantin aura voulu, avec son hypocrisie ordi-
naire, donner le change à l'opinion publique, par cette fausse
démonstration de piété filiale. »
Inscriptions militaires
En thèse générale, on peut dire que les légions étaient
campées dans les pays de frontière, ad fines ; on n’en trouve
donc que très peu de restes dans les pays d’intérieur. On re-
trouve pourtant dans les Alpes-Maritimes de nombreux
monuments de soldats auxiliaires, des cohortes Gétules,
Ligures, Espagnoles et d’une autre cohorte nommée cohortis
nautarum, ce qui, joint aux cohortes des Alpins et des Ton-
gres, que j’ai retrouvées dans l’arrondissement de Grasse,
me laisse supposer, qu’à un moment donné, il y a eu dans les
Alpes-Maritimes un corps de troupes destiné peut-être à
maintenir les montagnards mal soumis. Nous savons en effet,
que dans les premiers temps de l'empire, la province des
Alpes-Maritimes vivait sous un régime d’exception, que l’on
y voyait un præfectus civitatium, alors que toutes les autres
provinces voisines étaient gouvernées par des procuratores.
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— 145 —
Ainsi que je l’ai dit dans mon introduction, les præfecti civi-
tatium étaient des magistrats spéciaux, des façons de com-
mandants d’état de siège ; on ne les rencontre que dans les
contrées éloignées, montagneuses et mal soumises. Il est
probable, que ces magistrats avaient à leur disposition, des
troupes assez nombreuses pour leur permettre de maintenir
les pays qu’ils habitaient. Tacite nous laisse entendre 1 que
l’on pouvait trouver des troupes en quantité suffisante dans
les Alpes-Maritimes, lorsqu’il raconte que Marius Maturus,
avec les seules ressources que lui fournissait la légion, tenta
de s’opposer au passage d’Othon. On peut donc croire que
pendant un certain temps il y a eu dans les Alpes-Maritimes
iin corps de troupes destinées à maintenir les Ligures in-
soumis des montagnes ; mais en aucun cas, on ne peut
admettre, que, contrairement à l’usage, des légions aient été
campées à demeure dans cette province. On a parlé de la
XXII* légion, de la III* de la VIII* de la XIIII" : ce sont là'
des exagérations, dont il faut d’autant plus se méfier, que
nous connaissons parfaitement les lieux de campement de
ces légions .et qu’un monument à un légionnaire trouvé
quelque part, n’implique en aucune façon que la légion à
laquelle il appartenait ait eu ses campements dans les envi-
rons. Les Alpes-Maritimes étaient sur une grande route
militaire, elles ont souvent été traversées par des légions en
marche, sur l’Espagne, sur l’Italie, sur la Gaule, etc.; il
n’est donc pas étonnant que l’on y rencontre quelques mo-
numents à des légionnaires qui sont morts en les traversant.
N® 176 (Perdue)
A
FAEMJNAE • SANCTISSIMAE
MVLIERI - INCOMPARABILI
EXSVPERATVS
5 MILES • LEG ■ VIIÏ • A VG
CONIVGI • DVLCiSSIMAE
P C
1. Hilt., Ht. II, 12.
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— 146 —
Je prends ce texte dans Mommsen, Corp. t. V, vol. 2,
n. 7886, qui le donne d’après Bonifassi, Nie. insc., n. 134 ;
ce sont les deux seuls auteurs dans lequel s je la trouve.
Bonifassi dit qu’il a été mis à jour à Nice en février 1805, à
l’occasion des fouilles que l’on faisait à cette époque dans la
vieille citadelle ; le môme auteur ajoute qu’elle gît aujour-
d’hui dans la cour de la préfecture où elle est abandonnée.
Je ne l’y ai pas vue.
Le mot FAEMINAE de la deuxième ligne est impossible;
je propose donc d’y voir le gentilice FAVONIAE et de lire
ainsi :
Favoniae Sanctissimae mulieri incomparabili ,
Exsuperatus miles legioms VIII Augustae conjugi caris-
simae, ponendum curavit.
A Favonia Sanctissima sa fema»e incomparable, Exsuperatus soldat de la
huitième légion Augusta, a pris soin de placer (ce monument) à son épouse
chérie.
La huitième légion Augusta avait ses campements en
Pannonie sous Tibère ; en 69 après J.-C., au moment de la
guerre civile, ses quartiers étaient en Moesie; sous Alexandre
Sévère, elle était en Germanie supérieure, d’où elle ne
bougea plus; elle ne fut donc jamais cantonnée dans les
Alpes-Maritimes.
Sanctissima, comme cognomen, est du même ordre que
Fœlicissima, etc.: on connaît des Sanctus et des Sancta.
N» 177 (Perdue)
PANES • AA
SAVRI • F • DAL
MATA • EQVES
H • B M
Panes, Masauri filius, Dalmatarum (alae) eques, heres
bene merenti.
Panes, fils de Masauri os, cavalier dans les ailes des cohortes Dal mates.
Son héritier reconnaissant (lui a élevé ce monument).
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— 147 —
Les ailes (cavalerie) et les cohortes (infanterie) étaient des
troupes auxiliaires. On distinguait les ailes et les cohortes
par le nom, soit de la province, soit du peuple barbare où
elles avaient été levées ; quelquefois elles prenaient le nom
de l’officier qui les avait levées. Les ailes étaient comman-
dées par des préfets et les cohortes par des préfets ou des
tribuns. On connaît, par les inscriptions, les noms d’une
infinité d’ailes levées chez tous les peuples du monde romain
où la cavalerie était renommée et même parfois dans les
pays ennemis. Le recrutement des corps auxiliaires se
faisait parmi les provinciaux et les barbares ; c’est aussi
dans ces corps que servaient les Italiens qui voulaient se
vouer au métier des armes. Ce texte nous a été conservé
par Gioffredo, dans son manuscrit de la Stor. delle Alp.,
p. 47. — Ricolvi, Inscr., n. 39. — Bonifassi, Nie. inscr.,
n. 54. — Tisserand, Hist. de Nice, t. I, p. 39, très incor-
rectement. — Carlone, Vestig. épigr., p. 78. n. 119, qui
copie Tisserand — et par Mommsen, Corp. t. V, vol. 2,
n. 7893.
Gioffredo dit simplement qu’il est à Cimiez.
Le défunt, comme cela avait lieu le plus souvent chez les
barbares, est simplement désigné par son cognomen.
N° 178 (Perdue)
QVADRATVS MVTVMBAL • F
J COH • GAET • PSIMBAf. MIL • SER
H • E • T
Gioffredo, ms. de la Stor. dell. Alp., donne la leçon sui-
vante : Qua.dra.tus / Mutumbal f. / coh. Gaet / psium. mil.
ser/ H ET. — C’est cette leçon qu’à suivie M. Mommsen sans
indiquer de quelle façon il faut lire ; voy. Corp. t. V, vol. 2,
n. 7895. — Risso, Guid. p. 70, Bonifassi, Nie. inscr. n. 91 et
Bourquelot, Inscr. a nt. n. 53, ont donné la leçon que voici :
Qua.dra.tus Mutumbal f. / coh. Gaet. Psil. / H. E. T.; et
traduisent Quadratus Mutumbalis filius cohortes Gœtulo-
rurn psilagus, etc. — Brun, Nie. et Cim. p. 12, n. 2, a suivi
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— 448 —
cette leçon, qui a le tort de supprimer la fin de l’inscription
donnée par Gioffredo et d’introduire dans le texte le mot
psilagus, que ces auteurs font dériver du grec com-
mandant des troupes légères. — Tisserand, Hist. de Nice.
1. 1, p. 40, psil. m. mil, etc. — Carlone, Vest. épig. p. 73,
n. 109 suit la leçon de Bouiquelo*, mais il la termine par
les sigles H. S. E.
Comme aucune de ces leçons ne me contentait, j’ai pro-
posé la restitution ci-dessus, que je lis ainsi :
Quadratus Mutumbalis filius centurio, cohortis Gaetu-
lorum; Psimbal miles, servus (et) heres ex testamento
(fecit).
Quadratus fils de Mutumbal, centurion de la cohorte des Qétules ; Psimbal
soldat, son ordonance et son héritier, selon son testament a fait (ce monument).
Je n’ai pas besoin de faire remarquer que ma restitution
est toute arbitraire.
Mutumbal est certainement un nom carthaginois, Psimbal
pourrait en être rapproché. Comme dans le texte précédent,
le défunt n’est désigné que par son çognome.x.
Gioffredo place cette inscription à Cimiez, sans autre dé-
signation.
N» 179 (Perdue)
SEX • SVLPICIO CF
SABINO • VEXiLLAH
COH • I • LIG • ET • HIS • G • R
3 RVFINI • H • M • H • N • S
J’ai suivi la leçon de M. Mommsen avec les corrections
qu’il indique.
Sextio Sulpicio Caii filio Sabino vexillario cohortis
primæ Ligurum et Hispanorum civium romanorum, c en-
turiæ Rufini. Hoc monumentum heredem non sequitur.
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449
A Sextius Sulpicius Sabinus, fils de Caïus, porte-drapeau de la première co-
horte des Ligures et des Espagnols citoyens romains, de la centurie de Ru-
flnus. Ce monument ne passe pas à l'héritier.
Pingoni, ms. de Turin, Mise. Hist. Pat. en a donné deux
leçons, l’une p. 119 et l’autre 146. — Raymond de Soliers,
dans Bouche, Hist. de Prov. t. I, p. 300. — Gioffredo, Stor.
dcll. Alp. ms., p. 49 — Bocchi et Pugliasco, Collecteana
Nicæensia p. 176. — Spon, Miscel. p. 263. — Bonifassi,
Nie. inscr. n. 95. — Bourquclot, Inscript, ant. n. 58. —
Papon, Hist. gén. de Prov. t. I, p. 34. — Tisserand, Hist.
de Nice, 1 . 1, p. 40 — Carlone, Vest. épigr. p. 73, n. 109.
— Mommsen, Corp. t. V. vol. 2, n. 7896.
D’après Bouche, cette inscription aurait été découverte
à Saint-Barthélemy, près Nice.
Je m’abstiens de citer toutes les leçons de mes devanciers,
qui toutes, plus ou moins, sont fautives. Le vexillaire était
l’officier chargé de porter le drapeau de la cohorte '.Contrai-
rement à la grande majorité des cohortes qui ne contenaient
que des barbares ou des provinciaux, la première cohorte
des Ligures et Espagnols réunis ne se composait que de
citoyens romains qui suivaient le métier des armes.
N° 180 (Perdue)
Demi-lune
Poignard
Deux javelots
5
SEX • V1BI0 • C • F
SEVERO • SVEÏilO
MILITI
CCH • I • LIG • ET -IISP
CR?- MVCl • STP • XI
H • EX • T • F
Poignard
Deux javelots
Cuirasse oarrée Javelot Cuirasse carrée
Écu rond Javelot Êcu rond
1. On nommait aussi vexillaires, des soldats détachés de la légion, qui formaient un
détachement Accompagnant le vexillum ou drapeau spécial qu'on leur donnait ; mais
ce n’est pas ici le cas, car la cohorte des Ligures ôtait un corps auxiliaire et non légion-
naire.
10
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450
Sexto Vibio, Caii filio, Severo , Suetrio, militi cohortis
primæ Ligurum et Hispanorum civium romanorum,
centuria Mucii, stipendiorum undecim. Heres ex testa-
mento fecit.
A Sextus Vibius Sévérus, fils de Caïus, de la peuplade des Suetri, soldat de
la première cohorte des Ligures et des Espagnols citoyens romains, de la
centurie de Mucius ; il servit onze ans. Son héritier lui a élevé (ce monument)
selon (le vœu émis dans) 9on testament.
Cette inscription était dans le pavage de l’église de Saint-
François à Nice ; elle a été détruite en même temps que le
dallage. La leçon ci-dessus est celle que donne M. Mom-
msen, Corp. t. V. vol. 2, n. 7900, qui a restitué cette inscrip-
tion avec une admirable sagacité. Les autres auteurs qui
l’ont publiée sont : Gioffredo, Stor. dell. Alp. ms. p. 48,
édité, p. 85 — Ricolvi, Inscr. n. 2. — Bonifassi, Nie. inscr.
86 et 105, d’une autre façon — Bourquelot, Inscr. ant. n. 65.
— Sanguinetti, Inscriz. lat. p. 219 — Carlone, Vestig.
épigr. p. 27, n. 4.
M. Mommsen a trouvé cette inscription dessinée dans les
papiers de Bonifassi, où il a pris les accessoires qui la dé-
corent.
D'après le propriétaire actuel du cloître de Saint-François,
qui y a fait une tannerie, il y aurait, au fond d’une fosse, une
pierre sur laquelle sont gravées quelques lettres ; il m’a été
impossible de voir cette pierre, la fosse étant alors occupée.
N» 181 (Perdue)
1 2
L • SVCIO • VELACI • F
MILITI • CORNICLA
COHORT • LIGVR
MAXSIMVS • FRA
5 TER FECIT
Deux mains jointes
MAXSIMVS • VEL
ACI F • MIL • COHOR
LIGVR • VIVVS
FECIT • SIBI
Deux mains jointes
1° Lucio Sucio, Velaci filio, militi comiclario cohortis
Ligurum , Maxsimus frater fecit
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154
2° Maxsimus, Velaci filius, miles cohortis Ligurum vivus
fecit sibi.
I* A Lucius Sucius, fils de Vélacius, soldat corniculaire de la cohorte des
Ligures, Maxsimus sou frère a fait (ce monument).
2° Maxsimus, fils de Vélacius, soldat de la cohorte des Ligures, s'est, de son
vivant, élevé (ce monument).
On la trouve dans Manuti, manuscrit du’ Vatican, lat.
n. 5237, p. 105, d’où l’a tirée Fabretti, numéros 387, 233,
234; et Pingoni, Miscel., p. 119. — Bocchi et Pugliasco,
dans le manuscrit qu’ils ont compilé sur les antiquités
niçoises de 1590 à 1657 (manuscrit de la bibliothèque royale
de Turin sans numéro) p. 175 — où l’ont prise Gioffredo,
Stor. dell. Alp., édité p. 85, on ne la trouve pas dans son
manuscrit. — Bonifassi, Nie. inscr., n. 106 et 107. — Bour-
quelot, Inscr. a nt., n. 60-61. — Tisserand, Hist. de Nice,
t. I,p. 42. — Sanguinetti, Inscr. lat., p. 217, 218 — Carlone,
Vest. épigr., p. 29 et 30, n. 9 et 410. — Mommsen, Corp.,
t. V, vol. 2, n. 7897.
Les corniculaires étaient les soldats qui, par quelque
action d’éclat, avaient mérité le corniculum ou casque orné
de petites cornes, distinction honorifique très appréciée dans
l’armée romaine. Quelquefois aussi les corniculaires étaient
des officiers en second ; mais dans le cas actuel, il n’est pas
douteux que L. Sucius ne fût un simple soldat décoré du
corniculum.
D’après Manuti cette inscription était à Nice ; Pingoni
précise davantage et la place dans la citadelle près de
l’église.
N» 182 (Perdue)
C • MARIVS CF- MOGIO • MILES
COHORTIS • LIGVRVM • HIC • SITVS • EST
Cette leçon est celle que Mommsen a rétablie d’après les
textes de Peiresc et de Raymond de Soliers.
Caius Marius, Caii filius, Mogio, miles cohortis Ligu-
rum hic situs est.
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— *52 —
Caïus Marius Mogion, fils de Caïus, soldat de la cohorte des Ligures, est
enterré ici.
Peiresc, manuscrit de Paris, fonds latin n. 8957 p. 237.
— Raymond de Soliers, dans Bouche, Hist. de Prov., t. I,
p. 300 — Gioffredo, Stor. dell. Alp. Mar., édit. p. 85 —
Bonifassi, Nie. inscr., n. 88. — Papon, Hist. gén. de Prov.
1. 1, p. 34. — par Risso, Guide de Nice, p. 70. — Bour-
quelot, Inscrip. a nt. n. 59 — Tisserand, Hist. de Nie., t. I,
p. 41. — Sanguinetti, Inscriz. dell. Lig., p. 219. — Carlone,
Vest. èpigr., p. 81, n. 129. — Mommsen, Corpus, t. V,
vol. 2, n. 7891.
Raymond de Soliers, avait écrit CIMOGIO ; c’est la leçon
qu’ont suivie Risso, Bonifassi, Bourquelot, Tisserand, Papon
et Carlone. Bonifassi, Bourquelot et Tisserand ont interpolé
la dernière ligne en introduisant le chiffre III entre co-
hortis et Ligurum.
Cette inscription a été trouvée au monastère de Saint-
Pons suivant les uns, et dans la propriété des Carlins suivant
les autres.
N» 183 (Perdue)
SEX • IVLIVS • MO
NTANI • F • FRONTO
MILES • COH • LIGVR
? NIGRI • COMAN
5 SEX • IVLIVS • OPTaT
POSVIT • OB
MERITA • EIVS
Texte un peu différent de celui que fournit M. Mommsen.
Sextus Julius, Montani filius, Fronto, miles cohortis
Ligurum centuriæ Nigri Comani Sextus Julius Optatus ,
posuit ob mérita ejus.
Sextus Julius Fronto, fils de Montanus, soldat de la cohorte des Ligures, de
la centurie de Niger Comanus, Sextus Julius Optatus (son frère t) lui a élevé
ce monument à cause de ses mérites.
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153
Peiresc, ms. de Paris, fonds lat. n. 8957, p. 237. — Ray-
mond de Soliers, dans YHist. de Prov. de Bouche, 1. 1, p. 301
— Gioffredo, Stor. dell. Alp. ms, p. 47 — Ricolvi, Inscr.
n. 45. — Zaccaria, Exc. I, 55. — Donati, Supl. ad thés.
Mur. cclxxxi, 12. — Bonifassi, Nie. inscr., n. 40. —
Bourquelot, Inscr. a nt. n. 63. — Tisserand, Hist. de Nie.
t.I,p. 42, en donne deux leçons. — Sanguinetti, Inscr iz. dell.
Lig. p. 205 et 218. — Carlone, Vest. épig. p. 78, n. 122. —
Mommsen, Corp., t. V, 2, n. 7889.
D’après Peiresc, cette inscription se trouvait dans le cou-
vent de Saint-Pons ; d’après Raymond de Soliers, dans la
propriété des Carlins.
A la 2 e ligne Gioffredo écrit FRONIO, Peiresc ERO-
NIOR, et Soliers ERONIOS; à la ligne 3, Soliers et Peiresc,
écrivent COH LIGVRAE, Bonifassi COH I • LIG ; à la
4 e , Peiresc et Gioffredo COM., Soliers COMAN : c’est la
leçon que j’ai suivie, caV il m’a semblé que le mot COM était
insuffisant pour remplir la ligne ; à la 5 e , Soliers IVL •
OPTATVS et Peiresc OPTATIVS.
N° 184 (Perdue)
0 • ALICONI TRIB
ALBINTIM1LIENS
RAE • EILIO • M • AEMILIO
EMILIO • PROCLO • F
RBARO • ANIENSI
IMA • CONIVGIBVS
BI • VIVA • FEC1T
Gioffredo, Nie. civ. p. 14 ; Stor dell. Alp. ms. p. 28;
Stor. dell. Alp. édit. p. 107 — Spon, Miscel, p. 155. —
Muratori, Nov. thesaur. mxxii, 1. — Bonifassi, Nie. inscr.
n. 73. — Bourquelot, Inscr. anf.,n. 74. — Sanguinetti, Inscr.
dell. Lig. p. 226. — Tisserand, Hist. de Nie. 1. 1, p. 43. —
Carlone, Vest. épiqr. p. 33, n. 22. — Mommsen, Corp. t.
V, vol. 2, n. 7883.
Je crois pouvoir rétablir ce texte de la façon suivante :
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464
M • AEMILI
MIL • DOMO •
M- AEMILIO • NAMV
RVFFO • FIL • M • A
C ■ LICINIO • BA
MAR1T • FL • MAX
ET ■ FIL • CAR • ET • SI
O • ALICONI • TRIB
ALBINTIMILEENS
RAE • F1LIO • M • AEMILIO
EMILIO • PROC LO • F
RBARO • ANIENSI
IMA CONIVGIBVS
BI • VIVA • FECIT
Marco Aemilio Aliconi, tribuno militum,domo Albinti-
miliensi, Marco Aemilio Namuræ filio, Marco Aemilio
( Ruffo) ? filio Marco Aemilio Procio filio; (Caio Lici-
nioj? Darbaro Aniensi tribu marito, Flavia (Maxima)?
conjugibus et filiis ca rissimis et sibi viv a fecit.
A Marcus Aemilius Alicon, tribun militaire, natif de Vintimille, à Marcus
AemiliusNamura,son fils, à Marcus Aemilius Ruffus, son fils, à Marcus Aemi-
lius Proclus, son fils ; à Caïus Licinius Barbarus de la tribu d’Aniensis, son
mari, Flavia Maxima à ses époux et à ses fils chéris et pour elle-même a de
son vivant élevé (ce monument).
Il est inutile, je pense, de faire remarquer que les restitu-
tions de noms propres sont arbitraires.
La tribu d’Aniensis était située sur le territoire de Tibur
où coulait le fleuve Anio, qui donna son nom à la tribu.
D’après Gioffredo, cette inscription était près de l’église de
Notre-Dame de Beaulieu, dans les environs de Villefranche.
Elle est aujourd’hui égarée.
N» 185 (Perdue)
LVCENTIVS • RVFANI • F • BODI • MIL
COH • LIG • DOMIT ■ H • H • EX • T
Lucentius Rufani, filius Bodi(onius) *, miles cohortis
Ligurum, Domitii (duo) heredes ex testamento.
Lucentius Bodianius, fils de Rufanus, soldat de la cohorte des Ligures, les
deux Domitius, ses héritiers (lui ont élevé ce monument) d'après (le vœu émis
dans) son testament.
1. Voye* au n. 190.
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4(5
Il en existe deux copies, l’une de Raymond de Soliers
dans Bouche, Hist. de Prov. t. I, p. 30, .d’où proviennent
Gioffredo, Stor. dell. Alp. ms. p. 49 — Bonifassi, Nie. inscr.
n. 87. — Bourquelot, Inscr. a nt. n. 62. — Tisserand, Hist.
de Nie. t. I,p.41,très incorrect. — Carlone, Vestig. épigraph.
p. 77, n. 117. — L’autre copie est de Peiresc, manuscrit de
Paris, fonds latin, 8957. p. 237 — d’où Mommsen, Corp. t. V,
vol. 2. n. 7890.
La leçon ci-dessus est celle de Peiresc, avec cette seule
différence que cet auteur finit ainsi la seconde ligne : EX F.
La copie de Raymond de Soliers est très défectueuse ; elle
est ainsi conçue : LVCENIVS RVB • TANI • F • PODI •
MIL • COH • LEG- Tout le reste manque.
D’après Peiresc, cette inscription se trouvait da;is le mo-
nastère de Saint-Pons ; Soliers la place dans la propriété des
Carlins : ce qui me fait l’effet d’être un seul et même lieu,
nommé par l’un d’une façon et par l’autre de l’autre.
N° 186 (Perdue)
L • NONIO • QVADRATO • COH • NA VT
3 • MVM • IVS • 0 • MANILIVS • ET • CAL
VENTIVS • RVFVS D S
Leçon de Mommsen, Corp. t. V. vol. 2, n. 7892.
Lucio Nonio Quadrato cohorte Nautarum, centuria
Mummi Justi, Quintus Manilius et Calventius Rufus de
suo.
A Lucius Nonius Quadratus, de la cohorte de Nantes, dans la centurie de
Mummius Justus, Quintus Manilius et Calventius Rufus (ont) de leurs (deniers
élevé ce monument).
Gioffredo, Nie. civ. p. 24 ; Stor. dell. Alp. ms. p. 47. —
Muratori, Nov. thés, dcccxxxvii, n. 7. Ricolvi, Inscr.
n. 41. — Bonifassi, Nie. inscr. n. 52. — Risso, Guide de
Nice , p. 69 — Bourquelot, Inscr. ant. n. 57. — Tisserand,
Hist. de Nie. t. I, p. 39. — Sanguinetti, Inscriz. dell. Lig.
p. 190 ; — Carlone, Vest. épigr. p. 79, n. 125.
Tous les auteurs qui ont rapporté cette inscription ont,
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456
à l’exception de M. Mommsen, écrit à la deuxième ligne S.
MVMIVS en un seul mot et Calvenius au lieu de Calventius.
N° 187 (Perdue)
TI • IVLIO • VELL
ACONIS • FIL
CL • VIACO
sic MILES ■ CCH ■ NA VT
5 } TI • IVL • REST
HERED • EX • TES • H • S
Cette leçon est un peu différente de celle de M. Mommsen.
Tito Julio, Vellaconis filio, Claudia Viaco,militi cohor-
tis Nautarum, centuria Titi Julii Restituti ; heredes ex
testamento. Heredi sequitur.
A Titus Julius, fils de Vellaconis, de Claudia Viacum, soldat de la cohorte des
Nantes, de la centurie de Titus Julius Restitutus ; les héritiers (selon le vœu
émis dans) son testament (lui ont élevé ce monument) qui suit à ses héritiers.
GiofEredo, Nicæ a civitas p. 19. — Muratori, dcccxxv
n. 5. — Bonifassi, Nie. inscr. n. 84. — Risso, Guide de
Nice, p. 69. — Bourquelot, Inscr. ant. n. 56. — Sanguinetti,
Inscriz. dell. Lig., p. 207 — Carlone, Vestig. épigr. p.
100, n. 158. — Mommsen, Corp. t. V, vol. 2. n. 7888.
A la troisième ligne, M. Mommsen rejette les mots CL.
VIACO séparés, pour n’en faire qu’un seul mot CLVIACO *,
dont il ne fait ni un cognomen ni le nom d’un pays. Devant
ce silence, j’ai cru bon de rétablir la leçon de Muratori, qui
traduit ces sigles par Claudia Viacum, ville de Vindéliciens ;
à la quatrième ligne j’ai laissé subsister MILES, quoique
le texte demandât militi ; mais aucun auteur n’ayant écrit
autrement, nous sommes en droit de considérer ce mot
comme un lapsus dulapicide. J’ai rétabli le mot coh avec la
liaison de l’O et de l’H, qui est commune dans ce mot, à cause
de la façon (CO • I) dont plusieurs auteurs l’ont écrit. M.
1. Dans son manuscrit d’Aix, Raymond de Soliers donne la lecture suivante, finalement
adoptée par Mommsem : GLVTACO ; ce serait alors un surnom : G lu lac us .
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467
Mommsen avait restitué ainsi COh ; mais la liaison me parait
suffisamment indiquée.
D’après Gioffredo, cette inscription, qui était dans l’église
de Saint-Barthélemy, a été, de là, transportée dans les jar-
dins du palais ducal.
N° 188 (Perdue)
TI • IVLIO • T • IVLII • FR • MIL
DVPLIC • CCH • NAVT
LIB • FAVSTVS • PATRONO
Tito Julio, Titi Julii fratri, militi duplicario cohortis
Nautarum. Libertus Faustus patrono.
A Titus Julius, frère de Titus Julius, soldat duplic&ire de la cohorte des
Nantes , non affranchi Faustus (a élevé ce monument) à son patron.
Gioffredo, Nie. civ. p. 24; Storia dell. Alp. Mar. ms.
p. 47. — Muratori, Nov. thés, dcccxxv, n. 6 — Ricolvi,
Inscr. n. 37 — Bonifassi, Nie. insc. n, 39 — Bourquelot,
Inscr. ant. n. 54 — Tisserand, Hist. de Nice , t. I, p. 39. —
Sanguinetti, Inscriz. dell. Lig. p. 191 — Carlone, Vest.
épigr. p. 79, n. 123. — Mommsen,Corp.t. V, vol. 2, n. 7887.
J’ai, en grande partie, suivi la leçon de Mommsen. On
appelait milites duplicarii , les soldats qui, en récom-
pense de leurs services, recevaient double ration, etc. Giof-
fredo dit que cette inscription est dans la campagne de Ci-
miez sans autre indication.
N° 189 (Perdue)
APOLONIO
DYONISIO
MIL • CCH • NA
TVBIC • H • E • T
Apolonio Dionysio, militi cohortis N autarum.Tubicen,
heres ex testamento.
A Apolonius Dionysius, soldat de la cohorte des Nantes, le trompette son
héritier, d’après son testament (l'ii a fait ce monument).
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— 458 —
Gioffredo, Stor. dell. Alp. ms. p. 48. — Ricolvi, Inscr. n.
42 — Zaccaria, Excurs. 154 — Orelli, Inscr. lat. a mpl. coll.
n. 3621. — Bonifassi, Nie. inscr., 89. — Bourquelot, Inscr.
ant. n. 55. — Tisserand, Hist. de Nice, t. I, p. 41. — San-
guinetti, Inscriz. dell. Lig. p. 207.— Carlone, Vest. épig.
p. 80, n. 128 — Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, n. 7884.
N» 190 (Perdue)
T • AVRELIO • DE
MENCELONIS • F • BO
DIONIO • C(H • LIG
J • TREBONI • HERED E T
Mommsen a publié les deux leçons suivantes, Corp. t. V,
vol. 2, n. 7885 :
Raymond de Soliers
Gioffredo
T • AVRELIO • DE
MENCELONIS • EBO
DIONIO • COINO
T • ERIPONE • HERED • I T
AVRELIO • DE
ENCIONIS • I • BO
DIONIO • CO • O
SEREBONI • H • R • D
Sans chercher à rétablir une bonne leçon, je me suis
appuyé surl.es deux textes fournis par Mommsen pour établir
ma restitution. Je conserve Demencelonis et Bodionio : le
premier me paraît bon et le second nous est déjà connu
par l’abréviation Bodi au n. 185 ; quant à Coino, comme
l’avait proposé M. Mommsen, je lis coh. lig, l’L et l’I ayant
été pris pour un N et le G pour un O. A la dernière ligne,
le mot Treboni parait s’imposer ainsi que les lettres E ■ T,
au lieu de I • T. Je lis ainsi cette inscription:
Tito Aurelio, Demencelonis filio Bodionio, cohorte Li~
gurum, centuria Trebonii. Heredes ex testamenlo.
A Titus Aurélius Bodionius, fils de Demencelon, de la cohorte Ligure, cen-
turie deTrébonius.Ses héritiers, d'après son testament, ont élevé ce monument.
Gioffredo donne les deux lectures ci-dessus : celle de
Raymond de Soliers, publiée dans Bouche, Hist. de Prov.
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459
1. 1, p. 300. — Gioffredo, dans son manuscrit de la Stor. dell.
Alp. p. 49, lecture quia été suivie par Ricolvi, Inscr. n. 40.
— Bonifassi, Nie. inscr. n. 85. — Bourquelot, Inscr. a nt.
n. 116. — Tisserand, Hist. de Nice t. I, p. 40 et Carlone,
West. épig. p. 77, n. 116.
L’autre, môme manuscrit de Gioffredo p. 47, d’où Bonifassi,
Nie. inscr. n. 55, et Tisserand, Hist. de Nice 1. 1, p. 39.
D’après Soliers, cette inscription aurait été trouvée dans
la propriété des Carlins.
N° 191 (Perdue)
TERTIO • DOCGONIS
F • MIL • COH • GAETVL
? GALLI • AYLVS
Tertio, Docconis filio, militi cohortis Gætulorum centu-
ria Galli Aulusani.
A Tertius, fils de Docco, soldat de la cohorte des Gétules de la centurie de
Gallus Aulusanus.
Mommsen, Corp. t. V. vol. 2, n. 7898, publie d’après
Ricolvi, Inscr. n. 13, la leçon suivante
TERTIO DOCCONIS
F ■ MIL CCXLTVL
} GALLI AVIVS
Les corrections que j’ai indiquées ci-dessus, me paraissent
certaines.
Ricolvi dit avoir copié cette inscription sur une marche,
devant l’église des Réformés. Je n’ai trouvé sur les marches
qu’une inscription moderne ; mais je sais, d’autre part, que
quelques pierres ont été changées récemment.
N» 192 (Perdue)
VERDVCCIO • P • F
ALPINO • MIL
CO H • I • L • HERED • ET
P • VER ■ P • F • PATERN
FECER
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460 —
Restitution de M. Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, n. 7899,
d’après le texte suivant fourni par Bonifassi, Nie. inscr.,
n. 104 :
VERDVCCIO /////
ALP1NO • MIL
COH ■ I LIG • PERED
PVER • P ■ PATERN
FECER
Verduccio Publii filio Alpino, militi cohortis primæ
Ligurum, heredes et Publius Verducius, Publii filius Pa-
temus fecerunt.
A Verducciu8 Alpinus, fils de Publius soldat de la première cohorte des
Ligures, ses héritiers et Publius Verduccius Paternus, aussi fils de Publius,
ont fait (ce monument.)
D’après Bonifassi ce texte était à Falicon, où je l’ai vaine-
ment cherché ; mais on m’a dit qu’il y avait autrefois sur les
pieds-droits de la porte du presbytère, deux pierres écrites
qui ont été brisées par les ouvriers qui faisaient une répa-
ration à la façade. Le curé actuel a vu ces pierres, mais il
n’avait jamais pensé à les copier.
N» 193 (Perdue)
BOD'
MlLlTl 1 1*
II • LEG
RW'
EX
Cette inscription, assurément incorrecte, est fournie par
M. Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, n. 792, accompagnée de la
note suivante : « Schedula inter, mise. patr. vol. 147, Bi-
bliot. reg. Taur. » sans autre nom d’auteur. Il indique sa
situation dans les ruines de la citadelle, où elle fut trouvée,
dit-il, en 1828.
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— 161 —
N° 194 (A Tarragone)
L • VALERIVS • L • F • SE
CVNDVS • DOMO
ALBENTiBILI • MIL • LEG
VII • G • F • PAMPHIL1VS • VARVS
ET VALIVS • VELOX
MILITES • LEG • EIVSDEM
HEREDES • POSVERVNT
Lucius Valerius, Luci filius Secundus, domo Albinti-
miliensi, miles legionis septimæ geminæ felicis; Pam-
philius Va rus et Valius Velox, milites legionis ejusdem,
heredes posuerunt.
Lucius Valérius Secundus, fils de Lucius, originaire de Vintimille, soldat de
la septième légion gemina heureuse ; Pamphilius Varus et Valius Velox, sol-
dats de la même légion, ses héritiers (lui) ont placé (ce monument.)
La VII 0 légion gemina, fut créée par Galba, dont elle prit
d’abord le nom (Galbiana), qu’elle changea depuis pour
celui de gemina. En 69 ap. J.-C. elle avait ses quartiers en
Pannonie ; sous Alexandre Sévère on la retrouve en Espagne
en Tarraconaise : c’est certainement vers cette époque qu’elle
fut gravée. C’e^t le nom d’Albintimilien qui a trompé les
éditeurs de Gioffredo.
Cette inscription est rapportée par Gruter, Corp. inscr.
dlxvi, 3, qui la place à Tarragone, dans le palais archié-
piscopal. Les éditeurs de Gioffredo l’ont à tort attribuée
aux Alpes-Maritimes ; Carlone, Vest. épig. p. 34, n. 23,
précise et prétend qu’elle se trouve à Beaulieu, où certes
elle n’est pas. On la trouve rapportée par Hübner, Corp.
inscrip. Hisp. t. II, n. 4171, parmi celles de Tarragone.
N® 195 (Probablement de Rome)
D • M
T • AVRELI
CL • CERTI
CEMENELI
5 FR • LEG ■ XX • V • V
IVLIVS • SEVERVS
ET • AVRELIVS
SEMPRONIVS
H • F • C
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• 62
Diis manibus Titi Aurelii, Claudia tribu, Certi Cerne-
neli, frumentarii legionis vigesimæ Valeriæ victricis,
Julis Severus et Aurelius Sempronius heredes faciendum
curaverunt.
Aux dieux mânes de Titus Aurélius Certus de la tribu Claudia deCiraiez,
frumentaire de la vingtième légion valérienne, victorieuse, Julius Sévérus et
Aurélius Sempronius, ses héritiers, ont pris soin de lui élever (ce monument.)
Elle a été découverte dans les papiers de Panvini, ma-
nuscrits du Vatican, n. 6035 p. 71, où elle est écrite par
une main étrangère. — Doni, Inscr. ant. Don. pars VI,
n. 76 — d’où la tire Muratori, Nov. thés, dcgxcvii, 1.
— Fabretti, Inscr. ant. 744,520 — Bourquelot, Inscr. ant.
la cite à tort parmi les inscriptions de Cimiez, n. 73 — d’où
Carlone, Vest. épig. p. 89 n. 143 — Je l’ai retrouvée dans
le Corp. inscr. lat. de Berlin, t. VI, vol. I, n. 3916, parmi
les inscriptions de Rome.
Dans l’exposé que Tibère fit au sénat des forces de la Ré-
publique et de leur répartition, nous trouvons la vingtième lé-
gion en Germanie Inférieure; en 69, au moment de la guerre
civile, elle était en Bretagne et sous Alexandre Sévère en
Bretagne Supérieure. C’es le mot de Cemenelium qui a
trompé les auteurs qui placent cette inscription dans les
Alpes-Maritimes.
Ce texte nous apprend que la ville de Cimiez était inscrite
à la tribu Claudia.
N° 196 (An musée de Klagenfurth)
Croissant et étoiles
MARIVS • RV
CTICNI • E • MILE (sic)
S • COHORTIS
MONTANORV
5 M • PRIMAE ■ STIP
ENDIORVM XXV
H • S • EST
MONT AN VS HP
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463
On la trouve dans Lazi, r. r. p. 333 ; 734 ; 1236. — Gruter,
Corp. inscr. dlii, 5. — Muratori, Nov. thés, mmxxxiv, 5.
— Pocoke, Inscr. ant. græc. et lat. p. 113, 17. — Eichorn,
Carienth. 1. 1, p. 43 — Schottky, Viruneus tab. 4 — Kumpf,
ms., qui l’a vue le 11 mai 1818 — Ankershofen, Carinthiaca
t. I, 517. — Steiner, Inscrip. rom. Danubi et Rheni, ms.
3959 d’après Knablius. — Tous ces auteurs la rapportent
comme se trouvant en Autriche. Voici maintenant quels
sont les auteurs qui l’ont, à tort, introduite parmi les ins-
criptions niçoises : — Gioffredo, Stor. dell. Alp. p. 174. éd.
in-8° — Risso, Guide de Nice, p. 180 — Bourquelot, Inscr.
ant. n. 70 — Tisserand, Hist. de Nice t. I, p. 42 — Carlone,
Vest. épigr. p. 29, n. 8 — Mommsen, Corp. inscr. t. V. vol.
2. n. 1066, déclare qu’il faut la restituer à Virunum.
La leçon que je publie est celle de M. Mommsen, Corp.
t. III, vol. 2. n. 4849, qui a vu l’inscription et déclare que la
lecture en est certaine ; il ne faut donc pas tenir compte de
toutes les autres lectures.
Marius, Ructicni filius, miles cohortis montanorum
primæ stipendiorum XXV hic situa est ; Montanus heres
posuit.
Marius, flls de Ructicnus, soldat de la première cohorte des montagnards,
qui a servi vingt-cinq ans, est situé ici. Montanus, son héritier, lui a placé
(ce monument).
N° 197 (A Saint-Veit, en Autriche)
TI • IVLIVS
CONDOLLI
F • CAPATIVS •
MIL • COH
5 MON • PHI • STIP III i
HSE
TI • IVLIVS • CRIGALO
TI • IVLIVS • BVCCIO
H • F
l. Ces trois lignes inclinées sont, dans l'inscription, traversées par une autre ligne
diagonale, allant de gauche i droite et partant du sommet.
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— 164 —
On trouve ce texte dans les anciens manuscrits autri-
chiens de Peutinger, ms. n. 527, p. 57 — chez Choler, p.
140— Chez Apian,Sacr. sancf.p. 400, 3 — Lazi,r. r. p. 333;
734 ; 1236 ; 1239. — Gruter, Corp. inscript, dxliv, 10 ;
Steiner, Inscr. rom. Danub. et Rhen. 3924 — une seconde
copie de cette inscription a été envoyée à Lazi, r. r. p.
1235 par Stephan Wilhelm, notaire de la ville — Gioffredo,
Stor. dell. Alp. éd. in-8° t. I, p. 174 la donne à tort au
nombre des inscriptions des Alpes-Maritimes — Bourquelot,
Inscr. a nt. n. 69, suit Gioffredo — ainsi que Carlone, Vestig.
épigr. p. 80, n. 127 — Mommsen, Corp. t. V. vol. 2, n.
1066 la rend à Viranum.
La leçon que je donne ci-dessus est empruntée à M.
Mommsen, Corp. t. III, vol. 2, n. 4846.
D’après Lazi, cette inscription est gravée sur un marbre
carré près de Saint-Veit.
Titus Julius, Condolli filius, Capatius, miles cohortis
montanorum primæ stipendiorum trigenta, hic situs est.
Titus Julius Crigalo (et) Titus julius Buccio heredes
fecerunt.
Titus Julius Capatius, fils de Condollus, soldat de la première cohorte des
montagnards, qui a servi trente ans, (repose) ici. Titus Julius Crigalon etTitus
Julius Buccion, ses héritiers, lui ont fait (ce monument).
Ces quatre derniers textes, introduits à tort parmi les ins-
criptions des Alpes-Maritimes, doivent donc en être retran-
chés, de même que la Cohors montanoimm qui ne peut plus
être comptée au nombre de celles qui ont séjourné dans nos
régions. ,
<
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m —
Inscriptions municipales
N° 198
/// VIR • LAVRO • DE
CVRIONI • CEME
NELENSIVM
• EQVO PVB
AEBVTIA • LAVREA
MATER
L d d D
Quirina Lauro, decurioni Cemenelensium, equo
publico ; Aebutia Laurea, mater. Locus datus decreto de-
curionum.
A ... Laurus de la tribu Quirina 1, décurion de Cimiez, chevalier public,
Aebutia Laurea, sa mère (a élevé ce monument). Le lieu a été donné par décret
des décurions.
Gioffredo, Stor. dell. Alp. ms. p. 26, édité, p. 103 —
Millin, Voy. dans les dép. t. II, p. 551 — J. de Wal. Myth.
septent. mon. p. 202. — Bonifassi, Nie. inscrip. n. 46. —
Risso, Guide de Nice, p. 67. — Gazzera la publie trois fois
dans les Acta Tàurinens.; la première fois, d’après un ano-
nyme, la deuxième fois d’après Muleti, et la troisième d’après
un de ses amis de Cimiez.— Bourquelot, Inscr. ant.n. 49. —
Henzen, Orell. supl. n.5100. — Tisserand, Hist. de Nice, t.
I, p. 4. — Sanguinetti, Inscriz. dell. Lig. p. 193. — Carlone,
Vest. épigr. p. 71 n. 105. — Mommsen, Corp. t. V, vol. 2,
n. 7903.
Il ne manque à cette inscription que la première ligne qui
contenait le prænomen, le gentilicium et la filiation du per-
sonnage dans la forme suivante :
1. 8alinium (Castellane) était inscrite & la tribu Quirina ainsi que Pedo (Bourg Saint-
D al mas); ce personnage était probablement de Tune de ces deux localités.
n >
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— 466 —
P • MATVCIO P P
QVIR • LAVRO • DE etc.
Il va sans dire que cette restitution, certaine pour la -for-
me, est absolument hypothétique pour le fond ; c’est-à-dire
que les noms sont pris au hasard, parmi ceux qui se ren-
contrent à Cimiez.
Cette inscription est gravée sur un bloc de calcaire carré
dont le sommet manque, le monument a la forme d’un autel ;
elle est conservée dans le vestibule de la villa Garin à
Cimiez.
N° 199 (Perdue)
INTEGRITATI
BENEMERITA
Q • DOMITIO • 0 • F
NO • IIV1R0 • AMP •
5 BIS • ET • COLLEGIO
CIVITAS • CEMEN
CVIVS • PVBLICATIO
NIBVS • ET • ItïïïIVIRIS • EP
COLLEGIIS • TRIBVS - ET • OP. . .
10 POPVLO • OMNI • OLEVM
L • D • D • D
On trouve cette inscription dans Gloffredo, Stor. dell. Alp.
ms. p. 27; édité p. 103. — Bonifassi, Nie. inscr. n. 30. —
Bourquelot, Inscr. a nt. n. 130. — Tisserand, Hist. de Nice,
t. I. p. 41 — Sanguinetti, Inscriz. dell. Lig. p. 201 . — Car-
lone, Vestig. épigr. p. 72, n. 106. — Mommsen, Corp. t. V,
vol. 2 n. 7905.
Cette inscription peut assez facilement se restituer, pres-
que en entier, d’une façon certaine ; mais il faut pour cela la
présenter comme je le fais ici, en supposant la cassure en
biais. Voici dans ce cas comment on peut la lire :
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167
INTEGRITATI
BENEMERITA
0 • DOMITIO • 0 • FILIO • PATER
NO • IIVIRO • AMPLIATORI • VR
5 BIS • ET • COLLEGIORVM • TRIVM
CIVITAS • GEMENELENS • OB
CVIVS • DEDICATION • DECVRIO
NIBVS • ET ■ IiiïïIVIRIS • EPYLVM • ET
COLLEGIIS • TRIBVS • ET • OFFIC • ET
10 POPVLO • OMNI • OLEVM • DEDIT
L • D • |D • D
Les deux premières lignes, qui, d’ailleurs, ne formaient
probablement pas le commencement de l’inscription, ne pour-
raient se restituer qu’hypothétiquement.
...Quinto Domitio, Quinti filio, Paterno, duumviro, am-
pliatori urbis et collegiorum trium, Civitas Cemenelen-
sium. Ob cujus declicationen, decurionibus et sextumviris
epulum et collegiis tribus et officialibus et populo omni
oleum dédit. Locus datus decreto decurionum.
...A Qaintus Domitius Paternus, flls de Quintus, duumvir, bienfaiteur de la
ville et des trois collèges; la ville de Cimiez (a élevé ce monument); et, à l'oc-
casion de sa dédicace, (a donné) aux décurions et aux sextamvirs un repas,
et aux trois collèges et aux officiers et à tout le peuple a distribué l'huile.
Le lieu a été donné par décret des décurions.
Le mot ampliator n’est pas très usité dans les inscrip-
tions ; mais on en cite d’autres exemples, notamment une mé-
daille d’Antonin le Pieux citée par Eckhel, dans laquelle ce
prince est qualifié d' ampliator civium. La signification
exacte du mot ampliator serait : celui qui agrandit, qui
ampliat; mais je pense qu’ici il faut le prendre dans son sens
figuré : c’est toujours qui ampliat, mais il faut entendre qui
a donné de l’extension, de la vie, de la vigueur, c’est-à-dire
qui a été le bienfaiteur. S’il ne s’agissait que de la ville,
ampliator urbis aurait certainement son sens propre; mais
comme l’inscription ajoute et collegium trium, ce mot ne
peut être pris à mon avis que dans son sens figuré.
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— 168 —
Pour la seconde fois, nous trouvons les trois collèges de
Cimiez formant une compagnie et agissant comme corps cons-
titué.
D’après Giofïredo, cette inscription aurait été découverte,
de son temps, à Cimiez, sans indication plus précise.
Mommsen a maintenu le mot publicatione que donne la
leçon de Giofïredo ; m’appuyant sur l’inscription que l’on
trouvera au n° 201 de ce recueil, j’ai cru pouvoir rétablir
ded.ica.tio.
N° 200
G • MANTI • PATERNI • DECV
IIVIR • FLAMN1S • CIVITATIS • C . . . .
AEBVTIA • NEPOTILLA • OB
El VS • ERGA • SE • ADFECTION
MAR1TO • INCOMPARAB
FECIT
CVM • QVO • VIX1T • ANN • XX
M • VIIII • D X
On peut compléter facilement ce texte de la façon suivante :
D M
G • MANTI • PATERNI • DECVRIONI
IIVIR • FLMINIS • CIVITATIS • CEMENEL
AEBVTIA • NEPOTILLA • OB • MIRAM
EIVS • ERGA • SE • ADFECTIONEM
MARITO • INCOMPARABILI • VIVA
FECIT etc.
Diis manibus, Gaii manti Paterni decurioni,duumviris,
flaminis civitatis Cemenelei; Aebutia Nepotilla,obmiram
ergase adfectionem, marito incomparabili, vivafecit,cum
quo vixit a nuis viginti, mensibus nono, diebus decem.
Aux dieux mânes de Galus Mantius Patemus, décurion, duumvir et flamme
de la ville de Cimiez ; Aebutia Nepotilla, à cause de son admirable affection
envers elle, a de son vivant élevé ce tombeau à son mari incomparable, avec
lequel elle vécut vingt ans, neuf mois et dix jours.
#
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169
Ricolvi, Inscrip. n° 3. — Millin, Voy. dans les dép. t. II,
p. 555. — Bonifassi, Nie. inscr. n. 94. — Bourquelot, Ins-
crip. a nt. n. 42. — Tisserand, Hist. de Nice , 1. 1, p. 41. —
Carlone, Vestig. épigr.p. 96, n. 150. — Mommsen, Corp. t.
V, vol. 2, n. 7913.
Cette inscription est conservée dans le monastère de
Saint-Pons, dans l’ancien vestibule où je l’ai vue.
Le prénom Gaïus, pour Caïus, indique une basse époque.
J’ai rétabli les lettres D. M. soit à cause du cas génitif qui
commence l’inscription, soit d’après la leçon de Bonifassi
dans le manuscrit du comte de Pierlas, que l’on retrouve
chez Bourquelot.
N° 201 (Perdue)
MATRI • PIISSIMAE • POSVIT • OB
CVIVS • DEDICATIONEM • DECVRI
ONIB • ET • VI • VIR • AVG • VRBANIS • ET • OP
FICIALIB • SPORTVLAS • 5. • II DIVISIT • ITEM
COLLGlIS • X • I • ET • RECVMBENTIBVS
PANEM • ET • VINVM • PRAEBVIT • ET • OLEVM
POPVLO • VIRIS • AG • MVLIERIBVS • PRO
MISCE • DEDIT • L • D • D • D
Les premières lignes manquent.
... matri piissimæ posuit. Ob cujus dedicationem decu-
rionibus et sextumviris augusialis urbanis et officialibus,
sportulas denarios duo divisit, item collegiis denarium
unum et recumbentibus panem et vinum præbuit et
oleum populo, viris ac mulieribus promisce dédit. Locus
datus decreto decurionum.
... à sa mère très pieuse a élevé (ce monument), et à cause de sa dédicace
a divisé aux décurions, aux sextumvire Augustaux urbains et aux officiers,
une largesse de deux deniers, et aux membres des collèges, un deftier, et aux
invités, a distribué le pain et le vin, et a donné 1 huile au peuple, hommes
et femmes mélés. Le lieu a été donné par décret des décurions.
U s’agit ici, comme dans l’inscription rapportée plus haut,
n. 199, de largesses et de repas faits aux funérailles de per-
sonnages importants de la ville.
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470
Le mot sportula signifie, à proprement parler, petite cor-
beille qui servait à porter au peuple les vivres qu’on lui don-
nait à l’occasion de ces cérémonies ; mais la signification de
ce mot s’est considérablement étendue : si bien, qu’il peut
signifier les jeux où l’on faisait des distributions sembla-
bles, ou tout autre largesse accordée au peuple. J’ai traduit
recumbentibus par invités : c’est certainement là le sens
que lui donne l’inscription ; mais strictement, il faudrait
dire : « ceux qui vont se mettre à table » car on mangeait
de couché.
J’ai suivi la leçon de Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, n.
7920. On trouve cette inscription dans Gioffredo, Stor. dell.
Alp., ms. p. 48, édité, p. 114. — Bonifassi, Nic.inscr., n. 67.
— Risso, Guide de Nice, p. 15. — Bourquelot, Inscrip.
a nt., n. 129.— Tisserand, Hist. de Nie., 1 . 1 , p. 42. — San-
guinetti, Inscriz., p. 198. — Carlone, Vestig. épigr., p. 84,
n. 134.
Tous ces auteurs ont donné cette inscription d’une façon
très défectueuse.
Selon Gioffredo, cette inscription était dans la propriété
Galera à Cimiez.
N # 202 (Perdue)
L • VENIREIVS • PICT VS
DS- CEMEN
SE • VICO • SIBI • ET '
LIBERT • LIBERTAB
5 POSTERISQVE • EOR
C • MET1LIA -CF
C • MARIVS • C • F
Cette leçon est celle qui est fournie par Spon, Miscel. p.
163, qui'l’a tirée des papiers de Peiresc. M. Mommsen dé-
clare qu’il ne l’y a pas trouvée; mais il est probable que
c’est dans les papiers qui sont restés à la bibliothèque Méjane
à Aix que se trouve cette inscription. — Bonifassi, Nie. ins.,
n. 68, la prend dans Spon. — Bourquelot, Insc. a nt., n. 109,
donne les cinq dernières lignes de cette inscription ; il les
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— 474 —
prend dans le manuscrit du comte de Pierlas, qui déclare
l’avoir prise dans les papiers de Peiresc; etn. 119, toute
l’inscription, d’après Spon. — Il a été suivi dans cette voie
par Carlone, Vestig. épig., qui donne l’inscription entière,
p. 32, n. 17, et la fin seulement p. 74, n. 110.
M. Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, n. 7918, propose de la
restituer de la façon suivante :
L • ETEREIVS ■ FESTVS
DEC • CEMEN
SE • VIVO • S1BI • ET, etc.
%
Lucius Etereius Festus, decurio Cemenelei, se vivo, sibi
et libertis libertabus posterisque eorum : Caia Metilia , Caii
filia, Caius Marius, Caii filius.
Lucius Eteréius Festus, décurion de Cimiez, de sou vivant, pour lui et ses
affranchis et affranchies et leur postérité : Caïa Métilia, fille de Caîus, Caius
Marius, fils de Caïus. 9
Peiresc l’indique simplement comme se trouvant à Nice,
sans désignation plus précise.
N» 203
MANTO • GEMINIO
1NGENVO
IIVIR • ET • SACER
GEMINIA • FILIA
5 PATRI • PUS • ET
ALBICCIA • MATERNA
MARITO • INCOMP
Manto Geminio Ingenuo, duumviro et sacerdoti : Ge-
minia filia patri piissimo et Albiccia Materna marito in-
comparabili.
A Mantus Géminius Ingénuus, dnumvir et prêtre : Géminia sa fille, & son
père bien-aimé et Albiccia Materna à son mari incomparable.
Cette pierre est conservée dans un couloir du monastère
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— 172 —
de Saint-Pons, où je l’ai vue. C’est ma lecture que je donne
ci-dessus.
Il en existait deux copies, l’une de Ricolvi, Inscrip., n. 7,
et l’autre de Millin, Voy. dans les dép., t. II, p. 558, d’où
l’a tirée Bonifassi, Nie. inscr., 117. — Risso, Guide de
Nice, p. 70. — Bourquelot, Inscr. antiques, n. 40. — Tisse-
rand, Hist. de Nie., t. I, p. 41. — Carlone, Vestig. épigr.,
p. 94, n. 147. — et Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, n. 7912.
Toutes les leçons fournies par ces divers auteurs sont dé-
fectueuses ; je ne citerai que celle de M. Mommsen, qui a
corrigé ses devanciers comme il a pu, mais qui n’a pas vu
l’inscription : 1" ligne, Manio Gemino ; 2 e ligne, iivir fecer. ;
3 e ligne, Gemina.
La partie la plus importante, celle qui porte le mot sa-
cerdos, n’avait été lue par personne.
N» 201
T • GALERIVS
EVTYCHIVS
IiiiiIVIH • AVG
U DOMITIAE • HE m
5 LLIADI • VXORI
MERENTISS • F
Diis Manibus. Titus Galerius Eutychius, sextumvir
Augustalis, Domitiæ Helliadi, uxori merentissimæ, fecit.
Aux dieux mânes. Titus Galérius Eutychius, sextumvir Augustal, à Domitia
Helliadus, sa femme très méritante, a élevé ce monument.
Millin, Voy. dans les dép., t. II, p. 555. — Bonifassi, Nie.
inscr., n. 125. — Risso, Guide de Nice, p. 68. — Casalis,
Dizionario, t. II, p. 751. — Bourquelot, Inscr. ant., n. 41.
— Sanguinetti, Inscriz. dell. Lig., p. 290. — .Tisserand,
Hist. de Nice, t. I, p. 41. — P. Simian, Revue de Nice, 15
févr. 1862. — Carlone, Vest. épigraph., p. 76, n. 115.
Cette pierre est aujourd’hui conservée dans la collection
de M. Guilloteau à Cimiez, où je l’ai vérifiée.
Je suis en désacord avec M. Mommsen, qui a Vu cette
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— 473 —
pierre, pour la seconde ligne, où je lis Eutychius et non
Eutyches ; pour la cinquième ligne, où je lis lliadi avec
deux LL; et pour la sixième, où, après le mot merentiss.,
j’ai vu un F, que M. Mommsen n’a pas noté. Quand j’ai pris
copie de cette inscription, comme d’ailleurs de toutes celles
des Alpes-Maritimes, je ne connaissais pas l’olivrage de
M. Mommsen ; mais je l’ai lu avec grand soin et à plusieurs
reprises, et les copies que j’en ai faites à plusieurs mois
d’intervalle, concordent toutes. J’ai donc lieu de croire que
ma lecture est exacte.
i
N° 205 (Perdue)
SALLOVIAE • HILARIAE.^
SALLOVIVS • ACHILAEVS • ImiIVIR • ET
OR*A • PARTHENOPE • FILIAE
DVLCISSIM
Salloviæ Hilarité... Sallovius Achilæus, sextumvir, et
Ortia Parthenope, filiæ dulcissimæ.
A Sallovia H ilaria, Sallovius Achiléus, sévir, et Ortia Parthénope, à leur
fille très douce.
On trouve cette inscription dans Gioflfredo, Stor. dell.
Alp., ms. p. 49, d’après les notes de Richelmi. — Bonifassi,
Nie. inscr., n. 123. — Bourquelot, Inscr. ant., n. 46. —
Tisserand, Hist. de Nice, 1. 1, p. 42. — Carlone, Vest. épigr.,
p. 28, n. 6. — Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, n. 7916.
La leçon que je donne ici, est celle de M. Mommsen, qui
seule est correcte.
N» 806
L • BLA 1VNIVS • CORN VT VS
MAGISTER • COLL • DENDRO
PHORVM • ARAM • ET • PAVl
MENTVM • SCHOLAE • ET • PRO
5 NAVI ■ DE • SVO • FECIT
ET • SPORTVLAS • DEDIT • SING
DENDROPHORIS • ï. • SINGVLOS
aT • VINVM • PASSIM • DIVISIT
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474
Lucius Dla... Junius Comutus, magister collegii deit-
drophorum, aram et pavimentum scholæ et pronavi de
suo fecit, et sportulas dédit singulis dendrophoris dena-
rios singulos et vinum passim divisit.
Lucius Bia .. Julius Cornutus, président du Collège des dendrophores, a fait
faire à ses dépens, avec diligence, l'autel et le pavage de la schola, et a donné
un denier à chaque dendrophore et de même leur a divisé le vin.
On ne sait pas encore au juste ce qu’étaient les dendro-
phores ; les uns en font des ouvriers, d’autres des corpora-
tions religieuses. Ces deux opinions sont, à mon avis, trop
absolues ; les dendrophores pouvaient, comme cela est
certain d’ailleurs, porter processionnellement des rameaux
(SévSpov) dans les cérémonies publiques, d’où leur nom de den-
drophores ; mais il est plus que probable que c’étaient des
corporations d’ouvriers. En effet, à Cimiez, par exemple, on
les trouve associés avec les centonariorum et les fabrume n
un seul corps délibérant, ayant, par décret du Sénat, autori-
sation de se réunir, de tenir assemblée : or les centonarii et
les fabri étaient des ouvriers. Il est donc probable que les
dendrophores en étaient aussi ; mais ce collège s’occupait
plus spécialement des choses religieuses et publiques.
Le Magister collegii était le président d’un collège, le
premier des sacerdotes de ce collège ; ces places étaient très
recherchées.
La schola était la salle dans laquelle le collège tenait ses
réunions et faisait ses cérémonies religieuses. Junius Cor-
nutus avait fait faire à neuf, à ses frais, le pavage et l’autel
du collège des dendrophores, dont il était le président; et
certainement, à l’occasion de l’inauguration du monument
restauré, il fit les largesses indiquées par l’inscription à
chacun des membres du collège.
Bourquelot, Inscr. antiques, n. 131. — Carlone, Vest.
épigr., p. 28, n. 7. — Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, n. 7904,
a vu le monument et a vérifié l’inscription sur la pierre.
Cette inscription, qui a été trouvé vers 1840 dans des fouil-
les faites au quai Saint- Jean-Baptiste, est actuellemënt con-
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175
servée à la villa Guilloteau, parmi les nombreuses antiquités
qui composent la collection du propriétaire : c’est là que je
l’ai vérifiée ; ma lecture est conforme à celle de M. Momm-
sen, qui se distingue des lectures précédentes par quelques
légers détails.
N° 207
HELVIAE • M f
PATERNAE
EX • TESTAMEIÎO
IPSIVS
5 ALBICCIA • MA
TERNA • HERES
L • D • D D
Helviæ Muci, filiæ Paternæ ; ex testamento ipsius Al-
biccia Materna heres. Locus datus decreto decurionum.
A Helvia Paterna, fille de Mucius; selon son propre testament, Albiccia Ma-
terna, son héritière (lui a élevé ce monument). Le lieu a été donné par décret
des décurions.
Cette inscription est actuellement conservée dans le ves-
tibule de la villa Garin; elle est gravée sur un cippe en
forme d’autel.
Ce texte, récemment découvert, n’est cité que par M.
Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, n. 7910. Ma lecture diffère
de la sienne en un point : à la troisième ligne, j’ai lu e*
testamento et non ex testament.
N» 208
FLAVIAE • PATER
NI • FIL • PATERNAE
MANILIA • OVIN
TINA • MATER • FIL
5 Carissim • L • D • D • D
Flaviæ Paterni, filiæ Paternæ, Manilia Quintina mater
filiæ carissimæ. Locus datus decreto decurionum.
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476
A Flavia Paterna, fille de Paternus, Manilia Quiutina, sa mère (a élevé ce
monument) à sa fille très chère. Le lieu a été donné par décret des décurions.
Cette inscription est actuellement dans les jardins du
Château, à côté des ruines de l’ancienne cathédrale, où je
l’ai vue.
Elle a été publiée par l’Académie de Turin dans les Mise,
patriæ, vol. 147 de la Bibl. royale. — Carlone , Vestig.
épigr., p. 31, n. 13. — Alex. Bertrand, Revue arch., nouv.
sér., t. xix (1869), p. 308 — et par Mommsen, Corp., t. V,
vol. 2, n. 7908. Il n’y a aucune différence entre ma lecture
et celle de M. Mommsen.
N» 809 (Perdue)
VIL//V/RVS
AEDILICIVS
T • F • I
Rapportée d’après Ricolvi par Zaccaria, Exe., t. I, p. 54.
— Bonifassi, Nie. inscr., n. 75, qui cite Ricolvi, au n. 10. —
Bourquelot, Inscr. ant., n. 50. — Sanguinetti, Inscr. dell.
Lig., p. 206. — Carlone, Vestig. épigr., p. 99, n. 156. —
Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, n. 7919.
Cette inscription, en trop mauvais état pour être rétablie,
était l’épitaphe d’un personnage qui avait été édile.
N° 210 (Perdue)
p • etereIo • p • f • q • qvadràto
etereIa aristolaIs mater
STATVAM • PO S VT
OB * Cvlvs • dedIcat • COLL • cenT
5 EPVLVM * EX • MORE • T • DEDIT • ^E • M • H-S * XII
TAVT • EX • VSVR • QVOD * ANN * Is • PERPET
üt -NATAL * QVADRATl • V • ID • APR
VBI • RELIQVIAE • Eivs • CONDlTAE • SVnT
SACRlFlCIVM • FACERavT • AN • FARE • ET • LiBO
10 ET • IvTEMPLO • EX * MORE • EPVLARa\tVR
ET • ROSAS • SVO • TEMPORE • DEDVCER3\T
ET • STATVAM • TERGER3'T • ET • C0R0NAL3\T
QVOD • «E * FACTVROS • RECEPERVnT
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m —
Publio Etereio , Publii filio, Quirina (tribu), Quadrato
Etereia Aristolaïs mater statuam posuit. Ob cujus dedi-
cationem , collegio centonariorum epulum , ex more , pri -
mum dédit, et millia sesteicia duodecim, ita ut ex usuris
quod annis in perpetuum dienatali Quadrati, quintum
idus a prilis, ubi reliquiæ ejus conditæ sunt, sacrificium
facerent an fare et libo et in templo, ex more, epularentur,
et rosas, suo tempore, deducerent et statuam tergerent et
coronarent ; quod se facturos receperunt.
A Publius Etéréius Quadiatus, fils de Publius, de la tribu de Quirina, Etdréia
Aristolaïs, sa mère, a élevé une statue. Pour la dédicace de laquelle, elle a,
suivant l’usage, offert un premier repas au collège des centonarii et leur a
remis une somme de douze mille sesterces, atin que, avec les intérêts de cette
somme, chaque année, le jour de la naissance de Quadratus, qui est le cin-
quième des ides d'avril, ils fassent un sacrifice à l’endroit où sont cachées ses
reliques (cendres), qu’ils y mangent le far et le ft&tm, et fassent, suivant
l’usage, le repas dans le temple; qu’à l’époque des roses ils en apportent, et
après avoir nettoyé la statue, qu'ils l'en couronnent. Ce que les centonarii ont
accepté de faire.
On a deux copies de cette inscription : l’une se trouve
dans les papiers d’un anonyme que M. Mommsen, cite sous
le nom de Codex Filonardianus, à la page 98 ; — l’autre est
donnée par Gioffredo, Nie. civitas, p. 22 ; on la retrouve
dans son manuscrit de la Stor. dell. Alp., p. 37, et dans l’é-
dition de ce même ouvrage, p. 113, où Gazzera a introduit
de mauvaises corrections. — Dans Spon, Miscel. erud., p. 62.
— Donati, Sup. ad thés Mur., p. ccxxvi, n. 6. — Mura-
tori, m. cxcix, n. 6. — Bonifassi, Nie. inscr., n. 66. —
Papon, Hist. gén. de Prov., t. I, p. 10. — Bourquelot
Inscr. a nt., n. 128. — Sanguinetti, Inscriz. dell. Lig., p.
216. — Carlone, Vest. épigr., p. 25-26, n. 2. — Mommsen,
Corp.,t. V, vol. 2, n. 7906.
J’ai suivi pour les trois premières lignes la leçon de M.
Mommsen, qui me paraît être, pour cette partie, la meil-
leure; pour la ligne 5 j’ai cru pouvoir rétablir ETM • HrS •
XII, qui me paraît se rapprocher davantage de toutes les
leçons fournies par les auteurs anciens, où les signes H-S et
XII se rencontrent toujours, et offrir un sens plus complet
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— 478 —
que ITEM • XÎ; à la sixième ligne, j’ai écrit ■fAVTjitatif,
au lieu de que propose M. Mommsen ; à la 9 e ligne, j’ai
rétabli AN PARE ET LIBO, au lieu de ansare et libo,
que propose M. Mommsen, qui déclare toutefois, qu’il ne
peut dire ni à quel genre de sacrifice peuvent se rapporter
ces mots ansare et libo, ni même ce que peut signifier
hnsare. Tout le restant de ma leçon est conforme au texte
fourni par M. Mommsen, qui est certainement le meilleur
de tous ceux qui ont été publiés jusqu’à ce jour.
Les centonarii étaient des ouvriers qui préparaient des
étoffes de laine; d’après Végèce 1 2 il faut entendre par le mot
centones, des couvertures de laine. Freund * incline à y
reconnaître des chiffons ; mais il est clair qu’il s’agit ici
d’une corporation d’ouvriers en drap grossier, tel que les
moines de Cimiez en fabriquent encore de nos jours. La fa-
brication de ces draps a toujours été particulière au départe-
ment, ou mieux à la région ; et l’on peut penser, sans trop
se lancer dans la fantaisie, que les moines de Cimiez, qui de
tout temps ont eu cette spécialité de fabriquer ces draps gros-
siers, qui aujourd’hui encore, possèdent des moulins à fou-
lon sur les bords du Loup, ne sont que les successeurs des
centonarii.
On sait combien les traditions et les usages romains se
sont perpétués en Provence. Dans certains pays, on re-
trouve ces usages tels quels: ainsi, pour ne citer qu’un
exemple, il est d’usage dans nombre de villages de semer des
feuilles vertes devant la porte d’une maison où quelqu’un
vient de mourir. N’est-ce pas là la continuation de la cou-
tume romaine, qui consistait à couvrir les défunts de fleurs
et de feuillages? Je m’arrête à cet exemple pour ne pas être
entraîné trop loin de mon sujet, mais j’en aurais cent autres
à citer.
Le far est une variété de froment que nous appelons
épeautre ; les Romains le mangeaient soit rôti, soit bouilli en
1. Végèce, liv. IV, cap. 15: « Extrinsecus autera, ne imraiaeo concremetur Incendio
crudis ac recentibue coriia, vel eentonibus operetur. »
2. Freund, Grand Dictionn. de la lang. lai., p. 459.
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— 09 —
farine ; mais il était très répandu dans leur alimentation. On
trouve encore en Piémont et en Provence beaucoup de vil-
lages où l’on mange l’épeautre, le riz ou le maïs cuits de
ces deux façons.
Le libum était un gâteau dont Caton nous a donné la
composition; il était fait de farine, d’œufs, de fromage et de
laurier. On fait encore en Piémont des gâteaux analogues.
L’usage de porter des roses sur les tombeaux est mentionné
par diverses inscriptions.
D’après tous les auteurs qui en ont parlé, cette inscrip-
tion se trouvait à la porte de la cathédrale de Nice.
N» 211
LVIAE • PA
E • FIL • ALI
^TERN^
\r>
Ce fragment appartient à l’inscription suivante que l’on
croyait perdue :
VALERIAE • MA
TERNAE
EX TESTAMENT
HE
5 NA
MA
L
Valeriæ Maternæ, ex teslamento, (et) Helpiæ Paternæ
filiæ ; Albiccia Materna heres. Locus datus decreto decu-
rionum.
A Valéria Materna, selon son testament, et à Helvia Paterna sa fille ; Al-
biccia Materna, leur héritière, a élevé ce monument. Le lieu a été donné par
décret des décurions.
On la trouve dans Gioffredo, Stor. dell. Alp., ms. p. 48.
— Bonifassi, Nie. inscr., n. 82. — Bourquelot, Inscr.ant.,
LVIAE • PA TER
E • FIL • ALB ICCIA
TERN A • HERES
D D D
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480
n. 96. — Tisserand, Hist. de Nie., t. I, p. 40. — Carlone,
Vest. épigr., p. 75, n. 113, qui prétend qu’elle a été décou-
verte par Ricolvi dans la villa Galea. — Mommsen, Corp.,
t. V, vol. 2, n. 7911.
Le fragment de cette inscription, qui subsiste encore au-
jourd’hui, est conservé dans la collection Guilloteau à Ci-
miez, où je l’ai vu. M. Mommsen n’en parle pas.
N" 212
5
adf]
ECTIoN
co
dendroph
opli
l d
LLEG
ORVM
PATROXO
MO
D d
Ce fragment d’inscription est trop incomplet pour pou-
voir être restitué ; il est conservé à la villa Garin. Il a été
publié pour la première fois par M. Mommsen, Corp., t. V,
vol. 2, n. 7921.
N® 213*
C • ALBIN10 CF- FALER
0 • IIVIRO • ET • CVRATORI
KALEN • PECVNIAE
CEMENELENSIV
LD- DEGR • DECG • CEMEN
Ca.ioAlbin.io, Caii filio, Falerna (tribu), questori, duum-
viro et curatpri kalendariorum pecuniæ Cemenelensium.
Locus datus decreto decurionum Cemenelei.
A Caïus Albinius, fils de Caïus, de la tribu Falerna l , questeur, duumvir et
curateur des deniers de la ville de Cimiez relatifs aux kalenÜes. Ce lieu a
été donné par décret des décurions de Cimiez.
Publiée par Durandi, Piem. Cisp., p. 72. — Bourquelot,
1 Meyranesi, qui croyait que Cimies était inscrite à la tribu Falerna, l'a mentionnée
dans presque toutes ses inscriptions.
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— 181 —
Inscr. antiq., n. 28. — Carlone, Vest. èpig., p. 99, n. 154.
— Mommsen, Corp. f t. V, vol. 2, n. 1030 * falsa.
Cette inscription, qui sort de l’officine de Meyranesi, a été
fabriquée par lui sur une inscription publiée plus tard par
Orelli, n. 62, où l’on voit un curator kalendariorum
reipublicæ.
N» 214*
P • SECVNDO • SEVERINO -MF
EQVITI • PVBLICO • IIIIVIRO ....
CVRATORI • CEMENELENSIVM
0 • ALIMENT • ...
L • D • DEC • DECC
Publio Secundo Severino, Muci filio, equiti publico,
quatuor viro curatorî Cemenelensium, questori ali-
mentario Locus datus decreto decurionum.
A Publias Sécundus Sévérinus, fils de Mucius, chevalier public, quatuorvir,
curateur de Cimiez, questèur alimentaire Le lieu a été donné par décret
des décurions.
Comme la.précédente, cette inscription a été fabriquée par
Meyranesi, d’où Durandi, Il Piem. cisp., p. 71. — Bour-
quelot, Inscrip. antiq., n. 32. — Carlone, Vest. épigr., p.
80, n. 136. — Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, n. 1050* falsa.
Le questeur alimentaire était un magistrat chargé de ré-
partir une pension alimentaire aux personnes qui en étaient
pourvues, mais surtout aux jeunes enfants abandonnés.
N° 215 *
TI • APPI • CLAVDi
CENSOR • QQ • COL on
IA • NIC • PATRO
NO • OP • MERITO
Titi Appii Claudii, censori quinquenali; colonia Niciæ
patrono optimo merito.
iî
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— 482 —
(Aux dieux mânes) de Titus Appius Claudius, censeur quinquennal; la co-
lonie de Nice à son patron très méritant.
Ce texte est fourni par Ricolvi, Inscr., n. 54, et cité par
Bonifassi, Niciens. inscr., n. 37, d’après lui. — Mommsen,
Corp., t. V, vol. 2, n. 1061 *, après avoir cité ces auteurs
ajoute : « De fraude nemo dubitabit. » Je partage complète-
ment cet avis ; il est, en effet, bien difficile d’admettre que
Nice soit qualifiée de colonie. Le mot colonia dans les ins-
criptions a toujours eu la signification de colonie romaine ;
or Nice n’était pas une colonie romaine.
N° 216*
D • M
C • VEVTIO _C • F sic
ASIATICO • IIVIR
1LAR1A • PROBA • CON
5 IVGI ■ PIENTISS • El sic
QV1 • VIXIT ANN • XXXI ■ M • V D X
Diis Manibus, Caio Veutio ? Caii filio Asiatico, duum-
viro. Ilaria Proba conjugi pientissimo Ç fecit ) ? qui vixit
annis trigenta uno, mensibus quinque, diebus decem.
Aux dieux mânes; à Caïus Veuüus Asiaticus, fils de Caîus, duumvir. Ilaria
Proba à son mari très pieux a fait (ce monument) ; il vécut trente et un ans,
cinq mois et dix jours.
Ce texte est donné par Ricolvi, Inscr., n. 60, d’où le tire
Bonifassi, Nie. inscr., et enfin par Mommsen, Corp., t. V,
vol. 2, n. 1064 *, qui ajoute : « Nomen uxoris falsarium pro-
dit. » Je ne fais aucune difficulté pour admettre que ce texte
est faux ; mais j’avoue qu’une explication un peu plus détail-
lée m’eût fait plaisir. Pourquoi le faussaire est-il trahi par
les noms de l’épouse? C’est ce que je ne saisis pas bien ; tou-
tefois comme je n’ai pas retrouvé ce texte et que la plupart
des auteurs ne le mentionnent pas, je le maintiens parmi les
faux ; mais il ne m’en faudrait pas beaucoup pour me faire
revenir de cette opinion.
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483
N» 217 *
L • VITELLIO • VICTORINO
LF- HARVSPICI • MARI
ANILIA • SEPTIMIA ■ CON
IVGI • DYLCISS • CVM • QVO
5 VIX • ANN • XIV • M • VIII D - III
Lucio Vitellio Victorino, Lucii filio, haruspici; Maria-
nilia Septimia conjugi dulcissimo, cum quo vixit annis
quatuordecim, mensibus octo, diebus très.
A Lucius VitelliusVictorinus, fils de Lucius, haruspice; Marianilia Septimia
à son époux bien-aimé, avec lequel elle a vécu quatorze ans, huit mois et
trois jours.
Ricolvi, Inscrip. n. 56. — Bonifassi, Nie. inscr., 118. —
Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, n. 1065 *.
Pour celle-ci je comprends le doute, les sigles L. F. qui
se trouvent après le cognomen, le titre d’haruspice, le nom
de Marianilia sont autant d’indices de fausseté.
N° 218 Au Vasto d'Aimoné (Histonium)
M • RAEBIO • M • F • N • ARN • SVETRIO
MARCELLO • EQVO ^PVBLICO
AED • Q • IIIIVIR • I • D • IlIIcir • QVIN • II
PATRONO • MVNIC • FLAMINI • DIVI
5 VESPASIANI
M • BAEBIVS • SVETRIVS • MARCELLVS
ET • SVETRIA • RVFA
PATR1 • OPTIMO
H VIC • DECVRIONES • FVNVS • PVBLICVM
10 STATVAM • EQVESTREM • CLIPEVM
ARGENTE VM • LOC • SEPVLT
D D
Marco Baebio, Marci filio... Arniensi Suetrio Marcello,
equo publico, ædili, questori, quatuorvir jure dicundo
quatuorvir quinquenali iterum, patrono municipii, /7a-
mini divi Vespasiani ; Marcus Baebius Suetrius Marcellus
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184
et Suetria Rufa patri optimo. Huic decuriones funus pu -
blicum, statuam equestrem, clipeum argenteum, locum
sepulturæ, decreto dederunt.
A Marcus Baébius Suétrius Marcellus fils de Marcus, de la tribu Arniensi,
chevalier public, édile, questeur, quatuorvir rendant la justice, quatuorvir
quinquennal pour la seconde fois, patron du municipe, flamine du divin Ves-
pasien; Marcus Baébius Suétrius Marcellus et Suétria Rufa à leur père excel-
lent. Les décurions par un décret lui ont donné les funérailles publiques, une
statue équestre, un bouclier d'argent et le lieu de sépulture.
On la trouve dans Gruter, p. 374. — Gioffredo, Stor. dell.
Alp., éd. in-8°, p. 92. — Bouche la rapporte aussi dans son
Hist. de Prov., mais il la place à Castellane. — Carlone la
donne à tort à Cimiez, p. 71, n. 104, et à Castellane, p. 157,
n. 279. — Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, n. 1066, déclare
qu’elle appartient au Vasto d’Aimone; et le môme auteur,
Inscr. regn. neap., n. 5250, la cite parmi les inscriptions
d’Histonium.
C’est le mot Suétrius qui a fait commettre l’erreur. On
s’est souvenu d3 Castellane, qui était la capitale des Suetri,
et l’on a cru que le texte appartenait aux Alpes-Maritimes ;
mais ici Suétrius est un simple cognomcn et Castellane n’é-
tait pas inscrite à la tribu Arniensi, mais bien à la tribu
Quirina : ce ne pouvait donc, en aucune façon, être de Cas-
tellane qu’il s’agissait. En tous les cas ce texte doit être res-
titué au Vasto d’Aimone, l’antique Histonium.
*
Inscriptions Itinéraires
N° 219 (Perdue)
MATVCIAE • PATERNAE • EX • PAGO • LIC1RRO
VICO • NAVELIS • IMMATVRA • MORTE
SVBSTRACTAE • 0 • V • ANN XV M XI • D • V
L • MATVCIVS • QVARTINVS ■ ET • AELIA • MATERNA • PARENTES
Peiresc, manuscrits de Paris, fonds latin 8957, f. 238. —
Gioffredo, Nie. civ., p. 24, et Stor., ms. p. 49. — Raymond
de Soliers, dans l 'Histoire de Provence de Bouche, t. I, p.
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— «85 —
107. — Spon., Mise., p. 191. — Maffei, A rscritic. fap.,1. III,
civ, la cite d’après Ricolvi. — Bonifassi, Nie. inscr., n. 131.
— Bourquelot, Inscr. a nt., n. 1 12. — Muratori, Novus thés.,
mliv, n. 3. — Tisserand, Hist. de Nice, t. I, p. 41. —
Carlone, Vest. épigr., p. 91, n. 145. — Mommsen, Corp., t.
V. vol. 2. n. 7923.
J’ai suivi la leçon de Peiresc.
Matuciæ Paternæ, ex pago Licirro vico Navelis, imma-
tura morte subtractæ, qui vixit a unis quindecim, mensi-
bus undecim, diebus quinque ; Lucius Matucius Quartinus
et Aelia materna parentes.
A Matucia Paterna, originaire du pagU9 de Licirrum au vicus Navelis,
soustraite dans un âge très tendre par la mort, qui vécut quinze ans, onze
mois et cinq jours; Lucius Matucius Quartinus et Aélia Materna, ses parents
(lui ont élevé ce monument).
J’ai démontré dans l’introduction de ce travail que le pa-
gus Licirrum était Lucéram et leVzcus Navelis le Plan de
Revel ; je ne reviendrai donc pas sur cette question qui me
* parait aujourd’hui résolue.
On a prétendu que cette inscription était gravée sur le
même bloc que celles qui se rapportent à Caïus Subrius
Secundinus, que j’ai publiées parmi les inscriptions provin-
ciales : je ne sais ce qu’il y a de vrai dans cet on-dit ; mais
en tous cas, elle n’a aucun rapport avec ces inscriptions.
N° 220 (Perdue)
SEX • RASSIO • L • F • CAM • ALB
PRIAMVS • L • F • D • S
Sexto.Cassio Luci, filio Camilia, (tribu) Albo; Priamus,
Luci filius, de suo ( fecit ).
A Sestus Cassius Albus, fils de Lucius, de la tribu Camilia; Priamus fila
de Lucius, a, élevé ce monument à ses frais.
Gioffrcdo, Nie. civitas, p. 24; et Stor. dell.Alp., p. 47.
— Briti, Albensia (1661), p. 7. — Muratori, Nov. thés.,
mcxxvi, n. 12. — Ricolvi, Inscr. n. 38. — Durandi, Il
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486
Piemontê cisp., p. 199. — Bonifassi, Nie. inscr., n. 51. —
Bourquelot, Inscr. a nt., 87. — Tisserand, Hist. de Nice, t.
I, p. 39-40. — Carlone, Vest. épigr ., p. 80, n. 126. — Corp.,
t. V, vol. 2, n. 7922.
Cette inscription est indiquée par les auteurs comme se
trouvant à Cimiez, sans autre désignation plus précise. C’est
à tort que Briti la cite parmi les inscriptions d’Albe.
N° 221
SPARTAC PATERNAE VXORI RARISS
CVIVS IN VITA TANTA OBSEQVIA FVER
VT DIGNE MEMORIA EIVS ESSET REMV
NERAND ////// L VERDVCC MATERNVS
5 OBLITVS MEDIOCR 1 //////// SVAE VT
NOMEN / / / / VS AETERNA / / / / / T wp.tione
CELEBR III ETVR HOC M0N*i /////////
P SVA INSTITVIT ET SIBI
Spartaciæ Paternæ, uxori rarissimæ, cujus in vita tanta
obsequia fuerunt, ut digne memoria ejus esset remune- •
randa, Lucius Verduccius Maternus, oblitus mediocritatis
suæ, ut riomen ejus aeterna dileclione celebraretur, hoc
monimentum sua pecunia instituit et sibi.
A Spartacia Paterna, sa femme d'un très rare mérite, qui pendant sa vie fût
remplie d'attentions et d'amour pour lui, afin que sa mémoire fût dignement
rémunérée; Lucius Verduccius Maternus, quoique chargé île médiocrité, afin
que son nom soit éternellement béni (dans une éternelle dilection soit célébré),
lui a élevé ce monument de ses propres deniers et aussi pour lui-méme.
Cette inscription est conservée dans la buanderie du cou-
vent des capucins à Saint-Barthélemy près Nice. .
Pingoni, ms. f. 146. — Gioffredo, Nicæa civ., p. 23 et
Stor. dell. Alp., ms. p. 49. — Muratori, Nov. thés.,
mcccv, n. 5. — Ricolvi, Inscr., n. 10. — Millin, Voyage , t.
II, p. 538. — Bonifassi, Nie. insc., n. 127. — Risso, Guide
de Nice, p. 72. — Bourquelot, Inscr. ant., n. 114. — Château-
giron, Album du comté de Nice. — Tisserand, Hist. de
Nice, I, 40. — Carlone, Vestig. épigr., p. 101, n. 159. —
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\ 81
Mommsen, Coi'p., t. V, vol. 2, n. 7956, qui a vérifié l’ins-
cription sur le monument.
Ma transcription diffère quelque peu de celle M. Momm-
sen; ligne 4, je n’ai pas vu l’A final de veneranda ; ligne 6,
les six premières lettres du lambeau de mot LECTIONE
ne subsistent qu’à moitié, ainsi que je les indique ; 8* ligne,
P- SVA- INSTITVIT- ET SIBI, tandis que M. Mommsen
a lu : SVB A INSTITVIT.
N” 222
MEMORIAE CATTIAE EVCARPIÆ
CONIVGIS OPTIMAE
C MVLTELIVS SECVND1NVS MAP / / / S
Memorix C attise Eucarpiæ, conjugis oplimæ, Caius
Multelius Secundinus, maritus.
A la mémoire de Cattia Eucarpia, son excellente épouse, Caïus Multelius
Secundinus, son mari.
Cette inscription se trouve dans le jardin des capucins au
couvent de Saint-Barthélemy, où elle sert d’auge ; c’était un
ossuarium lapideum.
Pingoni, ms. f. 146. — Gioffredo, Nie. civ., p. 23 et Stor.
dell. Alp., ms. p. 49. — Muratori, Nov. .thés., mcccxxi, 1.
— Ricolvi, Inscr., n. 11, — Millin, Voy. dam les dép., t.
II, 537. — Bonifassi, Nie. inscr., n. 130. — Risso, Guide de
Nice, t. I, p. 68. — Bourquelot, Inscr. ant., n. 88. — Tisse-
rand, Hist. de Nice, t. I. p. 41. — Carlone, Vest. épigr., p. *
101, n. 160. — Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, n. 7932, quia
vérifié l’inscription.
Il n’y a entre ma lecture et la sienne que la différence de
la fin de la ligne 3, qu’il lit MAR • FEC, tandis que j’ai lu
MARITVS.
N® 223
G • VALER1AE • CANDIDÎ) ( IMMAT
MORTE • SUBT • 0 • ANN' • XV VALERIVS
B°u VICTOR • ET • SECVNDIN t • NEPOTILLA Écu
FILIAE ■ DVLC J (FECERViT
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188 —
Gaiæ Va leriæ Candidillæ immatura morte subtractæ,
qui vixit annis quindecim ; Valerius Victor et Secundinïa
Nepotilla filiæ dulcissimæ fecerunt.
A Gaia Valéria Candidilla soustraite avant l'àge par la mort, qui vécut
quinze ans; Valérius Victor et Secundinia Nepotilla à leur fille très-douce ont
fait (ce monument).
Cette inscription est conservée dans le vestibule du cou-
vent de Saint-Pons, où je l’ai vérifiée.
Gioffredo, Nie. civ. p. 23, et Stor. dell. Alp. ms. p. 49.
— Muratori, Nov. thesaur. mccxxiv. n. 2. — Raymond de
Soliers, Manus. d’Aix. — Ricolvi, Inscrip. n. 4. — Millin,
Voyage dans les dép. du mid. de la France, t. II, p. 557.
— Bonifassi, Niciens. inscr., n. 139. — Gazzera. — Muleti.
— Risso, Guide de Nice, p. 71. — Bourquelot, Inscrip.
a nt. n. 78. — Tisserand, Hist. de Nice, t. I, p. 41. — Car-
lone, Vestig. épigr. p. 90, n. 144. — Al. Bertrand. Rev.
arch. nouv. sér. xix, (1869), p. 307. — Mommsen, Corp.
t. V. vol. 2, n. 7959, qui a vérifié l’inscription sur l’original.
Sa lecture ne diffère pas de la mienne.
N« 224
LAPIDEVM • 0Ss\
VALERIA • ALPtt
LIO • VALERIO • SILVi. .
FRATRI • SVO • CHARI. . .
5 ET • PIENTISSIMO • Q4
VIXIT • ANOS • XXVIII • ET
MENSES • VIII • ET • DIES • XII
Lapideum ossuarium. Valeria Alpina Julio Valerio
Silvino fratri suo charissimo et pientissimo, qui vixit
annos duo de trigenta et menses, octo et dies duodecim.
Ossuaire de pierre. Valéria Alpina à Julius Valérius Silvinus, son frère
très cher et très pieux, qui vécut vingt-huit ans, huit mois et douze jours,
a fait ce monument.
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489
Cette inscription est actuellement encastrée dans le mur
d’un bâtiment de service à la villa Massoins, au pied du
Mont-Chauve, entre Falicon et les Giaïnes. Bonifassi, Nie.
inscr. p. 64. — Risso, Guide de Nice, p. 71. — Bourquelot,
Inscr. a nt., n. 77. — Durante, Chorographie, p. 34. —
Sanguinetti, Inscriz. dell. Lig., p. 215. — Tisserand, Hist.
de Nice, t. I, p. 42. — Carlone, Vestiges épigr., p. 103,
n. 164. — Et, enfin, Mommsen, Corp. t. V. vol. 2, n. 7958,
qui donne de cette inscription, qu’il n’a pas vue, une leçon
tout à fait fautive. Je commence d’abord par dire que la pierre
et l’inscription sont admirablement conservées et qu’il ne
peut y avoir aucun doute sur la lecture; iljnanque, par suite
d’une cassure franche, la fin des cinq premières lignes ; mais
rien de ce qui est écrit ne peut être douteux. M. Mommsen
rétablit ainsi la première ligne, lapident posuit : il faut lire
lapideum. ossu...; au commencement de la troisième ligne,
il faut lire lio et non la ; à la quatrième ligne, il faut lire chari
et non kart. Je reconnais que cette formule n’est pas usitée
dans les Alpes-Maritimes ; mais, je le répète, il ne peut y
avoir aucun doute sur la lecture.
N® 223
PONTIAE • PRIMI
TIVE • PONTIA • FELI
CISSIMA • LIB • PATRo
NAE ■ BM DE • SVO • FE
5 CIT
Pontiæ Primitivæ. Pontia Felicissima liberta patronæ
bene merenti de suo fecit.
* A Pontia Primitiva. Pontia Felicissima, son affranchie, à sa patronne bien
méritante de ses deniers a fait (ce monument).
Ricolvi, Insc. n. 8. — Bourquelot, Inscriptions antiques
etc.n. 75. — Carlone, Vestig. épig. p.99 n. 155. — Mommsen,
Corp. t. V. vol. 2. n. 7952, qui a vu la pierre et vérifié
l’inscription.
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— <90 —
Cette pierre est actuellement conservée dans le vestibule
du couvent de Saint-Pons, où je l’ai vérifiée ; ma lecture ne
diffère de celle de M. Mommsen que par le P de la première
ligne, que cet auteur n’a pas distingué des autres lettres qu’il
dépasse.
K» 226
VALERIAE • MATERNAE • FIL • CARISSI
MAE • ET • IVLIO • ALBICCIANO • NEPOTI
Êou, DVLCISSIMO • AGVTIA • PROTOGENIA Écu
M ■ SVIS • INPENDIS • SIBI • ET • SVIS • FECIT
ET • POSVIT
»
Va leriæ Maternas, filiæ carissimæ, et Julio Albicciano,
nepoti dulcissimo, Acutia Protogenia mater, suis in -
pendis sibi et suis fecit et posuit.
A Valéria Materna, sa fille très chère, et à Julius Albiccianus, son petit-fils
très doux, Acutia Protogenia, la mère, de ses deniers pour elle et les siens, a
fait et placé (ce monument).
Carlone, Vest. ép. p. 30 n. 12. — Alex. Bert. Rev. Arch.
n. Sér.. t. 19, p. 308. — Mommsen, Corp. t. V. vol. 2,
n. 7960, qui a vérifié l’inscription sur l’original. Aucun de
ces auteurs n’a mentionné la cinquième ligne qui y est pour-
tant bien ; Carlone, qui publie la leçon de M. Gény, avait
écrit Va leriæ materni fil ; M. Mommsen a lu : Va leriæ
materne.
Cette inscription est conservée dans le jardin du château
de Nice près des ruines de l’ancienne cathédrale ; elle est
gravée sur un ossuaire de grandes dimmensions.
N® 227
. . . AEGEIAE • SATVRNINAE • F
et M. IVLIO • PROFESSO • FRATRI
et M. JuLlO • ONERO • PATRI
et Aegeittà ■ HONESTAE • MATRI
5 Aegeia • HONEST1LLA • FECIT
SIBI ET SVIS
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— 494 —
. . . Aegeiæ Satuminæ, filiæ, et Marco Julio Professo
fratri, et Marco Julio Onero, patri, et Aegeiæ Honestæ
matri ; Aegeia Honestilla fecit sibi et suis.
A Aegeia Saturnina, sa fille, et à Marcus Julius Professus, sou frère, et à
Marcus Julius Onérus, son père, et à Aegeia Honesta, sa mère ; Aegeia Ho-
nestilla a fait (ce monument) pour elle et pour les siens.
Carlone (d’après Gény), Vestig. épigr. p. 21 n. 14. —
Alex. Bertrand, Rev. Arch. n. sér. t. 19 (1869) p. 308. —
Mommsen, Corpus, t. V, vol. 2, n. 7954, qui a vérifié l’ins-
cription sur l’original ; 3° ligne ONIRO.
J’ai rétabli M à côté de IVLIO, parce qu’il reste encore
le dernier jambage de cette lettre.
Cette inscription, qui est gravée sur une grande base, est
conservée dans le jardin du château de Nice, à côté de la
précédente.
N° 228 (Perdue)
L • SERVILIO LF- ROGAt
L- SERVILIVS • EVGENES • ET
L - SERVILIVS - ABASGAIÎ 1
ET • SERVILIA • L • LIB • LAIS
5 OPTIMO • PATRONO
FECERVNT
Lucio Servilio Lucii filio Rogato; Lucius Servilius
Eugencs et Lucius Servilius Abascantus etServilia, Lucii
liberta, Lais, optimo Patrono fecerunt.
A Lucius Servilius Rogatus, Lucius Servilius Eugenes et Lucius Servilius
Abascantus et Servilia Lais, affranchie de Lucius, à leur excellent patron ont
élevé ce monument.
On trouve cette inscription rapportée dans les manuscrits
de Pingonàdeux reprises différentes aux pages 119 et 146.
— Gioffredo, Nie. civ. p. 23, le même, Stor. dell Alp. ms.
p. 48. — Muratori, Novus thés, mdlix, 2. — Bonifassi,
Nie. inscr. n. 42. — Bourquelot, Inscr. ant. n. 39. — Tis-
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192
serand, Ilist. de Nice. t. I, p. 40. — Carlone, Vestig.
épigr. p. 27, n. 3. — Mommsen, Corpus inscr. t. V, vol. 2
n. 7955.
J’ai suivi la leçon de M. Mommsen, qui est peu différente
de celle de Pingon.
D’après Gioffredo, cette inscription se voyait autrefois
dans les jardins du palais ducal, aujourd’hui la préfecture :
Pingon la place à Saint-Barthélemy ; je ne l’ai pas retrouvée.
N» 229 (Perdue)
METTIO • PARDO
LVIMATVRA • MORTE • SVBTRACTO
QVI • VIXIT ANN • XXXV
MARCINIA • LVCILLA • VXOR
5 MARITO • DVLCISSIMO
CVM • QVO • VIXIT • ANN • XVI
FECIT
Le texte que je donne n’est fourni par aucun auteur, du
moins dans la forme que je lui restitue; mais il m’a paru
évident que le texte fourni par tous les auteurs qui ont men-
tionné cette inscription, était interpolé, et j’ai essayé de le
rétablir en me conformant aux usages épigraphiques.
Mettio Pardo, immatura morte subtraclo, qui vixit
a nuis triginta quinque, Marcinia Lucilla, uxor, marito
dulcissimo ; cum qua vixit a unis sex decim, fecit .
A Mettius Pardus, soustrait par la mort avant l'âge, qui vécut trente-cinq
ans; Marcinia Lucilla, sa femme, à son mari très doux, avec lequel elle vécut
seize ans, a fait ce monument.
On avait deux copies de ce texte :
METTIO • PARDO • MAR
CINIA • LVCILLIA • VXOR
CVM • QVO • VIXIT • AN • XVI • M
... IMMAT VRA • MORTE SVBTRAC
TO • QVI • VIXIT • ANN ■ XXXV
DVLCISSIMO • FECIT
METTIO • PARDO
MARCINIA • LVCILLIA • VXOR
CVM • QVO • VIXIT • ANN • XVI
IMMATVRA • MORTE • SVBTRACTO
QVI • VIXIT • ANN * XXXVI
MARITO • DVLCISSIMO • FECIT
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— 193 *— *
C’est à l’aide de ces deux textes, que j’ai cru pouvoir re-
construire celui que je fournis plus haut.
Gioffredo, Stor. dell. Alp. ms p. 47. — Ricolvi, Inscr.
n. 44. — Zaccaria, Exc. I, 55. — Sanguinetti, Inscriz. dell.
Lig., p. 204. — Bonifassi, Nie. inscr. n. 111. — Bourquelot,
n. 100. — Carlone, Vest. épigr., p. 27, n. 5. — Mommsen,
Corp. t. V, vol. 2, n. 7947, a suivi la leçon de Gioffredo.
Aucun de ces auteurs n’a remarqué que ce texte était
interpolé.
D’après Gioffredo, cette inscription aurait été trouvée en
1658 dans la propriété Galera.
N» 230 (Perdue)
ALBICCIAE • Q • F
PAVLINAE
ALBICCIA • VRS10NIS
FILIA • GALLA
Albicciæ Quinti filiæ Paulinæ ; Albiccia Ursionis filia
Galla.
A Albiccia Paulina, fille de Quintus ; Albiccia Galla, fille d’Ursion (a élevé
ce monument.)
Gioffredo, Nie. civ. p. 24, d’où lui-même, Stor. dell. Alp.
p. 48. — Briti, Alba, p. 7. — Muratori, Novus thés, mccxxxix,
2. — Bonifassi, Nie. inscr. n. 135. — Bourquelot, Inscr.
ant. n. 85. — Tisserand, Hist. de Nie. t. I, p. 39. — Car-
lone, Vest. épigr., p. 32, n. 16. — Mommsen, Corp, t. V,
vol. 2, n. 7928.
J’ai suivi la leçon de M. Mommsen.
Gioffredo place cette inscription dans la citadelle de Nice;
Tisserand, sur le chemin du petit Saint- Laurent, aujourd’hui
quartier des Baumettes, et Briti à Albe, ce qui ne peut
s’admettre.
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. — 494 —
N® 831
PARENTES • FIL)IA)e • PIENT
lmmatvraT cohorte
MONIMENTr — J V_N
5 INSTITVERVNT
Parentes filiæ pientissimæ, immatura morte subreptæ,
monimentum (funérarium) ? instituernnt.
Les parents, à leur fille très pieuse, soustraite avant l'âge par la mort, ont
institué ce monument funéraire.
Cette inscription, gravée sur un ossuaire de petites dimen-
sions, est actuellement conservée dans la salle d’entrée de
la bibliothèque de Nice, où elle est placée au pied de la
grande borne milliaire du milieu. Je précise sa position,
parce que M. Mommsen déclare qu’il ne l’a pas trouvée dans
cet établissement ; la partie médiane de l’inscription a beau-
coup souffert et la pierre est d’une lecture difficile.
On trouve cette inscription dans Bourquelot, Inscr. ant.
n. 98. — Dans Carlone, Vest. ép. p. 30, n. 11. — Mommsen,
Corp. t. V, vol. 2, n. 7964.
Aucun de ces auteurs ne l’a donnée correctement.
N® 238 (Perdue)
OCTAVIAE • VALERIANAE
ANIC1A • VALERIA
MATER • FILIAE
PIISSÎMAE
Octaviæ Valerianæ Anicia, Valeria mater filiæ piissimæ.
A Octavia Valériana Anicia, Valéria la mère à sa fille très pieuse.
Ricolvi, Inscrip. n. 2. — Zaccaria, Exc. I, 53. — Donati,
Suppl, ad Thés. Mur. ccclxx, 2. — Bonifassi, Nie. inscr.
n. 129. — Bourquelot, Inscr. ant. 94. — Sanguinetti, Inscr.
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495
dell. Lig., p. 206. — Carlone, Vest. ép., p. 33, n. 20. —
Momasen, Corp. t. V, vol. 2, n. 7949. Ces auteurs ne
donnent pas l’emplacement exact de ce texte; ils disent
simplement : à Nice.
N» 233
D M
OCONIAE • SECvNDINAE
VXORI • RARISSIMAE • CvIVS
IN • VITA • TANTA • OBSEQVIA
5 FVERVNT • VT • DIGNE • MEMOR
EIVS • ESSET • REMVNERANDA
ET • QVONIAM • PAVPERTAS
EST • INPEDIMENTO
F VIT • tpSO • FACTVM
Diis Manibus , Oconiæ Secundinæ , uxori rarissimæ,
cujus in vita tanta obsequia fuerunt, ut digne memoria
ejus esset remuneranda et quoniam paupertas estimpe-
dimento, ( fuit ipo factum ) ?
Aux dieux mânes, à Oconia Sécundina, son épouse très rare, qui pendant
sa vie fut si remplie d'attentions et d'amour pour lui, afin que sa mémoire soit
dignement rémunérée ; et comme la pauvreté est un empêchement, (on a fait
pour lui ce monument.)
Il semblé que ce texte ne soit pas complet ; il y manqué
les noms du mari, à qui sa pauvreté a empêché d’élever un
monument à sa femme. La dernière ligne n’est pas certaine
fuit ipso factum me parait bien étrange, mais de quelque
côté que j’aie pris cette ligne je n’ai pas vu autre chose ; je
l’ai revue trois fois et j’en ai fait trois copies, qui toutes trois
sont identiques.
Ce texte est conservé à la villa Guilloteau, dans la collec-
tion du propriétaire. M. Mommsen, Corp. t. V, vol., 2,
n. 7948, qui le premier a publié cette inscription déclare
que l’inscription est fruste et de lecture dificile. Ma lecture
ne diffère que fort peu de la sienne ; ligne 2”*, j’ai marqué
un petit v qu’il n’a pas vu ; ligne 4, j’ai lu TANTA en en-
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496
lier ; ligne 5, j’ai tout lu ; enfin ligne 9, M. Mommsen a lu
INIT VISO SOLACIVM, mais il ajoute : versus 9 ut expe-
direm mihi non sucessit. Quoique cette ligue soit dans
l’état le plus déplorable, je crois, je le répète, que ma
lecture est exacte.
N» 234
CLEMENTILLAE
QVE • VIVIT • ANN • XV • M • V • D • V
.... VERA • MATER • FIL • PIISSIMAE
et MOCCIA • VERA • MATRI
5 POSVERVNT
Cleihentillæ quævixitannis quindecim, mensibus
quinque, diebus quinque, Fera mater filiæ piissimæ , et
Moccia Fera matri, posuei'unt.
A Clémentilla qui vécut quinze ans, cinq mois et cinq jours, Véra, sa
mère, à sa fille très pieuse, et Moccia Véra à sa mère, ont élevé ce monument.
Il semble que l’âge de Clementilla devrait être xxv ans,
plutôt que xv ; cet âge de quinze ans, cinq mois et cinq
jours paraît bien faible pour une mère ?
Gioffredo, Stor. dell. Alp. ms. p. 48. — Bonifassi, Nie.
inscr. n. 138. — Bourquelot, Inscr. ant. n. 110. — Tisse-
rand, Ilist. de Nie. t. I, p. 40. — Carlone, Fesf. épigr. p. 73,
n. 108. — Mommsen, Corpus, t. V, vol. 2, n. 7936.
D’après tous ces auteurs, découverte à Cimiez.
N° 235 (Perdue)
P • ETEREIO • M
ETEREI • DOMÎS
TICI • F • QVIRINA
OVAIîRATO • C
5 M
M......
P • ETEREIVS • Ll’VS (?)
D D
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— 497
Publio Etereio Marti Eterei Domestici filio , Quirina
Quadrato ? Publius Etéréius Litus ? decreto decu-
rionum.
A Publius Etéréius Quadratus fils de Marcus Etéréius Domesticus, de la
tribu Quiriua.. ... Publius Etéréius Litus, d'après un décret des décurions.
J’ai restitué le cogriomen Quadratus d’après un sceau de
potier en bronze qui porte ce nom. Le cognomen Litus, que
je propose ligne 7, n’est qu’une conjecture. Gioffredo, Stor.
dell. Alp. ms. p. 47. — Ricolvi, Inscrip. n. 40. — Millin,
Voy. dans les dép. t. II, p. 551. — Bonifassi, Nie. inscr.,
n. 47 — Bourquelot, Inscr. a nt. n. 43. — Tisserand, Hist.
de Nice, 1. 1, p. 42. — Carlone, Vest. épigr. p. 74, n. 111.
— Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, n. 7937.
Du temps de Millin, cette inscription était encore dans la
villa Garin.
N° 236 (Perdue)
M • BAEBIO • PA
TERNI • FIL
CLAVD • VRSO
BAEBIA • PAVLINA
5 fraTri • OPTlMO
Marco Daebio Paterni filio Claudia Urso,Baebia Paulina
fratri oplimo.
A Marcus Baébius Ursus fils de Patemus, de la tribu Claudia, Baébia Pau-
lina à son excellent frère (a élevé ce monument.)
Gioffredo, Stor. dell. Alp. ms. p. 48. — Bonifassi, Nie.
inscr. n. 114. — Bourquelot, Inscr. a nt. n. 83. — Tisse-
serand, Hist. de Nice t. I, p. 39. — Carlone, Vest. épigr.
p. 75, n. 112. — Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, n. 7930.
J’ai suivi la leçon de M. Mommsen.
D’après divers auteurs, cette inscription aurait été trouvée
dans la propriété Galera à Limiez.
13
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— 198 —
N° 237 (Perdue)
Protomœ duce
BVHGIO • VI PP
DONIIIAE manus
BVRGIO • L junctœ
BVRCIA • MAR • SNO
Mommsen, Corp., t. V. vol. 2, n. 7931, fournit cette ins-
.cription, qu’il a recueillie parmi celles de Gazzera, qui en
a donné deux copies. Il semble qu’elle pourrait se rétablir
ainsi :
BVRCIO • VIPPI • F
DOM • SAL •
BVRGIO • L
BVRCIA • MAR • SVO
Burcio Vippi filio, domo Saliniensi, Burcio liberto ;
Burcia marito suo (fecit.)
A Burcius fils de Vippus, originaire de Castellane, et à Burcius son af-
franchi; Burcia a élevé ce monument & son mari.
D’après Gazzera, cette inscription serait à Notre-Dame
de Beaulieu, près Villefranche. Je ne l’y ai pas vue.
N» 238
£5 D M <£>
HAVE • TiES
TYLLIS • ET • T v
GLA • THESTYlL
5 DI • CONIVGl
CARISSIMAE
ET • DVLCISSIM
P • AELIVS • MV
SIC VS P S
Diis manibus. Hâve Thestyllis et tu : Claudiæ Thestyl-
lidi conjugi carissimæ et dulcissimæ; Bublius Aelius Mu-
sicm pecunia sua ( posuit
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— 499 —
Aux dieux mânes. Salut Thestyllis, et à toi : à Claudia Thestyllis, sa femme
très chère et très douce ; Publius Aélius Musicus, de ses deniers a élevé ce
monument.
Cette inscription a été trouvée à Nice sur le chemin de
l’Empeyrat, c’est-à-dire sur le parcours de la voie romaine
(Empeyrat signifie empierré, c’est-à-dire pavé); elle a été
publiée d’abord par M. Brun, secrétaire de la Société des
lettres, sciences et arts de Nice, et ensuite par M. Mommsen,
Corp. t. V. vol. 2, n. 7935, avec quelques inexactitudes.
Elle est aujourd’hui conservée dans le local de réunion
de la Société des lettres, sciences et arts de cette ville.
N® 239 (Perdue)
D M
C • VALERIO • MATERNI • f
HEREDES
DIGNO ' MERENTI
Diis manibus; Caio Valerio mateimi filio, heredes digno
merenti.
Aux dieux mânes; à Calus Valérius, fils de Maternus, ses héritiers à cause
de ses mérites.
Raymond de Soliers en a laissé deux copies : l’une à Aix,
dans ses manuscrits, et l’autre dans YHist. de Prov. de
Bouche, 1. 1, p. 300. — Gioffredo, Stor. dell. Alp. ms. p. 49.
— Bonifassi, Nie. inscr. n. 80, — Bourquelot, Inscr.
a nt. n. 117. — Pingon, ms. p. 146. — Gioffredo, Stor. dell.
Alp. p. 48. — Bonifassi, Nie. inscr. n. 102. — Bourquelot,
Inscr. a nt. n. 97. — Tisserand, Hist. de Nice, t. I, p. 40
trois fois et p. 42, deux fois. — Carlone, Vest. èpigr. p. 76,
n. 114. — Mommsen, Corp. t. V. vol. 2, n. 7957. — Ray-
mond de Soliers, dit qu’elle se trouvait dans l’église de
Saint-Barthélemy.
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(Voy.Pl. IV, n® 3) (Inédite)
— 200 —
N° 240
D M
ValeriAE • PATERNAE
VAL • LICINVS
fil caRISSIMAE
Diis manibus; Valeriæ Paternæ, (Lucius) Valerius Li-
cinus filiæ carissimæ.
Aux dieux mânes ; à Valéda Paterna, (Lucius) Valérius Licinus à sa fille
très chère.
Cette inscription, qjii est inédite, est conservée dans la salle
d’entrée de la Bibliothèque municipale à Nice, où je l’ai vue.
N® 241 • (Perdue)
M • IVLIVS
martaLs
TI ■ IVLIAE • PUS
PATER
Marcus Julius Martialis, Titæ Juliaæ piissimæ pater.
Marcus Julius Martialis son père, à Tita Julia très pieuse.
Raymond de Soliers, dans Bouche, Hist. de Prov. t. I,
p. 300 et dans son manuscrit d’Aix. — Gioffredo, Stor.
dell. Alp. ms. p. 49. — Bonifassi, Nie. insc. n. 93. —
Bourquelot, Insc. ant., n. 118. — Tisserand, Hist. de Nice
t. I, p. 40 et 42. — Carlone, Vest. épigr., p. 77, n. 118. —
Mommsen, Corp., t. V. vol. 2, n. 7938.
J’ai suivi la leçon de Raymond de Soliers, qui me parait
être la meilleure, sauf toutefois pour la liaison de l’L et de
l’I à la fin de la seconde ligne, qui est une conjecture que je
fais. Mommsen ne donne que deux lignes à l’inscription,
et sa seconde ligne est ainsi composée : TI • IVL • I AEPIIS
PATER.
D’après tous les auteurs, cette inscription a été trouvée
à Cimiez, dans la propriété des Carlins.
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N» 248
(Perdue)
D* S
IVSTINA
VIVA
SIBI • POSVIT
De suo, Justina viva sibi posuit.
#
De ses deniers, Justina de son vivant s'est fiait ce monument.
Conservée par Gioffredo, Stor. dell. Alp. ms. p. 47,
d’après les notes de Barthélemy Richelmy. — Ricolvi,
Insc. n. 33. — Bonifassi, Nie. inscr. n. 71. — Tisserand,
Hist. de Nice, t. I, p. 3Ô. — Carlone, Vest. p. 78, n. 120.
— Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, n. 7940. Cet auteur ne
mentionne pas les lettres D S de la première ligne; il suppose
une lacune après le mot Justina et une autre avant le mot
mua. Je n’ai pas cru devoir adopter cette leçon, car la for-
mule : Justina viva sibi fecit est complète, et il n’est pas
nécessaire de, supposer des lacunes; au surplus, il ne faut
que rapprocher ce texte de celui d'Ennia Fuscina viva sibi
fecit, de Vence, ou Julia Fuscina viva sibi fecit, de Cas-
tellane, pour être convaincu que ce texte est bien complet.
J’ai suivi la leçon fournie par Carlone.
D’après les auteurs, cette inscription a été trouvée à
Cimiez, près de l’amphithéâtre.
N® 243 (Perdue)
D M
ALBICCI • LICIN1 • ET
ANTONI • LIBERAL1S
Diis rnanibus Albiccii Licinii et Antonii Liberalis.
Aux dieux mânes d’Albiccius Licinius et d'Antonius Libéralis.
Gioffredo, Stor. dell. Alp. ms. p. 48. — Bonifassi, Nie.
inscr. n. 103. — Bourquelot, Inscr. ant. n. 84. — Tisse-
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rand, Hist. de Nice, t. I, p. 41. — Carlone, Vest. épigr.
p. 78, n. 121. — Mommsen, Corp. t. V, vol 2, 7925. Cet
auteur fournit la leçon suivante :
D • ALBIGCI • LICINI
ANTONI • LIBERALES
Je n’ai pas cru devoir suivre cette leçon, qui me parait
moins bonne que celle que fournit Carlone.
Gioflfredo dit qu’elle était gravée sur un tombeau de
marbre, sur lequel étaient sculptées de nombreuses et variées
figures d’oiseaux et autres animaux ; il ajoute que ce tom-
beau a été trouvé à Cimiez et qu’on peut le voir à Nice,
près du bien des héritiers de l’avocat Scoffier. Muratori,
Nov. thésaurus mdcxxviii, n. 2, donne cette inscription
d’après Mezzabarba ; mais il la place à tort parmi les inscrip-
tions de Turin. Carlone et Bourquelot placent ce texte à
Cimiez, ancienne villa des Carlins.
N° 244 (Perdue)
PETRONIAE • VERAE
MÀTRI • PIISSIMAE
* F1LIVS • VERVS
V E
Petroniæ Veræ, matri piissimæ, filius Verus vivus fecit
(ou) erexit.
A Petronia Véra, sa mère très pieuse, son fils Vérus de son vivant a fait (ou
a élevé ce monument.)
Gioflfredo, Nie. civ. p. 24, et Stor dell. Alp. ms. p. 47.
— Muratori, Nov. thés, mcclxxi, 4. — Ricolvi, Inscr. n. 28.
— Bonifassi, Nie. insc. n. 50. — Bourquelot, Insc. ant.
n. 81. — Tisserand, Hist. de Nice, t. 1, p. 39. — Carlone,
Vest. p. 79, n. 124. — Mommsen, Corp. t. V, vol. 2,n. 7951.
D’après Carlone, cette inscription serait dans le jardin
des Récollets à Cimiez.
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203
N» 245 (Perdue)
On a deux copies de cette inscription :
Pingon R. de Soliers
0
S • FLANIU .* SELANIO
MEÛOVI M • F ///
Celle de Raymond de Soliers me parait la meilleure quoi-
que plus incomplète, on peut y lire :
0«vccTOî. Selanio Muci filio
Mort. A Sélanius fils de Mucius.
tandis que je ne connais aucun prénom s’abrégeant avec
une S: on connaît se.r, ser, etc.; mais S seule ne se ren-
contre pas, à ma connaissance du moins.
Raymond de Soliers, ms. d'Aix et dans Bouche, Hisl. de
Prov. t. I, p. 300. — Gioffredo, Stor. dell. Alp. ms. p. 49.
— Bonifassi, Nie insc. n. 109. — Bourquelot, Insc. ant.
n. 89. — Tisserand, Hist. de Nice, t. I, p. 40. — Carlone,
Vest. épigr. p. 83, n. 133. — Pingon, ms. f. 146. — Momm-
sen, Corp. t. V, vol. 2, n. 7972.
Tous ces auteurs la placent dans l’église de Saint-Barthé-
lemy, près Nice.
N° 246 (Perdue)
MAR1ANILLA / / / / /
//////////////
I I 1 1 MARITO • SVO
1NCOMPARABILI / / /
////////// FEC1T
Cette leçon est celle que fournit Mommsen, Corp. t. V,
vol. 2, n. 7945, on peut lire ainsi :
Marianilla marito suo incomparabili fecit.
t
Marianilla a fait ce monument à son mari incomparable.
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— 204 —
M. Mommsen, ne cite que Bonifassi, Nie insc. n. 96
comme ayant connu ce texte; mais on trouve le mot Ma-
. rianella dans Tisserand, Hist. de Nice, t. I, page 41 et
dans Carlone, Vest épigr. p. 85, n. 137.
D’après Bonifassi, cette pierre était autrefois à Villefran-
che, dans le jardin Bauflfer, elle aurait été employée dans
une bâtisse en 1808.
N» 247
an/ ~~ \lVS
ALB \__^ GA
THEMERIS
MERENTISSIM5
Est-il permis de lire :
AnÇtist)ius, Albicciæ Agathemeris merentissime.
Àntistius à Albiccia Agathemeris très méritante.
Cette inscription est gravée sur un bloc de pierre, em-
ployé dans la bâtisse du pilier d’arceau d’un aqueduc du
quartier de Saint-Sylvestre, près Nice; les deux premières
lignes sont en partie détruites par une entaille en queue
d’aronde, qui paraît dater de longtemps déjà. Elle a été pu-
bliée par Gioffredo, Nie. civ. p. 23 et Stor. dell. Alp. ms.
p. 49. — Muratori, mcgccxxxii, 9 in Nov. thés. — Boni-
fiçtssi, Nie. inscr. n. 137. — Bourquelot, Insc.ant. n. 80. —
Tisserand, Hist. de Nice, t. I, p. 40. — Carlone, Vest.
épigr. p. 103, n. 163. — On la trouve aussi un peu diffé-
remment dans Ricolvi, Inscr. n. 12. — Et enfin dans Momm-
sen, Corp, t. V, vol. 2, n. 7927, qui n’a pas vu l’original.
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k
— 205 —
N» 248
Cette inscription, malheureusement brisée, est conservée
dans la collection de M. Guilloteau à Cimiez, qui l’avait
achetée d’un paysan du hameau des Giaïnes, situé au pied
du Mont-Chauve ; on peut la restituer à l’aide de la copie
de Raymond de Soliers, dans ses papiers conservés à Aix.
Diis manibus. Abru-Paterna , Quinti filia Abruma,
Verio Frequentiano in conjugio mortuo, annorum tri-
genta; reliquit filium Verium Ursulum annorum quinque
mesium septem, qui mortuus (est) bimulus mesium sex,
diemm unodeviginti, Abru-Paterna filio posuit.
Aux dieux mânes. Abru-Paterua Abruma, fille de Quintus, à Vérius Fré-
quent ianu s, mort pendant son mariage à l’âge de trente ans ; il laissa un fils
Vérius Ursulus, âgé de cinq ans et sept mois, qui mourut la même année
six mois et dix-neuf jours après. Abru-Paterna à son fils, a (élevé ce monu-
ment).
Gioffredo, Nie. civ. p. 23 en donne une leçon différente ;
le même, Stor. dell. Alp. m. p. 50. — Muratori, Nov. thés.
mcxxiii, 2. — Bonifassi, Nie. insc. n. 100. — Bourquelot,
Inscr. a nt. n. 106. — Tisserand, Hist. de Nice, t. I, p. 44-,
très incorrectement. — Carlone, Vest. épigr. p. 100, n. 157.
— Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, n. 7950. — Tous ces au-
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4
— 206 —
teurs ont suivi la leçon de Gioffredo, qui ne donne que six
lignes à l'inscription et qui omet quelques mots ; il en existe
une autre copie, celle de Raymond de Soliers, dans ses pa-
piers d’Aix. M. Mommsen a aussi donné cette leçon, Corp.
t. V, vol. 2, p. 932. .
Le développement de ce texte, qui est emprunté à
•M. Mommsen, est douteux en bien des points ; mais avec ce
qui reste de l’original, il est bien difficile de lire d’une autre
façon.
* N» 249 (Perdue)
....XV • IVNIA ..
Ce fragment est rapporté par Gioffredo, Stor. dell. Alp.
ms. p. 48, et Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, 7939. Il est
trop incomplet pour qu’on en puisse rien tirer.
N» 250
Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, n. 7924, qui l’a vu. Comme
le précédent, ce fragment est trop incomplet pour pouvoir
être utilisé.
N° 251 (Perdue)
CIRIACAE • SEC.VNDINAE • wiATVCIVS
PATERNVS • CONIVGI • INCONPARABILI
IBEATVS • CIRCIANVS • TN • PATERNAE
MATRI • DVLCISSIMAE
Je donne ce texte d’après Mommsen, Corp. t. V, vol. 2,
7933, qui le prend dans les Addenda de Bonifassi, n. 155,
lequel en fournit deux copies. D’après ce dernier auteur,
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207
cette inscription serait dans le jardin du couvent de Sainte-
Claire, où elle servirait aux lessiveuses.
Dans l’une de ses copies, Bonifassi porte liiatucius, ce que
M. Mommsen corrige en Matucius : je l’ai suivi dans cette
correction; mais je ferai toutefois remarquer que le nom
Biatus (d’où Biatucius ) existe, et que je l’ai relevé sur un
monument de Notre-Dame-de-Vie. Le nom d’Ibéatus ne
me parait pas correct, et je ne. m’explique pas le sens des
lettres T N, pas plus d’ailleurs, que le cas de Patenta;.
N® 232 (Perdue)
T1NO ■ CLAVD • GALL
Gioffredo, Stor dell. Alp. ms. p. 48. — Ricolvi, lnscr.
n. 43. — Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, n. 7934.
Le mot Claud parait devoir être traduit par Claudia,
tribu à laquelle appartenait Cimiez, où a été trouvée cette
inscription.
N® 253
MANTIAE T • Fit SALLVCXE ■ MAN'TIA
MATVRA FI LIA • PlENTISSIMa
%
Mantiæ Titi filiæ Sallucæ, Mantia Matura filia pientis-
sima (po8uit.)
A Mantia Salluca, Allé de Titus, Mantia Matura sa fllle tris pieuse (a posé
ce monument.)
Peiresc, ms. de Paris, fondlat. n. 8957, p. 237. — Momm-
sen, Corp. t.V, vol. 2, n. 7942.
La copie de Peiresc porte Mantiæ à la fin de la première
ligne et pientissime à la fin de la seconde ; c’est aussi la
leçon que fournit M. Mommsen.
D’après Peiresc, cette inscription était conservée au mo-
nastère de Saint-Pons, près Nice.
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N» 254
(Perdue)
MANVLIA CF- ETMEAMIIA (sic)
E • EMINIO • PATEHNO
CONIVGI • SVO • BENE • MERENTI
MEMORIAE • FECIT • 0 ■ VIXIT
5 ANN • XXXVIII • MENS • XII • DIES • XXV '
Leçon fournie par Mommsen, Corp. t. V,. vol. 2, n. 7943.
— D’après Bouche, hlist. deProv. t. I, p. 304. — Gioffredo,
Stor dell. Alp. ms. p. 54. — Durandi, Il Piem. cisp. p. 70.
— Bonifassi, Xic. insc. n. 116. — Bourquelot, Iriser, a nt.
n. 115. — Carlone, Vest. épigr. p. 112, n. 179. Il existe de
cette inscription une autre leçon un peu différente, celle de
Raymond de Soliers, ms. d’Aix, que voici :
MAnVLIA • G ■ F • ET • MEA
MIIA • EMI • N 10
P A T E R N 0 G 0 N
I V G I • SVO • BENE
5 MERENTI • M E M
ORIAE • FECIT • 0
VIX IT
• ANN OS *
XXXVIII XI
10 S • XXV
Ne pourrait-on pas lire : Manilia Caii filia Æ milia
Eminio Paterno conjugisuo bene merenti mémorisé fecit,
qui vixit annos triginta octo, menses undeüim, dies vin-
genti quinque.
Manilia Æmilia, Aile de Caïus, à la mémoire chérie de son époux Eminius
Paternus, qui vécut trente-huit ans, onze mois et vingt-cinq jours, a fait ce
monument.
D’après tous ces auteurs, cette inscription était à Fa-
licon; elle n’y est certainement plus aujourd’hui.
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209
N° 255 (Perdue)
VIPPIA • CLEMENTIL/A • MATER
COMINIAE • MARCIAE • FILIAE • PIEN
TISSIMAE • QVAE • IMMATuRA • MORTE
DECEPTA • VIX • ANN • XIIII • M • IIII
5 D • V • MERENTISSIMAE • CO nlra
voTVM • FRATRES ■ FECERVNT
Vippia Clementilla mater, Cominiæ Marciæ, filiæ pien-
tissimæ, quæ, immatura morte decepta, vixit annos qua-
tuor decim, memes quatuor, dies quinque, merentissimæ ;
contra votum fratres fecerunt.
Vippia Clémentilla, la mère, à Cominia Mareia sa fille très pieuse, qui, en-
levée par une mort prématurée vécut quatorze ans, quatre mois et cinq jours,
pleine de mérites; ses frères, contre son vœu, lui ont élevé ce monument.
J’ai suivi l'a leçon fournie par M. Mommsen, pour la res-
titution des deux dernières lignes; mais on pourrait aussi,
ce me semble, rétablir ainsi cette partie :
D • V • MERENTISSIMAE • aOro
ri- TVM • FRATRES • FECFRVNT
Dies quinque merentissimæ sorori tumulum fratres
fecerunt.
A leur sœur très méritante, ses Irères ont fait ce tombeau.
Gioffredo, Nie. civ. p. 23, d’où lemême auteur dans laStor.
dell. Alp. ms. n. 50. — Muratori, Nov. thés, mccxxix, 7. —
Bonifassi, Nie. inscr. n. 121. — Risso, Guide de Nice,
p. 70. — Bourquelot, Insc. ant. n. 107, en donne deux co-
pies. — Tisserand, Hist. de Nice, en donne aussi deux co-
pies,! I, p. 42 et 44. — Carlone, Vest. épigr. p. 112. n. 177.
— Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, n. 7962.
D’après Gioffredo, cette inscription était autrefois dans la
villa Tonduti près Falicon.
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240
N» 256
D M
LIC INI VS
DIONYSIVS
L I C I N I O
5 PLACIDO
FfLIO • CARIS
SIMO • FECIT
Diis manibus, Licinius Dionysius Licinio Placido, filio
carissimo fecit.
Aux dieux mânes, Licinius Dionysius à Licinius Placidus, son fils chéri, a
fait ce monument,
Gioffredo, Nie. civ. p. 24 et Stor. dell. Alp. ms. p. 50.
— Muratori, Nov. thés, mclxxxiii, 5. — Bonifassi, Nie.
insc. n. 119. — Durante, Chorographie du comté de Nice,
p. 53. — Sanguinetti, Inscriz. dell. Lig. p. 212. — Risso,
Guide de Nice, p. 65. — Bourquelot, Inscr. ant. n. 82. —
Carlone, Vest. épigr.g. 117, n. 188. — Mommsen, Coip.
t. V, vol. 2, n. 7941.
Aucun des auteurs qui ont copié cette inscription n’a re-
marqué que le signe gravé entre le D et l’M de la première
ligne était un niveau : tous, sans exception, l’ont pris pour
un A.
Cette inscription est actuellement encore au château de
Drap, encastrée dans un mur des bâtiments de service où je
l’ai copiée.
N® 257
pRIMO • VoL tinta
CORQrlis
Fragment conservé dans la collection de M. Guilloteau à
Cimiez.
Cette inscription n’a encore été publiée que par M. Momm-
sen, Corp. t. V, vol. 2, n. 7953.
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— 2H —
N» 258 (Inédite)
IM
DIVI • N ervae
adn VXi ^lll 1 intomno
Ce fragment d’inscription, qui est conservé à la Bibliothè-
que municipale de Nice, faisait certainement partie d’une
inscription impériale ; la deuxième ligne devait porter les
mots üivi Nervæ ; la troisième ligne commençait par lès
mots (adN)ep(oti). M(arco) A n[tonino). Il est donc probable
qu’il s’agissait d’une dédicace à Caracalla, ou peut-être à
L. Septime-Sévère.
N» 259 (Inédite)
. .antipohllknorum . . .
EQVES
TA
Comme le précédent, ce fragment est à la Bibliothèque
municipale.
Ce fragment, qui certainement faisait partie d’une inscrip-
tion militaire, pourrait, à mon avis, être rapproché de celui
que j’jii donné n° 257 ; l’on sait en effet qu’ Antibes était ins-
crite à la tribu Voltinia ; ou pourrait dans ce cas, lire ainsi :
— PRIMO • VoL tinta
GOHORTIS
antipoLYÏknorum
EQVES
TA
Toutefois, ceci n’est qu’une conjecture et n’offre rien de
certain. C’est le commencement du mot Voltinia qui, rap-
proché du fragment lita, m’a suggéré cette idée, qui, je le
répète, ne s’appuie que sur une conjecture tout à fait gra-
tuite.
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Fr. 1
— m —
N» 260
II
I • D' Fr. 2 DIÜ
)>■ ■>»»»’
Fr. 3 JMI
A« l
A Nice, à la Bibliothèque municipale.
Ces trois fragments, dont les lettres sont de grandeur
égale, paraissent avoir fait partie de la même inscription.
Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, n. 7969, a donné ces trois
fragments avec quelques différences, surtout pour le frag-
ment n. 1.
N» 261
OSPI
C • MI....
VM • C....
NDA
A Nice, Bibliothèque municipale.
Mommsen, Corp. t. Y, vol. 2, n. 7968.
N» 262
. : . . 0 • LIB....
....H - EX • T..
Quinti libertus heres ex testamento.
affranchi de Quintus son héritier d'après son testament.
Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, n. 7965.
Cette inscription est gravée sur un piédestal en calcaire,
conservé dans le jardin du Château à Nice ; le reste de
l’inscription est trop fruste pour pouvoir être lu; Mommsen
n’a pas vu l’H de la deuxième ligne.
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243
N« 263 (Perdue)
C ALBVCIO PROCLO
MIL ■ CohOHI C////S
ORD • IVL • C III CN
FRONTO /// coh. eIVSD
HER • EX • TEST
Cette inscriptiorf nous a été conservée dans les manus-
crits de Raymond do Soliers, à Aix. — Mommsen, Corp.
t. V,vol. 2, n. 7981.
D’après Soliers, olle était autrefois dans le monastère de
Saint-Pons.
N° 264
S VLA...
IVS
cerne NELO
Nice, villa Guillotcau.
Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, n. 7970, lit à la dernière
ligne CemeNELO.
N» 265
Kr. I
LB • IV^
AGO 1VI
Fr. 3
Fr. 4
fü!
Nice, villa Guilloteau, quatre fragments qui paraissent
avoir appartenu à la même inscription.
Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, n. 7971, a publié deux de
ces fragments, les fragments 1 et 2, et il y ajoint un troisième
morceau qui fait, selon moi, partie d’une autre inscription ;
il n’a pas mentionné l’L de la fin de la première ligne du
14
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— 244 -
fragment 1 ; il a écrit VF- seconde ligne du môme frag-
ment, et n’a pas mentionné l’A du fragment 3, comme for-
mant un morceau séparé.
N» 266
MI EXEMP
1CTISSI
m
Nice, villa Guilloteau.
Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, n. 7966.
«® 267 (Voy. PI. IV, n» 15)
Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, n. 7971, donne ainsi ce
fragment, qu’il joint aux fragments 1 et 2, n. 265 :
IRIB
On voit que ma lecture est toute différente.
N® 268 (Inédite)
Fr. i DON
PIE
Fr. t I Kamw'mo (?)
A Nice, villa Guilloteau.
Deux fragments qui paraissent avoir fait partie de la
même inscription.
N» 269* (Fausse)
IVNIAE ® VALERIAE
FILIOLAE • DVLCISSIMAE
PARENTES • INF • ...
Juniæ Valeriæ, filiolæ dulcissimæ, parentes inf.
A Junia Valôria, leur fillette? très douce, ses parents malheureux (ont
élevé ce monument).
«
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— 215 —
Dnrandi, Il Piem. cisp. p. 78. — Bourquelot, Inscr.
a ni. n. 123. — Carlone, Vest. épigr. p. 32, n. 18. — Momm-
sen, Corp. t. V, vol. 2, n. 1047*, p. 92*, falsa.
C’est une des inscriptions que Durandi tenait de Mey-
ranesi.
Durandi place cette inscription à Cimiez.
N° 270 * (Fausse)
V F
L • VINNIVS • TF- FA/
SIB1 • ET • EVLALIAE • CONIVGI
INCOMPARABILI
CVM • QVA
Vivus fecit Lucius Vinnius, Titi filius Falema, sibi et
Eulaliæ conjugi incomparablili, cum qua
Fait de son vivant, Lucius Vinnius, fils de Titus, de la tribu Falerna, pour
lui et pour Eulalie, sa femme incomparable, avec laquelle
Durandi, Piem. cis. p. 78. — Bourquelot, Inscr. ant.
n. 124. — Carlone, Vest. épig. p. 32, n. 19. — Mommsen,
Corp. t. V. vol, 2, n. 1056*, p. 92‘, falsa. Comme la pré-
cédente, cette inscription sort du recueil de Meyranesi.
Durandi la place à Nice, au dehors de la porte Peirolière.
N° 271 * (Fausse)
L- MILLINO
L- M1LLINVS
HERMAGORAS
FRATER
Citée par Bonifassi, Nie. insc. n. 108. — Tisserand, Hist.
de Nice , t. I, vol. 2, n. 40. — Carlone, Vest. épigr. p. 104,
n. 165. — Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, n. 1058*, p. 92*
falsa, ajoute que Bonifassi la cite d’après Gioffredo, où, dit-il,
il ne l’a pas trouvée. C’est pourquoi, à cause des noms
qu’elle porte et de son absence dans les papiers de Gioffredo,
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— 246 —
il la déclare fausse. Il est probable, que s’il ne l’avait pas
fait, cela ne m’aurait pas paru suffisant; mais comme je ne
puis pas prouver qu’elle n’est pas fausse, je la maintiens
comme telle.
On lit ainsi cette inscription :
Lucio Millino, Lucius Millinus Hermagoras frater.
A Lucius Millinus, Lucius Millinus Hermagoras, son frère, a élevé ce mo-
nument.
N» 272 * (Fausse)
ALICONI
PROV VIE
TRIB- POT
Bonifassi, Nie. insc. n. 53, — d’après Ricolvi, Inscr. 26.
— Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, n. 1060* p. 92‘, falsa ; cet
auteur ajoute qu’elle a été fabriquée à l’aide de l’inscrip-
tion de Beaulieu qui porte le mot ALICONI. .
N° 273 * (Fausse)
C GRAC1NVS- SIBI- ET FAVSTINAE
VXORI- ET- FIL
ET- C- ZOSIMO- LIB
V- F
Caius Gr&cinus sibi et Faustinæ uxori et filiæ et Caio
Zosimo, liberto , vivus fecit.
Caïus Gracinua, pour lui et pour Faustina sa femme et sa fille et pour
Caïus Zosimus, son affranchi, de son vivant a fait ce monument.
Ricolvi, Inscr. n. 58. — Bonifassi, Nie. inscr. n. 74. —
Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, n. 1062*, p. 92*, falsa ; il
ajoute : Nomina titulum condemnant.
D’après Bonifassi, cette inscription était à Nice.
N» 274 * (Fausse)
SEX PVBLICIVS
SEX- F- POL
SIBI- ET SVIS- V- F
HMDMAB
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2<7
Ricolvi, Iriser. n, 50. — Bonifassi, Nie. inscr. n. 69. —
Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, n. 1063*, p. 92* falsa; qui
ajoute que la formule de la dernière ligne ne se trouve jamais
dans nos régions.
Inscription» Chrétienne»
N° 275
4» HIC- REQVIESCET- BONE MEMORIAE
SPECTABILIS- EXPECTATVS Q- VIXITtf
poisson. ANN VS & L- M VlICVIVStf DP &
EST- SVB-DIE- VIII- K- L IV Jp’-DN LEONE IVMIE
5 VCSS
Ilic requiescet bonæ mémorisé spectabilis Expectatus,
qui vixit annus quinquaginta, menses septem, cujus de-
positio (est) sub die octava kalendas junii (ante), domino
Leone Juniore. Vir clarissimus semper salvus.
Ici repose le respectable Expectatus, de bonne mémoire, qui vécut cinquante
ans, sept mois, dont la déposition a été faite le huitième jour avant les ka-
lendes de juin, sous le règne de Léon le Jeune. Ce fut un homme clarissime
toujours sauf.
Gioffredo, Nie. civ. p. 104 et Stor. dell. Alp. ms. p. 47
et édité p. 218. — Muratori, Nov. thés, ccccxi, n. 5. —
Bonifassi, Nie. inscr. n. 140. — Tisserand, Hist. de Nice,
1. 1, p. 43. — Bourquelot, Inscr. ant. n. 51. — Gazzera, Act.
Taur. sér. 2, vol. XI, p. 156. — Carlone, Vest. épigr. p. 85,
n. 138. — Brun, Inscr. a ne. retrouvées ou inédites, in
Ann. de la Soc. des lettr. sc. et arts des Alp. Mar. t. II,
p. 109, sq. planche B, fig. 1. — Mommsen, Corp. t. V.
vol. 2, n. 7978.
Cette inscription, qui était d’abord à Cimiez, a été ensuite
transportée dans la demeure de M. Risso, route d’Italie;
elle avait été perdue depuis : M. Brun l’a dernièrement
retrouvée et l’a donnée à la Société des lettres, etc., des
Alpes-Maritimes, qui la conserve dans le local de ses
séances.
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SI 8
L’inscription est datée, puisqu’elle porte le nom de Léon
le Jeune : c’est donc à 474 après J.-C. qu’elle remonte.
N° S76 (Perdue)
METILIAE
AVRELIAE
XPIANAE- FIDELI
ET- AVRELIO- ET- RVSTICIAE
5 FL- SECVNDINVS- CONIVGI
ET- FILIIS- INFELICISSIMVS- M- F
Metiliæ Aureliæ, christianæ fideli, et Aurelio et
Rusticiæ; Flavius Secundinus conjugi et filiis, infeli-
cissimus monumentum fecit.
A Métilia Aurélia , chrétienne fidèle, et à Aurélius et à Rueticia; Flartue
Sécundinue, très malheureux, à sa femme et à ses enfants a fait ce monument.
On a une autre copie de ce texte, fournie par Gioffredo ;
mais elle est moins bonne que celle de Peiresc, que j’ai
suivie.
Peiresc, ms. de Paris, fonds, lat. 8957, p. 237. — Giof-
fredo, Stor. dell. Alp. ms. p. 49. — Bonifassi, Nie. inscr.
n. 151. — Tisserand, Hist. de Nice, t. I, p. 43. — Carlone,
Vest. épigr. p. 87, n. 139. — Mommsen, Corp. t. V, vol. 2,
n. 7977.
Voici la copie de Gioffredo :
AVRELI
CHRISTIANAE FIDEI
ET- AVRELIO ETRV
FL- SECVNDINVS- VX
5 ET- FIL- INFELICISS- F
Je suis bien persuadé que Gioffredo n’a eu de cette ins-
cription qu’une copie imparfaite et que la vraie leçon est
celle que fournit Peiresc.
D’après Gioffredo, cette inscription était de son temps
dans le monastère de Saint-Pons ; je l’y ai vainement cher-
chée.
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249
N° 878 (Perdue)
IVNNI- COGNATI
P.. ECO- MAT C...
FECERVNT
Cette inscription a été publiée par Raymond de Soliers
dans son ms. d’Aix et dans YHist. de Prov. de Bouche, t. I,
p. 304. — Gioffredo, Stor. dell. Alp. ms. p. 54. — Du-
randi, Il Piem. cis. p. 7t. — Bonifassi, Nie. inscr. n. 76.
— Bourquelot, Inscr. a nt. n. III. — Tisserand, Hist. de
Nice, t. I, p. 43. — Carlone, Vest. épigr. p. 112, n. 178. —
Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, 7973.
Aucun de ces auteurs n’a remarqué le chrisme qui est à
gauche de l’inscription ; Mommsen y met cette note de mu-
sique tous ces auteurs donnent l’inscription sur deux
lignes et notent ainsi la seconde ECOMAIC.
Je prends la leçon que je fournis dans une copie faite
par le curé de Tourette de Nice, avant qu elle ne fût
détruite. D’après lui, cette inscription était, avec une autre,
scellée dans le mur du presbytère de Falicon ; elles ont été
détruites toutes deux à l’occasion d’une réparation qui a été
faite à cet édifice.
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320
MONACO ET LA TURBIE
Inscriptions Impériales
N° 279 (Voyez planche V).
ImperatoriCse$ari,divifilio,Augusto,pontifidmaxur no,'
imperatori XIIII, tribunicia potestate XVII, Senatus po-
pulus que romanus. Quod, ejus ductu auspiciisque, Gcntes
Alpinæ omnesque a mari supero ad inferum pertinebant
sub imperium populi romani sunt redactæ. Gentes Alpinæ
devictæ: Trumpilini Camunni* , Venostes 3 , Vennonetes
Isard*, Breuni, Genaunes 5 , Focunates. Vindelicorum
Gentes quattuor: Cosuanetes 6 , Rusinates'', Licates, Ca-
tenates. Ambisontes, Rugusd, Suanetes, Calucones *, Bri-
xenetes 9 , Lepontii, Uberii, Nantuates,Seduni, Varagri 10 ,
Salassi, Adtavones, Medulli, Ucenni u , Caturiges, Bri-
giani, Sogontii l *, Brodionti, Nemaloni, Edenates 13 , Esu-
biani, Vea mini, Gallittæ 1 *, Triullatti ,5 , Ecdini, Vergunni,
1. Tous les manuscrits et toutes les éditions portent : Triumpilini ou Triumfilini;
cette dernière altération se trouve dans les manuscrits du Vatican n. 3861, XI* siècle, que
je désignerai par la lettre F; dans celui de Leyde Lipsii 7, aussi du XI* siècle, qui portera
la lettre G, et dans celui de Ricardi du XI*. que je désignerai par la lettre H. — Corpu*
Trunpilini.
2. Caurnunni H 1; Camuni Ms. do Leyde du IX* siècle, que je désignerai par la lettre
D ; Ms. de Paris n* 6795 du IX* siècle, qui portera ls lettre A: c’était d'ailleurs la lesture
la plus usitée .
3. Vennostes , A, D. Venostes tous les autres.
4. Isarchi, D, H, Teubner ; Isard tous les autres.
5. Cœnaunes , D, A* , G* , Teubner; Auces Al; Genaunes * tous ou presque tous.
6. Consuanetes, G, Teubner ; Cos. F; Cosuanetis, A, D; Cusuanetes, H; presque toutes
les éditions portent Consuanetes.
7. Irudnates A ; . . . . fis D.
8. A/lucones, F G H
9. Brixenetis A, D ; Brixentes presque tous.
10. VavagriFQ 2 H ; Varagri ou Veragri tous les autres
11. Ucenni D ; H,..ernu ; tous les autres portent Uceni.
12. Sogionti A D G * ; Soli. . G ; Sont. F ; Seont H. et vulgairement Sogiontii .
13. Edemn. F H ; Edenates tous les autres.
14. GaUitreFQ\...triH.
15. Triulacti F H ; Tiul. G; Triulatti presque tous.
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224
Eguituri, Nematuri ', Oratelli, Nerusii, Velaunii
Suetrii.
A l'empereur César, fils du divin César, Auguste, grand pontife, proclamé
empereur pour la quatorzième fois, en jouissance pour la dix-septième fois
de la puissance tribunitienne, le Sénat et le peuple romain. Parce que sous
sa conduite et sous ses auspices, Hous les’peuples Alpins, depuis la Mer Supé-
rieure jusqu'à l’Inférieure, ont été soumis à l’Empire romain. Peuples Alpins
vaincus : les Trumpilins, les Camunes, les Vénostes, les Vennonètes, les
Isarces, les Breunes, les Genaunes, les Focunates. Quatre nations Vindéli-
ciennes : les Cossuanètes, les Rucinates, les Licates et les Catenates ; les Am-
bisontes, les Rugusces, les Suanètes, les Calucones, les Brixenètes, les Lépon-
tiens, les Ubériens, les Nantuates, les Sédunes, les Varagres, les Salasses, les
Acitavons, les Médulles, les Ucennes, les Caturiges, lesJBrigiens, les Sogonces,
les Brodiontes, les Némalones, les Edenates, les Esubiens, les Véaraines, les
Gallites, les Triullates, lesEgdines, les Vergunnes, les Eguitures, les Néma-
tures, let Oratelles, les Nérusiens, les Velaunes et les Suétriens.
De cette immense- inscription, il ne nous est parvenu que
quelques fragments, que l’on a pu retrouver jusqu’à ce jour
dans les matériaux employés dans les constructions de la
Turbie et de l’ancienne cathédrale de Nice ; grâce au texte
de Pline, on a pu essayer quelques restitutions qui, pour
la plupart, paraissent certaines. Ces fragments sont au nom-
bre de onze : neuf d’entre eux sont au musée de Saint-Ger-
main, où j’ai pu les vérifier; le dixième est à la Bibliothèque
municipale de Nice, où je l’ai copié, et le onzième est aujour-
d’hui perdu ; mais il a été vu par Ricolvi, devant l’église de
la Vierge, à la Turbie.
Avant d’étudier la place qu’il convient de donner à ces
fragments, il est bon de savoir que les lettres de la première
ligne avaient 0,36 cent, de hauteur; tandis que celles des
mots de l’énumération des peuples n’en n’ont que 0,19 et
que l’intervalle d’une ligne à l’autre est de 0,09 cent., pour
cette énumération. Ces principes une fois admis, passons à
l’examen de chaque fragment.
Fr. 1. — AVG. Ce fragment n’a pu appartenir qu’au mot
Augusto de la première ligne. Mommsen le cite, d’après
Ricolvi, Corp. t. V, vol. 2, n“ 7817, i.
1. Nematuri H, édition de Detlefsen, Berlin 1806, et Corp. Mommsen ; tous les antres
portent Nementuri.
Digitized by CaOOQle
82 Î —
Fr. 2. — N doit appartenir à la première ligne à cause de
sa grandeur ; il faisait probablement partie du mot pontifici.
C’est sur ce fragment que je me suis appuyé pour établir que
les lettres de la première ligne avaient 36 cent, de hauteur.
Il a été cité par le comte deCessoles, qui, le premier, l’a fait
connaître dans les Mém. de l'Ac. de Turin, série II, vol.
V, an. 1843, p. 164 et suivantes, et dans la planche qui ac-
compagne son mémoire. — Par Bourquelot, Inscr. ant. p.
33, n. 19. — Carlone, Epigr. greco-massal. et rom. p. 68,
n. 101 (note). — A. Bertrand, Rev. a rch. nouv. série t. XIX,
p. 309. — Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, p. 906, n. 7817, 3.
Fr. 4. — (Voir pl. V.) Ce fragment appartient sans aucun
doute au mot Trumpilini ; les amorces de lettres que l’on
voit au dessus doivent se lire S • ALPIN et font partie des
mots Gentes Alpinæ. Ce morceau est le plus anciennement
connu, il a été cité par Gioffrcdo, Nie. civ. p. 4. — Bouche,
Hist. de Prov. t. I, p. 99. — Ricolvi, Inscrit. — MafFei,
Muséum Veronense, p. 232. — Lanciarez, Mem. Storich.
p. 13. — Durandi, Il Piem. c isp. p. 21. — A. Beaumont,
Travels through the Maritime Alps. p. 111. — Millin,Vot/.
dans les dép. t. II, p. 581. — Bonifassi, Nie. inscr. n. 16.
— Do Cessoles, Mém. de l’Ac. de Turin, II série, vol.
V, an. 1843, p. 164 sq. et planche n. 2. — Bourquelot, Inscr.
ant. p. 30, n. 19. — Sanguinetti, Inscriz. rom. dell. Lig.
p. 185. — Carlone, Vest. épigr. p. 67, n. 101 (note). — Ber-
trand, Rev. arch., etc. n. 31. — Cerquand, Rev. arch. nouv.
sér. t. XX, p. 281, n. 1, — et Mommsen, Corp. t. V, vol. 2,
p. 906, n. 7817, 4. — Desjardins, Géogr. de la Gaule , t. II,
p. 247, n. 1.
Fr. 5. — Ni, c’est la fin du mot Trumpilini : les deux
fragments se raccordent très bien ; tous les auteurs qui ont
cité ce fragment sont unanimes à ce sujet. Il est cité par
Ricolvi, Inscr. — Cessoles, Mém. de l'Ac. de Tur. etc.,
p. 164, sq. pl. 2. — Bourquelot, Insc. ant. p. 30, n. 19. —
Sanguinetti, Inscriz. dell. Lig. p. 185. — Carlone, Vest.
épigr. p. 68, n. 101 (note). — Cerquand, Rev. arch. etc.,
p. 281, n. 2. — Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, p. 906, n.
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— 223 —
7817, 5. — Desjardins, Géogr. de la Gaule , t. II, p. 247, n. 2.
Fr. 6. — C. Cette lettre est précédée d’un grand espace
vide : elle commençait donc un mot ; elle pourrait donc se
rapporter aux mots Cammuni, Cosuanetes, Catenates, Ca-
lucones et Caturiges. Mais la pierre parait se rattacher à
la ligne précédente ; ce qui me fait accepter l’opinion, géné-
ralement admise par les auteurs, qu’elle formait la première
lettre du mot Camunni. Ce fragment a été cité par Cer-
quand, Rev. arch. etc., p. 281, n. 5. — Mommsen, Corp.
t. V, vol. 2, p. 906, n. 7817, 6. — Desjardins, Géogr. de
la Gaule, t. II, p. 248, 5.
NI
Fr. 7. — NOST. Il ne peut y avoir de doutes sur ce frag-
ment: c’est la fin du mot Venostes*, surmontée des amorces
de la syllabe NI, qui formait la fin du mot Camunni.
M. Desjardins, qui n’a pas adopté la disposition des noms
de peuples par colonnes, tout en lisant dans la ligne du bas
Venostes, fait surmonter ce mot des lettres NF de inferum,
dont la partie inférieure pourrait au besoin avoir formé les
amorces de lettres qui se trouvent sur le fragment ; mais
on ne peut adopter cette manière de voir, car il est certain
que les considérants du décret étaient en lettres plus grosses
que celles des noms de peuples ; il est donc nécessaire,
pour faire concorder ce fragment, d’accepter l’ordre dispo-
sitif que j’ai suivi. Ce fragment est cité par Ricolvi. — De
Cessoles, Mém. de VA. de Tur. etc., p. 164, sq. pl. 2. —
Bourquelot, Inscr. a nt. p. 31, n. 19. — Sanguinetti, Inscriz.
dell. Lig. p. 185. — Carlone, Vest. épigr. p. 67, n. 101
(note). — Bertrand, Rev. arch. etc., n. 32. — Cerquand,
Rev. arch. etc., n. 3. — Mommsen, Corp. t. Y, vol. 2,
p. 906, n. 7817, 7. — Desjardins, Géogr. de la Gaule, t. II,
p. 247, n. 3.
Fr. 9. — A VN . Ce fragment ne peut avoir appartenu
qu’aux mots Genaunes ou Velauni, car l’amorce de la lettre
qui précède le V est bien un A ; mais il faut remarquer
qu’ au-dessous de cette syllabe, il se trouve un grand espace
vide : ce mot était donc le dernier ; or, en adoptant la dis-
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position en colonnes, il ne peut convenir qu’au mot Genau-
nes. M. Desjardins, qui dans sa disposition place ce mot à
sa quatrième ligne, considère ce fragment comme ayant fait
partie du mot Velauni ; mais, je l’ai dit, la disposition en
colonnes s’impose et ne permet pas d’adopter cette manière
de voir.
Ce fragment aété cité par Cerquand, Rev. a rch. etc., n. 6.
— Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, p. 906, n. 7817, 9. — Desjar-
dins, Géogr. de la Gaule t. II, p. 248, n. 6.
Fr. 8. — NI. Ce fragment peut avoir fait partie des mots
Dreuni, Seduni, Ucenni, Brigiani, Nemaloni, Esubiani,
Vea mini, Egdini et Vergunni ; mais, comme M. Mommsen
en fait la fin de Breuni, je lui ai conservé cette place. On
trouve ce fragment cité par M. de Cessoles, Mém. de l'Ac.
de Tur. II série, vol. 5, ann. 1843, p. 1G4 et sq. etpl. n. 2.
— Bourquelot, Inscr. ant. n. 19, p. 30. — Sanguineiti,
Inscriz. dell. Lig. p. 185. — Carlone, Vest. épigr. p. 67,
n. 101 (note). — Bertrand, Rev. a rch. etc., n. 31. — Cer-
quand, Rev. a rch. nouv. sér. t. XX, p. 281, n. 4. — Momm-
sen, Corp. t. V, vol. 2, p. 907, n. 7817, 8. — Desjardins,
Géogr. de la Gaule t. II, p. 247, n. 4 ; ce dernier duteur, à
cause de la disposition qu’il a adoptée, en fait la fin de
Vergunni.
M
Fr. 10. — DE. Ce fragment a été mal lu par M. Momm-
sen, qui a vu à la ligne supérieure l’amorce d’un V ; tandis
qu’on n’y reconnaît qu’une cassure qui par sa forme, il est
vrai, rappelle cette lettre, mais qui n’est qu’un accident : on
y voit très bien, à côté de cette cassure, la première haste
d’un M, qui ne peut être confondue ni avec celle d’un A, qui est -
plus penchée, ni avec celle d’un N, qui est tout à fait droite.
M. Mommsen, qui dans sadispositionde l’inscription ne laisse
pas de vide entre Vindelicorum et Focunates, place là ce
fragment; selon lui le DE fait partie de Vindelicorum et l’V
appartient à Focunates. C’est le rapprochement de ces deux
lignes qui force M. Mommsen à couper le mot Eguituri,
comme on le verra plus loin, afin de conserver aux colonnes
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225
de noms le même nombre dépeuples. Comme, ainsi que je le
dirai plus bas, je n’admets en aucupe façon la coupure du
mot Eguituri, j’ai disposé l’inscription de façon à obtenir
un vide après le mot Focunates ; ce qui me fait gagner un
nom et me permet de donner à la dernière colonne le même
nombre de lignes qu’à toutes les autres. Il semble en effet,
qu’il doit y avoir eu après Focunates un espace libre ; car
l’inscription reprend à nouveau : Vindelicorum Gentes
quatuor, comme elle a commencé : Gentes Alpinæ devictæ.
Je suppose donc que le fragment ci-dessus doit avoir ap-
partenu aux mots Nemaloni pour la partie supérieure et
Edenates pour la partie inférieure. M. Desjardins, qui en
fait une partie du mot Oratelli de sa dernière ligne, néglige
l’amorce supérieure. Ce fragment a été cité par Cerquand,
Rev. arch. nouv. sér. t. XX (1869), p. 281, n. 7. Cet auteur .
propose d’en faire ou devictæ et sunt, ou, comme l’afait après
lui M. Mommsen, Vindelicorum et Focunates : la première
de ces deux combinaisons est doublement impossible à cause
de la grandeur des lettres du mot sunt qui devaient avoir,
nous l’avons vu, plus de 19 cent, de hauteur; la seconde
raison est que l’amorce de la lettre supérieure n’est pas un
V. — Mommsen, Corp. t. V, vql. 2, p. 907, v. 7817, 10. —
Desjardins, Géogr. de la Gaule t. 2, p. 248, n. 7.
Fr. 11. — (Voir pl.V.) Deux parties d’N,laligne supérieure
contient la fin de cette lettre et la ligne inférieure le commen-
cement. Il y a au dessus un assez grand vide ; M. Mommsen
le place au haut de la même colonne que moi, mais il le donne
aux mots Nemaloni et Drodionti. Comme d’après la dis-
position que j’ai adoptée, la colonne commence par le mot
Sogontii, au-dessous duquel se trouve le mot Brodionti,
c’est à ces deux mots que je l’ai attribué ; le grand vide su-
périeur s’explique par l’espace compris entre les sigles
P. et R. M. Desjardins, à cause de la disposition qu’il a
cru devoir donner à l’inscription, est obligé de transporter
ce fragment à la première ligne ; et, ne tenant pas compte du
peu de hauteur des lettres, il en fait l’N de tribunic de sa
première ligne et celui de Gentes de sa seconde ; mais ces
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— 226 —
deux lettres avaient certainement plus de 19 cent., pui9qne
nous avons vu que les lettres de la première ligne en avaient
36 : il n’est donc pas possible d’admettre cette attribu-
tion. Ce fragment n’est cité que par M. Mommsen, d’après
Hirschfeld, qui lui en a envoyé une copie, et par M. Desjar-
dins dans sa Géographie de la Gaule.
J’ai réservé pour le dernier le fragment n # 2, AV.
M. Mommsen en fait une partie du mot a uspiciisque, parce
que, dit-il, le témoignage de Ricolvi démontre, d’une part,
qu’il n’a pas pu faire partie du mot AugiLsto, puisque Cer-
quand l’a trouvé dans l’intérieur d’un mur, de manière à ce
qu’il ne pouvait se lire : il ne peut donc, en aucun cas, être
confondu avec celui AVG qu’a vu Ricolvi ; d’autre part, le
fragment d’N conservé à la bibliothèque de Nice établit bien
certainement que la première ligne avait 36 cent.; il faut
donc chercher autre chose. Il ne croit pas pouvoir l’appli-
quer à un nom de peuple, parce qu’il remarque que l’in-
terstice entre les noms des peuples n’est que de 9 1/2 cent. ;
tandis qu’on en compte près de 22 au-dessus de ce fragment :
il faut donc, selon lui, en faire de toute nécessité le com-
mencementdu mot a uspiciis, qui, étant à la troisième ligne,
doit avoir été écrit en caractères plus petits. M. Desjardins
propose d’en faire AV de Augusto. Je n’ai accepté ni l’une
ni l’autre de ces manières de voir; et comme les lettres
du fragment 2 mesurent exactement la même hauteur que
celles de tous les fragments qui appartiennent à l’énuméra-
tion des peuples, je considère ce fragment comme apparte-
nant à cette énumération et je l’applique au mot Velauni. Le
vide qui est au sommet s’explique très bien ; car, comme le
bloc n’est pas carré à son sommet, il en résulte que c’est
l’interstice entre deux lettres qui est conservé (voy. la
pl. V). En effet le mot Nerusi, qui surmonte Velauni ,
possède un V, lettre qui laisse à droite et à gauche un espace
suffisant pour expliquer le vide qui surmonte AV. Je crois
que les 3* et 4' lignes n’étaient pas en lettres aussi gran-
des que les l r * et 2° ; mais je suis persuadé qu’elles étaient
plus grandes que celles des noms de l’énumération géo-
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387
graphique. Ce fragment a été cité par Cerquand, Rev.
a rch. etc. n. 8. — par Mommsen, Corp. t. V. vol. 2 p.906
n. 7817,2. — Desjardins, Géogr. de la Gaule, t. 2. p. 248,8.
J’ai adopté en partie, pour la disposition de l’inscription,
le système de M. Mommsen, qui m’a paru le plus satisfai-
sant de tous ceux qui avaient été proposés jusqu’à ce jour ;
mais où je n’ai pas suivi cet auteur, c’est dans sa coupure du
mot Eguituri en deux noms Egui et Turi. M. Mommsen, en
effet, s’appuie pour faire cette coupure sur deux passages de
Pline, que l’édition de Teubner 1 2 donne ainsi qu’il suit pour
le premier de ces textes : « Ligurum celeberrimi ultra Alpes
Sallui, Deciates, Oxubi ; citra Veneni, Exturri, Soti,
Vagienni* , etc. » Ce qui est ainsi corrigé dans le Corpus 3 4 :
Citra (Alpes) Venemes, Turri,Soti, Bagienni, etc. Ce même
texte est donné de la façon suivante par M. Littré dans la
collection Nisard 4 : Citra (Alpes) Veneni et Caturigibus
orti Vagienni, etc. On le voit, dans cette leçon, les mots
Turi et Soti font partie, le premierdu mot Caturigibus et le
deuxième emprunte l’s finale de ce dernier mot et le mot
orti en entier. Le second texte que M. Mommsen prend
dans Pline 5 , se trouve rapporté ainsi dans Teubner :
« Cottianæ civitates Etturi Liguribus orti Vagienni, etc.; »
lo Corpus en fournit la leçon suivante : « et Turii Liguribus
orti Bagienni, etc.; «enfin l’édition Nisard donne : « Catu-
riges et ex Caturigibus orti Vagienni, etc.,» En somme,
rien de douteux comme ces deux passages.
Presque toutes les éditions de Pline donnent ces deux
textes comme M. Nisard et tous les manuscrits de la Biblio-
thèque Nationale à Paris semblent, à quelques petites
différences près, confirmer cette leçon : en sorte que la
correction ne serait admissible, à mon avis, qu’à la
condition que d’autres auteurs, ou des monuments lapidai-
res, nous eussent fait connaître ces Turi ; tandis que, par le
1. Caii Plinii Secundi Not . Hiat. Liptiœ, B. O. Teubneri 1870 in-8*.
2. Teubner Plin. nat. Hiat. III, 5 (7), 47, p. 132.
3. Corp. t. V, vol. 2. p. 873.
4. C. Plinii Hiat. Not. III , XXIV, 4.
5. C. Plin. Ed. Niaard 1. III, VII, I, p. 161.
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— 228 —
fait, M. Mommsen s’appuie d’un côté sur un texte douteux,
qu’il corrige, d’après le monument delaTurbie, pour corriger
l’inscription de la Turbie, que tous les manuscrits et toutes
les éditions donnent avec le mot Eguituri ; et de l’autre sur
l’inscription du monument de la Turbie ainsi corrigée par
lui, pour établir le texte de Pline.
Si encore l’on trouvait dans un seul manuscrit le mot
Eguituri de l’inscription coupé en Egui-Turi, on pourrait,
au besoin, si faible que fût cet appui, s’en servir pour étayer
cette opinion ; mais dans l’espèce, on ne s’appuie sur rien.
D’ailleurs, le mot Eguituri est immédiatement suivi du
mot Nementuri ; et les deux finales des deux mots ont trop
de rapports entre elles, pour permettre la disjonction de l’un
de ces deux mots. Enfin, aucun auteur, ni Pline ni autre, ne
fait mention de peuples nommés Egui.
Ces diverses raisons me paraissent de nature à infirmer
l’opinion émise par M. Mommsen : c’est pourquoi j’ai réta-
bli le mot Eguituri.
Je n’ai pas changé le mot Nerusi en Nemesi, quoique, à
mon avis, c’est ce dernier mot qu’aurait dû porter l’inscrip-
tion : parce qu’en somme il est possible que l’inscription ait,
par suite de l’ignorance de ses rédacteurs, porté le mot
Nerusi , que l’on trouve écrit dans tous les manuscrits ;
mais si j’ai laissé ce mot tel quel dans l’inscription, je l’ai
corrigé dans ma carte ancienne, d’après le monument de
Vence, qui mentionne le Collegium lignariorum juvenum
Ncmesiorum.
J’ai fait faire un moulage de cette inscription ; il est
actuellement déposé au musée de Saint-Germain-en-Laye.
J’ai aussi maintenu le mot Esubiani, quoique, à mon
avis, le monument ait dû porter Vesubiani ; mais comme
rien ne le prouve, c’eût été montrer trop de hardiesse, que
corriger ainsi, d’après de simples présomptions, quelques
probables qu’elles peuvent être, le seul monument antique
qui nous ait conservé les noms anciens des peuples alpins.
Nommer tous les auteurs qui ont parlé de l’inscription de
la Turbie serait un très long travail sans aucune utilité. Elle
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— 229 —
a été rapportée par Pline (Hist. Nat. III, 20, 136 J. Un
grand nombre d’écrivains l’ont, depuis, plus ou moins fidèle-
ment reproduite. Je me contenterai de citer ceux qui ont
publié des fragments retrouvés à laTurbie. .
Le plus ancien de tous est Gioffredo ; mais avant lui, dom
Lopez de Zuniga, dans son Voyage de Tolède à Rome, avait
déjà dit 1 que l’inscription que rapporte Pline était à la
Turbie. Quelques années après, Manuti * , mentionnant '
l’inscription de Pline, dit qu’elle se trouvait à la Turbie ;
.mais Gioffredo est le premier qui ait publié un fragment de
l’inscription.
Il rapporte deux descriptions anciennes de ce monument,
qui ont été reproduites dans leur entier par Mommsen dans
le tome V du Corpus. D’après ces descriptions, le mo-
nument aurait été composé d’une grande base carrée suppor-
tant un socle aussi carré, qui, lui-même, soutenait une
construction ronde, entourée de colonnes d’ordre dorique,
que surmontait une coupole, au sommet de laquelle se voyait
la statue d’Auguste. Dans diverses parties du monument, il
existait des niches, dans lesquelles se trouvaient des statues
(peut-être la tête de Drusus qui a été trouvée à la Turbie et
achetée parle prince de Danemark, était-elle une de ces der-
nières). Selon l’auteur anonyme de cette description, l’ins-
cription était placée sur l’une des faces du socle, au-dessous
d’une frise ornée de bas-reliefs, dont un fragment se trouve
actuellement au musée de Saint-Germain.
Il y a dans tout cela, comme dans tout travail de reconsti-
tution, du vrai, du possible et de l’incertain. L’état de déla-
brement et de ruine dans lequel se trouve le monument à
l’heure actuelle, ne permet pas de dire avec certitude ce qui
était vrai à l’époque où les descriptions ont été faites.
Un autre description, sommaire et fantaisiste celle-là, en
a été faite par Raymond Féraud dans la Vida de Sant
Honorât) y en ai parlé dans l’introduction de ce travail.
1. Itinerarium ab oppido complu terni Tôle la nœ provindœ ulteriorit Hitpaniœ,
etc Rome, 15, 21, in-4° — Bd. Franc. Schott. p. 129.
2. Codex Vaticanuê, n* 5237.
15
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— 230 —
On a longtemps discuté sur l’emplacement des trophées
d’Auguste : quelques-uns les plaçaient à Suze, où l’on voit
un arc de triomphe portant une inscription ; d’autres vou-
laient qu’ils fussent à Aoste, où l’on trouve aussi un arc qui
a perdu son inscription; et d’autres enfin à la Turbie. Toutes
ces discussions sont closes depuis que le comte de Cessoles
a démontré dans son mémoire que l’inscription de la Turbie
était bien authentique, depuis surtout qu’on a retrouvé onze
fragments de l’inscription antique, employés pour la plupart
dans l’appareil de constructions certainement antérieures à.
l’époque où tant d’inscriptions fausses ont été fabriquées ; et
tout le monde aujourd’hui se plaît à reconnaître que, d’une
part, les trophées d’Auguste étaient placés à la Turbie, et
que, d’autre part, les fragments d’inscriptions que l’on a
retrouvés sont bien authentiques. Walckenaer a été le der-
nier à soutenir le contraire : sans avoir jamais vu les pièces
du procès, il prétendait que les fragments retrouvés n’étaient
que des copies modernes, fabriquées avec le texte de Pline ;
mais personne n’admet aujourd’hui cette opinion émise par
Walckenaer sans aucun fondement sur une simple supposi-
tion de Cluvier.
Discussion mn la position des peuples mentionnés dans
Plnscrlptlon de la Xurble
Je n’ai pas à m’occuper des vingt-quatre premiers noms
qui mentionnent des peuples situés en Italie ; je ne commen-
cerai donc mon étude qu’à partir des Medulli. Ils sont
nommés sur les trophées d’Auguste et sur l’arc de Suze ; ils
sont d’ailleurs mentionnés par Pline ’, Strabon *, Ptolémée s ,
Vitruve 4 . Leur position semble pouvoir être précisée d’une
1. Pline, Hiit. Nal., III, XXIV (XX), 4.
2. Strabon, IV, vi, 5.
3. Ptol. Géogr., Il, x, (IX), II.
4. Vitruve, De Areh. y VIII, 3. « In Àlpibus natione Medullorume st genus aqua quant
bibunt efficiuntur turgidis gutturibus. »
Ce passage a servi à placer les Medulli dans la Maurienne ; car ce sont les peuples les
plus goitreux que l’on connaisse. Il est curieux de remarquer combien cette opinion que
ce sont les eaux provenant des.fontes de neiges qui donnent naissance aux goitres, est
ancienne. On ne se rendait pas encore compte du pourquoi, le remède n'était pas trouvé ;
mais la cause était parfaitement déterminée.
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— 234
façon à peu près certaine dans la Maurienne, vallée de l’Arc.
Lès Ucenni qui suivent et qui paraissent être les mêmes
que les Iconii, devaient habiter la vallée de la Romanche.
Comme j’en parlerai à propos de l’inscription deClanz, je
ne fais que rappeler leur situation.
Les Caturiges étaient les peuples qui ont formé plus tard
le diocèse d’Embrun ; leur capitale était Chorges. Ils sont
mentionnés sur les deux monuments de Suze et de la Turbie.
Les Brigiani étaient certainement placés dans le terri-
toire de la Briga. M. Desjardins 1 propose de les inscrire
dans la vallée supérieure de la Durance à Briançon, tout en
faisant remarquer que cette ville faisait partie du territoire
des Caturiges et qu’elle était certainement soumise au roi
Cottius, qu’en conséquence 'elle aurait dû être inscrite
plutôt sur l’arc de Suze que sur le monument de la Turbie.
Le savant géographe a parfaitement raison ; d’autant mieux,
que l’inscription sur laquelle il s’appuie pour faire cette
attribution, n’appartient pas à Briançon, mais à Briançonnet
de la vallée de l’Estéron, comme nous le verrons plus loin.
Les Brigiani habitaient la haute vallée de la Roya ; ils
étaient bornés au nord par les hautes cimes du Clapier, du
Gelas etdu Mercantour (de 3, 000 à 3,500 m.)qui les séparaient
de la vallée de la Sture, qui, de cette façon, se trouvait
entre les Brigiani et les Caturiges. Au midi ils confinaient
aux Intimilii ; à l’ouest ils étaient séparés de la vallée de
la Bevera, qui servait probablement d’habitation aux Mon-
tant, par la Nauque, la Cime-du-Diable et le Bego (de
2,200 à 2,500 m.). Ils habitaient donc les territoires occupés
aujourd’hui par Tende, la Briga et Saint-Dalmas. Walcke-
naer * et Durandi 3 proposent le premier Briançon et le
second à Briançonnet : nous verrons plus loin que ce pays
était occupé par d’autres peuples. D’ailleurs, les mots Brig
ou ordo Brig. des inscriptions sur lesquelles on s’appuie
pour soutenir cette opinion, ne s’appliquent pas aux Bri-
giani, mais bien à la ville de Brigantium.
1. Desjardina, Qéograph. de» Gaule», t. II, p. 253.
t. W&lckenaer, Géograph. de» Gaule», t, II, p. 36.
8. Durandi, Piem. ciepadan ., p. 22,
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— 232 —
Les Sogontii, qui, sur l’inscription de la Turbie, suivent
les Brigiani, devaient être placés dans le territoire de
Puget-Théniers : on trouve dans les parties montagneuses
de cette contrée un grand nombre dç noms qui semblent
rappeler celui des Sogonces, mais en particulier celui de
Souches, que les chartes donnent sous la forme de locus de
Sogonches, et les livres terriers de la fin du XVI* siècle
Sounches. La chute du G et de l’N suivant la diphthongue
ou est chose très commune dans les langues méridionales;
il semble donc que le mot Sogoncii se soit transformé (par
suite de certaines tendances au chuintement, propres aux
peuples montagnards et à la langue génoise en particulier)
en Sogonchii ou Sogonches [, qui a fait Soonches, qui lui-
même a fourni Souche. Il est incontestable que ce n’est là
qu’une conjecture ; mais elle m’a paru assez fondée pour
mériter d’être mentionnée.
Walckenaer *, propose de placer ces peuples au nord-est
de Forcalquier aux environs de Sigonces. M. Desjardins *,
dit que rien n’est plus douteux que cette attribution.
Durandi 8 , les place comme moi dans les environs de Sonches,
mais plus au nord, laissant le territoire de Puget-Théniers
libre pour une autre peuplade. Ces peuples étaient séparés
de leurs voisins par des cimes variant entre 1,500 et 2,400
mètres de hauteur ; leur territoire était formé par l’ensemble
de la vallée de la Rodoule.
Les Brodiontii, qui venaient ensuite, ont été avec juste
raison, ce me semble, assimilés aux Bodiontici de Pline.
Malgré cela Walckenaer 1 2 3 4 propose de les placer dans la
vallée d’Olle, qui, dit-il, est dominée par une montagne
nommée Brodont.
Si, comme le veut M. Desjardins 5 et comme je le pense
les Brodiontii et les Bodiontici sont identiques, c’est dans
les environs de Digne qu’il faut les placer.
1. "Walckenaer, Oéogr. des Gaules, t, II. p. 39.
2. Desjardins, Qèograph. de la Gaule , t. II, p. 233.
3. Durandi, Piémont, eisp., p. 22.
4. Walckenaer, Géogr. delaGaul ., t. II, p. 38.
5. Desjardins, Loc. cit ., p. 254.
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233
Walckenaer 1 2 propose de placer les Nemaloni dans la
vallée de Miolan. J’avoue, avec M. Desjardins, que le rap-
prochement me parait peu concluant ; mais je ne sais où
les mettre.
Après les Nemaloni viennent les Edenates. Walcke-
naer *, propose de les placer dans la vallée d’Egnan au-
dessus de Voiron. M. Desjardins 3 déclare que leur position
est encore à découvrir, mais d’ An ville 4 , et avant lui Bouche 5 * ,
avait remarqué que le nom ancien du village de la Seyne
s’écrivait en latin Sedena : « la ville de Seyne, dit Bouche,
assez ample et considérable aux montagnes de cette pro-
vince, du diocèse d’Embrun, estant la principale de plusieurs
villages voisins, vulgairement dit chef de Viguerie, elle
s’appelait anciennement Sedena, comme il appert du cata-
logue des couvents de l’ordre des frères Prescheurs, où il y
a Conventus Sedenae de l’an 1445, et ainsi il ne s’y ajoute
qu’une lettre S au mot Edenates 8 . »
Cette manière de voir avait été acceptée par Papon 7 ; mais
depuis la publication des géographies de MM. Walckenaer
et Desjardins, leur situation était remise en question : il me
parait donc nécessaire de résumer quelles sont les raisons
qui m’ont déterminé à reprendre à nouveau l’attribution de
Bouche.
En 1837 on a découvert à Rochegude, près Avignon, un
vase de terre noire contenant plusieurs kilogrammes de
monnaies, parmi lesquelles on remarquait quelques deniers
à la légende Dertrandus cornes Edne ; cette légende
embarrassa fort les numismates, on proposa de traduire
Bertrandus cornes e(t) d(ux) N (arbonje 8 . Cette classifi-
1. Walck., Loc. cit f} p. 37.
2. Id. Id. p. «5.'
3. Deajardina, Loe. cft.,p. 254.
4. D’Anville. Notice de la Gaule , p. 288.
5. Bouche, Hist. de Proc ., t. I, p. 104.
0. L’adjonction d’un S avant un nom n’est pas chose si extraordinaire que l'on n'en
trouve d’autrea exemples ; ainsi du temps de TzetzÀs, les Grecs avaient attaché un £
au commencement du nom des Alpes; ce qui fit dire à cet écrivain :
y AX7tta, où SxX7«a, Eùp<o7raTa r?)ç ’lxaXiaç [uyaXa. Lycophr.v, 1301.
7. Hist gén . de Proc., X. I, p. 110.
8. Rev. numismat. 1841. p. 373 et 4844, p. 127.
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234
cation ne fut pas admise, et quelques années plus tard, M.
de Longperrier *, les attribua à Bertrand IV, comte de For-
calquier (1150-1208) qui, dit-il, y est qualifié de comte de la
Seyne, cornes Edne, lequel nom vient évidemment du nom
des Edenates.
« Nous n’hésitons pas, dit-il, à penser qu’au XII e siècle le
nom antique était moins altéré encore et que la légende
cornes Edne signifie comte de la Seyne. »
Voilà, ce me semble, un monument assez probant ; on
savait que la Seyne. s’était appelée Sedena, ce qui offrait
déjà une grande analogie avec Edenates ; mais la forme
Edena est plus qu’une analogie, c’est une similitude absolue :
il me semble donc qu’il n’est plus possible d’hésiter et que
les Edenates doivent être définitivement placés à la Seyne.
Ces peuples sont, à mon avis, les mêmes que les Adanatii
mentionnés par l’arc de Suze ; mais je ne pense pas qu’ils
soient les mêmes que les Adunicates de Pline.
Les Esubiani, qui sont certainement les mêmes que les
Vesubiani de l’insciiption de l’arc de Suze, habitaient la
haute vallée de la Vésubie. A ce propos M. Desjardins *,
fait remarquer que le nom ancien de la Vésubie était
Vulpis, qu’il n’y a donc aucune analogie entre ce nom et
les Esubiani.
Il est vrai que l’on voit sur la table de Peutinger une
rivière du nom de Vulpis (v. pl. III), qui paraît occuper la
position de la Vésubie ; mais même en admettant que ce
nom soit en effet celui de cette rivière, il est clair que l’an-
cien nom s’est perdu et que le cours d’eau a gardé celui du
peuple habitant ses rivages ; son nom, dans ce cas, aurait
été primitivement fluvius Vulpis Vesubianorum et plus
tard fluvius Vesubianoi-um et enfin Vesubia ; car, il est
impossible de ne pas tenir compte de l’analogie des noms
quand ils se rapprochent à ce point.
1. Dissertation sur deux deniers frappés en Provence pour les comtes de Forçai -
quier, par M. A. de Longperrier. Dans les Mémoires de la Société des Antiquaires de
France , nouvelle série, t. X, 1850, p. 35-42.
2. Desj., Oéogr. de la Qaul t. II, p. 100.
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235
Plusieurs auteurs 1 2 3 ont proposé de les placer'aux alentours
d’Ubaye, le long de la rivière de ce nom, en se fondant sur
l’analogie des noms ; mais les meilleurs auteurs * ont pré-
féré en faire deux groupes, dont l’un, mentionné sur l’arc
de Suze, habitait les bords de l’Ubaye, et l’autre, inscrit
sur le monument de la Turbie, les bords de la Vésubie.
Cette distinction des Esubiani et des Vesubiani, en
plaçant les Esubiani sur la Vésubie, qui a conservé son V,
et les Vesubiani sur l’Ubaye, qui aurait perdu la syllabe
initiale, ne me parait pas acceptable. La principale des
raisons mises en avant pour soutenir cette opinion, est que
la Vésubie paraît bien éloignée du groupe Cottien pour
avoir fait partie du petit royaume de Cottius : à quoi il est
facile de faire remarquer que les Ectini sont tout aussi
éloignés, puisqu’ils habitaient la vallée de la Tinnée ; et
pourtant aucun auteur ne s’est avisé de vouloir les distinguer
des Egdini de l’arc de Suze. On ne peut donc pas s’appuyer
sur cet argument.
Les Veamini, suivant d’Anville s , habitaient les environs
de Thorame (haute et basse) entre l’isole et le Verdo, dans
l’ancien diocèse de Senez. Cet auteur dit que le nom ancien
de Thorame est Thoraminia, et Papon 4 ajoute que dans les
langues celtiques vean signifie montagne et min rouge,
d’où notre mot minium ; il fait remarquer que les monts de
Thorame sont rouges 5 6 , et que tor signifiant habitation,
l’analogie lui parait frappante. Je ne sais de quel celtique
veut parler Papon; mais en breton tor signifie ventre et
min nez ou visage, et par extension cap, promontoire : dans
ce cas l’analogie se comprendrait difficilement. Mais en
laissant de côté l’étymologie fantaisiste de Papon, on peut
conserver les Veamini dans cette situation, puisqu’on n’a
rien de mieux à offrir. Walckenaer® accepte l’identification
1. Papon, HUt. Gen. de Prov., p. 110, etc.
2. D’Anville, Notic ., p. 293-294. — Desjardina, îoe. cil., p. 100.
3. D’Anville, Not , p. 682.
4. Papon, Hi*t. gén. de Prov , t. 1, p. 111.
3. Ce sont des schistes rouges qui forment en grande partie le terraia permien.
6. Oéogr. de la Gaule, U II, p. 13.
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236
de d’Anville, et Desjardins *, tout en déclarant qu’ils n’ont pu
être identifiés avec certitude, ne propose rien.
Les Gallitae, qui viennent ensuite, ont été placés dans
les environs de Gilette, au confluent du Var et de l’Esteron,
par Durândi * et Walckenaer 1 2 3 * 5 6 ; mais cette identification n’est
pas acceptable, et je préfère m’en tenir à l’avis de Papon *,
qui les place entre Alloz et Colmars, dans la haute vallée du
Var.
Les Triullatti, qui venaient ensuite, ont été placés par
Durandi*, à Triola, vallée de la Roya, et par Walckenaer*,
sur les bords du Var entre Guillaumes et Entrevaux, où,
dit-il, on trouve la rivière Tuelli et la cime nommée Ailette.
J’avoue que je suis peu convaincu par ces raisons,' et dans
l’incertitude, je préfère adopter le sentiment de Gioffredo 7 8 ,
qui les place entre Alloz et Barcelonnette.
La position des Ectini, qui viennent ensuite, me parait
convenir à la haute vallée de laTinée. M. Desjardins* dit
à propos de cette attribution : « les conduire sur les bords
de la Tinea (Tinier), sous prétexte que le nom de cette rivière
a conservé leur souvenir, ne saurait plus contenter per-
sonne. » D’abord le nom de la rivière n’est pas Tinier (qui
en latin donnerait Tinerii et non Ectini, mais Tinée), dont
la transcription latine est Tinia ; mais il y a plus : la prin-
cipale ville de cette région se nomme Saint-Etienne ; or,
sans prétendre que Etienne vienne de Ectini, dans tous les
cas, ne peut-on pas croire que les premiers chrétiens ont
consacré ce village à Saint-Etienne, justement parce que
le nom de ce saint rappelait celui de ce village ? On trouve
dans les Gaules de nombreux exemples de ce fait : ainsi
Sembetten, dans les Pyrénées, à fait Saint-Béat ; Mons
MaHis, à côté de la Napoule, à fait mont Saint-Martin, etc.
1. Desjardins, loe. cit ., p. 100.
2. Durandi, II Piem. cisp. Ânt. t p. 26.
3. 'Walckenaer, Géogr. des Gaules, t. II., p. 41.
4 Papon, Hist. gén. de Prov ., 1. 1, p. 111.
5. Durandi, Il Piem. cisp., p 26.
6. Walckenaer, Géogr. des Gaul , t. II, p. 41.
7. Giofftedo, Stor. dell. Alp. Maril ., Chorog.
8. Desjardins, Géogr, de la Gaul. row.,p. 255.
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237
Ces sortes de calembours sont très communs ; on en trou-
verait cent exemples dans les Gaules. Je pense donc qu’on
peut sans crainte maintenir les Ectini dans la vallée de la
Tinée. Seulement, je ne suis pas de l’avis de Durandi qui
croit qu’ils s’étendaient de Puget-Théniersà Saint-Etienne :
Puget-Théniers est sur les bords du Var, et son territoire
est séparé de celui de Saint-Etienne par le massif du
Mont-Mounier, d’une hauteur qui varie entre 2,200 et
2,800 mètres, ce qui rend les communications très pénibles
en été et tout à fait impossibles pendant huit mois de l’année.
Après les Ectini venaient les Vergunni, dont la position
semble certaine aux environs de Vergons, à l’ouest d’En-
trevaux. Bouche * rapporte des actes du moyen âge dans
lesquels le nom de cette localité est écrit Vergunni ; il serait
impossible de demander davantage.
J’ai placé les Eguituri dans la haute vallée du Var, dans
les environs d’ Entraunes ; non pas que je trouve une simili-
tude de noms quelconque, mais simplement pour ne les pas
éloigner des Nèmaturi. J’ai suivi en cela la classification de
Gioffredo * ; M. Desjardins 1 2 3 4 5 6 les verrait plus volontiers aux
environs d’Egouares, au confluent de l’Ubaye et de la Du-
rance, ou (suivant Walckenaer *) dans un district nommé
Entre-deux-Guiers. M. Mommsen* a fait de ce nom deux
peuples : les Egui et les Turi ; on a vu déjà pourquoi je ne
me suis pas associé à cette manière de voir.
Les Nematuri étaient, selon Durandi 7 et Walckenaer 8 9 ,
dans les environs de Demandols, entre Castellane et Ver-
gons ; M. Desjardins * dit que leur situation est à chercher ;
Gioffredo 10 11 les met à Glandevez ; Papon u croit qu’ils habi-
1. Durandi, Piem. eUp.. p. 96.
2. Bouche, HUt. de Prov., 1. 1, p. 178.
3. Gioffredo, Stor. dell. Alp. Marit ., Chorogr.
4. De «jardins, Oéogr „ etc., p. 255.
5. Walck., Oéogr. dee Gaules, t. II, p. 68.
6. Corp. t. V, vol. 2, p. 907. $
7. Durandi, Piem. cUpad ., p. 27.
8. Walck., Oéogr etc., p. 41.
9. Deajard., loc. cil., p. 255.
10. Giolfr., loc. cil.
11. HUt. de Prov., %. I, p. 113.
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238
taient le territoire de Clanz : c’est à ce dernier avis que je
me suis rangé. Cet auteur prétend que leur nom en langue
celtique signifie habitants d’un pays boisé ; or, comme le
pays de Clanz fournit les plus beaux bois du département, il
en conclut que les Nematuri y habitaient. Quoique je ne
m’associe pas à ces conclusions dans ce qu’elles ont de trop
absolu, il est certain que la montagne de Clanz forme un
district parfaitement distinct des pays environnants : c’est
une seule montagne couverte d’une épaisse forêt, qui semble
plutôt rappeler un bois sacré qu’autre chose ; et s’il fallait
chercher une étymologie au mot Nematuri, je serais bien
plus porté à le rapprocher du sanscrit Nemindâra, qui
était le nom d’une des sept montagnes fabuleuses situées
autour de Mêru (l’Olympe des Indhous). En effet, Nemi
signifie lieu consacré, et l’on verra plus loin que ce lieu
parait avoir été consacré à quelques divinités et notam-
ment à Hercule.
D’un autre côté Nemas ignifie ravin à pic, fossé, fente dans
la terre ; or, il est impossible de trouver un lieu plus abrupt
que le vallon de la Tinée en cet endroit ; les deux rives
sont à pic et les vallons qui descendent de la montagne for-
ment une multitude de cascades, se précipitant dans la Tinée
d’une hauteur de plus de cent mètres. En somme, mon avis
eçt que le territoire de Clanz doit être laissé aux Nematuri.
Les Oratelli sont placés par Walckenaer 1 2 entre la mon-
tagne d’Oret et le lieu nommé Orres. Tout en mentionnant
cette opinion, M. Desjardins* dit qu’on peut en douter;
Gioffredo 3 les place près de Peille au village détruit d’Oira ;
Durandi 4 et Papon 5 6 les placent à Utelle, dans la basse
vallée de la Vésubie. C’est l’opinion que j’ai adoptée.
Les Nerusii ou mieux les Nemesii étaient à Vence, nous
en avons la preuve évidente par le témoignage de Ptolémée*.
1. Oéogr. des Gaules, t. II, p. 66.
2. De«j., loc. cit., p.255.
3. Gioffred., Stor. etc.
4. Durandi, JlPiem. cisp., n. 27.
5. Hist. gén. de Prov , p. 113.
6. 111,1,41.
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— 239 —
Walckenaer 1 2 voit les Velauni dans les environs de Vau-
velause sur les bords du Verdon, au nord de Castellane ;
Papon* les place vers l’embouchure du Var, et d’Anville 3 et
Durandi 4 , vers Guillaume ou Beuil. C’est cette dernière
position qu’à mon avis ils devaient occuper.
Les Suetri sont bien connus, grâce au texte de Ptolémée 5 6 .
Ils habitaient les alentours de Castellane (Salinium), qui
était leur capitale.
Tels sont, dans nos régions, les peuples que mentionne
l’inscription de la Turbie. Mais il y avait encore les Inti-
milii, qui dépendaient du municipe d 'Album Intimilium ;
les Vediantii, qui formaient la cité dont Cimiez était la
capitale ; les Quariates, que mentionnent l’arc de Suze et
Pline * : je les ai placés, tout à fait conjecturalement, entre le
Var et l’Esteron pour me conformer au texte de Pline, qui
dit : « Regio Oxubiorum, Ligaunorumque. Super quos
Suetri, Quariates, Adunicates. » Il existe dans cette région
un lieu nommé Cuébris, que les anciennes chartes nom-
ment Cuabrias, mot qui m’a paru se rapprocher quelque
peu de Quariates ; mais je me hâte de dire que je n’en
tire aucune conclusion : car il est fort possible que les
Quariates se soient trouvés de l’autre côté des Suetri, dans
les environs de Forcalquier 7 .
J’en dirai tout autant des Adunicates, que j’ai placés à
à tout hasard entre le Chanz et le Var, au-dessus des Qua-
riates.
J’ai placé les Montant de Pline dans la région de l’Aution
et du Moulinet, et les Alpini suc le massif montagneux
qui sépare Breil de Saorge, parce que ces peuples sont encore
aujourd’hui nommés les Alpins dans le langage du pays.
A dire vrai, je crois que le nom d' Alpini devait être donné
à l’ensemble des peuples habitant la région des Alpes, quels
1. Walck., Oéogr. etc.,X. II. p. 66.
2. Papon, Hist. de Prov ., t.I.. p. , 114.
3. D'Anvillo, Notice, p. 684.
4 . Dnrandi, Piem.cisp. ant., p. 27.
5. Ptol. III, 1.41.
6. Pline, Hat. hist., III, 4 (5), 35.
7. Walck, Oéogr. des Gaules, X. II, p. 3435 et Desjard., Oéogr . etc., p. 100.
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240 —
que fussent d’ailleurs leurs noms spéciaux ; il est donc fort
possible que le mot Alpini n’ait jamais désigné une peu-
plade particulière, mais bien toutes les peuplades habitant
ces régions. Restent les Salyes, que j’ai placés sur le rivage
dans l’ancien territoire attribué autrefois aux Marseillais.
En finissant cette longue énumération, je dois dire que,
sauf quelques-unes qui sont certaines, toutes ces attribu-
tions sont nécessairement conjecturales et que l’on aurait
tort de vouloir y trouver autre chose que des mieux que
rien. Nous n’avons, pour nous guider dans ces sortes de
travaux, que quelques ressemblances de noms et ujj certain
ordre géographique que l’on paraît avoir suivi dans la
rédaction de l’inscription de la Turbie : on ne peut donc
que proposer des solutions plus ou moins acceptables, mais
nullement certaines.
Six des noms de peuples, cités par le monument de la
Turbie, sont aussi inscrits sur l’arc de Suze ; ce sont les
Caturiges, les Medulli, les Edenatii ou Adanatii , les
Egdini ou Ectini, les Vea mini et les Vesubiani ou Esu-
biani. Il n’y a à cela rien d’étonnant : car Pline ne dit pas
que toutes les cités de Cottius furent fidèles ; mais bien
que douze d’entre elles restèrent fidèles ; et le petit royaume
de l’ami des Romains dut être quelque peu modifié après
les victoires d’Auguste.
N» 280 (Perdue)
itnp. c AESARI
AVGVSTO
Imperatori Cæsari Augusto
A l'empereur César Auguste....
Cette inscription a été découverte à la Turbie par
J. Boileau, un Anglais qui venait continuer les recherches
de Ricolvi. Elle a été publiée par le comte de Cessole dans
les Mém. de l’Ac. de Turin , sér. II, vol. V, p. 166 et
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241
planche n. 3. — Sanguinetti, Inscriz. dell. Lig. pag. 318,
325. — Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, n. 7818. -
D’après le comte de Cessoles, cette inscription étai t gravée
sur un grand piédestal de près d’un mètre de haut et d’un
peu plus d’un mètre de large. Les lettres avaient 11 cent,
de haut et les interstices entre les lignes étaient de 7 '/* cent.
Ces renseignements et ces mesures excluent la possibilité
de rapporter ces mots à l’inscription de la Turbie, dont les
lettres, on vient de le voir, sont beaucoup plus grandes.
Du temps de M. de Cessoles cette inscription était dans la
propriété Gastaud ; je ne l’y ai plus trouvée.
•* 4
Inscriptions militaires
N° 281
Imp Caesar
avgvsTvs- imp- X
TRIBVNICIA
POTESTATE- XI
5 B G I
Imperator Cæsar Augustus, imperator decem, tribuni-
cia potestate undecim sexcentesimum primum (millia-
rium.)
L'empereur César Auguste, proclamé empereur pour la dixième fois, en
possession de la puissance tribunitienne pour la onzième fois. Six cent premier
milliaire.
Ce qui correspond à d’année (de Romô) 742. Auguste
commença ses puissances tribunitiennes le 27 juin de l’an de
Rome 731, et à partir de cette époque, il les renouvela
toutes les années à la même date : c’est donc après le 27
juin 742 que l’inscription a été placée, ou soit l’an 12 avant
notre ère. Cette voie fut donc exécutée presque immédiate-
ment après les victoires d’Auguste sur les peuples des Alpes,
an 739-740; mais il ne faudrait pas en conclure qu’elle
n’existait pas auparavant. Auguste en fit une voie romaine ;
il la répara, la stratifia, la fournit de milliaires ; mais il est
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— 242 —
certain que la voie existait dès longtemps auparavant. J’ai
donné ailleurs 1 2 des preuves de son existence antérieure-
ment à Auguste ; depuis, M. Mommsen * s’est exprimé en
ces termes à son sujet : « Ea via, quamquam nequaquam
recto rigore procedit, unius loco fuisse et primariam adeo
viarum ex Italia in Galliæ ducentium secundum haec dubi-
tari non potest. »
Le chiffre 601, qui termine l’inscription, indique le nom-
bre de milles parcourus depuis Rome ; on peut les divi-
ser ainsi :
millet.
Voie Flaminia, de Rome à Rimini CCXXI
» Aemilia (Lepidi), de Rimini à Plaisance . CLXVIII
» Postumia, de Plaisance à Tortone LU
» Aemilia (Scauri), de Tortone à Vado . . LXXVI1II
i> Julia Augusta de Vado au Var XCIII
Ce qui donne un total, nécessairement ap-
proximatif, de 613 milles
de Rome au Var.
Cette inscription a été publiée par Lanciarez (1756) ms p.
24. — Letronne, Inscription d'une borne milliaire, dans
la Revue archéologique, 2* année, 1" partie, p. 173. —
Henzen, Supl. Orell. n. 5101. — Tisserand, Hist. de Nice,
1. 1, p. 37. — Carlone, Vest. épigr. p. 53, n. 76. — A. de
Longperrier, Y Hiver à Menton, p. 29. — Mommsen, Corp.
t. V, vol. 2, n. 8094.
D’après Lanciarez cette inscription était autrefois au
quartier des Veilles sur le versant du mont Ricart, à 170 pas
de la route carrossable qui conduit de Monaco à Menton,
vers la partie orientale, sur la route appelée de son temps
route romaine. Elle a été trouvée avec les deux suivantes
dans le mois de mai 1755, et depuis transportée à Monaco.
Elle est aujourd’hui dans le jardin du palais du prince,
où je l’ai copiée.
1. Vente et la voie Julia Augusta, dans los Annales de la Société des Lettres,
Sciences et Arts des Alpes-Maritimes, t. IV.
2. Corpus, inscrip. lat., t. V, vol. 2, p. 828.
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243
N» 282 (Perdue)
CCXII
1MP- CAES- dlvi
TRAIAN ». parlhici f.
DIVI- N ervœ. n. Traia
5 NVs. Hadrianus. Aug._
pont. mctx. trib. pot. ix cos. ui
viam. Juliam. omG
aflumine trebbia quàE
veluslate intercilfàRat
10 sua pecunia restiluYÏ
B- C- I
Ducentesimum duodecimum ( milliarium ). Imperator
Cæsar divi Trajani parthici filius, divi Nervae nepos,
Trajanus Hadrianus Augustus, pont maximus, tribunicià.
potestate nona, consul terlium, viam Juliam Augustam,
a flumine Trebbia, quæ vetustate interciderat, sua pecunia
restituit. Sexcentesimum primum ( milliarium ).
Deux cent douzième milliaire L'empereur César, fils du divin Trajan le
Parthique, petit-fils du divin Nerva, Trajan Hadrien-Auguste, grand pontife,
en possession de sa neuvième puissance tribunitienne, consul pour la troisième
fois, a réparé de ses deniers la voie Julia Augusta (à partir du fleuve la
Trebbia), que la vétusté avait détruite. Six cent premier milliaire).
Au premier abord* il semble qu’il y ait contradiction
entre le chiffre qui commence l’inscription et celui qui la
termine ; mais en y réfléchissant on s’aperçoit qu’il y a là
deux indications : la première, la longueur de la voie Julia
Augusta depuis Plaisance ou la Trébie, et par cela même
l’indication du nombre de milles qu’Hadrien avait fait
réparer, et la dernière la numération depuis Rome, qu’ Au-
guste avait fait établir. On peut donc conclure d’après cela
que la voie Julia Augusta comprenait :
La voie Posthumia de Plaisance à Tortone.. 52 milles
» Aemilia de Torlone à Vado 79 —
» Augusta de Vado au Var 93 —
Ce qui donne un total de 224 milles
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— 244 —
Ce qui fait qu’il fallait, du point où se trouvait le milliaire,
12 milles pour se rendre au Var et 212 pour joindre la Trébie.
Cette mesure concorde très-bien avec celle de Rome, puis-
que le chiffre total des milles entre Rome et le Var était,
nous l’avons vu, de 613 milles : il restait donc aussi 12 milles
& parcourir pour arriver au fleuve.
Hadrien a fait cette réparation à la voie Julienne en
l’année 125 après J.-C., qui fut celle de sa neuvième puis-
sance tribunitienne ; il avait été nommé consul pour la
troisième fois en 119.
Cette inscription n’a été publiée que par Lanciarez, ms.
p. 24, et par Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, n. 8095. Aucun
de ces deux auteurs n’a essayé de restituer ce texte ; je l’ai
complété d’après deux milliaires du même empereur qui
sont conservés à la bibliothèque de Nice et que l’on trou-
vera plus loin.
Cette inscription était autrefois à côté de la précédente
au quartier des Veilles; je n’ai pu la retrouver, quelques
recherches que j’aie faites.
N® Î83 (Perdue)
IMP- ANTONINVS
PIV c FaIIDXV«
PC VIT
DCI
Telle est la leçon que fournissent Lanciarez, ms. p. 24 et
Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, n. 8096. — Tisserand, Hist.
de Nice, tr. I, page 37, et Carlone, Vest. épigr., p. 51, n. 69,
fournissent un texte qui porte à la 2 e ligne le mot Antonius
et le chiffre D C I à la dernière ; c’est fort probablement une
mauvaise leçon du texte ci-dessus, et qui, sans aucun doute,
doit être rétabli ainsi :
IMP- ANTONINVS
PIVS- FELIX- AVG
PONI- CV RAVIT
BCI
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— 245
Imperator Antoninus, pius, félix , Augustus,poni cura-
vit; sexcentesimum primum (milli&riurn).
L'empereur Antonio, pieux, heureux, Auguste, a pris soin de faire placer
ce milliaire, qui est le- six cent premier.
Cet imperator Antoninus, pius, felix, pourrait être
Caracalla ou Elagabale ; mais il est très-probable que c’est
le premier de ces deux empereurs : car on trouve plusieurs
milliaires au même nom et dans aucun d’eux le nom n’est
effacé. Or, on sait que la mémoire d’Elagabale fut proscrite
et que, par ordre du Sénat, son nom fut effacé des monu-
ments publics qui le portaient ; il est donc probable que si
ces milliaires se rapportaient à lui, on aurait trouvé son nom
effacé, au moins sur quelques-uns d’entre eux.
Quoique d’après les médailles, Caracalla ne prenne le nom
de felix qu’à partir de l’an 213, d’après les inscriptions on
le trouve déjà en possession des noms de pieux et heureux
en 203*.
Ce milliaire était à côté du précédent.
N® 284
ÏMP ANTONINVS
PIVS- FELIX- AVG
PONI- CVRAVIT
Cette inscription, qui n’a été publiée que par M. Mommsen,
Corp. t. V, vol. 2, n. 8093, est actuellement à Monte-Carlo,
près de la gare, où elle a été transportée de Roquebrune,
dit-on: dans ce cas elle devait porter le chiffre 599 ou
peut-être 600 ; mais je n’ai pu acquérir la certitude que le
transport de cette pierre s’était en effet effectué de Roque-
brune ou des environs ; et il se pourrait que ce fût la même
que la suivante, qui est mentionnée par divers auteurs et
que je n’ai pu retrouver.
1. Wilmanns, Exempte itaeriptionum, n. 987.
16
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246
N» 285 (Perdue)
Imp antoninvs
PIVS- FELIX- AVG
PONI CV RAVIT
BCII
Cette inscription est rapportée par Bouche, Hist. de
Prov., 1. 1, p. 303, et une seconde leçon p. 499. — Gioffredo,
Stor. dell. Alp. ms. p. 54. — Schiaffino, Ann. eccl. vol. I,
p. 23. — Durandi, Il Piemonte cisp., p. 85. — Bonifassi,
Nicien. Inscr., n. 23. — Bourquelot, Inscr. a nt., n. 135.
— Carlone, Vest. épigr., p. 51, n. 70. — Mommsen, Corp.
t. V, vol. 2, n. 8097.
Carlone dit que cette inscription se trouve aujourd’hui
dans le palais du prince de Monaco, c’est une erreur.
Ce milliaire était placé entre ceux qui se trouvaient aux
Veilles et ceux des carrières de la J ustice qui portaient le
numéro 603.
N» 286
Imp- Caesar
AVGVSTVS imp. x
TR1BVNIG ia
POTESTATE • xi
5 B G III
Cette inscription est située sur le bord de la voie romaine,
à cet endroit entaillée dans le roc, à côté des carrières dites
« Carrières de la Justice, » parce que, pendant tout le
moyen âge, c’est là que se faisaient les exécutions capitales.
C’est de ces carrières, qu’ont été tirés par les Romains
les matériaux qui ont servi a élever le monument ancien de
la Turbie. Elles sont situées 600 mètres avant d’arriver
à la Turbie.
On trouve cette inscription dans Ricolvi, Inscriz., n. 24.
— Zaccaria, Excurs. litt ., 1, 53. — Bonifassi, Nie. inscr.,
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247
n. 17. — Le comte de Cessoles, Mém. de l'Ac. de Turin ,
II* série, vol. 5, p. 167, pl. 6. — Bourquelot, Inscr. a nt.,
n. 137. — Sanguinetti, Inscr. dell. Lig., p. 317 et 324. —
Tisserand, Hist. de Nice, 1. 1, p. 37. — Carlone, Vest. épigr.
p. 53, n. 79. — Mommsen, Corp, t. V, vol. 2, n. 8098.
Carlone lui donne le vallon de Laghet pour emplacement,
ce qui est faux.
N° 287
imP- ANTONINVS
PIVS- FEUX- AVG
TJNI- CVRAVIT
BC III
Cette inscription est située à côté de la précédente. On la
trouve chez Ricolvi, Inscriz., 25. — Maffei, Mus. ver.
ccxxxi, 8. — Donati, Sup. ad. thés. Mur. ccxvi, 4 —
Lanciarez, ms. p. 23. — Comte de Cessoles, Afem. de l'Ac.
de Tur., sér. II, vol. 5, p. 167, pl. 7. — Durante, Chorogr.,
p. 30. — Bourquelot, Inscr. ant., n. 136. — Sanguinetti,
Inscriz. dell. Lig., p. 317 et 324. — Tisserand, Hist. de
Nice, t. I, p. 37. — Carlone, Vestig. épigr., p. 51, n. 71. —
Mommsen, Corp., t. V., vol. 2, n. 8099.
N® 288
IMP CAesAR
avgvsTvs- iivipx
TRIBVNICIA
POTp«tatf. XI
5 d CI V
Cette inscription a été trouvée près de la Turbie ; elle est
actuellement dans la salle d’entrée de la bibliothèque
municipale de Nice.
Elle a été publiée par le comte de Cessoles, Mém. de l’Ac.
de Turin, II* série, vol. 5, p. 167, pl. 8. — Bourquelot,
Inscr. antiq., n. 138. — Sanguinetti, Inscriz. dell. Lig.,
p. 317 et 324. — Tisserand, Hist. de Nice, 1. 1, p. 37. —
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— 218 —
Carlone, Vest. épigr., p. 53, n. 77. — Mommsen, Corp.,
t. V, vol. 2, n. 8100.
N° 289
Imp Caesar
AuGVSTVS- imp- X
TRïBVNICIA
POTESTATE- XI
5 DCV
Ce milliaire est actuellement au quartier de l’Espéraille,
sur le rebord de la voie romaine.
On trouve ce texte dans le Mémoire de M. de Cessoles, in
Mém. de l'Ac. de Turin , II e série, vol. 5, p. 168, planche
n. 10. — Bourquelot, Inscr. a nt., n. 140. — Sanguinetti,
Inscrit . dell. Lig., p. 318, 324. — Carlone, Vestig. épigr.,
p. 53, n. 78. — Gazzera, ms. — Mommsen, Corp., t. V,
vol. 2, n. 8101.
N» 290
ccx \ I
IMP- CAESAR- DIVI
TRAIANI- PARTHICI- F
DIVI NERVAE N TRAIA
5 NVS- HADRIANVS AVG_
PONT_MAX- TR1B- POT- IX
COS- III VIAM IVLIAM
A VG- A FLVMINE- TREB
BIA- QVAE vwtv î>TATE
10 1NTE°l.iDERAT- SVA
PE r / NIA REST1TVIT
DCV
Cette inscription, trouvée à côté de la précédente, est
actuellement dans la salle d’entrée de la bibliothèque mu-
nicipale à Nice.
A l’exception des chiffres, qui sont différents, elle doit être
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349
lue comme celle qui porte le numéro 282. Le chiffre supé-
rieur se restitue avec certitude puisqu’il reste celui de la fin.
Trouvée par Boileau, cette inscription a été publiée dans
1 e Guide de Nice, de Risso, p. 206. — De Cessoles, Mém. de
l'Ac. de Tur., II* série, vol. 5, p. 168, pl. n. 9. — Henzen,
Supl. Orell., n. 5103. — Elle est aussi dans les manuscrits
de Gazzera, à qui M. l’abbé Montolivo l’avait communiquée.
— Durante, Chorographie,.p. 29. — Bourquelot, Inscr.
anf., n. 139. — Letronne, Rev. arch. (1845), p. 175. —
Sanguinetti, Inscriz. dell. Lig., p. 318,325. — Tisserand.
Histoire de Nice, t. I, p. 379. — Carlone, Vest. épigr., p. 54,
n. 81. — Bourguignat, Insc. rom. de Vence, p. 79. —
Gerol. Rossi, Vintimiglia p. 41. — Mommsen, Corp., t. V,
vol. 2, n. 8102.
N® 291
ccxvii
*’ M P b A E S A H blvi
T R A * A N I • P A R T H«?» /*.
DI VI NERVAE N TRata
5 NVS • HADRIANVS aug
PONTVMAXTRIB- POf ix
COS • 111 • VIAM IVLI AM aug. a.
FL V M iNiErt nB I A • 0 uœ
VETVSTATE INTERCI DE raf
10 SVA • PECVNIA- RESTITu 1T
BCVI
Cette inscription était autrefois au quartier Saint-Pierre,
à côté de la suivante : elle a été ensuite brisée : ses mor-
« 7
ceaux ont roulé dans le fond du vallon de Laghet, d’où ils
ont été retirés pour être restaurés et placés dans la salle
d’entrée de la bibliothèque municipale de Nice.
On trouve cette inscription dans M. de Cessoles, Mém.
de l’Ac. de Turin, II* série, vol. V, p. 168 et pl. n. 12. —
Dans le manuscrit de Gazzera. — Risso, Guide de Nice,
p. 190. — Bourquelot, Inscr. anf., n. 142. — Sanguinetti,
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250
Inscr. dell. Lig., p. 319-326. — Carlone, Vest. épigr., p. 55,
n. 82. — Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, n. 8103.
N° 292
IMP
ANTONINVS
P1VS
FELIX- A VG
5 poni curav 1T
dcvi
Cette borne est encore en place au vallon de Laghet, au
quartier Saint-Pierre, sur le bord de l’ancienne voie : elle
portait sans aucun doute le numéro 606 ; car elle est placée
à un mille du numéro 605 et à pareille distance du 607.
Elle a été trouvée par Boileau, qui la fournit à Gazzera,
ms. (1841). — De Cessoles, Mém. de l'Ac. de Tur., II® sér.,
t. V, p. 168, pl. n. 11. — Bourquelot, Inscr. ant., n. 141.
— Sanguinetti, Inscriz. dell. Lig.. p. 319-325. — Carlone,
Vest. épigr., p. 52, n. 75. — Mommsen, Corp., t. V, vol. 2,
n. 8104. — Tisserand, Ilist. de Nice, t. I, p. 37, cite deux
fois cette inscription incorrectement, 2* ligne, Antonius,
etc. ; il ne mentionne pas l’absence du chiffre. — Carlone,
Vest. épigr., p. 52, n. 72, la cite ; d’après lui ce sont là trois
textes qui assurément n’en font qu’un seul, celui qui est
donné ci-dessus.
N» 293
IMP- CA esar
AVGVSTVS- iroPX
TRIBVNICIA_
POTESTATE- XI
5 BGVII
Cette inscription est encore en place sur le bord de la
voie romaine, au lieu dit Pierre longue, au quartier de
Garquier. Publiée par Ricolvi, Ins., p. 21. — Maffei, Mus.
ver., ccxxxi, 7. — Donati, Supl. ad thés. Mur., ccix, 1.
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— 251 —
— Risso, Guide de Nice, 206. — Bertolotti, Viaggio
per la Liguria marit., i, 196. — DeCessoles, Mém. de l'Ac.
de Tur., II e série, vol. V, p. 169, pl. n. 12. — Bourquelot,
Inscr. ant., n. 143. — Sanguinetti, Inscr. dell. Lig., p. 320,
326. — Tisserand, Hist. de Nice, t. I, p. 37, très-incor-
rectement, 2 e ligne AVG. BTRX etc. — Carlone, Vest.
épigr, p. 54, n. 8, donne les deux leçons. — Mommsen,
Corp. t. V, vol, 2, n. 8105, donne quatre leçons de cette
inscription, d’après de Cessoles, Ricolvi, Risso et Gaz-
zera. La leçon de M. de Cessoles est la seule exacte.
i
N» 294
ccxix
imp. Caesar
divi tr ai a ni . partie t • f
Dioi nervœ n. fralANVS
5 HADRIANVS pont • MAX- TRIB
POT- IX COS- iii. via M- IVLIAM
AVG- A- FLVMINE TREBIA- QVAE
VETVSTATE- INTERCIDERAT
SVA- PECVNIA- RESTITVIT
10 BCV1I1
Cette inscription est située à un mille au-delà de la pré-
cédente, presque au fond du vallon de Laghet, toujours
dans le quartier nommé Garquier.
J’ai rétabli le chiffre du commencement à l’aide de celui
qui termine l’inscription.
On trouve cette inscription chez Ricolvi, Inscriz. ms. n. 22.
— Maffei, Mus. veron. ccxxxi, 5. — G. L. Oderico, Lettere
ligustiche (1792) p. 66. — Donati, Supl. ad thés. Mur.
ccxiv, 2. — Bonifassi, Nie. inscr. n. 22. — Amoretti,
Viaggio da Milano a Nizza, 1829, p. 59. — Risso, Guide de
Nice, p. 207. — Navoni, Passeggiata, p. 165. — Bertolotti,
Fiag. p. la Lig., i, 196. — De Cessoles, Mém. de l'Ac. de
Turin, 11 e série, vol. V, p. 169, pl. n. 14. — Gazzera, ms.
— Bourquelot, Inscr. ant. n. 144. — Sanguinetti, Inscriz.
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252
dell. Lig. p. 320, 326. — Carlone, Vest. épigr. p. 56, n. 83.
— Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, n. 8106.
N* 295
imp. a-NiONINVS
P1VS- FELIX- A VG
PONI- CVRAV1T
B C VIII
Cette inscription est située sur le sentier qui de la Trinité
va joindre le vallon de Laghet. Elle devait être autrefois à
côté de la précédente, mais elles ont été remuées toutes
deux.
Ricolvi, Inscriz. ms, n. 23. — Maffei, Mus. veron.
ccxxxi, 6. — Donati, Supl. ad thés. Mur. ccxvn, 3. —
Bonifassi, Inscr. nie. n. 21. — Durante, Hist. de Nice,
1,85. — Amoretti, Viagg. da Mil. p. 59. — Risso, Guide
de Nice, p. 207. — Bertolotti, Viagg. p. la Lig., i, 191. —
De Cessoles, Mém. de l'Ac. de Turin, II* série, vol. V,
p. 169, pl. n. 15. — Gazzera, ms. — Bourquelot, Inscr. ant.
n. 145. — Sanguinetti, Inscriz. dell. Lig. p. 320, 327. —
Tisserand, Hist. de Nice, t. I, p. 37. — Carlone, Vest.
épigr. p. 52, n. 74. — Mommsen, Corp. t. V, vol. 2. n.
8107.
Telles sont les inscriptions milliaires qui se trouvent dans
la région de Monaco; presque toutes les bornes qui les
portent se rencontrent ou dressées le long de l’antique
voie ou renversée? sur ses bords. Quelques-unes ont été
transportées à Nice, dans la bibliothèque municipale ; d’au-
tres ont été roulées ; mais à l’aide d’un pareil nombre de
monuments, il est, on le comprend, très facile de restituer le
passage de la voie Julia Augusta, et de corriger ce que
l’Initéraire d’Antonin et la table de Peutinger peuvent avoir
de fautif dans nos régions.
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253 -
Inscription» militaires
0
N° 296
PVB. vale RIVS
C- Filius. VOLT
RVSTICVS t
DoM an/IP- mL
5 COHORTIS- g AE
HIC- SITVS- EST
Publius Valerius, Caii filius, Voltinia Rusticus, domo
Antipoli, miles cohortis Gætulorum, hic situs est.
Publius V&lériUs Rusticus, fils de C&ïus, de la tribu Voltinia, originaire
d'Antibes, soldat de la cohorte des Gôtules, est situé ici.
Cette inscription sert de pierre à laver à la fontaine qui
se trouve entre Monaco et le monastère de Laghet. Elle est
très fruste ; mais je crois être certain de ma lecture.
Ricolvi, Inscriz. ms. n. 17. — Bonifassi, Nie. inscrip,
n. 90. — Tisserand, Hist. de Nice, t. I, p. 43. — Carlone,
Vest. èp. p. 118, n. 191. — Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, n.
7820.
On savait déjà, par d’autres inscriptions, qu’ Antibes était
inscrite à la tribu Voltinia.
Tous les auteurs qui ont, avant moi, publié cette inscrip-
tion ont lu à la cinquième ligne cohortis AFR ou cohortis
AE ; aucun n’a su lire la ligne 4 et tous l’ont abandonnée
comme irrestituable.
N® 297
h EaEu&S EX TEST
L- AEMILIVS- BANNO D
CRISPVS- IBZALA )
COSCONIVS GALLVS
5 MILES
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254
Heredes ex testamento ( posuerunt ) Lucius Aemi-
lius Banno, centurio, Crispus Ibzala, centurio,(et) Cos-
conius Gallus, miles.
Se? héritiers lui ont élevé ce monument et d'après son testament (ce
sont) Lucius Aemilius Banno, centurion, Crispus Ibzala, centurion, et Cosco-
nius Gallus, soldat.
Cette inscription est connue depuis Gioffredo, Nie. civ.
p. 19; d’où lui-même dans son ms. de la Stor. dell. Alp.
p. 50. — Muratori, Nov. thesaur. dcclxxvi, 2. — Ricolvi,
Inscriz, n. 18. — Bonifassi, Nie. inscr. n. 83. — Durante,
Chorogr. p. 26. — Sanguinetti, Inscr. dell. Lig. p. 215. —
Bourquelot, Insc. a ni. n. 52. — Tisserand, Hist. de Nice,
t. I, p. 43. — Carlone, Vestig. épigr. p. 117, n. 190. —
F. A. Brun, Revue de Nice (1874), pag. 12. — Mommsen,
Corp. t. V, vol. 2, n. 7819. Cet auteur a vu' l’inscription,
mais n’a pas vu la première ligne qui existe pourtant bel et
bien ; à la troisième ligne il a lu Idzala.
Cette inscription, qui était autrefois entre la Turbie et
Eze, est actuellement à Nice, dans le jardin de M. Brun,
rue Saint-Etienne, 30, en attendant que la Société des Let-
tres, Sciences et Arts de cette ville puisse la recevoir dans
son local.
N» 298
(—. MONTANVS
II- vocontiv's
OH' I- LIG- M1SSICIVS
VF
Lucius Montanus ( miles et) Lucius Vocontius, cohortis
primae Ligurum missicius, vivi fecerunt.
Lucius Montanus, soldat, et Lucius Vocontius, vétéran de la première
cohorte des Ligures, lui ont de leur vivant élevé ce monument.
Cette inscription est actuellement conservée dans le
jardin du palais du prince de Monaco, où je l’ai lue. Elle a
été plusieurs fois déjà publiée ; notamment par Bouche,
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255
Hist. de Prov. t. I, p. 303. — Lanciarez, ms. p. 23. —
Bonifassi, Nie. inscr. n. 12. — Bourquelot, Inscr. a nt. n.
64. — Tisserand, Hist. de Nice, t. I, p. 43. — Alf. de
Longperrier, YHiver à Menton, p. 30. — Carlone, Vest.
épigr. p. 35, n. 26. — Mommsen, Corpus, t. V, vol. 2, n.
7822.
Inscriptions municipales
N° 299 (Perdue)
M- CQELIO- L- F
F al- CRESCENTI
q • AED- ii. VIRO
IVNIA M- F- TERTVLLA
5 MATER
f
Marco Cœlio Lucii filio Falerna (tribu) Crescenti, quœs-
tori, aedili, duumviro : Junia Mucii filia Tertulla, mater.
À Marcus Cœlius Crescens, fils de Lucius, de la tribu Falerna, questeur,
édile, duumvir ; Junia Tertulla, fille de Mucius, sa mère (lui a élevé ce monu-
ment).
Cette inscription a été publiée par Bouche, Hist. de Prov.
t. I, p. 303. — Gioffredo, Stor. dell. Alp. ms. p. 54. —
Lanciarez, ms. p. 21. — Durandi, Il Piemonte cisp. p. 84.
— Bonifassi, Nie. inscr. n. 79. — Bourquelot, Inscr. a nt.
n. 44. — Tisserand, Hist. de Nice, t. I, p. 43. > — Carlone,
Vest. épigr. p. 36, n. 27. — Mommsen, Corp. t. V, vol. 2.
n. 7824.
J’ai suivi la leçon fournie par M. Mommsen. Bouche et
après lui Bourquelot, Carlone, etc. avaient lu : FAB au lieu
de Fal. Je ne crois pas qu’il puisse y avoir de doute sur le
nom de la tribu, puisque nous savons de source certaine que
Vintimille était rattachée à la tribu Falerna.
D’après Bouche, cette inscription se trouvait autrefois au
port de Monaco. Ce quartier a tellement changé dans ces
dernières années, qu’il n’est pas étonnant qu’elle ait disparu :
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256
peut-être a-t-elle été employée dans quelque bâtiment neuf
de la Condamine ; peut-être est-elle brisée ; mais dans tous
les cas, elle ne se trouve pas au lieu où Bouche l’indique, et
c’est en vain que je l’y ai cherchée.
N® 300
W • AVELIO c* VI • F- FAL
PATERNO- DEC- QVI
V1-AN-XVI1II M X-D -XIX
M/ • AVELIVS- W • F- MA
RCELLVS- ET- CÔMI
SIA- TRANQVILLINA- PA
RENTES-FILIO-PIENTISSI
»MOC5
Manio Avelio, Manii filio, Falerna (tribu) Paterno ,
decurioni, qui vixitannos uno-de vinginti, mcnses decem,
diesuno de vinginti : Manius Avelius, Manii filius, Mar-
cellus etComisia Tranquillina, parentes, filio pientissimo
(fecerunt).
À Maniug Avélius Paternus, fila de Manius, de la tribu Falerna, décurion,
qui vécut dix-neuf ans, dix mois et dix-neuf jours : Manius A véiius, Marcel lu»,
fils de Manius, et Comisia Tranquillina, ses parents, à leur filsbien-aimé ont
élevé ce monument.
Cette inscription qui, d’après Lauciarez, a été trouvée en
1756 à Roquebrune, est encore actuellement conservée dans
le vieux château qui domine le village.
Lanciarez, ms. p. 26. — Sanguinetti, Inscriz. dell. Lig. p.
182; — cet auteur déclare la tenir de M. Henri Longperrier,
Y Hiver à Menton, p. 91. — Mommsen, Corp. t. V, vol. 2.
n. 7823, qui déclare la tenir de G. A. Muller. — Gerolamo
Rossi, Descrip. de la ville de Vintirrt. p. 42.
Manius Avélius était décurion de Vintimille, qui, comme
je viens de le dire, était inscrite à la tribu Falerna ; son
prénom Manius ne se lit, dans nos régions, que sur les ins-
criptions de cette cité. C’est la première fois que je rencontre
un décurion aussi jeune.
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— 257 —
Le gentilicium Avilius est très commun, celui à'Avelius
l’est moins; mais on le rencontre pourtant quelquefois. Dans
tous les cas, ici il ne peut y avoir aucun doute : c’est bien
Avelius que porte la pierre.
N» 301
PME
\t ilio p/YTERT VLINO A
LA VH
■Lavin • Il EV
D P- ME
tilius- rerVrVLLINVS M
VENN
onianus fY P
Diis Manibus. Publio Metilio, Publii filio, Tertulino
LauroLavinensi, egregio viro, Publius Métilius Tertuli-
nu8 Vennonianus, filius, vivus, posuit.
Aux dieux mAnes. A Publius Métilius Tertulinus, fils de Publius de Lauro*
lavinium, homme égrège Publius Métilius Tertulinus Vennonianus, son fils,
de son vivant lui a fait ce monument.
Ce texte se reconstitue très facilement à l’aide de deux
autres inscriptions qui mentionnent le même personnage;
l’une de ces inscriptions fut trouvée à Albenga. Publius
Métilius y est qualifié de clarissimus vir, de questor desi-
gnatus et de patronus. Le monument lui est élevé par la
plebs urbana Albingaunense.
Cette inscription est aujourd’hui à Menton dans le mur de
la maison d’habitation de la villa Savaresc, qui appartenait
autrefois aux Galléan de Saint- Ambroise. M. A. de Long-
perrier prétend qu’il y a à côté un temple de Diane. J’ai bien
vu une vieille construction d’apparence romaine ; mais rien
n’indique que ce fût un temple et que ce temple ait été
consacré à Diane.
Tisserand, Hist. de Nice, t. I, p. 43, publie le second
fragment de cette inscription, qu’il dit avoir été trouvée à
Gorbie ; mais comme il ajoute « à côté d’un temple de
Diane, » il me semble certain que c’est une erreur de copie
et que cet auteur a simplement mal copié le renseignement
fourni par M. Alfred de Longperrier dans Y Hiver à Menton ,
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Î68
p. 4. — Carlone, Vestig. épigr. p. 122, n. 197. — Sangui-
netti, Inscriz. dell. Lig. p. 181. — Ger. Rossi, Descrip. de
la ville de Vintim. p. — Mommsen, Corp. t. V, vol. 2. n.
7825, qui la tient de J. B. Jonas et de Gerolamo Rossi.
N» 30 2 (Voy. PI. IV, n» 18).
Lucius Ulattius Macrinus et Aemilia , Publii filia, Po-
silla, sibi et Lucius Ulattio Macro filio, Burciæ Manii
filiæ Secundæ, Aemiliæ, Muci filiæ, Marcellae, vivi fece-
runt.
Lucius Ulattius Macrinus et Aemilia Posilla*, fille de Publias, pour eux et
pour Lucius Ulattius Macrus, leur fils, pour Burcia Secunda, fille de Manius,et
pour Aemilia Marcella, fille de Mucius, de leur vivant, ont fait ce monument.
Cette inscription, qui se trouve actuellement scellée sous
un banc, à gauche de la porte de l’église d’Eze, a été publiée
par Gioffredo, Nicia civitas, p. 24 et dans la Stor. dell.
Alp. ms. p. 50. — Muratori, Novus thés, mccxxviii, n. 7.
— Bonifassi, Nie. inscr. n. 122. — Gazzera, ms. — Durante,
Chorog. p. 32. — Sanguinetti, Inscriz. dell. Lig. p. 223. —
Bourquelot, Inscr. ant. n. 113. — Tisserand, Hist. de
Nice, t. I, p. 44. — Carlone, Vestig. épigr. p. 34, n. 25. —
Mommsen, Corp. t. V, vol. 2. n. 7963.
Il n’est pas un seul des auteurs qui l’ont publiée jusqu’à
ce jour, qui l’ait exactement représentée ; c’est pourquoi je
l’ai dessinée sur ma planche.
N» 303
P- L- F- EMILIO sic
P A T E R N 0
FILIO P I E N T
IS.IM® • PARE
5 N T E S • I N F E
L I G I'S I M I
F C
Publio Lucii filio, (. A Jemilio Paterno, filio, pientissimo,
parentes infelicissimi faciendum curaverunt.
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*59
A Publias Aemilius Paternus, fils de Publ : us, leur fils biem-aimé, ses
malheureux parents ont pris soin de faire élever ce monument.
Cette inscription est conservée dans le jardin du palais des
princes de Monaco. Elle est gravée sur un ossuaire de
moyenne grandeur qui porte deux panneaux : un seul, celui
de droite, porte une inscription ; le second panneau n’a
jamais été inscrit. Ce texte est singulier, à cause de la place
que le graveur a choisie pour indiquer la filiation : réguliè-
rement il faudrait P. Emilio L. F. Patemo. Je ne connais
que cet exemple dans le département.
Ce monument a été publié par Bouche, Hist. de Prov.
t. I, p. 303. — Gioffredo, Stor. dell. Alp. ms. p. 54. —
Durandi, Il Piem. cisp. p. 85. — Bonifassi, Nie. inscr. n.
98 et 101. — Bourquelot, Inscr. ant. n. 95. — Tisserand,
Hist. de Nice, t. I, p. 43. — Carlone, Vest. épigr. p. 36,
n. 30. — Gioffredo, Stor. dell. Alp. ms. en donnî une autre
copie, p. 50, d’après les notes de Barthélemy Richelmy, séna-
teur. — Schiaffino, Annali ecclesiastici délia Liguria,
vol. 1, p. 23. — Lanciarez, Memorie storiche di Monaco,
ms. p. 24. — Sanguinetti, Inscriz. dell. Lig. p. 184. — Alf.
deLongperrier, VHiv. à Ment. p. 30. — Mommsen, Corp.
t. V, vol: 2. n. 7826.
N° 304 (Perdue)
AEMILIAE- MATRI
AEMILIA- FILIA
OSSVARIVM- FECIT
et sur le côté :
RVFFINAE- FILIAE
MATER- RVFF1NA
OSSVARIVM- FECIT
Aemilise Matri, Aemilia filia, ossuarium fecit. Ruffinae
filiæ, mater Ruffina ossuarium fecit.
A Aemilia ea mère, Aemilia, sa fille, a fait cet ossuaire. A Ruffina, sa fille,
' sa mère Ruffina a fait cet ossuaire.
Cette leçon est celle que fournit Lanciarez dans ses Ann.
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260
eccl. dell. Lig. t. I, p. 23. Elle n’a été suivie que par
Mommsen, Corp. t. V, vol. 2. n. 7827 et par moi ; tous ces
autres auteurs ont suivi Bouche, Hist. deProv. 1. 1, p. 303,
qui fournit la suivante :
EMILIAE- FILIAE
EMILIA- MATER
OSSVARIVM- FECIT
(A)Emiliæ filiæ (A)Emilia mater ossuarium fecit.
A Aemila, sa fille, Aemilia, sa mère, a fait cet ossuaire.
Ainsi donnée, cette inscription a été publiée par Gioffredo,
Etor. dell: Alp. ms. p. 54. — Durandi, Il Piem. cisp.
p. 85. — Bonifassi, Inscriz. dell. Lig. n. 65. — Bourquelot,
Inscr. ant. n. 104. — Tisserand, Hist. de Nice, t. I, p. 43.
— r Carlone, Vest. épigr. p. 36, n. 28. — et [Mommsen, à
côté de la précédente.
Il semble bien que ce soit la même; mais peut-être est-elle
différente de celle que donne Lanciarez, et faudrait-il en
compter deux.
Au dire de Bouche, cette inscription était à côté de
l’église de Sainte-Dévote entre Monaco et Monte-Carlo.
N° 305 (Perdue)
IVNIAE- M F
TERTVLLAE
L GOELIVS
NIGANDER
Juniæ Muci, filiæ Tertullæ, Lucius Cœlius Nicander.
Et Junia Tertulla, fille de Mucius, Lucius Cœlius Nicander (a elevé ce mo-
nument).
Bouche, Hist. de Prov. t. I, p. 303. — Gioffredo, Stor.
dell. Alp. ms. p. 54. — Lanciarez, Ann. eccl. p. 21. —
Bonifassi, Nie. inscr. n. 124. — Bourquelot, Inscr. ant.
n. 90. — Tisserand, Hist. de Nice, t. I, p. 43. — Carlone,*
Vestiges épigraphiques, p. 36, n. 29. — Mommsen, Corp.
t. V, vol. 2. n. 7830.
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— 261 —
J’ai suivi la leçon de M. Mommsen.
Bouche place cette inscription à Monaco ; Lanciarez, par
erreur sans doute, la place à Serravalle en Toscane.
N» 306 (Perdue)
D- M
AEM1LIAE- M- FIL- RVFINAE
M- AEMILIVS- RVFVS
ET VETTIA • GVPITA
5 PARENTES
FILIAE- PIENTISSIME- POSVERVNT
Diis Manibus. Aemiliæ, Marci filiæ, Rufinæ ; Marcus
Aemilius Rufus et Vettia Cupita, parentes, filiæ pientissi-
m(a)e posuerunt.
Aux dieux mânes. A Aemilia Ruflna, fille de Marcus ; Marcus Aemilius
Rufus et Vettia Cupita, ses parents, à leur fille bien-aimée ont placé ce monu-
ment.
Ce texte n’est donné que par Schiaffino, Ann. eccl. clell.
Ligur. vol. 1, p. 23 et par Mommsen, Corp. t. V, vol. 2.
n. 7828. J’ai suivi sa leçon, sauf pour la division des lignes,
que j’ai quelque peu changée.
Schiaffino prétend que cette inscription était de son temps
(1652) à Monaco.
N® 307 (Perdue)
CORNELIAE- IRENAE
CORNELIVS- ZENON
PATER-FILIAE-KAR1SSMAE
0SSVAR1V- SE- VIVO- FECIT
Comeliæ Irenæ, Cornélius Zenon, pater, filiæ karis-
simæ ossuarium se vivo fecit.
A Cornélia Iréna, Cornélius Zénon, son père, à sa très chère fille a fait, lui
virant, cet ossuaire.
Comme la précédente, cette inscription n’est rapportée
que par Schiaffino, Ann. eccl. dell. Lig. 1. 1, p. 23 et, d’a-
près lui, par Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, n. 7829.
17
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— 262
N° 308 (Perdue)
....M SATIN....
IVR
D’après Durante, Chorographie, p. 26, ce fragnlent est
près de la Turbie au quartier de Cadogan ; je ne l ai pas
retrouvé. Il a été donné, d’après Durante, par Tisserand,
Hist. de Nice, t. I, p. 43. — Sanguinetti, Inscriz. dell.
Lig., p. 215. — Carlone, Vest. épig. p. 117, n. 189. —
Mommsen, Corp., t. V, v. 2, n. 7821.
A VINTIMILLE
Inscription» votives
N» 309
APPOLIîf
V- S
M- C- ANT1VS
Appolini votum solvit Marcus C{laudiusJ ? Anthus.
A Àppolon Marcu9 Claudius Anthus a accompli son vœu.
Cette inscription est gravée sur un petit autel encastré
dans l’angle gauche de la façade de l’église de Saint-Roch,
à Nervia. Elle a été reproduite par Amoretti, Viaggioda
Milano a Nizza, p. 50. — Navone, Passeggiata per la
Liguria, p. 186. — G. Rossi, Descr. de la vill. de Vint.,
p. 38. — Sanguinetti, Inscr. délia Lig.,p. 178. — Mommsen,
Corp., t. V, v. 2, n. 7810. •
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263
N° 310
IVNONI- REGINAE SACR
OB- HONOREM- ME.MORI AMQV AE • VERGINIAE- P- F
PATERNAE- P- VERGINIVS RHODION- LIB- NOMINE
SVOETMETILIAE- TERTVLLINAE- FLAMINIC- VXORIS
5 ’ SVAE ET LIBERORVM SVORVM- VERGINIORVM- QVIETI
PATERNAE- RESTITVTAE- ET- QVIETAE
S P P'
Junoni reginæ sacrum ob honorem memoriamque
Verginiæ Publii filiæ Paternæ ; Publius Virginius
Rhodion, libertus, nomine suoet Metiliæ Tertullinæ fla-
minicæ, uxoris suæ, et liberorum suorum Verginiorum
Quieti, Paternæ, restitutæ et Quietæ sua pecunia posuit.
Consacré à Junon la reine, en l'honneurct en mémoire de Verginia Raterna,
fille de Publius ; Publius Verginius Rhodion, son afiranchi, en son nom et au
nom de Métilia Tertullina la flaminique, sa femme, et des Verginius leurs
enfants Quiétus, Paterna, Restituta et Quieta, a, de ses deniers, placé ce
monument.
Cette inscription est gravée sur une pierre d’un mètre de
haut sur 60 cent, de large, qui est scellée dans le mur de
la nef, à droite en entrant dans la cathédrale de Vintimille ;
elle a été publiée par Ganduci, Discorso sopra l’inscri-
zione ovvero epitafio ritrovato a TortonaiGènes 1614,in-4°),
p. 47. — Gioflfredo, Stor. dell. Alp. Marit., ms., p. 37,
édition p . 111, ne cite que le commencement de l’inscrip-
tion, et d’après Gioflfredo, Carlone, Vest. ép., p. 166, n. 294.
— Schiaffino, Ann. eccl. dell. Lig., vol. 1, p. 22. — Navone,
Passegg,, p. 140. — Ant. Cassini, lllustrazione delle
lapide Jvnoni Reginae (Albenga, 1854, in-8°). — Rossi,
Storia di Vintimiglia (1857), p. 27, et Descrip. de la ville
de Vint., p. 35, n. 1. — Alf. de Longperrier, YHiver à
Menton (1862), p. 47. — Sanguinetti, Inscriz. dell. Lig.,
p. 176. — Mommsen, Corp., Inscr., t. V, vol. 2, n. 7811.
Nous retrouvons dans ce texte une femme du nom de
Métilia Tertullina ; mais ce n’est, à mon avis, qu’une affran-
chie de cette maison : car nous savons par les inscriptions
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264
d’Albenga et de Menton, que les membres de cette famille
étaient d’ordre sénatorial, et il est peu admissible qu’un
affranchi ait épousé une fille d’un rang aussi élevé. Métilia
Tertullina était certainement flaminique de Junon.
Inscription» militaire»
N° 311 (Perdue)
IMP- ANTONI
N VS- PIVS- FELIX
A VG PONI- CV
RAVIT
5 BXXCIX
On trouve cette inscription dans Peiresc, ms. de Paris,
fonds lat. 8957 à la page 230 ; cet auteur déclare la tenir de
Jérôme Maurand, prêtre d’Antibes, qui, sous le titre de
Li epitaphi antichi da diverse parti racolti, lui envoya,
en un recueil de cinq pages, les inscriptions qu’il avait
colligées dans un voyage fait en Italie en 1572. — Mommsen,
Corp., t. V, vol. 2, n. 8087. Cet auteur a corrigé quelques
petites inexactitudes que donnait la copie de Maurand ; j’ai
suivi la leçon de M. Mommsen.
D’après Maurand, cette borne se trouvait près de la mer ;
il est plus que probable qu’elle était à l’emplacement de
l’ancien Album Intimiliun, probablement à côté du théâtre
antique récemment découvert par M. G. Rossi, sous les
sables que les vents et la mer ont accumulés en ce lieu :
il y a gros à parier que si l’on continue les fouilles com-
mencées en cet endroit, on retrouvera ce monument enfoui
sous le sable.
N° 312
Imp- Caesar _
avgvsTvs- imp X
TRIBVNICIA
POTESTATE XT
5 B X C
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265
Ce milliairesert de bénitierà lachapelle de Saint-Michel, à
Vintimille ; il est à droite en entrant dans la chapelle. Il a
été publié par Ganduci, Discorso sopra, etc., p. 47. —
Schiaffino, Ann. eccl., vol. 1, p. 23. — Navone, Passeg.,
p. 143. — Bertolotti, Viaggio per la Lig. marit., 1,245. —
Le 'comte de Cessoles, Mémoires de VAc. de Tur., II e série,
vol. 5, p. 166, pl. n. 4. — Bourquelot, Inscriptions anti-
ques, n. 133. — Gerol. Rossi, Stor. di Vint., p. 21, et
Descr. de la ville de Vint., p. 35, n. 2. — Alfr. de Longper-
rier, YHiver à Menton, p. 47. — Roubaudi, Nice et ses .
environs, p. 118. — Sanguinetti, Inscriz. dell. Lig., p. 315,
321. — Carlone, Vest. épigr. p. 50, n. 67. — Mommsen,
Corp.,i. V, vol. 2, n. 8088.
N” 313
IMP • ANTONINVS
PIVS • FELIX • AVG
PONI • CVRAVIT
B X C
Ce milliaire est, comme le précédent, dans la chapelle de
Saint-Michel, où il est employé à soutenir la confession
de Sainte-Madeleine, qui se trouve au fond de la chapelle.
Maurand prétend avoir vu près de la Bordighera un mil-
liaire portant ce numéro, ce qui est impossible; mais,
comme le fait remarquer M. Mommsen, il se peut très-bien
qu’il ait vu celui que l’on trouvera au n" 315, qui, d’après
Zuniga, était au-delà de la Roya, devant le couvent des
Augustins. Il faudrait alors entendre que Maurand a trouvé
ce milliaire « sur la route de la Bordighera » et lire : sopra
Cil cammino) di Bordighera, etc.
On trouve ce texte chez Ganduci, Discorso, p. 47. — -
Gioffredo, Stor. dell. Alp., ms. p. 47, éd. p. 107, 166.
— J. Lopez de Zuniga, Voyage d’Alcala à Rome (1608).
— Ughelli, Italia sacra, t. IV, 428. — Schiaffino, Ann.
eccl., vol. 1, p. 23. — Navone, Passegg., p. 142. — De
Cessoles, Mém. de l’Ac. de Tur., II' sér., vol. 5, p. 166,
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266
pl. n. 5. — Roubaudi, Nice et ses environs, p. 118. —
Henzen, Suppl. Orell., 5104. — Bourquelot, Inscr. ant.,
n. 1345. — Gerol. Rossi, Stor. di Vint. p. 21, et Descr.
de la vïll. de Vint., p. 36, n. 3. — Sanguinetti, Inscriz.
dell. Lig., p. 315, 323. — Alf. de Longperrier, l'Hiver
à Ment., p. 48. — Carlone, Vest. épig., p. 50, n. 68. —
Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, n. 8089. Je n’ai pas men-
tionné Maurand, car je ne pense pas qu’il s’agisse de ce
milli aire-ci.
N° 314 (Perdue)
IMP - ANTO//
NVS- PIUS- FELIX
AVG- PONI • CV
RAVIT
X".....
D’après Maurand, ce milliaire était à côté du précédent '
sur la route de Vintimille à la Bordighera. Etait-ce le
n # dxxcviii ? — Momsen, Corp., t. Y, v. 2, n. 8090.
N° 315 (Perdue)
IMP- ANTONINVS
PIVS- FELIX • AVG
PONI - CVRAVIT
C’est cette inscription, je pense, que Maurand a vue
d’après Stunica, Itinerarium ab oppido complutensi Tole-
tanæ, provinciæulteriori Hispaniæ, usquead urbemroma-
nam adJohannem Stunicam fratrem.. féliciter incipit, A.
1512, Rom. Marcel. Silber, Al. Franck, 1521, in-4°, éd.
Schott, p. 133. — Maurand dans Peiresc, ms. de Paris,
fonds lat. n. 8957, p. 230. — Gioffredo, Stor. dell. Alp.,
ms. p. 57 et édit. p. 107 et 166. Cet auteur pense que c’est
la même que celle de la chapelle Saint-Michel ; cela serait
admissible si, comme le fait remarquer M. Mommsen, on
n’avait pas le témoignage de Maurand, qui dit avoir vu
un milliaire portant lé n. 590 au dehors de Vintimille.
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267
N° 316*
t
IMP
ANTON INVS
Vins
felix auü
Ce milliaire était employé dans la digue ancienne de la
Roya. Il fut emporté par la rivière, de laquelle il a été retiré
en fort mauvais état et presque illisible, en 1863; il est
aujourd’hui à demi enfoui sur la promenade de la Colla.
Quel était son numéro d’ordre ? C’est ce qu’il est actuelle-
ment impossible de dire.
Il a été publié par Sanguinetti, Inscr. dell. Lig ., p. 323.
— et par Rossi, qui le lui avait communiqué, dans la Descr.
de la vill. de Vint., p. 36, n. 4. — Mommsen, Corp., t. V,
vol. 2, n. 8092.
On a trouvé, entre Plaisance et Vintimille, quatre autres
bornes de cette voie : l’une à Ponti, près Spigno, sur le
portail de l’église paroissiale, où d’après Borci, Acqui, 1,60
on lisait:... Antoninvs | pivs I avg | poni | ivssit ; la
seconde dans la Rivière de Gênes, à Alassi, près Al-
benga, laquelle porte ces mots : M • tvli ■ antoninvs . pivs
feux. AVtî., d’après Falonardi. La troisième est près de
Diano, au lieu nommé la Chiappa. D’après M. de Cessoles,
on y lit: imp. CxEsar | avpvsrvs • im/>. x | triBVNiciA.
POtEs xi | dliii ; cette inscription a été aussi publiée parmi
celles des Alpes-Maritimes par Bourquelot, Inscr. ant., n.
132, et par Carlone, Vest. épigr., p. 50, n. 66. — Mommsen,
Corp., t. V, vol. 2, n. 8085. La quatrième a été trouvée à
San Remo; d’après les manuscrits de Filonardi, voici ce
quelle contenait :
TIVS.... L..S
....V...S IMP • X
TRIBVNIT1A
POTEST • X
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— 268
Ce texte n’a été publié que par Mommsen, Corp., t. V,
■vol. 2, n. 8086, qui ne le rétablit pas, pensant sans doute que
le lecteur saura faire lui-même la correction. En effet, cette
inscription était certainement la même que celle de tous les
milliaires d’Auguste de cette voie.
InacrlpttoM Militaire»
N° 317
HRV
MILI
T^R
Ce fragment d’inscription, trouvé en 1876 près du théâtre
antique d 'Album Intimilium par M. Gerolamo Rossi, a été
publié par lui dans le Recueil de Fiorelli, sous le titre de :
Note deçjli scavi (année 1876, p. 177). Mommsen, Corp.,
t. V, vol. 2, n. 8962, l’a-reproduite dans son supplément.
Je ne veux certes pas tenter une restitution complète de
ce texte ; mais il semble que la première ligne a porté le
mot chrvsis, qui était un cognomen bien connu dans nos
régions : la seconde ligne portait, à n’en pas douter, le mot
militi. Faut-il lire à la dernière T C F, testa.menta.rn cura-
vit fieri ? En tous les cas c’est bien une épitaphe de mili-
taire, et jusqu’à ce jour c’est la seule qui ait été trouvée à
Vintimille. On connaît bien des soldats de ce pays, mais
leurs tituli ont été retrouvés loin de leur patrie. On peut
citer : Caius, A Ibutius, Caii filius, Falema tribu, domolnti-
miliensi, miles cohortis octavae populi romani ; militavit
annisseplemdecim, vixitannis triginta quinque. Hicsitus
est. Cette inscription, citée parmi celles d’Aquilée par
Bertoli, Ant. di Aquil. sacr. e prof. Venise (1739), est
certainement très importante pour Vintimille ; car elle éta-
blit d’une façon indéniable que la cité des Intimiliens était
inscrite à la tribu Falerna. Une seconde inscription, citée
par Spon d’après Fabretti, nous fait aussi connaître ce fait.
Je n’ai pas vu le fragment ci-dessus, je le publie d’après
Mommsen.
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269
Inscription» Municipale»
N° 318
5k ai
I • CVRAT
PVTEOLOS
curato R • AEDIVM
5 sacrar . et . opeRvM
publicorum.
Ce fragment a été trouvé en 1842 sous le pavé du chœur
de la cathédrale ; il est aujourd’hui scellé dans la salle de
l’ Hôtel-de-Ville à Vintimille.
Ce texte a été publié par Gerol. Rossi, Stor. di Vint.
1857, p. 45, et üescr. de la vill. de Vint. (1875), p. 36, n. 5.
Mommsen, Corp. Inscr., t. V, vol. 2, n. 7812. Cet auteur
dit que la première lettre de la première ligne a dû être un
B, et qu’à la fin de cette même ligne, il manque trois lettres ;
et il ajoute : « Versus 3, 4 videtur significari cura reipubli-
cæ Puteolanorum ; sed accusativus unde pendeat, reperire
non potui. Nam displicet omnino de quo cogitavi : curator
missus Puteolos vel curator ad Puteolos. » Je ne me
hasarderai pas à rechercher ce qu’il n’a pas trouvé. Les
curatores aedium sacrarum et operum publicorum , étaient
des magistrats chargés de l’entretien des temples et des édi-
fices publics.
N° 319
0 • MANTIO • 0 • FIL
PALAT • PLACIDO
EQ • PVBLICO AEDILI
IIVIR • SACERDOTI • LA
5 NVV1N0 • L • POLFEN
NIVS ■ CERDO • ET • MAN
TIA • LVCIDA • CVM • LIBE
RIS SVIS- MANTIS- LVCIFE
ROETZENIONE • PO
10 SVERVNT S P
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270
Quinto Mantio, Quinti filio, Palatina, Placido, equo pu-
blico, a edili, duumviro, sacerdoti Lanuvino ; Lucius Pol-
fennius Cerdo et Mantia Lucida cum liberis suis, Mantis
Luciferus et Zenio, posuerunt sua pecunia.
A Quintus Mantius Placidus, fils de Quintus, de la tribu Palatina, chevalier
public, édile, duummvir et prêtre de Lanuvium ; Lucius Polfénius Cerdon et
Mantia Lucida avec les deux Mantius, Luciférus et Zénion, leurs enfants, ont
de leurs deniers élevé ce monument.
Cette inscription a été trouvée à Nervia, le 27 juin 1870
dans la propriété de M. Second; elle y est encore à côté de
la porte d’entrée, où je l’ai lue.
Elle a été publiée par Gerol. Rossi dans la Gazette offi-
cielle du royaume d’Italie, le 19 juillet 1870, et plus tard
par le même auteur dans sa Descrip. de la ville de Vint.,
p. 37, n. 6 ; et par Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, n. 7814.
N« 380
M/ ' ATILIO’ L- F’ FAL’ ALPINO’ AED
V ’ ATlLlAE • M/ • F' VEAMONAE
L - ATILIO' M/' F 'CVPlTO
C • ATILIO * M/ ’ F • ALPINO
5 M ■ ATILIO - M/ • F ■ PRISCO
ATlLlAE • W ' F ’ POSILLAE
ATlLlAE’N/ ’F'SEGVNDAE
LICINIÆ * C ’ F ’ GVPlTAE • NEP
T F I
Manio Atilio , Lucii filio, Falerna Alpino, aedili ; V.
Atiliae, Manii filiæ Veamonæ; Lucio Atilio, Manii filio
Cupito ; Caio Atilio, Manii filio Alpino ; Marco Atilio,
Manii filio Prisco ; Atiliæ Manii, filiæ Posillæ ; Atiliæ
Manii filiæ Secundæ ; Liciniæ Caii,filiæCupitæe, nepotæe.
Testamentum fieri jussit.
A Manius Atiliu9 Alpinus^flls» de Lucius, de la tribu Falerna, édile; à V. Ati-
lia Veamona, fille de Manius; à Lucius Atilius Cupitus,fïls de Manius; à Caïus
Atilius Alpinus, fils de Manius ; à Marcus Atilius Priscus, fils de Manius ; à
Atilla Posilla, fille de Manius ; à Atilia Secunda, fille de Manius ; à Licinia
Cupita, fille de Caïus, sa petite-fille. Leur testament a ordonné l'érection de
ce monument.
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271 —
Cette inscription est actuellement à Saorgc ; elle est gra-
vée très artistement sur une plaque de marbre encastrée
dans le mur de l’église paroissiale, à côté de la porte laté-
rale et en face du presbytère. Les mots sont séparés par des
virgules et la formé des lettres est d’un très bon style. Elle
nous apprend que Saorge appartenait à la cité des Intimi-
liens, qui était, nous l’avons vu, inscrite à la tribu Falerna.
C’est cette inscription qui a fourni à Meyranesi le thème
d’une multitude d’autres qu’il a fabriquées. Il avait cru que
la tribu Falerna était celle de Cimiez et dans presque toutes
ses inscriptions de Cimiez on la trouve mentionnée ; on
retrouvera plus loin dans un texte de sa fabrication le même
Atilius Alpinus.
' M. Mommsen mentionne l’opinion de Gioffredo, qui dit
que cette inscription a été apportée à Saorge du Castrum
de Malamortis ; mais il ajoute que Scaliger disant que
l’inscription est à Saorge, Gioffredo a dû être trompé. Les
affirmations des deux auteurs sont vraies, car le Castrum
de Malamortis et Saorge ne font qu’un ; ou plutôt, Malmort
est la partie nord-ouest du village : donc Scaliger a eu
raison de dire qu elle était à Saorge, puisque Malmort est
dans cette ville, et Gioffredo a eu raison de dire qu’elle y avait
été apportée de Malmort, puisque effectivement cette
inscription était autrefois dans les murs du vieux châ-
teau et qu’elle a été depuis transportée à Saorge même.
Cette inscription a été publiée par Scaliger, Ms. de Lyon ,
Papembr. 6. p. 16. — Gruter, Corp. Inscr. dcccxxxix, 1.
— Gioffredo, Nie. civit. p. 13. — Ricolvi, Inscriz. n. 26.
— Zaccaria, Excurs. 1,53. — Donati, Sup. ad thés. Mur.
cccviii, 3. — Bonifassi, Nie. inscriz. n. 81. — Durante,
Chorogr. p. 181. — Bourquelot, Inscrip. ant. n. 101. —
Tisserand, -H ist. de Nice, t. I, p. 44. — Sanguinetti, Inscriz.
dell. Lig. p. 206. — Carlone, Vest. ép. p. 122, n. 198. —
Gerol. Rossi, Descrip. de la ville de Vint. p. 42, n. 19. —
Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, n. 7813.
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272
Inscription» funéraire*
N® 321 (Voy. PI. IV, n» 1)
pOMPEIO
wACKO
PIISSIMO
Cette inscription est incomplète à gauche ; elle est gravée
sur un fragment d’urne en marbre, qui est actuellement à la
bibliothèque municipale de Nice. Elle a été trouvée en 1863
dans les environs de Vintimille, par M. Vernier, architecte,
qui en a généreusement fait don à la ville. Les sculptures
qui ornent ce petit monument m’ont paru mériter d’être
reproduites, aussi les ai-je dessinées dans une planche de
texteô.
Cette inscription n’a été publiée jusqu’àce jour que par M.
Mommsen dans son Corpus, t. V, vol. 2. n. 7816.
Je ne cherche pas à restituer ce texte ; car il peut se com-
pléter de cent manières différentes, toutes aussi arbitraires
les unes que les autres.
N® 322
DEDIG • A • T • Q • EP
Cette inscription se lisait au-dessous d’une mosaïque
représentant Arion assis sur un dauphin ; elle a été décou-
verte en 1852, dans la propriété de la prébende paroissiale à
Nervia ; elle est aujourd’hui détruite.
Elle a été publiée par Gerol. Rossi dans son Hist. de Vin-
timille,]). 27, et plus tard dans sa Descrip. delà. vill. de
Vint., p. 38, n. 8. — par Sanguinetti, Inscriz. dell Lig.
p. 179 et Bulletin dell. Inst. (1873) p. 29. — Mommsen,
Corp. t. V, vol. 2, n. 7815.
N® 323
DATVMQ
P • SEX • FVN
M • OPERACJONE
ET • PRO AMORE
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— 273 —
Je n’ai pçts vu cette inscription ; quand je suis allé à Vin-
timille, je n’avais pas l’honneur de connaître M. Rossi, qui
la conserve chez lui ; je la cite donc, d’après la copie qu’il
en fournit dans sa Description de la ville de Vintimille, p.
37, n. 7.
Je ne puis rien dire au sujet de ce texte ; à quoi se rap-
porte-t-il ? je l’ignore absolument; je ne suis même pas très
certain que ce soit une inscription romaine.
Je n’ai pas poussé plus loin mes recherches du côté de
l’Italie ; et si j’ai cité les inscriptions de Vintimille, ce n’est
que parce qu’il m’a paru qu’elles ne pouvaient pas être sépa-
rées de celles de Monaco, Menton et Saorge : il fallait donc,
pour avoir un tout complet, donner les monuments de Inti-
milii ; mais aller plus loin serait sortir du cadre que je me
suis imposé.
A TOURETTE, A LEVENS, AU PLAN DE REVEL
ETC.
Inscription» votive»
N® 324
P • S • D • D
0 • ENIBOVDIVS
MONTANVS • J
LEG . III ITALICAE
5 ORDINATVS • EX • EQ
ROM • AB • DOMINO
IMP • M • AVR- ANTOîf
NO- AVG- ARAM- POSV
IT • DEO • ABINIO
10 LM
Pro s&lute domus divinæ, Quintus Eniboudius Monta -
nus, centmno legionis tertiæ Italicæ, ordinatus ex équité
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874
roma.no a b domino imperatore Marco Aurelio Antonino
Augusto, aram posuit deo Abinio.
Pour le salut de la maison divine, Quintus Eniboudius Montanus, centurion
de la légion troisième Italique, nommé à cause de son titre de chevalier
romain par noire seigneur l'empereur Marc-Aurèle Antonin Auguste, a placé
cet autel au dieu Albinius de son plein gré.
On trouve cette inscription mentionnée dans le ma-
nuscrit de Bartoli, Dibl. Taurin. — Bonifassi, Niciens.
inscrip. n. 8. — Gazzera, ms. — Roubaudi, Nice et ses
environs, p. 1 10. — Durante, Chorogr. p. 47. — Bourque-
lot, Inscrip. ant. n. 16. — Henzen, Orell. suppl. 6772. —
Tisserand, Hist. de Nice. 1. 1, p. 44. — Sanguinetti, Inscri:.
rom. dell. Lig. p. 210. — Carlone, Vestiges épigraph. p.
114, n. 182. — Rev. Arch. nouv. sér. (1869) (Bertrand?), p.
223, n. 2. — Mommsen, Corpus, t. V, vol. 2, n. 7865, qui
la donne d’après un estampage que lui a fourni M. Wa-
dington.
Cette inscription, gravée sur un autel, était située à gau-
che de la porte de l’église de Chàteauneul-ville-Vielle ; Bar-
toli dit quelle soutenait autrefois le bénitier de cette église :
elle a été depuis 1869 transportée au musée de Saint-Ger-
main, où je l’ai copiée.
La formule qui commence l’inscription et qui a été très
usitée sous les Antonins, nous fait savoir que c’est de cette
époque que date l’inscription ; probablement est-ce de Marc-
Aurèle qu’il s’agit. Les membres de l’ordre équestre, c’est-
à-dire les chevaliers romains, qui voulaient entrer dans l’ar-
mée, prenaient d'emblée le grade de centurion; c’est ce que
fait entendre Eniboudius lorsqu’il s’exprime en ces termes:
ordinatus ex équité rornano. On possède de nombreuses
inscriptions où ce fait est relaté ; mais celle-ci et celle qui
estdédiéeau dieu ...Orevaius sont les seules de ce genre
que nous possédions dans, la région.
La légion III italica fut créée par Marc-Aurèle, sous
Alexandre Sévère ; elle avait ses quartiers en Rhétie. Il est
probable que c’est à la formation de la légion que Quintus
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275
Eniboudius fut fait centurion ; et c’est pour les remercier du
succès de la demande qu’il avait faite, qu’il éleva deux
autels, l’un au dieu Abinius et l’autre au dieu ...Orevaius
comme nous allons le voir.
N» 325
P • S • D • D
0 • ENIBOVDIVS
MONJANVS • D
LEG- III ITALICAE
5 ORDINATVS • EX
EQ • ROM • AB ■ DO
MINO • IMP M A/
r EL- ANTONNO . A/G
a RAm POSVIT • DEO
to TOREVAIO -LM
Cette inscription se lit absolument comme la précédente,
à la seule différence près qu’elle est dédiée au dieu Tore-
vaius? La première lettre du nom manque; mais il m’a
semblé y reconnaître un fragment de barre transverse ayant
pu appartenir à un T, à un F, à un E, ou même à la partie
supérieure d’un Z. De toutes ces lettres celle qui semble
avoir le plus de chance est un T ; Torevaius me séduit plus
qu’aucun autre ; on trouve dans toute la Provence une mul-
titude de noms commençant par tor : Thorrenc, Torame,
Toramine, Toredun, Thoron, Thoronet, etc. ; d’ailleurs, le
fragment de barre transverse, semble bien avoir appartenu à
un T.
N° 326 (Perdue)
EGOMONI
CVNTlNO
VIC • G VN
P
(Deo) (S)egomoni Cuntino Vicus Cuntinus posuit.
(Au dieu) Segomon Cuntinien lo Vicus Cuntinus a élevé ce monument.
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276
Cette inscription a été conservée par Gioffredo, Stor.
dell. Alp., ms., p. 28 et p. 37 et dans son édition p. 110. —
Ricolvi, Inscriz. n. 25, qui déclare l’avoir copiée sur la
pierre. M. Mommsen doute de la sincérité de cette affirma-
tion et croit que Ricolvi l’a copiée dans les papiers de
Gioffredo. — Zaccaria, Excursus, i, 53. — Donati, Sup.
a d thés. Mur., n. 3432. — Bonifassi, Nie. Inscr., n. 48. —
Bourquelot, Inscr. a nt., n. 10. — Tisserand, Hist. de Nice,
1. 1, 44. — Sanguinetti, Inscriz. rom. dell. Lig., p. 205.
Carlone, n. 193, p. 119. — Mommsen, Corp., t. V, vol. 2,
n. 7868.
Cette inscription a été trouvée dans les environs de l’Es-
carène, probablement vers le village de Contes, qui était
certainement, comme je l’ai dit dans mon introduction, le
Vicus Cuntinus de l’inscription. Elle est aujourd’hui
perdue.
Le culte du dieu Ségomon a été très-répandu sur le versant
gaulois des Alpes ; il en a été trouvé des traces à Culoz (Ain),
à Arinthod (Jura), à Nuits (Côte-d’Or) et à Lyon. M. H.
Monin [Monum. des anciens idiomes gaulois), pense que le
radical sego, que l’on rencontre dans un grand nombre de
noms gaulois d’hommes et de localités, doit être rattaché
aux radicaux sig et sieg des idiomes tudesques, dont le sens
est poursuite et victoire ; ce serait une sorte de dieu de la
guerre que les Romains identifièrent avec Mars, comme le
prouve l’inscription de Culoz, publiée dans la Revue archéo-
logique (t. IX, p. 315), où ce dieu est nommé Mars Ségomon.
N° 327 (Perdue)
in h o n o r e m
matronarum
VEDIANTIARV M
VOT • LIB LA et- RED
5 DIT • L • VAL • VELOX
MIL- LEG- XIIII- $EM- M
ART • VICTRICIS • D
CLAuef. rEPEnTINI
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*77
In honorent ma.trona.rum Vediantiarum, votum libens
laetus reddit Lucius Valerius Velox, miles legionis XIlll
geminse Martiæ Victricis, centuria Claudii Repentini.
En l'honneur des matrones Védiantiennes, Lucius Valérius Velox, soldat
de la quatorzième légion gemina Mirtia Victorieuse, de la centurie* de Clau-
dius Répentinus, a librement et avec joie accompli son vœu.
Cette inscription a été donnée pour la première fois par
Bonifassi, Nie. inscr., n. 15, d’après une copie que lui
fournit un habitant de Tourettes. — Durante, Chorogr.
p. 42. — Bourquelot, Inscr ip. ant. n. 71. — Tisserand,
Hist. de Nice, t. I, p. 45. — Sanguinetti, Inscriz. rom.
dell. Lig. p. 222. — Carlone, Vestiges épigr. p. 109, n. 174.
— Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, h. 7873. — Desjardins,
Géogr. etc. t. II, p. 256.
J’ai vu une copie de cette inscription faite par le curé de
Tourettes ; ce doit être celle qui a servi à Bonifassi, on y lit :
LAVRED à la deuxième ligne et CEM à la quatrième.
A ce que disait le curé, cette inscription a été employée
dans la bâtisse de la minoterie qui est en avant du hameau
du Plan de Revel : elle n’aurait pas été brisée, s’il faut l’en
croire.
Les premières lignes ont toujours manqué. M. Léon
Rénier, se fondant sur l’ inscription qui va suivre, les a res-
tituées, et sa restitution a été acceptée de tous les épigra-
phistes.
Les matrones sont des déesses locales ; voici ce qu’en dit
M. Gaidoz dans Y Encyclopédie des sciences religieuses :
« Les déesses Mères (Maires ou Matræ ou Matronæ avec
« des épithètes généralement topiques , par exemple
« MATREBO NEMAVSICABO « aux mères de Nîmes »
« et MATRIBVS TREVERIS, « aux mères de Trêves »)
« semblent avoir été les « bonnes dames » ou les « dames
« blanches » de l’endroit, et sont vraisemblablement le pro-
« totype de nos fées. On les représente généralement assis-
« ses, tenant un ou plusieurs enfants sur leurs genoux.
« Plusieurs d’entre elles ont la même attitude que plus
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278
« tard la Vierge tenant l’Enfant Jésus ; et les statues mira-
« culeuses de la vierge Marie trouvées dans la terre à
« diverses époques (telle est, dans plus d’un cas, l’ori-
« gine de ce qu’on appelle les « Vierges Noires ») étaient
« sans doute des statues des déesses Mères gauloises ou
« gallo-romaines. »
Sous Tibère la légion quatorzième Gemina Martia.
Victrix, était campée dans la Germanie Supérieure ; en 69,
au moment de la guerre civile, elle était en Bretagne, et
sous Alexandre Sévère, dans la Pannonie Supérieure.
N° 328
MATRONIS
VELIANTIABVS
P ■ ENISTALIVS P F
CL- PATERNV3
5 CEMEN'ELENSIS
OPTIO • AD • OKDIXE
) LEG XII
PRIMIGENIAE
PIAE • FIDELIS L M
Matronis VecLiantiabus ; Publius Enistalius, Publii
filiu8, Claudia (tribu) Paternus, Cemenelensis optio, ad
ordinem centurionatum (prômotus) legionis XXII primi-
geniæ, piæ, fidelis, libens merito.
Aux Matrones Vediantiennes ; Publius Enistalius Paternus fils de Publius,
déjà tribu Claudia, originaire de Cemenelum, lieutenant porté pour le grade
de centurion de la vingt-deuxième légion primigenia, pieuse, Adèle, a libre-
ment accompli son vœu.
Spon cite deux fois cette inscription, Ign. Deor. aræ, p.
53 ; Miscell. p. 104, d’après Peiresc, à ce qu’il dit : comme
cette inscription ne se trouve pas dans les papiers de
Peiresc qui sont à Paris, il est probable qu’elle est conservée
dans ceux qui sont à Aix, bibliothèque Méjane. — Gioffredo,
Nie. civit. p. 12; Stor. dell. Alp. ms. p. 26; id. éditée p.
94. — Bouche, Hist. de Provence, t. I, p. 183. — Fabretti,
620, 168. — Papon, Hist. gén. de Prov. t. I, p. 33. —
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— 279 —
Keysler,Anf. sept. Germanicæ et Celticæ, p. 444 ex Sched.
Peiresc. — Orelli, Ampl. colt. n. 2093. — Bonifassi, Nie.
inscr. n. 14. — Risso, Guide de Nice, p. 181. — Durante,
Chorog. p. 40. — Roubaudi, Nice et ses env. p. 65. —
Bourquelot, Inscr. a nt. n. 14. — Tisserand, Hist. de Nice,
1. 1, p. 44. — Sanguinetti, Inscriz. rom. dell. Lig. p. 197. —
A. Bertrand, Rev. arch. nouv. sér. t. XIX (1869), p. 306.
— Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, n. 7872. — Desjardins,
Géogr. de la Gaule, t. II, p. 256.
Cette inscription est actuellement conservée dans un
jardin de Tourettes de Levens, où je l’ai copiée. Les pre-
mières lignes, que j’ai indiquées en lettres penchées, man-
quent actuellement ; mais les anciens auteurs Spon, et Giof-
fredo, la donnent complète : elle était donc intacte à cette
époque. Gioffredo dit que cette inscription se trouvait autre-
fois dans l’église paroissiale de Tourettes; Durante ditqu’elle
servait de bénitier dans la chapelle de Saint-Sébastien;
il ajoute qu’elle était en 1847 dans la propriété de la famille
Laurenti, où elle servait d’auge et se trouvaità moitié enfouie.
Les Optiones étaient les lieutenants ; leur nombre était
égal à celui des centurions, qu’ils remplaçaient au besoin.
Leur nom Optiones venait de la faculté qu’avait le centurion
de pouvoir choisir son lieutenant. P. Enistalius était option
dans la XXII* légion, il y fut nommé centurion ; et c’est
pour remercier les matrones védiantiennos de cette grâce,
qu'il leur avait demandée, qu’il fit élever cet autel à ces
divinités tutélaires.
La XXII* légion primigenia fut créée par Claude. En T59,
pour la guerre civile, elle était en Germanie Supérieure,
ses quartiers étaient à Mayence ; on la retrouve dans cette
même région sous Alexandre Sévère.
N» 3*9*
HERCVLI • SACRVM
Durandi, Piem. cisp., p. 69. — Bourquelot, Insc. a nt.,
n. 4. — Carlone, Vestig. épigr., p. 107, n. 167. — Mom-
sen, Corp. t. V. vol. 2, p. 90*, n. 1016*, falsa.
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280
D’après Durandi, cette dédicace était à Aspremont sur le
versant méridional du Mont-Chauve, où je l’ai bien inutile-
ment cherchée. C’est une des inscriptions de Meyranesi.
N» 330*
HERCVLI • SACRVM
L • VIATTIVS LF- FALER
V S • L • M
Herculi Sacrum. Lucius Viattius, Lucii filius , Falerna
tribu votum solvit libens merito.
Consacré à Hercule. Lucius Viattius, fl h de Lucius, de la tribu Falerna
a librement accompli son vœu.
Durandi, Piemonte cisp. p. 68. — Bourquelot, Inscr.
ant. n. 3. — Carlone, Vest. épigraph. p. 166, n. 184. —
Mommsen, C'orp. t. V, vol. 2. p. 90*, n. 1019*, falsa.
Comme la précédente, cette inscription, qui est très habi-
lement fabriquée, sort de chez Meyranesi. L’auteur a
choisi le nom de Viattius, qui existe sur un texte d’Eze (près
de Monaco) ; il nomme la tribu Falerna, qui est celle de Vinti-
mille, à laquelle pouvait très bien appartenir ce personnage;
mais l’origine en est trop suspecte pour qu’elle puisse être
admise, surtout lorsqu’on n’en retrouve plus de traces. Du-
randi place cette inscription à Châteauneuf.
%
Inscriptions Provinciales
N® 331 *
M ATILIO LF- FALER • ALPINO
FLAM1NI • DIVI • CAESARIS
NERVAE
PERPETVO
5 PATRONO • MVNICIPII
TRIB • MIL1T • COHOR • ?
LIGVRVM
D • D
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284
Marco Atilio, Lucii filio, Falerna Alpino, flamini divi
Cæsaris Nervæ perpetuo, Patrono municipii, tribuno
militum cohortis centuriali ligurum ? decreto decurio-
num.
A Marcus Atilhn Alp ; nus, fils de Lucius, inscrit à la tribu Paie ma, flamme
perpétuel du divin César Nerva, patron du municipe, tribun militaire de la
cohorte centuriale des Ligures ? par décret des décuri jns.
Durandi, Piem. cisp. p. 69. — Bourquelot, Inscrip. a nt.
n. 67. — Carlone, Vest. épigr. p. 104, n. 166. — Mommsen,
Corp. t. V, vol. 2, p. 91*, n. 1032*, falsa .
Les noms du personnage que mentionne cette inscription
sont les mêmes que ceux de l’inscription de Sa^rge rappor- *
tée plus haut n. 320 ; le faussaire (Meyranesi sans doute) a
voulu donner ainsi, une tournure locale à son élucubration ;
tandis que cela ne fait que faire ressortir davantage la
fausseté de son texte.
Durandi place cette inscription à l’église de Saint-Biaise :
inutile, je pense, de dire qu’elle n’y est pas.
Cet auteur ajoute que si l’on rencontre fréquemment la
mention de la tribu Falerna dans les Alpes-Maritimes, c’est
que les Védiantiens y étaient inscrits; ce qui est aussi faux
que le texte sur lequel il s’appuie : Cimiez et les Védian-
tiens étaient inscrits à la tribu Claudia.
N® 332*
C • 1VLIO • VALENTI I F FALER
VI VIRO • CIVIT • SALINIEN ... ‘
ALPIVM • MARITIMARVM
PATRONO • OPTIMO
Caio Julio Valenti, Julii filio, Falema tribu, sextum
viro civitatis Saliniensium Alpium Maritimarum, pa-
trono optimo
A Caïus Julius Valons, fils de Julius, inscrit à la tribu Falerna, sévir de* la
cité de Salinium des Alpee-Maritimes, à leur patron excellent
Digitized by
Google
282
Durandi, Piem. cispad. p. 66. — Carlone, Vest. épigr.
p. 121, n. 196. — Mommsen, Corp. t. V, vol. 2. p. 91*,
n. 1043*, falsa.
J’ai déjà dit ce que je pensais de cette inscription à propos
d’une autre toute semblable que Durandi attribue généreu-
sement à Cimiez ; d’après lui, celle-ci aurait été trouvée à
Lucéram dans le cimetière paroissial.
N» 333*
SEXTO • IVNIO • SEX- F
RVFFO
IIVIRO • PROC • ALIMENT
CVR • PEG • PVBLICAE • ET
5 FRVMENT- CVR
Sexto Junio, Sexti filio Ruffo, duumviro, procuratori
alimentario, curatori pecuniæ publicæ et frumenti ?
curatori.
A Sextus Juniu* Ruffus, fl!s de Sextus, duumvir, procurateur alimentaire,
curateur des deniers publics et curateur du froment.
Durandi, Piem. cisp. p. 68, place ce texte à Châteauneuf.
— Bourquelot, Inscr. a nt. n. 47. — Carlone, Vestig.
épigr. p. 116, n. 185. — Mommsen, Corp. t. V, vol. 2,
p. 92*, n. 1646*, falsa.
Cette inscription provient encore de Meyranesi.
N® 334*
M- AVRELIO ANNO C F
PROC
ALPIVM • MARITIMARVM
5 PATRONO • COLONIAE
LD
Marco Aurelio Anno, Caii filio procuratori
Alpium Maritimai'um, palrono colonise. Locus datus
A Marcus Au**élius Annus, fils d? Calus procurateur des Alpes-Mari-
times, patron de la colonie. Le lieu a été donné.....
Digitized by LaOOQle
283 —
Durandi, Piem. cisp. p. 68. — Carlone, Vestiges épigr.
p. 118, n. 192. — Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, p. 91*,
n. 1.034*, /a Isa.
C’est encore à Meyranesi que l’on doit ce texte : Durandi
le place à l’Escarène.
Inscription» militaires
N® 335*
IMP CAES
AVGVSTO
D D
Imperatori Cæsari Auguslo dedicatum ?
Dédié à l'Empereur César Auguste.
Ce texte aurait plutôt la tournure d’une dédicace que d’un
milliaire ; mais Durandi, qui le cite, en publie un autre dans
la même forme, situé, dit-il, à Saint-Sauveur, lequel à la
suite des deux D, porte un chiffre. Il faut donc le prendre
comme un milliaire, mais il n’est pas plus authentique pour
cela. Durandi le place à Touet de l’Escarène.
Durandi, Piem.' cisp. p. 73. — Carlone, Vest. épigr. p.
65, n. 97. — Mommsen, Corp. t. V, vol. 2,p. §1*, n. 1025*,
falsa.
Inscriptions militaires
N® 336
PLACIDIA PRIMA • P • ANIc
10 • TERTIO • MARITO • SVO
ET • M • ANICIO • ALPINO
FILIO • SVO • PIENTISSIMO
5 MILITI • eT • T I RI C I NI
COCHO XIIII (sic)
VRBANAE • ) Quinti
VOLVSI - SEVERI
f C
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884
Placidia Prima Publio Anicio Tertio, marito suo, et
Marco Anicio Alpino filio, suo pientissimo, militi et tibi-
cini cohortis quartæ decimæ urbahæ, centuria Quinti
Volusii Severi ; faciendum curavit.
Placidia Prima à Publius Aniriu* Tertius, son mari, et à Marcus Aniline
Alpinus, son fils bien-aimé, l'un poldat et l'autre trompette de la quator-
zième cohorte urbaine, de la centurie de Quintus Volusiua Sévérus, a prie
soin d'élever ce monument.
Ce texte a été donné par Bonifassi, Nie. inscr. n. 126,
qui l’avait copié sur le monument lui-même. — Par Carlone,
Vest. épigr. p. 121, n. 195. — et par Cazalis, Dizionario
géografico degli Stati sardi (Tur. 1833-1856 in 8°), t. IX,
p. 429, qui parait le tenir d’une source étrangère et l’a
publié d'ailleurs, ainsi que Carlone, très incorrectement. • —
Mommsen, Corp. t. V, vol. 2. n. 7894, qui n’a pas vu le
monument, lui fait quelques bonnes restitutions, mais il
donne les lignes 5 et 6, d’une façon très défectueuse.
Cette inscription est aujourd’hui près de Levens, au
quartier Notre-Dame-des-Prés, derrière la gendarmerie. La
pierre est couchée sur le sol : l’inscription est exposée à
toutes leur intempéries des saisons, elle est déjà d’une lec-
ture très difficile; mais pour peu qu’elle reste dans la même
position quelques annés encore, elle deviendra tout à fait
illisible.
A la cinquième ligne Mommsen donne militi tricin, la
pierre porte militi et tibicin ; à la sixième eq-cho xiiii, la
pierre porte cocho(rtis)xiiii. Ces mots sont écrits en lettres
d’une hauteur double de celles du restant de l’inscription, et
parfaitement lisibles; il y a bien cocho. Je pense que c’est
là une forme de basse époque, pour coho ; nous trouvons en
effet quelquefois dans les manuscrits les mots mihi, nihil,
etc., écrits michi, nichil, etc. Ce serait ftonc une façon
d’écrire indiquant que l’H doit être prononcée durement.
C’est là une conjecture, mais je ne vois rien de plus plausible
et la lecture est certaine.
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— «« —
N« 337
C • VO
MILES* L^
RICI • PU
BRini • xl
5 CIVS • vlS
CL • NERI\
C • VIBIVS V •
NIO • FACERLA
Ce fragment est encore aujourd’hui dans l'église de Cha-
teauneuf-ville-Vieille, où je l’aj copié. On ne pourrait tenter
que des restitutions arbitraires; je préfère donc m’abstenir.
On le trouve dans Gioffredo, Stor. dell. Alp. ms. p. 50. —
Bonifassi, Nie. Inscr. n. 77. — Tisserand, Hist. de Nice,
t. I, 45. — Carlone, Veslig. épigr. p. 116, n. 183. —
Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, n. 7901.
N« 338*
D • M • S
P • VALER1VS PF* CEMBNEL
MILES- LEGIONIS- LIGVRV
Dits Manibus sacrum. Publius Valerius, Publii filius,
Cemenelensi, miles legionis Ligurum ?
Consacré aux diaux mânes, Publius Valerius, fils de Publius, originaire de
Cimiez, soldat de la légion ligure.
Durandi, Piem. cisp. p. 67. — - Carlone, Vest. épigr.
p. 121, n. 194. — Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, p. 92*,
n. 1052*, falsa.
Durandi pense que la copie de cette inscription n’a pas
été faite exactement, il propose de la corriger ainsi : miles
cohortis 7 legionis ligurum ; elle ne serait pas plus accep-
tée dans une forme que dans l’autre. Cet auteur la place à
Levons sans désignation plus précise.
Il n’y avait pas de légion ligure : les légions ne prenaient
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286
jamais, comme les cohortes, le nom du pays où elles étaient
levées ; une légion avait d’abord un numéro d’ordre et en
plus un ou plusieurs noms, pour pouvoir être distinguée
d’avec d’autres légions qui portaient ce même numéro ;
ainsi, pour n’en citer qu’un exemple, il y avait la légion
II* Augusta, II e Adjutrix, II e Trajana et II* Parthica.
Inscription Municipale
t N® 339
M • NEMVNIO • M • FIL
C VPITO • DEC • IIVIR
D MVNER • FLAM • CIVIT M
M- NEMVN1VS- NErOS FIL
5 P A T R I • S • P • P
Diis Manibus. Marco Nemunio, Marci filio Cupito,
decuiioni, duumviro munerario , flamini civitatis ;
Marcus Nemunius Nepos, filius,'patri suapecunia posuit.
Aux dieux m*nes. A Marcu 1 Némnniu^ C 'p'fius, fils de Marcus, décurion,
duumvir, qui a d nné "n combat de gluliateu’s, fiamiue de la cl é ; Marcus
Némunius Nêpjs, son fils (a élevé ce monument) a son père de ses deniers.
Cette inscription est encore aujourd’hui encastrée jlans
une maison au coin de la principale rue en entrant à Tou-
rettes, où je l’ai copiée.
Elle a été donnée fort incorrectement par Bonifassi, Nie.
inscr. n. 56. — Durante, Chorogr. p. 40. — Bourquelot,
Inscr. a nt. n. 37. — Tisserand, Hist. de Nice , t. I, p. 45.
— Sanguinetti, Inscr. rom. dell. Lig. p. 216. — Carlone,
Vestiges épigr. p. 111, n. 176. — et Mommsen, Corp. t. V,
vol. 2, n, 7915, qui ne l’a pas vue. Ma lecture est absolu-
ment certaine.
On donnait le nom de munerarius au personnage qui
avait offert au peuple un combat de gladiateurs. C’est pro-
bablement à l’occasion de son duumvirat que Némunius fit
cette largesse. Il était généralement admis que ceux qui
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WJ
étaient nommés à de hautes fonctions municipales, devaient
faire un présent d’argent, ou faire élever un monument, ou
payer un spectacle au peuple. On trouve même des inscrip-
tions qui mentionnent des personnages ayant fait les trois
choses en même temps.
Inscriptions funéraires
N« 340
0 ALBICCIo
PVDENTI
Q • ALBICCI
VS • PVDEN
5 TIANVSPA
<KI-DVLC
mEMFECIT
Quinto Albiccio Pudenti, Quintus Albiccius Pudentia-
nus p&lri dulcissimo memoriam fecit.
A Qui itns Albiccius Pudens, Quintus Albiccius Pudentianus à la mémoire
de son père bien-aimé a élévé ce monument.
Cette inscription, qui était anciennement au Plan de
Revel, est actuellement à Tourettes, sur le bord de la
grande rue, entre l’église et le village; elle a été apportée là
par les soins du curé de Tourettes, qui a été assez heureux
pour l’enlever des mains des maçons qui voulaient l’em-
ployer dans une bâtisse.
Ellp a été publiée par Bonifassi, Nie. inscr. n. 70, avec
quelques inexactitudes aux deux dernières lignes. — Durante,
Chorogr. p. 42. — Bourquelot, Inscriptions a nt. n. 86. —
Bertrand, Rev. a rch. nouv. sér. t. XIX (1869) p. 307. —
Tisserand, Hist. de Nice, 1. 1, p. 44. — Sanguinetti, Inscriz.
rom. dell. Lig. p. 224. — Carlone, Vest. épigr. p. 108,
n. 172. — Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, n. 7926. •
M. Mommsen, s’appuyant sur la lecture de M. A. Ber-
trand, donne ainsi la ligne 7 : t. f. I ; Bertrand avait donné :
//E//E//I, ce qui s’accorde bien mieux avec ma lecture
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qu’avec la restitution proposée par M. Mommsen. D’ailleurs,
quoique la fin de l’inscription soit un peu fruste* on lit très-
bien le mot fecit, et la seule lettre qui pourrait être un peu
douteuse ne serait quel’M; l’E qui le précède est absolu-
ment certain : il en est d3 même du mot DVLC à la 6* ligne.
. N # 3U (Perdue)
MCCC1AE
PATEUNAE
rien d'écrit
0- ALB\ c CI PV
de ce second
DEîïlANI
cartouche
FIL1AE • VIVAE
FECIT
Mocciæ Paternæ, Quinti Albucii Pudentiani filiæ, vivæ
fecit.
A Mrccia Paterna, fille de Quintue Albuccius Pudentianua, elle vivante a
fait ce mouument
Cette inscription devait être complétée par la partie qui
est vide à droite, laquelle devait porter les noms et titres de
Quintus Albuccius Pudentianus et donnerainsi un sujetà fecit.
Bonifassi, Nie. inscr.n. 72. — Durante, Chorographie, p.
43. — Bourquelot, Inscript, ant. n. 102. — Tisserand,
Hist. de Nice, t. I, p. 44. — Sanguinetti, lnscr. rom. dell.
Lig. p. 225. — Carlone, Vest. épigr. p. 108, n. 171. —
Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, n. 7947.
J’ai fourni la lecture de M. Mommsen. Cette inscription,
qui existait encore au Plan de Revel du tempsde Bourquelot,
est aujourd’hui égarée.
N« 342
MARCIA • VERINA
METTIAE F VS CI
NAE • MATRI • SVoe
PIENTISSIMAE
5 POSVIT
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289
Marcia Verina. Mettiæ Fuscinæ, matri suæ pientissimæ,
posuit.
Marcia Vérina à Mettia Fuscina, sa mère très pieuse, a posé ce monument.
Gioffredo, Nie. civ. p. 25. — Muratori, Nov. thesaur.
mcclxv, 9. — Ricolvi, Iriser, n. 32. — Bonifassi , Nie.
inscrip. n. 132. — Durante, Chorog. p. 43. — Bourquelot,
Inscr. ant. n. 91. — Tisserand, Hist. de Nice, t. I, p. 44.
— Sanguinetti, Inscriz. dell. Lig. p. 226. — Carlone, Vest.
épigr. p. 109, n. 173. — Mommsen, Corp. t. V, vol. 2,
n. 7944.
Cette* inscription est encore aujourd’hui à l’angle d’une
masure attenante à un moulin à huile, dans le Plan de Revel,
où je l’ai copiée.
Tous les auteurs qui l’ont publiée, à l’exception de
Gioffredo, ont lu à la 3* ligne : NÆ MATRI • PI, et pientis-
simæ h la 4 e ; ce qui faisait répéter deux fois la syl'abe PI :
j’ai attentivement étudié ce point et je crois être certain qu’il
faut lire suæ au lieu de pi.
N» 343
C • ANTESTIQ • VEL oCt
CATTVNIAE • M/ • F
CORNEL'AE • I, • ANESTIQ
VERQ
5 ANTESTIA CF- POLLA
PARENTIBUS- ET- FRATRI
Caio Antestio Veloci, Cattuniæ, Manii filiæ, Corneliæ,
Lucio Antestio Vero ; Anlestia, Caii filia, Polla parentibus
et fratri.
A Caïus Anteatius Velox, à Cattunia Cornelia, fille de Manius, à Lucius,
Antestius Vérus ; Ante*tia Polla, fille de Caïus, à ses parents et à son frère
(a élevé ce monument ).
Cette inscription est gravée sur'une dalle à l’entrée de l’égli-
se de Chàteauneuf-ville-Vieille ; l’inscription est aujourd’hui
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290
très-fruste et ne se lit que très-difficilement. GiofTredo,
Nie. civit., p. 24, Stor. dell. Alp., ms. p. 50. — Muratori,
thesaur. mccxl, 3. — Bartoli, ms. — Bonifassi, Nie. inscr.,
n. 78. — Gazzera, ms. — Risso, Guide de Nice, p. 70. —
Durante, Chorog., p. 48. — Bourquelot, Inscr. a nt., n. 105.
— Tisserand, Hist. de Nice, t. I, p. 42 et 44. — Sangui-
netti, Inscriz. rom. dell. Lig., p. 212. — Carlone, Vest.
épigr. p. 113, n. 180. — Mommsen, Corp., t. V, vol. 2,
n. 7929.
N® 344
G • VIPPIQ • VIP
poignard PI • F • ADEROX bouclier
TERTIA • V1PPIA
VIPPI • F • FRATRI
H • EX • T
Caio Vippio, Vippi filio, Aberoni; Tertia Vippia,
Vippi filia, fratri heres : ex testamento.
A Caïus Vippius Aberon, fl’s de Vippius ; Tertia Vippia, fille de Vippius,
son héritière, a son frère : selon le vœu émis par sou testament.
♦
Cette inscription existe encore encastrée dans le mur
d’une maison au Plan de Ravel, où je l’ai copiée.
Morrali, Collectanea nicaeensia tabularii Taurinensis,
p. 175. — Bonifassi, Nie. inscr., n.93. — Durante, Chorog.,
p. 43. — Bourquelot, Inscr. a nt., n. 79. — Tisserand,
Hist. de Nice, t. I, p. 44. — Sanguinetti, Inscr. dell. Lig.,
p. 225. — Carlone, Vest. épigr. ,p. 107, n. 170. — Mommsen,
Corp., t. V, vol. 2, n. 7961.
N® 345 (Perdue)
XlkUikE
VXORIS
PIENTISSI
MAE ■ CR<?
5 MoNiVs
SECVNrfns
P D M
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291
Ulattiae uxoris pientissimae y Cremonius Secundus
posuit. Diis manibus.
Aux dieux mânes dTJlattia, sa femme très-pieuse, Crémonius Sécundus a
placé ce monument.
Cette inscription n’a été publiée que par Bonifassi, Nie.
inscr., n. 136, — et par Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, n.
7976. Ces deux auteurs l’ont donnée dans la forme suivante :
VIA VAE I VXORIS I PIENTISSE | MAE CRA I MANESV
SSECVN I P- D- M
Cette forme ne m’a pas paru acceptable et j’ai proposé la
restitution ci-dessus.
Bonifassi place cette inscription à Levens. C’est inutile-
ment que je l’ai recherchée en ce lieu ou dans les environs.
N» 346
D M
RAVSI ( lampe funéraire)
Ce fragment est cité par Bonifassi, Nie. insc., p. 59; par
Bourquelot, Inscr. a nt., n. 92. — Carlone, Vest. épigr.,
p. 107, n. 168, — et Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, n. 7975.
On trouve ce fragment encastré dans le mur d’une maison
au Plan de Revel.
N» 347 (Perdue)
//////// OVISIVS • MAT
M • AENTONIVS ///////
un n mu p n uni
V-OPHS
D’après Bonifassi, Durante et Bourquelot, cette inscrip-
tion existait au Colombier, près de Tourettes ; je n’ai pas su
la retrouver. La copie que je fournis est celle que donne
M. Mommsen ; elle est certainement incorrecte, mais c’est
la meilleure.
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292
Bonifassi, Nie. inscr., n. 57. — Durante, Chorog., p. 42.
— Bourquelot, Inscrip. ant., n. 103. — Tisserand, Hist.
de Nice, t. I, p. 44. — Sanguinetti, Inscriz. rom. dell.
Lig., p. 223. — Carlone, Vest. épigr., p. 107, n. 169. —
Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, n. 7974.
Je ne tenterai pas une restitution de ce texte ; il me
parait trop mal lu pour pouvoir arriver à un résultat autre
qu*une pu e hypothèse, et je préfère m’abstenir. Bonifassi a
lu orisivs à la première ligne et m • genionivs à la deuxiè-
me ; la quatrième ligne a été lue ainsi par Bourquelot :
v- o- p- n- s-
N» 348*
M • LOLIO CF- FALER
COLLEGIVM
5 0 • H • C • I • R
Durandi, IlPiem. cisp., p. 70. — Bourquelot, Inscr. ant.
n. 125. — Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, p. 92* n. 1084*,
/a/sa.
Cette inscription, fabriquée par Meyranesi, a été imitée
de l’inscription suivante, qui est actuellement au musée de
Turin et provient de Monteù da Pè, l’ancienne Industrie ou
Bodingomagus :
C • LOlio
C- LIB- PAL
AGRAVLO
C O L L E G
CENTONAR
0- H- C I R •
Ce qui doit se lire :
Caio Lollio, Caii liberto ( Pollia ) Agi'aulo, collegiwn
Centonariorum : quo honore contentus impemam remisit.
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293
À Caïus Lollius Agraulus, affranchi de Caïu9. de la tribu Pollia, le collège
de Centonairea ; lequel content de cet honneur a fait une largesse.
C’est surtout à l’aide des inscriptions d'Industria, que,
plus ou moins habilement, Meyranesi a fabriqué le volumi-
neux Corpus de faux textes, dont tous les ouvrages d’épi-
graphie ont été embarrassés jusqu’à ce jour. En constatant
la fausseté de tous ces textes, M. Mommsen a rendu à la
science épigraphique un immense service ; car plusieurs
d’entre eux étaient en contradiction flagrante avec les don-
nées historiques ou épigraphiques connues et ne faisaient
qu’embarrasser les travailleurs.
BRIANÇONNET, PUGET-THÉNIERS, CLANZ, ETC.
N° 349 (Voy. pl. IV, n. 19)
Inscriptions votives
Herculi sacrum. Cnaeus Domitius Ahenobarbus, pro-
consul , devictis et superatis bello Iconiis, Tric(oriis)....
Consacré à Hercule. Cnæus Domitius Ahénobarbus, proconsul, après avoir
vaincu et dompté par la guerre les Icônes, les Tricores....
Durandi, qui le premier a fourni cette inscription 1 ,
déclare l’avoir prise dans les papiers de Gioffredo, où elle
n’a pas été retrouvée ; or, comme cet auteur est le seul,
parmi les anciens, qui ait fourni ce texte, M. Mommsen l’a
considéré comme faux*, surtout à cause de son origine.
Avait-il tort? Assurément non. Durandi, qui s’est fait l’édi-
1. Durandi, Il Pietn. eUpadano antico, p. II (d’après lui, Bonrquelot, Inscr., n. 0, et
C&rlone, Vett. p., 114, n. SOS.)
S. Mommsen, Corp., t. V, v. 2 p. 9*, n. \Q\r,fal$a.
\9
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294
teur de Meyraseni, en est devenu le complice en déclarant
avoir vu plusieurs textes qui sont notoirement faux et n’ont
jamais existé. Il est donc certain qu’un auteur, ne retrou-
vant pas l’original et n’ayant que la copie fournie par Durandi,
qui déclarait l’avoir prise chez Gioffredo, où on ne la
retrouvait pas, ne pouvait que déclarer que le texte était
faux ; et c’est certainement ce que j’aurais fait, si je n’avais
retrouvé l’original en un lieu où il est impossible de le
croire falsifié.
Dans la dernière séance de la réunion des Sociétés
savantes à la Sorbonne 1 , j’ai dit de quelle façon j’ai décou-
vert cette inscription au sommet d’une montagne, à près de
2,000 mètres d’altitude. Je ne reviendrai pas sur les cir-
constances dans lesquelles cette découverte a été faite, il
suffira de dire que la pierre est brisée parle milieu et qu’elle
contient une ligne que ne donne pas la copie de Durandi.
Elle était, lorsque je l’ai découverte, au sommet du Tour-
nairet, sur la limite des communes de Clanz, d’Utelle, de
Lantosque et de Venanson : elle a été depuis acquise par
l’Etat pour le musée de Saint-Germain, où elle sera inces-
samment, où elle serait déjà, si les neiges, très-persistantes
cette année, m’avaient permis de la faire transporter.
Cnaeus Domitius Ahénobarbus , fut consul en l’an 122
avant J.-C. Il vint en Gaule à cette époque ; mais il est à
peu près certain qu’il ne livra la bataille contre les Allobroges
que l’année suivante, 121 av. J.-C., sous le consulat de
Fabius Maximus.
Un débat fort intéressant s’est établi pour préciser laquelle
des deux victoires de Domitius ou de Fabius avait été rem-
portée la première ; malheureusement les textes sont très-
obscurs et dans un désaccord complet à ce sujet. L’épitome
deTite-Live, auquel il convient d’accorder une grande créance
(car les Décades sont des Annales) et dans lequel Pabrévia-
teur de l’historien a certainement suivi l’économie de l’au-
teur, quantà la succession des faits, nous dit que Cn. Domitius,
3. Voy. Y Officiel du 20 avril (séance du 19) ; le Temps, même date, et la Revue des
Sociétés savantes, avril 1879.
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*
— 295 —
en qualité de proconsul remporta la victoire de Vindalium
sur les Allobroges et qu’ensuite Fabius Maximus, consul,
battit les Allobroges et Bituit, le roi des Arvernes 1 .
Il est donc probable que, quoique les actes triomphaux *'■
placent la victoire de Fabius avant celle de Domitius, c’est
dans l’ordre inverse qu’il faut les placer ; et en effet, comme
l’ont fait remarquer MM. Duruy 3 et Desjardins * , les fastes
indiquent, non la date de la victoire, mais celle du triomphe.
Il suffit donc que Fabius, après sa victoire, soit immédiate-
ment rentré à Rome et y ait triomphé, pendant que Domi-
tius finissait de pacifier le pays, pour que son triomphe ait
précédé sur les marbres celui de Domitius, quoique la
victoire de Domitius fût antérieure à la sienne. J’ai adopté
pour ma part cette manière de voir, quoique M. Mommsen
se soit prononcé pour l’opinion contraire 5 .
Paul Orose *, Eutrope 7 , Appien 8 , Florus *, placent ou
semblent placer la victoire de Fabius avant celle de Domi-
tius : mais leurs récits sont tellement inexacts, qu’on ne peut
1. Epitomaelib. LXI, Cn. Domitius proconsul advenus Allobroges ad oppidum V % »-
dalium féliciter pugnavit ; quibus bellum inferendi causa fuit, quod Teutomalium
Saluviorum regem fugientem recepissent et omni ope juvissent, quod que Aeduorum
agros , sociorum populi romani vastassent. C. Gracchus seditioso tribunatu acto, cum
Aventtaum quoque, arraata multitudine occupasset, aL. Opimio consule ex senatus-con-
sulto vocato ad arma populo pulsus et occisus est, et cum eo Fulvius Flaccus consularis.
aocius ejusdem furoris. Q Fabius Maximus consul, Pauli nepos , adversus Allobrogas et
Bituitum Avernorum regem féliciter pugnavit , etc. On voit que dansl’épitome il ne peut
y avoir de doute sur l'ordre des deux batailles, puisque entre les deux l’auteur raconte
d’autres faits.
2. Corp . inscr. lat., t. I. p. 460 :
0- FABIVS- Q- AEMILIANI- F- Q- N- AN- BG xxxiii
ÜAXIMVS- PROCOS DE- ALLOBRO gibus
ET- REGE- ARVERNORVM- BETVLTO- X- K
CN- DOMITIVS- CN- F- CN- N- AHENOBARB- Xn.dcxxxiii
PROCOS- DE- GALLEIS- ET- ARVERNEIS- XVI- K
3. Duruy, Hist. des Romains , nouvelle édition 1871, t. II, p. U2.
4. Desjardins, Oéogr. de la Oaule romaine, t. II, p. 277.
5. Rom. Qesch., t. II, p, 163, 2* édit. . t. V, p. 123-124 do la trad. françaine de M. Alexandre
6. Paul Orose, V, 13.
7. Eutrope, IV, 22.
8. Appien, De reb. Oall. xu.
. Florus, I, 36.
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4
— 296 —
leur accorder la rtioindre créance ; tandis que le récit de
Valère-Maxime *, si clair et si précis, ne peut laisser subsis-
ter aucun doute sur l’ordre chronologique des faits. D’après
cet historien, Domitius aurait commencé la guerre, Fabius
l’aurait continuée et Domitius serait resté dans les Gaules
après lui. En somme, je l’ai dit, le désaccord des écrivains
à ce sujet laisse le champ libre aux hypothèses.
En quel lieu fut livrée la bataille de Vindalium? Le
fragment d’Appien dit simplement que les SaJyes, après
leur défaite, se sauvèrent chez les Allobroges, où ils furent en
vain réclamés, à la suite de quoi Domitius attaqua les
Allobroges ; et qu’au moment où il franchissait la frontière,
le général rencontra l’ambassadeur de Bituitus, etc., ce qui
ne nous apprend rien sur le lieu du combat; mais nous
savons, par les auteurs que je viens de citer, que le combat
eut lieu près de Vindalium, sur les bords de la Sorgue. Nous
savons aussi que Domitius éleva des tours en pierres sur
le lieu de sa victoire pour en perpétuer le souvenir; Quel-
ques auteurs ont pensé à Port-Traille. M. Desjardins * pré-
fère Bédarides « parce que, dit-il, ce lieu est appelé Bituritæ
dans un acte de 822 : ce qui semble rappeler les (tours) de
Domitius. »
Je n’ai pas assez étudié 1 q pays pour pouvoir me pronon-
cer définitivement à ce sujet ; mais il me semble que Céreste,
où l’on trouve les vestiges d’une voie romaine et d’un camp,
où l’on voit le monument connu dans le pays sous le nom de
Toun'e d'Embarbo (tour d'Ahénobarbus) a bien plus de
chances que Port-Traille ou Bédarides.
Après le départ de Fabius, Domitius dut continuer la
campagne contre les petits peuples montagnards, qu’il sou-
mit peu à peu, et rentrer finalement à Rome en prenant la
route qui d’Eburodunum se rendait à Cemenelum. C’est
pendant ce trajet, qu’il laissa au sommet du Tournairet un
autel à Hercule, pour le remercier de ses récentes victoires
1. Vaflère-Maxime IX, vx, 3.
2. Oéogr. de la Oaul.. t. II. p. 278
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297
sur les Iconii, les Tricorii, probablement aussi les Medulli
et d’autres peuples du Dauphiné et des Alpes-Maritimes.
Cn. Domitius Ahénobarbus est un des ancêtres de Néron ;
c’était une des plus illustres familles de Rome.
N® 350
DEO
MARTI • IEVSD
RINO- PAG- BERITI
(sic) NIDE- SVO- SIBI
POSVERVNT
Deo Marti Jeusdrino, pagani Beritini de suo sibiposue-
runt.
Au dieu Mars Jeusdrinus, les paysans de Beritum ont, de leurs deniers et
pour eux, élevé ce monument.
Cette inscription a été rapportée pour la première fois, je
crois, par Papon, Hist. gén. de Prov., t. I, p. 108, qui en
avait fait une copie très-incorrecte ; il la soumit à M. Séguier,
qui crut pouvoir lire à la troisième ligne Pac(atori). —
Carlone, Fest. épigr., p. 123, n. 199, après avoir reproduit la
leçon de Papon, déclare que ce ne peut être une pierre
votive ; mais qu’il est probable qu’il faut lire D M à la
première ligne, parce que la formule de suo sibi posuerunt
ne peut appartenir qu’à une pierre tumulaire.
L’inscription est actuellement encore, à demi enfouie
dans le cimetière de la Penne, petit village des environs de
Puget-Théniers, où je l’ai copiée. La syllabe NI de la qua-
trième ligne, oubliée par le lapicide, a été ajoutée en dehors
de l’alignement, entre la moulure d’encadrement et les autres
lignes, commue l’indique.
Ainsi que je l’ai dit dans l’introduction de ce travail, les
Pagani Beritini ne peuvent être que les habitants de Berre, •
petite commune des environs de Nice. Quant à la formule de ‘
suo sibi posuerunt que contient ce texte, il est vrai qu’elle
n’est ordinairement employée que dans les monuments funé-
raires, car on ne s’explique pas la présence du mot sibi dans
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Google
— 298 —
*
une inscription votive ; mais comme l’inscription est parfai-
tement conservée et qu’il ne peut y avoir le moindre doute
sur sa lecture, il faut admettre que le lapicide, habitué à
graver cette formule sur des monuments funéraires, l’a, par
erreur, introduite dans un texte votif.
Papon, suivant son habitude, tâche de faire descendre
Jeusdrinus du celtique (?) IEVO, qui signifie, dit-il, mettre
sous le joug, et DRI fortification, rempart: ce qui, dit-il,
convient au dieu Mars.
N° 351*
MATRI • DEVM • IDAEAE
OPTIMAE • SANCTISSIMAE
L- ALBONIVS- Q F- F- AEDIL
Matri deum Idaeae optimae , sanctissimae. Lucius
Albonius, Quinti fil Lus, Falem a tribu, aedilicius
A la très-bonne, très-sainte Idéenne,mère des dieux. Lucius Albonius, fils
de Quintus, de la tribu Falerna, ancien édile.
Cette inscription, donnée par Durandi, Piem. cisp., p. 53,
a été reproduite par Carlone, Vest. épigraph., p. 128, n. 21 1,
et par Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, p. 91*, n. 1023*, /a/sa.
Carlone, d’après Durandi, dit que cette inscription était
gravée sur un fragment d’autel votif qui existait à côté de la
chapelle de Saint-Gilles ; c’est la chapelle de Saint-Arige ou
Eloi qu’il faut lire : mais elle n’y est pas et n’y a jamais été.
Je n’ai trouvé à côté de cette chapelle qu’une plaque de
grès qui porte quelques lettres en fort mauvais état ; je les
donne plusloin. Ce monument a été fabriqué par Meyranesi ;
c’est la première fois queje rencontre Cybèle nommée mater
* sanctissima , et bien certainement l’auteur a maladroitement
imité une inscription de Vérone 1 qui fait mention d'une
Veronia, qui a été prêtresse de Cybèle matris deum, et qui
1. Corp , t. V, vol. 1, n. 3438.
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899
est ensuite qualifiée de matri sanctissimaè par son fils, qui
lui élève ce monument. Il n’a pas remarqué que dans ce
texte c’est Veronia qui est nommée mater sanctissima et
non la déesse dont elle était prêtresse.
Le plus souvent Cybèle est nommée Magna, Idaea, et
parfois à son nom est joint un nom topique qui caractérise sa
résidence ; mais jamais je n’ai trouvé le terme sanctissima
qui d’ordinaire ne s’applique qu’à des mortels.
N® 352*
I V N O N I
SACRVM
M IVLIVS...
ALBINVS
5 V • S • L • M
Junoni sacrum. Marcus Julius... Albinus votum solvit
libens merito.
Consacré à Junon. Marcus Julius... Albinus a accompli librement son vœu.
Cette inscription, que Durandi place à la Tour entre Clanz
et Utelle, n’a été publiée que par lui, Piem. cisp. p. 62, et
par Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, p. 90*, n. 1020*, falsa.
Inutile de dire que je ne l’ai pas retrouvée.
N® 353*
IOv^I • 0PT1M0 • MAX
SCIPIO_AVFILENVS- S- F- FALER
VVIR- AVGVSTALIS
VOT1 • COMPOS. . . REDITIS
Jovi Optimo Maximo. Scipio Aufilenus, Scipionis fi-
lius, Falema tribu, sextumvir augustalis, voti compo-
siti reditis.
A Jupiter très bon et très grand. Scipion Aufllénus, fils de Scipion, attaché
à la tribu Falema, sévir auguatal, pour accomplir les vœux dont il avait été
chargé.
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300* —
La fausseté de ce texte saute aux yeux.
Durandi le place à la chapelle de Saint-Erige, près Saint-
Etienne, où certes il n’est pas.
N» 334*
I • O • M
M • FVLVIVS
DEVICTIS • ET • SUPERATIS
' LIGVRIBVS ■ BAülENNIS
5 VEDIANTIBVS • MONTANIS
ESALLWIEIS
V • S ■ L • M
Jovi Optimo Maximo. Marcus Fulvius, devictis et
superatis Liguribus Bagiennis, Vediantibus, Montanis
et Salluvieis, votum solvit libens merito.
A Jupiter très bon pt très grand. Marcus Fulvius, après avoir vaincu et
dompté les Ligures Bagiennes, Vediantiens, Montanes et Salluves, a accompli
son vœu librement.
Cette inscription a été publiée par Durandi, Picmonte
cisp. p. 6, qui déclare la tenir de Meyranesi. — Muletti,
Saluzzo, p. 23.— Henzen, Supl. ad Orell., 5107, où M.
Mommsen a déclaré dans une note qu’il la croyait fausse,
surtout parce qu’elle sortait de chez Meyranesi ; et c’est en
effet la principale des raisons qui doit nous la faire rejeter,
car l’inscription est très habilement faite. Elle s’appuie
d’une part sur les fastes triomphaux et de l’autre sur l’ins-
cription de Clanz. — Carlone, Vestig. épigr. p. 129, n. 214.
— Desjardins, Géogr. de la Gaule, t. II, p. 256. — Momm-
sen, Corp. t. V, vol. 2. p. 90*, n. 1021*, falsa.
D’après Meyranesi cette inscription était à Prats, hameau
de Saint-Dalmas le Selvage. J’ai parcouru toute la région
avec le plus grand soin ; je n’ai pas laissé une muraille sans la
visiter, à Vens, à Prats, à Bousyéies, aux Granges-commu-
nes et jusqu’au col de Pelouse. J’ai interrogé tous les habi-
tants, les curés, les maîtres d’écoles, les braconniers et les
contrebandiers ; et voici le seul renseignement que j’ai pu
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301
obtenir : « Il y avait autrefois au hameau de Pratsune pierre
écrite encastrée dans la bâtisse de l’église ; à la suite
d’une avalanche amenée par le torrent de Salza morena, la
moitié de l’église a été emportée et la pierre avec. » Ce rensei-
gnement est trop vague pour qu’on puisse en conclure que la
pierre de Meyranesi ait jamais existé ; il prouve tout au plus
que l’église des Prats portait une inscription, peut-être une
dédicace à quelque saint, en lettres gothiques, comme on en
rencontre sur un grand nombre de monuments de ce genre
dans ces régions. Il faut donc maintenir cette inscription
parmi les fausses, puisque la source en est frelatée et que
le monument ne se retrouve pas.
Les actes triomphaux de l’année 631 (de Rome) portent :
M-PVtof VS • M • F ■ Q • N • FLACCVS PRO • AN • DCXXX
cos de li GVRIBVS • VOCONTIE1S
SALLVVE1SQ (Corp. x 1. 1, p. 460)
Smet a écrit Salluvieisq, et c’est certainement à cette
copie que Meyranesi a emprunté ce mot, tandis que les mots
devictis et superatis ont été empruntés à l’inscription de
Clanz.
N» 355*
SEX • VALERIVS
_ POMPEIANUS. . . A • F
. VIVIR • AVGVST- ET - INCOLA
CEMENEL
5 ARAM- BASIM- ET- SIGNA
VOTO- SVSCEPTO
L • P
Durandi place cette inscription à côté de la grande porte de
l’église de Saint-Erige, près Saint-Etienne. Elle n’y est pas.
Elle a été publiée par Durandi, Piem. cisp. p. 54. — Bour-
quelot, Inscr. a nt. de Nie. etc. n. 48. — Carlone, Vest.
épigr. p. 127, n. 210. — Mommsen, Corp. t. V, vol. 2.
n. 1054*, p. 92*, falsa.
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302
N° 356 (à Bregenz)
IN • H • D ■ D
DEO • M31CVRIO
ARCECIO • EX VO
TO JSk. AM- POSVIT
5 SEV31IVS • £EVE
RIANUS b ■ f ■ GOS
LEG • III • ITALIC
GORDIAN
S L
In honorem domus divinæ, deo Mercurio Arcecio. Ex
voto aram posuit Severius Severianus, beneficiarixis con-
sularis legionis tertiæ Italicæ, Gordianæ, solvit libenter
ou se liberavit.
En l'honneur de la maison divine (impériale), au dieu Mercure Arcécius.
Selon son vœu, Sévérius Sévérianus, bénéficiaire consulaire de la troisième
légion Italique, Gordienne, a placé cet autel : il s'est librement acquitté ou
simplement il s'est acquitté.
C’est à tort que Gioffredo, Stor. dell. Alp. (édit. 1839),
p. 216, place ce monument à Briançonnet: c’est à Brégenz*,
l’ancienne Brigantium, au bout du lac de Constance, qu’elle
se trouvait et quelle doit être restituée. — Carlone, Vest.
épigr., p. 15 r i,n. 272, a suivi Gioffredo, et, comme lui, place
ce texte à Briançonnet.
Les bénéficiaires étaient des soldats exemptés de corvées
par certains officiers et notamment par les tribuns. Sévérius
a été fait bénéficiaire par un consul. Ces bénéficiaires mar-
chaient généralement à la suite de leurs protecteurs, qui ne
laissaient échapper aucune occasion de leur donner des
grades et des dignités.
La légion III Italica fut créée par Marc-Aurèle, sous
Septime Sévère ; elle avait ses quartiers en Rhétie, où se
trouvait Brigantium (Brégenz). Cette inscription a été
1. Voy. Corp, t. III, n. 57#8.
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303
gravée entre les années 238 à 244 ; car ce n’est que sous les
Gordiens que la III e légion s’est appelée Gordienne.
Inscription» Impériale»
N° 357 (Inédite)
imp. Caes. L. Septimio •
SEVERO • PIO • FELI
CI • AVG • kRabico
a DIABENICO • TRIB
5 POT- III - IMPER - VII
COS II-
Imperatori Cæsari Lucio Septimio Severo, pio, felici,
Augusto, arabico , adiabenico, tribunitiâ potestate III,
imperatori VII. tons ali II
A l'empereur César Lucius Septimius Sévère, pieux, heureux, Auguste,
Arabique, Adiabénique, en jouissance pour la troisième fois de la puissance
tribuni tienne, proclamé empereur pour la septième fois, consul pour la
seconde fois
Cette inscription est gravée sur un piédestal engagé dans
le mur en pierre sèche qui soutient les terres d’une prairie,
sur la place de Briançonnet. Elle est très fruste et j’ai eu
quelque peine à la lire ; 'mais grâce aux judicieux et savants
conseils qui m’ont été donnés par M. Allmer, j’y suis, je crois,
parvenu.
Septime Sévère fut consul pour la seconde fois en 194, avec
D. Claudius Albinus Cæsar, qui l’était aussi pour la deuxième
fois. Il prit le titre de pieux en 195, avec ceux d’ Arabique et
d’ Adiabénique; il était alors dansjsa troisième puissance tribu-
nitienne. Au commencement de l’an 195, il fut proclamé em-
pereur pour la première fois, et vers la fin de la même année,
pour la sixième et la septièmejfois. C’est donc de la fin de 195
que date notre monument, qui était probablement achevé par
les titres de pontife. x maximus et de pater patriae (ilpritce
dernier titre en 194) et par la mention de l’ordo Brigantie-
num ou Brigomagensium, qui lui fit élever ce monument.
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304
N® 358
D ■ N
P • LIC1NIO • COR
NELIO • SALONI
NO • VALERIANo
NOBILISSIMO
CAESARI
BRIG
Domino nostro Publio Licinio Comelio Salonino Vale-
riano, nobilissimo Cæsari: ordo Brigomagensium (vel)
Brigantienum .
A notre seigneur Publius Cornélius Saloninus Valérianus, très noble
Coesar : l'ordo de ceux de Brigantium a élevé ce monument.
Cette inscription est gravée sur un petit cippe encastré
dans le mur de l’église à Briançonnet. Elle a été publiée
par Gioffredo, Stor. dell. Alp. p. 334 de l’édit. in-8° 1839.
— Papon, Hist. gén. de Prov. t. I, p. 80. — Carlone,
Vest. épigr. p. 154, n. 270, et par moi dans le mémoire que
j’ai lu à la réunion des Sociétés savantes à la Sorbonne.
Publius Cornélius Saloninus Valérianus était le second
fils de Valérien ; c’était le frère de Pub. Cornélius Valéria-
nus, qui fut associé à l’empire l’an 254 ap. J.-C. On l’a
longtemps confondu avec son frère ; mais on a trouvé des
textes dans lesquels ce prince est qualifie de frère de Corné-
lius Valérianus.
Cette inscription a été très probablement gravée à la
même époque que celles de Cimiez et de Vence, faites, l’une
en l’honneur de sa mère et l’autre de son frère.
N® 359 (Perdue)
I M P • C A E S
L • DOMITIO
AVRELIANO
PF- INV1CT0
A VG P • M
ORDO BR • F • C
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305
Imperatori Cœsari Lucio Domitio Aurelia.no, pio, felici
invicto, Augusto, pontifici maximo : ordo Brigomagen-
sium (vel Brigantienum ) faciendum curavit.
À l’empereur César Lucius Domitius Aurélianus, pieux, heureux, invaincu,
Auguste, grand pontife : l'ordo de Brigantium a fait élever ce monument.
Raymond de Soliers, dans ï Histoire de Prov. de Bouche,
t. I, p. 28i. — Spon, Miscel. p. 159. — Gioffredo, Stor.
dell. Alp. éd. 1839, p. 340. — Papon, Hist. gén. de Prov.
1. 1. p. 81. — Carlone, Vestiges, p. 153, n. 269.
Bouche assure que cette inscription se trouvait autrefois
dans l’église des Pénitents noirs à' Briançonnet ; je ne l’y ai
plus retrouvée.
Cette inscription a été gravée entre les années 270 et 275,
époque du principat d’Aurélien : on ne peut pas préciser
davantage, car il n’y est fait mention ni de puissance tri-
bunitienne ni de consulat.
N» 300 (Perdue)
IMP CAES- A VG- BIVt f.imp
PONT - MAX • TrI3unicia*potestate .
Imperatori Cæsari Augusto, Divi filio, imperatori
pontifici maximo, tribun,itiâ. postestdte
À l’Empereur César Auguste, fils du divin (Cœsar), proclamé empereur pour
la fois, grand pontife, en jouissance de la puissance tribuuitienne pour
la fois.
Je trouve cette inscription incorrectement rapportée et
certainement interpolée dans la Statistique des Alpes-Ma-
ritimes, de J. Roux, t. I, p. 482. L’auteur s’exprime ainsi
à son sujet : « L’inscription trouvée au haut du quartier
de la Coste par l’évêque de Glandevez Tressemanes, est
une preuve qué les Romains avaient à Puget-Théniers un
lieutenant du préfet de Cimiez et une centurie de la qua-
trième légion. Cette inscription fut portée, par ordre de cet
évêque, àlaSedz, son palais, commune d’Entrevaux.M. David,
qui avait acquis cette propriété de la nation, fit rompre la
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306
pierre pour s’en servir à la construction des murs de l’écu-
rie de derrière la maison. Nous avons vu les morceaux de
cette inscription, et nous l’avons déchiffrée avec la plus
grande peine ». Or voici la lecture qu’il donne :
S- IMP-
G Æ • S \AVG • DIV
PONT
MAX- T»\ IB
V I
D • MAR.\
PVBLI
US • NIGE1R • CENT
IV • LE
G ■ AlP- M/l ARIT
VIVUS
SIBI • F *\C1T
Ce qui est absolument inacceptable. Il semble, en effet,
qu’il y ait là trois fragments d’inscriptions, mais rompues
dans un sens opposé à celui qu’indique l’auteur : l’une for-
mée des deux premières lignes ; la seconde, de la troisième
ligne ; et la dernière, des trois dernières lignes, qui paraissent
fournir un sens complet, quoique certainement interpolées.
Je n’ai, pour le moment, à m’occuper que de la première
inscription, que je n’ai pas retrouvée à la Sedz. Elle était
dédiée à Auguste : mai^nous ne pouvons savoir en quelle
année elle fut gravée, par suite de la cassure de droite, qui
a emporté les parties où se trouvaient le nombre de ses
acclamations à l’empire, ainsi que celui de ses puissances
tri buni tiennes.
Inscription* militaires
N° 361 (Inédite)
Il y avait à côté de Briançonnef, dans une ferme nommée
l’Ouméou ou l’Ormée, une pierre milliaire portant une
inscription d’une dizaine de lignes, au dire des habitants.
Cette inscription m’avait été signalée par M. Bourguignat,
qui l’avait vue; malheureuseument, entre le passage de M.
Bourguignat et ma visite, le curé de Briançonnet ayant
besoin d’une pierre pour soutenir une croix dans le cime-
tière, se fit donner ce milliaire dont la forme lui convenait ;
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— 307 —
mais craignant, sans doute, de laisser subsister quelque
invocation à une divinité payenne, il fit effacer cette inscrip-
tion qu’il ne savait pas lire, en faisant retailler la pierre. J’ai
vu la pierre retaillée et les paysans qui l’ont transportée de
l’Ormée à Briançonnet ; mais personne n’avait pris copie de
l’inscription. J’ai seulement trouvé entre Gars et Briançon-
net, 500 mètres au-delà de l’Ormée, un fragment qui a
certainement appartenu à un milliaire ; il porte les lettres
suivantes :
| N ^PO\
C’est une pierre employée dans un mur de soutènement ;
sa forme arrondie ne laisse pas de doute sur son origine. Je
pense qu’on peut y voiries mots : tribun, pot.
J’ai indiqué le tracé de la route à laquelle appartenait ce
milliaire sur ma carte de l’arrondissement de Puget-Thé-
niers (Voy. pl. II) :elle allait passer à Gars, traversait l’Es-
teron et remontait le Cheiron, pour venir rejoindre, dans la
plaine de Thorenc, la voie qui de Ventium se rendait à
Salinium. Vis-à-vis Aiglun, ( Ait/lodunum ), on m’a montré
un milliaire sans inscription, ou dont l’inscription a peut-être
été complètement effacée par le temps ; mais aujourd’hui
on ne peut plus rien y reconnaître : toutefois la présence de
ce milliaire en ce lieu est une indication précieuse pour le
tracé de la route romaino, aussi l’ai-je noté sur ma carte.
N* 362 (Inédite)
i. 0
CI- INVICTO
AvgvsTo
XXIII
J’ai trouvé cette pierre encastrée dans un mur de soutè-
nement au vallon de la Boulinette, sousle village de Rimplas.
Il faut, je pense, la rapporter à Probus et la compléter de
la façon suivante :
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308
inip . caes. M. Aurel. ProbO
pio feliCl • INVICTO
p. m. AVGVSTO
æXXIII
Imperatori Cæsari Marco Aurelio Probo, pio, fClici,
invicto, pontifici maximo, Augusto. xxxiii.
A l’empereur César Marc-Aurèle Probus, pieux, heureux, invaincu, grand
pontife, Auguste. Trente-troisième milliaire.
Carlone publie 1 un milliaire de Constantin qui, dit-il, se
trouve à Rimplas et que je n’ai pas retrouvé ; M. Mommsen
le déclare faux. J’avais d’abord pensé à l’identifier avec le
fragment que j’ai retrouvé ; mais le mot invictusque porte
la pierre me paraît devoir être rapporté à Probus, qui a
réparé les voies montagneuses des Alpes-Maritimes, comme
il conste de l’inscription suivante, rapportée par Bouche,
et qui, d’après cet auteur, se trouvait entre Senez et
Glandevez :
IMP • CAES
M • A VR
PROB P F
INV • AVG
III- COS- P- P
C’est pourquoi j’ai mis le mot inédit à côté de cette
inscription. Un autre milliaire de Probus a été trouvé à
Cabasse. Tous les deux datent du troisième consulat de cet
empereur ; ce qui me fait croire que celui de la Boulinette
date aussi de cette époque. Ce serait donc en 280 qu'aurait
été faite cette réparation à la voie qui de Salinium se ren-
dait à Eburodunum.
Les trois milliaires suivants ont été déclarés faux par
M. Mommsen. Je les maintiens dans cette catégorie, parce
1. Voyez le n° 364.
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— 309 —
que je ne les ai pas retrouvés et qu’il m’est impossible de
prouver le contraire.
N» 363*
TRIBVN • POTEST
XVI
Tribunicia potestate xvi.
Dans la seizième année de sa puissance tribunitienne.
Durandi, Piem. cisp., p. 55. — Carlone, Vest. épigr.,
p. 65, n. 98. — Mommsen, Corp. t. V., vol. 2, p. 91*, n.
1029* falsd.
D’après Durandi, ce milliaire était à Pierlas, prèsd’Ilonse,
vallée du Chanz. Je ne l’ai pas retrouvé, malgré les plus
actives recherches, et je n’ai pu recueillir aucun témoignage
sérieux de son existence.
N* 364*
IMP- CAESARI
AVGVSTO
D • D
XVI
Durandi, place ce milliaire à Saint-Sauveur. Quant à
celui-là, je l’abandonne bien volontiers ; car, non-seulement
je n’en ai pas retrouvé de traces, mais surtout à cause de son
contexte, qui ne me semble pas acceptable pour un milliaire.
Il a été rapporté par Durandi, Piem. cisp., p. 58. — Carlone,
Vest., p. 65, n. 99. — et par Mommsen, Corp., t. V, vol. 2,
p. 91*, n. 1026* falsa.
N® 365*
Sur une face Sur l’autre face
IMP • GAES
CONSTANTIN!)
P10 • FELICI • INVICTO XLVII
AVGVSTO
5 XXII
i o
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310 —
C’est ce milliaire que Durandi place à Rimplas et que
j’avais songé à identifier avec celui que j’ai retrouvé dans
le vallon de la Boulinette. J’ai dit les raisons qui m’ont fait
abandonner cotte idée.
On trouve ce milliaire rapporté dans Durandi, Piem. cisp.
p. 59, qui déclare le tenir de Meyranesi et dans Carlone, p.
65, n. 100. — Mommsen le donne, Corp., t. V, vol. 2,
p. 91*, n. 1027*, falsa.
Inscriptions militaires
N° 366
PVBLIVS • NIGER
CENTVRIO
IV LEG
VIV • SIBI • FECIT
Publius Niger, centurio legionis quartae, vivus sibi
fecit.
Publias Niger, centurion de la quatrième légion, s'est, de son rivant,
élevé ce monument.
Cette inscription a été trouvée à la Coste, quartier de
Puget-Théniers, sous l’épiscopat de M. de Tressemanes,
qui fut évêque de Glandevez de 1756 à 1771. C’est en
creusant les fondations de son grand séminaire que l’ins-
cription fut mise à jour : l’évêque la fit transporter à son
château de laSedz, en face d’ Entrevaux. Plus tard les biens
de l’évêque furent vendus au profit de la nation et le châ-
teau fut acquis par M. David, qui, dit-on, fit rompre
l’inscription pour l’employer dans la bâtisse des écuries.
Le fait est que je n’en ai plus trouvé de trace.
On trouve une copie de cette inscription dans le registre
de la sacristie de la cathédrale. C’est là que l’a prise l’abbé
Tisserand, Hist. de Nice, t. I, p. 45, et après lui Carlone,
Vestig. épigr., p. 133, n. 222 et Mommsen, Corp., t. V,
vol. 2, n. 7983, qui déclare ne rien savoir sur son origine;
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311
on a vu n. 359, de quelle façon l’a transcrite J. Roux,
Statist. des Alpes-Marit., p. 482.
La troisième ligne est certainement interpolée, il faut
lireLEG IV.
Deux légions portaient le numéro IIII : la Quarta Macedo-
nica, qui était en Espagne, et la Quarta Scythica, en
Mésie. Après la guerre civile les Flaviens supprimèrent la
IIII Macedonica, qui s’était trop compromise avec Vitellius
et la remplacèrent par la IIII Flavia, qui eut ses quartiers
en Mésie supérieure, tandis que la Scythica passa en
Syrie. A laquelle de cos légions appartenait Publius Niger ?
Il est bien difficile de le préciser : c’est pourquoi il vaut
mieux s’abstenir.
N» 367*
C • ATILIO • M • F • FAL • A
PRAEF
LEGIONIS- LIGVR- COHOR- ?
5 HONORIS • CAVSSA • LOCVS
EX • DECR
Caio Atilio. Muci filio. Falerna tribu A(lpino)
praefecto legionis Ligurum, cohortiscenturialis. Honoris
caussa locus ex decreto (datus).
A Canu Atilius Alpin us, fils de Mucius, de la tribu Falerna, préfet de la
légion des Ligures, de la cohorte centuriale. En son honneur et par décret
des décurions, on a élevé ce monument.
Durandi, d’après Meyranesi, place cette inscription à
Puget-Théniers, où je n’ai rien’ trouvé. La fausseté de
cette inscription saute aux yeux : Puget-Théniers devait
être inscrit à la tribu Papiria, dont dépendait Brigantium ;
il n’y avait point de légion Ligure et le mot cohor. } placé
après legionis ligurum est absurde.
Cette inscription a été publiée par : Durandi, Piem. cisp .,
p.57. — Carlone, Vesf. épigr., p. 133, n. 221.— Mommsen,
Corp., t. V, vol. 2, p. 92, n. 1031* falsa.
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— 312 —
N° 368»
D • M
M • AVRELIVS
MILES- COH PR
} IVSTIN1
5 VIXIT • ANN • XXXVII
MILIT • ANN • XIII
Diis Minibus. Marcus Aurelius..., miles cohortis...
praetoriae..., centuria Justini. Vixit annis xxxvil, mili-
tavit annis xm.
Aux dieux mânes, Marcus Aurélius..., soldat de la cohorte prétorienne, de
la centurie de Justinius. Il vécut trente-sept ans et servit treize ans.
Cette inscription n’est pas trop maladroitement fabriquée;
elle était, suivant Durandi, & Ilonse, où je n’ai rien trouvé.
Durandi, Piem. cisp., p. 55. — .Carlone, Vestiges épigr.,
p. 126, n. 206. — Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, p. 92*,
n. 1033*, falsa :
N» 369*
MA- ELPIDIO -MF- ALPINO
PRAEF • MILIT • COHOR • > • LIGVR
ACCU ■ C- F • V X O R
Marco Aelpidio, Marcifilio, Alpino, praefecto militum
cohortis cenlurialis Ligurum, Accia, Caii filia, uxor.
A Marcus Aelpidius Alpinus, dis de Marcus, préfet des soldats de la
cohorte centuriale des Ligures, Accia, fille de Caïus, sa femme.
Prefectus militum cohortis centurialis Ligurum ne veut
rien dire. Durandi place cette inscription au Villars, où elle
n’est pas. Durandi, Piem. cisp., p. 56. — Carlone, Vest.
épigr., p. 132, n. 219. — Mommsen, Corp., t. V., vol. 2.,
p. 91*, n. 1039*, falsa.
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343
N° 370*
M • RVFFO
M- F- FALER- MONTANO- ALPINO
EXERCIT
COHOR
5 LIGVRVM VIXIT • ANNOS
LXXVIII • MENSES- XI- DIES- VII
LVCIVS • RVFFVS • PATRI • B • M
ET • ATILLIA
CONIVGI • DVLCISSIMO
Marco Ruffo, Marci filio, Falerna tribu Montano Alpi-
no, exercit cohortis Ligurum vixit annos lxxviii,
menses xi, dies vu. Lucius Ruffus patri bene merito et
Atillia, congugi dulcissimo.
A Marcus Ruffus Montanus Alpinus, fils de Marcus, de l'armée de la
cohorte Ligure il vécut soixante-dix-huit ans, onze mois et cinq jours.
Lucius Ruffus à son père bien-aimé et Atilia â son époux très-doux ont
élevé ce monument.
Durandi place cette inscription à Utelle, un peu au-dessus
du confluent du Var et de la Vésubie ; je ne l’y ai pas
trouvée.
Durandi, Piem. cisp., p. 62. — Carlone, Vest. épigr.,
p. 132, n. 217. — Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, p. 92*,
n. 1049*, falsa.
N • 371*
D • M
M- AELPIDIO- L- F- ALPINO- MONTANO
FRAEF • MILIT • COHOR • J • LIGVRVM
MARIANILLA ■ G • F- VXOR
5 MARITO- INCOMPARABILI
Diis manibus. Marco Aelpidio, Luci filio, Alpino Mon-
tano, praefecto militum cohortis centurialis Ligurum.
Marianilla Caii filia uxor marito incomparabili.
Aux dieux mânes. A Marcus Aelpidius Alpinus Montanus, fils de Lucius,
préfet des soldats de la cohorte centuriale des Ligures. Marianilla, fille de
Caïua, son épouse, à son mari incomparable.
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— 314 —
Durandi place cette inscription à Saint-Sauveur, où je n’ai
rien trouvé de pareil. Elle a été publiée par : Durandi,
Piem. cisp., p. 58. — Carlone,' Vest. épigr., pp. 126-27,
n. 207. — Mommsen, t. V, vol. 2, p. 91*, n. 1040*, falsa.
N» 372*
D • M
P- VALERIVS- P- F - FALER
LEGIONIS • LIGVRVM
COH • ?
Diis manibus. Publius Va lerius, Publii filius, Faler-
na legionis Ligui'um cohortis centurialis ....
Aux dieux mânes. Publius Valérius fils de Publius, inscrit à la tribu
Falerna de la légion des Ligures, de la cohorte centuriale
Durandi place cette inscription à Isola. Inutile de dire
que je ne l’y ai pas trouvée.
Durandi, Piemonte cisp., p. 58. — Carlone, Vest.
épigr., p. 127, n. 208. — Mommsen, Corp., t. V, vol. 2,
p. 92*, n. 1053*, falsa.
Toujours cette absurde légion ligure, marchant de concert
avec la tribu Falerna et la cohorte centuriale.
Inscription» Municipales
N° 373
MARIAE • MATE
RNI • FIL [5 LVCILLAE
MARIVS • MATERN CS
IVLIA • MATERNA
5 FILIAE
MARI • PATERN &
VS ■ ET IVLIANVS
SONORI • CA.RISSI
MAE
10 L • D • D • D
EVNDEMQ • MATERNVM • OB
HORORES • IIVIRAT • ET FLAMOîf
BENE- GESTOS- PATRON- COOPTAR
BRIG
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345
Mariae Matemi filiae Lucillae. Marins Maternus Cet)
Julia Materna filiae; Marii (duo) Paternus et Julianus
sorori carissimae. Locus datus decreto decurionum. Eun-
demque Maternum, ob honores duumviratus et flamonii
bene gestos, patronum cooptarunt Brigantiones (vel) Bri-
gomagensii.
A Maria Lucilla, fille de Maternus. Marius Maternus et Julia Materna à
leur fille; les deux Marius, Paternus et Julianus, à leur sœur bien-aimée, ont
élevé ce monument. Le lieu a été donné par décret des décurions. Les habi-
tants de Brigantium ont choisi le même Maternus pour leur patron, à cause
des honorables charges du duumvirat et du flaminat, qu'il a remplies à la
satisfaction générale.
Cette inscription est gravée sur une stèle qui est encas-
trée dans le mur d’une grange, sur la place, à Briançonnet.
Voilà certes une inscription qui ne peut guère laisser de
doutes sur le rang qu’a occupé Brigantium ou Briançonnet.
C’était une civitàs qui possédait des duumvirs, des décu-
rions, des flammes, et se nommait un patron. Il faut donc en
conclure, comme je l’ai fait clans l’introduction de ce travail,
que le siège de la cité était primitivement à Briançonnet et
que ce n’est que plus tard qu’il a été transféré à Glandevez.
.Cette inscription a été publiée par Peiresc, Ms.jde Paris
8957 — d’où Spon, Miscel., p. 160. Ces auteurs ne
disposent pas les lignes comme elles sont en réalité et n’en
donnent que dix en tout. Ils écrivent marii au lieu de
marI ; fvxdemo ; flamon et coopt- a- r. — Wesseling,
Vetera Romanorum itineraria, p. 341, en cite les quatre
dernières lignes d’après Spon. — Les mêmes lignes sont
citées par Papon. Hist. gén. de Prov., t. I, p. 80 — et
d’après lui, par Carlone, Vestiges épigraphiques, p. 154,
n. 271, qui dit les avoir prises chez Gioffredo, Stor. delle
Alp. ; or, je n’ai pas retrouvé cette inscription chez cet
auteur, et la leçon que donne Carlone est certainement
empruntée à Papon.
N° 374 (Fragment inédit)
I
M
‘ ...LA
ordo bRlGOMAgensium
Digitized by
Google
346
Ce fragment d’inscription est gravé sur une des marches
de l’escalier de la porte d’entrée de l’église paroissiale de
Briançonnet. Les gros souliers cloués des fidèles ont à
peu-près complètement détruit ce texte, dont une partie,
recouverte par la marche supérieure, doit être intacte. J’ai
complété les lettres rigoma en Brigomagensium, quoi-
qu’elles puissent avoir fait partie du mot Caturigom&gensium;
mais comme la pierre se trouve à Briançonnet, qui n’appar-
tenait certainement pas à la cité des Caturiges, j’ai préféré
remplir la lacune de la première façon. C’est à cause de ce
mot que j’ai toujours traduit lesigle brig par Brigantionum
ou Brigomagensium.
N® 375 (Perdue)
BR- M ...
BR- P- ...
Cette inscription, qui se trouvait à Briançonnet, est four-
nie par Carlone, Vesf. épigr., p. 155, n. 273. Ce doit être
la même que la suivante, que fournit Raymond de Soliers
dans Bouche, Hist. de Prov., t. I, p. 221 :
BR M
DR - P-
N® 376*
M- IVLIO- A - F • NIGRONI
PATRONO • MVNICIPI
QVO HONORE • CONTENTVS
INPENSAM • REMISIT
Marco Julio, Aelii filio, Nigroni, patrono municipii . • •
. . . quo honore contentus impensam remisit.
A Marcus Julius Nigion, fils d'Aelius, patron du municipe lequel,
coûtent de cet honneur, a remis la dépense (nécessaire à la fêtef)
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^GoogL -
317 —
Durandi, Piem. cisp., p. 57. — Carlone, Vestig., p. 133, n.
220. — Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, p. 91*, n. 1042*, /aisa.
Cette inscription est certainement imitée de l’inscription
suivante, qui était à Monteù da Po, l’ancienne Industria :
C ■ AVILIO -LF
P O L • G A V I A N O
FL AMIN • D I V I
CAESAR • PERPETVO
5 PATRONO • MVNICIP
TRIB • MILIT • LEG • III
GALLICAE
D D
QVO HONORE • CONElfvS
10 IMPENSAM- REMISSIT
Selon Durandi cette inscription était à Puget-Théniers.
Meyranesi a simplement pris les mots patrono municipii,
après lesquels il a feint une lacune qui le tire d’embaras, et
termine son inscription par la formule quo honore con-
tentus, etc.
N° 377*
DIS • MANIBVS
G • ELPID1VS • G • F • FALER
ADIVTOR • A - RATIONIB VS
5 FECIT • SIBI - ET - VETTIAE
AVFILENAE • GONIVGI • B • M
ET • AELIAE • FILIAE • SVAVISS
IN • FR • P- XVI • IN- AGRO • P • X •
Diismanibus. Caius ÇA Jelpidius, Caii filius, Falerna
tribu , adjutor a rationibus, fecit sibi et V ettiae Aufilenae,
conjugi bene merenti, et Aeliae, filiae suavissimae. In
fronte pedes sexdecim in agro pedes decem.
Aux dieux mânes. C&ïus Àelpidius, fils de Caïus, de la tribu Falerna,
commis du comptable a fait ce monument pour lui et pour Vettia Aufllena*
sa femme bien méritante, et pour Aelia, sa fille très-suave. I*e terrain acquis
est de seize pieds de taçade et de dix pieds de profondeur.
Digitized by LaOOQle
— 318 —
Cette inscription a été publiée par Durandi, Piem. dspa-
da.no , p. 54. — Par Carlone, Vestiges, p. 128, n. 213. —
Par Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, p. 91*, n. 1038*, falsa.
Durandi prétend que cette inscription est à Saint-Etienne,
dans l’église paroissiale. Je puis affirmer qu’on n’en a
jamais eu de nouvelles, pas plus, d’ailleurs, que d’une autre
que je mentionnerai plus loin.
Cette inscription n’est pas trop mal faite ; et si elle ne
sortait pas de l’officine de Meyranesi, elle serait très-accep-
table; mais, comme dit M. Mommsen, non per se sed per
sodas.
N» 378*
D • M
VIARIAATILIA
SIBI • ET • G _SALVIO
VIRINO • VI VIR
5 FILIO • PIISSIMO • QVI
VIXIT • ANiNOS • XXXIX
Diis manibus. Viaria Atilia sibiet Caio Salvio Virino,
sextum mro, filio piissimo, qui vixit annos xxxix.
Aux dieux mânes. Viaria Atilia pour elle et pour Caïus Salvius Virinus,
sévir, son fils très-pieux, qui vécut trente-neuf ans
D’après Durandi, cette inscription était devant l’église
paroissiale de Tourncfort. Je n’ai rien trouvé, ni au lieu
indiqué ni dans les environs.
Cette inscription a été publiée par Durandi, Piem. dsp.,
p. 56. — Carlone, Vest. épigr.,p. 124, n. 202. — Mommsen,
Corp., t. V, vol. 2, p. 92*, n. 1055*, falsa.
Inscription* funéraire*
N° 379 (Inédite. Voy. PL IV, n» 86).
Diis manibus. Ludus Primipilus Primo, Justi filio,
patri piissimo et de (se) bene merito, et Suprae,matri
defundis, de suo vivusposuit.
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m
Aux dieux mânes. Lucius Primipilus r à Primus, fils de Justus, son père
très-pieux et très-méritant, envers lui, et à Supra sa mère, morts tous deux,
a, de son vivant, élevé ce monument.
Cette inscription, que je n’ai trouvée rapportée par aucun
auteur, est scellée sur la façade de la petite église de la
Sagne, à gauche de la porte d’entrée. La Sagne est un
hameau de Briançonnet.
Je l’ai dessinée dans ma planche IV, à cause des attributs
que l’on voit représentés dans le carré qui est au-dessous de
l’inscription : à gauche, c’est certainement une faux ; à droite,
je ne sait trop qu’y reconnaître ; au sommet se trouve un
croissant surmonté d’un croisillon, qui pourrait bien être
une étoile.
N® 380 (Voy. PI. IV, n® B)
P • MON ta
NIO • FILIt
P A T R I P * O
VIVIS • E* sibi
po SVEBuntf
Diis manibus. Publio Montanio : filii patri pio viviset
sibi possuerunt.
Aux dieux mânes, à Publius Montanius, ses enfants ont élevé ce monu-
ment à leur père très-pieux, de leur vivant et pour eux-mémes.
Cette pierre est dans le cimetière de la Penne, à côté de
celle que j’ai publiée sous le numéro 350. Je l’ai découverte
en faisant déblayer le terrain, parmi des ronces et aux trois
quarts enfouie. Les gens du pays nommaient cette pierre la
Pierre d' U riel, et la croyance générale était qu’elle portait une
inscription chaldaïque. Je l’ai publiée dans la Revue archéo-
logique (1878), vol. xxix (mars). J’ai dessiné cette pierre à
cause des attributs qu’elle porte et qui sont très-remarqua-
bles : la tête de taureau ou bucrâne, le croissant et les étoiles.
M. Robert Mowat, à qui j’ai montré cette inscription, est
d’avis que ce sont les attributs des sectateurs de Mithra.
On sait que le culte de Mithra, importé à Rome, A l’épo-
Digitized by
Google
— 320 —
que de Pompée, se répandit très-rapidement dans les Gaules
et dans toute la partie septentrionale de l’empire romain,
où il a laissé partout des traces très-importantes, surtout
dans les grottes où se célébraient les terribles mystères de
ce culte.
N® 381 (Inédite)
MEDVllINO
ME F
/VATRIBv S- N
nEPOTI BVS • GA rissimis
5 meduLLINIS • QWIBVS...
cemenELO ■ CIVITAte. .. S B
AS - COL AT
DON
Cette inscription est actuellement encastrée dans un mur
de soutènement, sur la route de Toudon à Ascros, au nord
de Pierrefeu, au quartier nommé Cadarei et aussi pierre
écrite. Elle a été brisée sur les côtés au haut et au bas pour
pouvoir être employée par l’entrepreneur de la route. Il
ne reste plus aujourd’hui que les parties composées en
majuscules droites. Avant d’avoir été brisée, elle avait été
vue par M. Bourguignat, qui en avait rapidement pris copie ;
c’est à l’aide de cette copie, bien incomplète, que j’ai pu
rétablir, en partie du moins, les deux premières lignes.
M. Bourguignat avait lu la première ligne MEDVCINO,
j’ai cru pouvoir rétablir Medullino, en me fondant sur la cin-
quième ligne qui porte le fragment ...llinis, qui bien évidem-
ment est la fin du mot Medullinis. La fin de l’inscription,
qui était certainement la partie la plus intéressante, est trop
incomplète pour tenter une restauration quelque peu certaine.
M. Bourguignat avait cru pouvoir lire à la ligne sept:
ASCIA D ; mais, pour cette partie-là qui nous a été conser-
vée , je suis certain de ma lecture : la pierre porte :
AS COL AT.
La pierre qui porte cette inscription est très-endomma-
gée par les agents atmosphériques et d’une lecture très-
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— 321 —
pénible, à cause des cassures accidentelles et des sillons
creusés par le temps, qui la traversent en tous sens.
N® 382 (Inédite)
VEN I M
FI- MEDVtfmo
palRI • CEMene
léSSi
Ce fragment est aujourd’hui employé dans le mur de
soutènement de la place de l’église au hameau de La Roche
à Val-de-Blore ; il a été trouvé dans un champ entre La
Roche et Saint-Dalmas-du-Plan, enfoui à 50 cent, de profon-
deur, le long de l’ancien chemin qui, de la vallée de la
Tinnée, remonte le Val-de-Blore et va rejoindre Berthe-
mont, où les Romains avaient un établissement de bains.
L’inscription était beaucoup plus complète ; mais elle a
été brisée par un maçon, pour être appropriée à sa nouvelle
destination.
N® 383
.NEP..
REI...IN
1 • IVL
(Inédite)
* cemeriE LO
Cette inscription est gravée sur une stèle de grès en fort
mauvais état, laquelle est située derrière la chapelle de
Saint-Erige à Aoron , entre Saint-Etienne-ès-Monts et
Isola, sur la rive droite de la Tinnée. Elle est en trop
mauvais état pour pouvoir en rien tirer, mais elle sert du
moins à constater la présence d’un monument romain en ces
pays perdus.
N® 384 (Perdue)
CTA...M...C
III...N...CC...A...1
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322
D’après Durante, Chorographie, p. 303, qui le premier a
publié ce fragment et dit qu’il a été trouvé avec le suivant
dans des fouilles pratiquées au quartier Saint-Sébastien, où
je n’ai rien rien trouvé. Carlone, 1 r estig. épigr. publie aussi
ce fragment, p. 124, n. 200.
N° 385 (Perdue)
...ALBANI
...GAMIA- II...
Durante, Chorog. p. 303. — Carlone, p. 124, n. 201.
Je crains que Durante n’ait pris pour une inscription anti-
que, l’inscription moderne (XVII e siècle) du bénitier de
Sigale, qui porte le motCAMIA ; toutefois, devant son affir-
mation, je m’incline.
N # 386 (Perdue)
M VFAIVZCAL
RVFFS R' AIITD
ILIN R'IDLoCT
I • EILIPJP • M
Cette leçon est fournie par Bonifassi, qui l’attribue à dom
Juge, chanoine de Clanz à la fin du siècle dernier. Carlone,
d’après le manuscrit du père Scalier (Archives de Nice), en
fournit la leçon suivante, toujours attribuée à dom Juge :
MV1 • A TV CD
RVB • RpNIIÜD
IL I N RD IC I.
T- FILIO- D • M
Bonifassi ajoute que la vraie leçon est celle-ci :
MARIO • SEXTORIO • LVCIO
DRVSO • ROM • MILITI
ffl- C0H0R- LIG
IVLIVS • PHILIPPVS P M
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Google
— 323 -
Mario Sextorio, Lucio (et) Druso, Romæ, milit(es)
cohortis tertiæ Ligurum. Julius Philippus monumentum.
posuit.
A Marins Sextorius Lucius et Drusus, originaires de Rome, soldats de la
troisième cohorte des Ligures. Julius Pùilippus a élevé ce monument.
Cette pierre, suivant dom Juge, était à Clanz, au quartier
deRaus, dans les champs ; elle doit avoir été détruite, car je
n’ai plus rien trouvé au lieu indiqué.
Elle a été publiée par Bonifassi, Nie. inscr., n. 61 et 115;
— par Carlone, Vestig. épigr., p. 125, n. 204, — et par
Mommsen, Corpus, t. V, vol. 2, n. 7982.
J’ai supposé que la deuxième ligne devait porter milites
et non militi ; la troisième : Cohor. III. lig., et la quatriè-
me, Af • Pau lieu de P . M. En admettant ces légères correc-
tions et interpolations, le texte devient correct.
N« 387*
V • F
Q • AVRELTVS • PHILOS • S- F - FAL
SIBI • ET- AETIO- PHI
ET- SEXTIAE- AVLI- F- M
ET • SECVNDO -MF- FAL • ET
SVNIO- AELIO
POSTER
La fausseté de cette inscription est trop évidente pour
qu’il soit besoin d’insister à ce sujet.
Durandi, Piem. cisp., p. 59. — Carlone, Vest., p. 126,
n. 205. — Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, p. 91*, n. 1036*,
fais a.
D’après Durandi, cette inscription était à Lieuche, vallée
de Clanz, où je n’ai rien trouvé de semblable ; mais entre
Lieuche et Pierlas et entre ce dernier village et Abillera,
j’ai remarqué une grande quantité de briques à rebord, et
un peu au-dessus de Pierlas un fragement de pierre arron-
die sans inscription, que j’estime être la partie supérieure
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— 324 —
d’un milliaire ; je l’ai marqué comme tel dans une carte de
l’arrondissement de Puget-Théniers. (Voy. pl. II.)
N® 388*
DIS- MANIBVS
TITI FLAVEt • A VG • LIBER
5 HEIC- EXTRA- PATRIAM. . . .
ATILIA- VALERIA- F ILIA- INFELI
CISSIMA • PATRI OPTIMO • ET
DESIDERATISSIMO
PLVRIMIS • CVM • LACRIMIS
10 TF
Diis manibus Titi Flavii, Augusti liberti heic
extra, patriam Atilia Valeria, filia infelicissima,
patri optimo et desideratiasimo, plurimis cum lacrimis
tumulun fecit.
Aux dieux mânes de Titus Flavius, affranchi d* Auguste, (mort) ici loin de
1 a patrie. Atilia Valéria, sa malheureuse fille» a, avec de nombreuses larmes,
élevé ce monument à son père excellent et très- aimé.
L’inscription ne serait pas trop mal tournée, si l’auteur
avait appelé la fille du nom de son père.
Durandi, Piem. cisp., p. 54. — Carlone, Vest. épigr.,
p. 128, n. 212. — Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, p. 91*,
n. 1014*, falsa.
Durandi prétend que cette inscription est devant l’église
paroissiale de Saint-Etienne-ès-Monts, il n’en est rien.
N® 389*
D • M
M- AVRELIVS- VALENS • L- F - FAL
EMIT- OLLAS- DEGEM- SIBI
SVISQ • L1BERTIS • LIBERTABVSQ
POSTERISQVE • EORVM
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— 3*5
Diis manibus. Marcus Aurelius Va lens, Lucii filius,
Falerna, émit ollasdecemsibi suisque, libertis , libertabus-
que, posterisque eorum.
Aux dieux mânes. Marcus, Aurélius Valons, fils de Lucius, inscrit à la
tribu Falerna, a acheté dix urnes pour lui, pour les siens, pour ses affranchis
et affranchies, et leurs descendants.
Dans l’esprit de Meyranesi, qui a inventé cette inscription,
M. Aurélius Valens avait acheté, dans un columbarium, ou
salle funéraire, contenant des niches assez sèmblables à des
nids de pigeons, d’où leur nom de columbaria, dix urnes
funéraires qu’il destinait aux siens.
Durandi, Piem. cisp., p. 59. — Carlone, Vest., p. 132,
n. 216. — Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, p. 91*, n. 1037*,
falsa.
Durandi place cette inscription à Saint-Dalmas-du-Plan.
Je l’ai cherchée en vain dans le village et ses environs. On
m’a dit qu’il y avait à Molières une pierre écrite ; je m’y
suis transporté, mais c’était une inscription en caractères
gothiques du XV' siècle.
N® 390*
DDS- MANIBVS • SACRVM
C • AVRELIO • MASCVLO -LF
AELVIA- AVFREDITENIS
PATRONO • BENE MERENTI
F
Diis manibus sacrum : Caio Aurelio Masculo, Lucii
filio, Aelvia Aufreditenis patrono bene merenti fecit.
Consacré aux dieux mânes : à Caïus Aurélius Masculus, fil9 de Lucius,
Aelvia Aufreditenis à son patron bien méritant, a fait ce monument.
Durandi, Piemonte cispadano , p. 63. — Carlone, Vest.
épigr., p. 132, n. 218. — Mommsen, Corp., t. V, vol. 2,
p. 91*, n. 1035*, fa Isa.
Durandi prétend que cette inscription était à Utelle. Je
l’ai cherchée dans ce village, à Duranus, à Saint-Jean-de-
la-Rivière, au Cros et dans tous les environs ; et je puis
«
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— 326
affirmer qu’il n’y a dans toute cette région qu’une seule
pierre écrite : c’est un rocher tombé dans la Vésubie sur
lequel est gravé un chrisme récent et une date de la fin du
dix-septième siècle.
Inscriptions chrétiennes
No 391*
MATER D VLCISSIMA
IN- PACE- XPI- RECEPTA
IVLIVS • FILIVS • MEM0R1AM • FEC
±
0B1IT KAL • SEPT
Mater dulcissi%na, in pace Christi recepta. Julius
filius, memoriam fecil, (Chrismus). Obiit kalendas sep-
tembres.
Sa mère très douce, reçue dans la paix du Christ. Julius, sou fils, a
fait ce monument à sa mémoire (le Chrisme ). Elle est morte pour les calendes
de septembre.
Durandi, Piem. cisp., p. 59. — Gazzera, Acta Taurinensia,
2 e série, t. II, p. 163. — Carlone, Vest. épigr., p. 131,
n. 215. — Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, p. 92*, n. 1057*,
fais a.
Durandi dit que cette inscription se trouve à Saint-Dalmas-
du-Plan, où je l’ai cherchée activement, mais sans succès.
N® 391 bis (Inédite)
MEMORIAE V ///////// fi
LIAE • DVLClSSIwoe / / / / /
H • E • T
Cette inscription est gravée sur un ci ppe # très-fruste qui
forme le pied-droit de la porte du cimetière de Gars. L’ins-
cription était tournée à l’intérieur ; je l’ai dégagée et j’ai fait
tourner le cippe de façon à ce que l’inscription fût désormais
visible.
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3S7 —
SUPPLÉMENTS
A D.D IT I|ONS ET CORRECTIONS
A VENCE
En parcourant les papiers de Peiresc conservés à la Biblio-
thèque nationale, j’ai trouvé quelques inscriptions, inédites
jusqu’à présent, que je me hâte d’ajouter en supplément à
mon recueil :
N° 392 (Perdue)
M • VAL • MAR
CIANO • Q • V- A
XVII • M • VAL •
FRONTO ET
5 NONIA • PATER
NA FILIO
PllSSIMO • FEC
Marco Valerio Marciano, qui vixit annos septemdecim.
Marcus Valerius Fronto et Nonia Patema, filio piissimo
fecerunt.
A Marcus Valérius Marcianus, qui vécut dix-sept ans. Marcus Valérius
Fronton et Nonia Paterna ont élevé ce monument à leur fils très pieux.
Peiresc, ms. de Paris, fonds lat., n. 8958, p. 30, déclare
tenir cette inscription de M. de Flayosc, père du marquis
de Trans, qui était cousin des Villeneuve, alors seigneurs
de Vence.
J’ai mis en lettres inclinées à la quatrième ligne le mot
et, que Peiresc a écrit fi, et I’n qui commence la cinquième
ligne, que j’ai mis à la place des lettres il, que porte la
copie de Peiresc. En effet Ilonia n’est pas connu dans
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328
l’onomastique romaine, tandis que nonia ou même monia
se rencontrent assez fréquemment.
La situation de cette inscription n’est pas autrement
désignée que par les mots à Vence ; mais la forme de la
pierre est indiquée : c’est une base en forme d’autel ; et,
comme elle est parmi les inscriptions qui sont dans la ville,
il est probable qu’elle existait à cette époque dans quelque
maison.
N° 393 (Perdue)
VALERIAE Secundae
0- V- A- X1III- M enses- x- Ennia
FVSGINA • MATER • FILIAE
Ph'SS • ET • VALERII- Mj&.Cv S
5 ET SEC VNDVS • SORORI
I MERENTISSIMAE • FECERVNT I
Valeriæ Secundæ, quivixit annos quatuordecim memes
decem. Ennia Fuscina mater filiæ Piissimae et Va lerii
(duo) Marcus et Secundus sorori merentissimæ fecerunt.
A Valéria Secunda, qui vécut quatorze ans et dix mois. Ennia Fuscina la
mère à sa fllle très pieuse, et les deux Valérius, Marcus et Secundus, à leur
sœur bien méritante ont élevé ce monument.
Peiresc, ms. de Paris, fonds latin, n - 8958, p. 37, dit que
cette inscription et quelques autres qu’il donne sur la même
feuille, lui ont été apportées de Vence par M. Blacas ; pro-
bablement un membre de la famille Blacas, qui a fourni au
chapitre de Vence une quinzaine de chanoines.
L’inscription était gravée sur une grande urne brisée à
droite de façon à ne laisser voir que le commencement des
deux premières lignes ; la dernière ligne, en plus petits ca-
ractères, est gravée en dehors du cadre de l’inscription sur la
base du monument. Cette inscription se trouvait, à cette
époque, dans la propriété Malivert, ce qui peut être : ou à
Saint-Donnat, ou au nord de Vence, sur la route de Cour-
segoules et sur les bords de la Lubiane. Mais je penche pour
Saint-Donnat: d’abord parce qu’on y voit quelques cons-
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— 329 —
tr u et ions romaines et, surtout, parce que la propriété des
Blacas touche pour ainsi dire ce quartier.
J’ai rétabli à la première ligne Secundæ, quoique cela
soit tout à fait problématique ; à la seconde ligne le genti-
licium Ennia, d’après l’inscription n - 22 démon recueil; et
les lignes quatre et cinq, en corrigeant la leçon de Peiresc,
qui est la suivante :
pisseivelnini Marcus
pisicundus sorori
N° 394 (Perdue)
D • M
C - GALLl • PAERld
L- MAELI- AVlTI- FILI
PlISSIMl • MAELI
A • SEGVNDA MA r ER
SIBI ■ ET • SVIS
VlV • FEG
Diis manibus Caii Gallii Paterni Cet) Lucii Maelii
Aviti, filii piissimi. Maelia Secuncla, mater, sibi et suis
viva fecit.
Aux dieux mânei de Caïus Galiius Paternus et de Lucius Maelius Avitus,
ses fils très pieux. Maelia Secunda, leur mère, pour elle et pour les siens
a de son vivant élevé ce monument.
Peiresc, ms. de Paris, fonds latin, n. 8938, p. 28, d’après
les copies fournies à lui par M. de Chasteuil, procureur
général en 1628, et p. 206, dessinée par lui-même en 1629.
D’après cet auteur l’inscription se trouvait au monastère de
Saint-Véran (la Dorade) sur les bords du Loup (rive gauche)
à côté de celle que j’ai citée dans mon recueil sous le n. 37
et de celle qui va suivre.
N» 395 (Perdue)
FIERI
IVSSIT
L • VAL • BYBLVS
HERES • FECIT
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— 330
Fieri jussit Lucius Valerius Byblus , heres fecit.
Lucius Valérius Byblus a ordonné de lui élever ce tombeau» son héritier
l'a fait.
Peiresc, ms. de Paris, fonds lat., n. 8958, p. 28, d’après
la copie de M. de Chasteuil.
Cette inscription était à côté de la précédente, au monas-
tère de Saint-Véran. Toutes deux ont disparu ; mais on ne
peut mettre en doute leur authenticité : car elles existent en
copie par deux mains différentes dans les papiers de Peiresc.
Ceci me confirme dans l’idée que j’ai émise, que l’oppidum
des Décéates devait se trouver par là.
A ANTIBES
N° 396 (Perdue)
D • M
GRAN1Æ • VALE
RIAE- 0- V A IIII
M • GRAN1VS • VI
TALIO FILIAE
5 FECIT
Diis ma.in.ibus Graniae Valeriae, quæ vixit annos qua-
tuor. Marcus Granius Vitalio filiae fecit.
Aux dieux mânes de Grania Valéria, qui vécut quatre ans. Marcus Granius
Vitalion a élevé ce monument à sa fille.
Peiresc, ms. de Paris, fonds lat., n. 8958, qui parait
l’avoir copiée lui-même, car l’inscription est de sa main.
Cet auteur ajoute en marge « Vide marmoram tabellam
quara Romae vidit Lipsius, ad exemplum Divi Ludovici, in
aedibus privatis : m- granivs- vitalio- eq- inter clarissimos
viros et decem primos annumeratos. »
Sa situation précise à Antibes n’est pas autrement dési-
gnée.
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334
N° 397 (Perdue)
D • M
AELIAE • IVLIAE
CELSAE
AELIVS • FELI
C IA NV S ET VA
K I A] • EMERITA
FILIAE FECER
Dits Manibus Aeliae (et) Juliae Celsae. Aelius Felicia-
nus et Varia Emerita filiae fecerunt.
Aux dieux mânes d’Aelia (et de) Julia Celsa, Aelius Félicianus et Varia
Emerita, à leurs filles, ont élevé ce monument
Cette inscription est citée par Maffei, Galliae antiquitates,
etc., p. 68 (éd. de Vérone 1734) et p. 62 (éd. Paris 1733) et
d’après lui dans Muratori, Nov, thés., t. III, p. mccïïxvii,
n. 5.
D’après Maffei, cette inscription était encore à Antibes
de son temps.
N° 398
(Perdue)
Imp.oaet.Fl. Vol. Constaraino. p.f. Aug.nep.divimaximia
ti aug. pîi filio
tn pro
quom
civibiu
in tubur
10 ejutde
VINCIA ALPIVM MARITymarwm cive |
INVS • MVLTI ■ QVAM QVlkn» deourio
\VNIC1PIBVS • EIVS MVNi
D E C 0 N
ROMANIS QVI • MVNICIP
BIIS • BR1GANTIONIS SVNTJ
U- MVNICIPII INTER IPSOS Jinoolat..
I . CVM • PEREGRl NlS • El VS . P Wncioe
icipii aum civib
VENTIONES- CIVI
manorum
\ium incolunt
NI- AVG • CONSTAN
S EIVS • MVNI
NES- EIVS- MV
/S ROMANIS
V M R O
Imperatore Cæsare Flavio Valerio pio, felice, augusto,
nepote divi Maximiani Augusti Contantii Augusti pii
filio.
in provincia Alpium Maritimarum
cives ejus municipii quominus mulli quam
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338 —
quidem decuriones ejus municipii
municipibus ejus municipii cum civibus romanis
DECONVENTIONES C1VIUM ROMANORUM . . .
civibus romanis qui municipium incolunt
. ... in suburbiis Brigantionis sunt ejusdem mu-
nicipii inter ipsos incolas . municipii? cum
peregrinis ejus provinciæ
Plaque de bronze citée par Peiresc, sous le titre : Frag-
menta antiquæ tabulæ ænææ quoquo modo restituta, ms.
de Paris, fonds latin n- 8958, p. 145. Il n’y a pas d’autres
désignations d’emplacement ; mais comme, d’une part,ellese
trouve parmi des inscriptions d’Antibes, que, d’autre part,
il existe à Antibes (voy. n. 73) une inscription antique, qui
fait mention d’une table d’airain qui doit apprendre toutes
choses au voyageur : V iator, audi si libet, intus veni : tabula
est æna quae te cuncta perdocet. Cette inscription sur table
d’airain me paraît n’être pas autre chose que la plaque ci-
dessus (que Peiresc semble avoir vue et copiée ; car elle est
de sa main, et aucun auteur n’est mentionné). Je n’ai donc
pas hésité à attribuer cette importante plaque à Antibes.
Je n’ai suivi qu’en partie le commencement de restitu-
tion de Peiresc ; toute la première et la seconde ligne sont
de moi. Peiresc avait restitué au fragment n. 2 magni Aug.
Constantini. A la troisième ligne, le mot cives est de moi.
J’ai conservé la restitution de Peiresc dans les quatrième et
cinquième lignes ; à la sixième ligne, le manuscrit de Peiresc
porte de conventionieus ; à la huitième ligne, civibus
est de moi. A la dixième ligne, Peiresc avait restitué litem :
j’ai mis ejusdem. Enfin Peiresc commence la onzième ligne
par le mot municipii, qui m’a paru peu certain.
Il devait donc y avoir à Antibes, qui était le premier mu-
nicipe des Alpes-Maritimes, en arrivant du côté de la Nar-
bonnaise, un petit monument placé sur la route, avec son
inscription extérieure invitant les passants à venir prendre
connaissance des usages et conventions qui réglaient les con-
ditions d’habitation des citoyens romains, des étrangers et
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333
des passants dans les municipes des Alpes-Maritimes. Le
nom d’un seul de ces municipes nous a été conservé, c’est
Relui de Brigantio, Briançonnet; cela est fort heureux,
car c’est le seul dont le municipat fût discuté.
N° 399 (Perdue)
vrbHirE- r- ek
Peiresc, ms. de Paris, fonds lat. 8958, p. 138. C’était pro-
bablement une marque de brique, quoique l’auteur ne dise
rien à ce sujet ; mais on verra plus loin un vase trouvé à
Saint-Césaire, dont l’inscription a de grands rapports avec
celle-ci.
N® 400 (Perdue)
lixij
ET QVADRATVS
SOCIVS E I V S
Peiresc, ms. de Paris, fonds lat. 8958, p. 141, sans dési-
gnation précise. La copie n’est pas de sa main.
N® 401
SEX • AEMILIO • PAVLLO
PATRI AEMILIAE • Q- F - RE
G1LLAE- MTRI- SEX- AEMIL
PAVLLINO • FRATRI • T • AE
5 MIL • BVRRO • FIL • G • AE
MIL • VASTVS • SVIS
Sexto Aemilio Paullo, patri ; Aemiliae Quinti filiae
Regillae, matri; Sexto Aemilio Paullino, fratri ; Tito
Aemilio Burro, filio. Caius Aemilius Vastus suis.
A Sextus Aemilius Paullus, son père ; à Aemilia Regilla, fille de Quintus,
sa mère ; à Sextus Aemilius Paullinus, son frère ; à Titus Aemilius Burrus,
son fils. Caïus Aemilius Vastus a fait ce monument pour les siens
Peiresc, ms. de Paris, fonds lat., n. 8958, p. 144. Quoique
la situation de ce monument ne soit pas expressément
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334
désignée, je l’ai placé à Antibes, parce qu’il est au milieu
d’inscriptions antiboises et parce que le nom de Régilius s’y
est retrouvé (Voy. n. 97). *
N» 408 (Perdue)
G • C- P- T- C (sic)
N E P 0 TI
F R A T R I
ET • ATTI
AE • G F
...,/EGIT
Peiresc, ms. de Paris, n. 8958, p. 28, d’après les notes
de M. de Chasteuil, procureur général et seigneur de
Châteauneuf de Grasse. Cette inscription et la suivante
se trouvaient en 1628, époque où M. de Chasteuil les a
copiées, à Notre-Dame-du-Brusc, dans scs domaines. La
chapelle de Notre-Dame-du-Brusc est à droite du chemin
qui va de Châteauneuf à Valbonne, après avoir traversé
la route départementale n. 6 de Grasse à Villeneuve. On
m’a dit que cette inscription avait été transportée au Castel-
laras, où se trouve le n. 120 ; je ne l’ai pas trouvée dans les
environs , mais comme le parc était fermé et que, par suite
de l’absence du propriétaire, il m’a été impossible d’y péné-
trer, il est possible qu’elle soit encore en ce lieu.
N® 403
i"
4nGSTtAE • MAT
ernaS. ■ L • TANGAN
tus FRONTO • CON
jugi- A- SE- BENE- M
5 eren TI • FECIT
2 *
L • TANGANIVS
FRONTO S I B I
VI V VS FECIT
1* Antistiae Matemae ; Lucius Tanganius Fronto con-
jugi a se bene merenti fecit.
2* Lucius Tanganius Fronto sibi vivus fecit.
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— 335 —
1* A Antistia Materna; Lucius Tanganius Fronton, à son épouse bien
méritante a fait ce monument.
2* Lucius Tanganius Fronton, pour lui de son vivant s'est préparé ce
monument
Peiresc, ms. de Paris, fonds lat. 8958, p. 28, d’après la
copie de M. de Chasteuil.
Les restitutions sont de moi.
Cette inscription était à côté de la précédente à Notre-
Dame-du-Brusc.
Les deux inscriptions chrétiennes qui suivent, sont con-
servées dans le cabinet de M. le colonel Gazan, à Antibes.
N® 404
• B • • M
HICREQVIESCITINPACE AN
CILLA • DI • CALVMNIOSA • QVE
VIXIT • ANN • C- DP • EST SVB
die . primai NON • APRILS
Bonae memoriae. Hic requiescit in pace ancilla Domini
Calumniosa , quae vixit annos centum. Deposita est sus
die prima nouas aprilis.
A la bonne mémoire. Ici repose en paix la servante du Seigneur Colum-
niosa, qui vécut cent ans. Elle a été déposée (en ce lieu) les premiers jours
des nones d'avril.
Cette inscription a été publiée par Breton, Antiquités de
la ville d'Antibes (Va r) dans les mémoires de la Soc. Arch.
du midi de la France, t. IV, p. 398. — Ed. Leblant, Ins-
criptions chrétiennes de la Gaule, n. 622 A. et pl. n. 508.
Elle a été trouvée au fort carré d’Antibes.
;N® 405
B m
HIC REQVIr/SCî/ an- dt
GENESIA QVAE vixit ann
xx. d. p. R ST S VB Di e secunda f
NOn-jan-
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336 —
Bonae memoriae. Hicrequiescit ancilla Domini Gènesia,
quae vixit a nnos vigenti. Deposita est sub die secunda
nouas Januarii.
A la bonne mémoire. Ici repose la servante du Seigneur Génésia, qui vécut
vingt ans. Elle a été déposée (en ce lieu) le second jour des nones de Janvier.
Je crois cette inscription inédite.
N«‘ 405 bis (Perdu#)
CONIVGI GAL
LIENI • A VG- N
D D
.. . ConjugiGallieni Augustinostri ; decretodecurionum.
A la femme de notre Gallien Auguste; par décret dea décuriona.
C’est certainement la fin d’une inscription à Cornélia
Salonina.
Peiresc, ms. de Paris, fonds latin, n. 8957. p. 229, copies
de Maurand, prêtre d’Antibes. Ellès sont généralement
mal faites et peu fidèles quant au nombre de lignes et à la
forme. Peiresc, qui a revu toute les autres inscriptions d’An-
tibes, ne note pas celle-ci, ce qui me permet de croire que
Maurand aura peut-être confondu avec la dédicace à Salonine
qui est à Nice. Je dois dire pourtant que la copie de Maurand
donne le dessin de la pierre et que s’il fallait s’y fier, on
devrait assurément considérer cette inscription comme tout
à fait distincte de celle de Nice ; d’autant mieux qu’il la
place près du château d’Antibes « a presso al Castello
d'Antiboul .» C’est pour cela que je l’ai publiée, en lafaisant
précéder de l’astérisque en signe de doute.
N° 405 ter (Perdue)
D “
VESVCcIAE PE K
MOGENIAE
VIG1LIA • LVCILIA
5 MATRI • B M • FECIT
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— 337
Dits manibus, Vesucciae Hermogeniae. Vigilia Lu-
cilla Ÿmatri bene merenti fecit.
Aux dieux mânes de Vearuccia Hermogenia. Vigilia Lucilla À sa mère bien
méritante a élevé ce monument.
Peiresc, ms. de Paris, fonds latin, n. 8957, p. 229, d’après
Maurand, qui lui donne comme emplacement le dessus
d’une porte de maison ; « insu la porta de una casa, » ce
qui est bien vague. Comme la précédente, cette ins-
cription n’a pas été vue par Peiresc, et c’est sur le seul
témoignage de Maurand que je la donne.
A PIERREFEU
N® 406
TRITTIAE
M- VIBIVS
LONGV3
VS- LM
Trittiæ. Marcus Vibius Longus votum solvit libens
merito.
A Trittia. MArcus Vibius Longus a accompli son voeu de son plein gré.
Peiresc, ms. de Paris, fonds latin, n. 8958, p. 151, avec la
mention « au terroir de Pierrefeu, au pied de l’autel de
Saint-Jéhan. »
Il est vrai qu’il y a un autre Pierrefeu dans le Var, près de
Cuers ; mais comme on n’y connaît aucune inscription, que
d’autre part, à Pierrefeu des Alpes-Maritimes, la chapelle
de Saint-Jean n’est pas dans b village même, mais bien
dans son territoire, au hameau de la Cainée, sur le chemin
romain que j’ai signalé, et qu’elle porte la désignation
caractéristique de Saint-Jean-d'Aurèle, je pense que c’est
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338 —
bien de notre Pierrefeu qu’il s’agit. La chapelle de Saint-
Jean de Pierrefeu est à côté du vallon de Cadarei, où j’ai
relevé un fragment d’inscription.
Trittia est donc une divinité topique des Alpes-Maritimes
que cette seule inscription nous fait connaître.
L’inscription était gravée sur un petit autel.
A NICE
N® 407
POMPEIAE
Peiresc, ms. de Paris, fonds lat., n. 8958, p. 191, avec
la seule désignation à Nice. L’inscription est dessinée; elle
est gravée sur un fragment de calcaire entouré d’une triple
moulure.
N» 408
M ■ A L B IcciW
Peiresc, ms. de Paris, fonds lat., n. 8958, p. 191, à
Nice. Cette inscription est aussi entourée d’une moulure.
Elle est de la même main que la précédente ; mais ne peut
pas avoir fait partie de la même inscription, parce que la
moulure se continue au-dessus et au-dessous de la ligne :
ce qui indique que le titulum n’avait en tout qu’une seule
ligne.
Je dois dire, en finissant cet appendice, que quelques
auteurs donnent à Cagnes une inscription mentionnant un
certain C. Julius Senec a. C’est par suite de la confusion
du nom de Cagnes avec celui de Cagnosc, où était vérita-
blement cette inscription, que la méprise s’est opérée-
Comme Carlone a déjà fait cette rectification comme le
baron de Bonsteten * a publié cette inscription qui, dit-il,
1. Carlone, Veut. tpxgr ., p. 155, n. 874.
8. Carte archéologique du Var, p. 83.
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— 339 —
a été trouvée « dans les ruines d’une ancienne chapelle à
quelque distance de Gonfaron, où était l’ancien village,
aujourd’hui détruit, de Cagnosc ; » comme cet auteur ajoute
que l’inscription est aujourd’hui au Luc, chez M. Aube, je
pense pouvoir me. dispenser de la donner.
J’ai donné au n. 115 une inscription mentionnant un
dieu topique nommé Mars Olloubus ; sur les observations
de M. R. Mowat et d’après d’anciennes copies que j’ai vues
depuis, je crois qu’il faut lire Olloudius et non Olloubus.
Voici en effet ce que porte la copie la plus authentique :
MARTI OLLOvk)
C’est un d et un i liés, il faut donc lire Olloudio.
Je dois ajouter que du temps de Spon, cette inscription
était à Aix, chez M. Sibon, trésorier-payeur.
Il me reste maintenant à faire connaître les marques
de potiers et les sigles figulins du département. C’est ce
que je vais faire, en faisant remarquer que le travail que je
fais est un premier travail ; car, jusqu’à ce jour, personne
n’a songé à faire un Corpus de ces petites inscriptions. Il
s’y trouvera donc des lacunes et d|S omissions : l’arron-
dissement de Nice sera mieux traité que ceux de Grasse
et de Puget-Théniers ; car M. Mommsen a déjà fait un
premier travail sur les sigles figulins de Nice, qui, quoique
incomplet, a été pour moi un guide précieux pour retrouver
certains fragments.
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340 —
INSCRIPTIONS ET SIGLES FIGULINS DU DÉPARTEMENT
Petit* Sceaux de bronze
Je n’en connais que trois qui sont :
N® 409
P $ ETEREI $
QVADRATI
et sur l’anneau qui sert à l’appliquer, les lettres :
P • E • Q
qui sont les initiales des noms du potier.
Ce sceau a été trouvé dans les plaines de Châteauneuf,
entre Peyloubet et Notre-Dame-du-Brusc, en 1870. Il est
actuellement dans le cabinet deM. J. F. Cavalier, de Grasse,
numismate distingué, qui a bien voulu m’en laisser prendre
copie. *
Ce sceau a déjà été publié par le docteur Mougins de
Roquefort, dans sa Notice sur quelques poteries sigillées
de Fréjus et d’Antibes, p. 14.
N® 410
Cf
M
AEM1LI
BASSI
Trouvé à Vintimille en 1857, à côté de la chapelle de
Saint-Jean-Baptiste ; aujourd’hui chez M. le professeur
Gerolamo Rossi, à Vintimille.
G. Rossi, Stor. di Vint., p. 347. — Mommsen, Corp.,
t. V, vol. 2, n.8116, 9.
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344
N» 411
GLVCo
CORNE
Trouvé sur remplacement de l’antique Albintimillium,
près delà Nervia, aujourd’hui chez M. G. Rossi. Mommsen,
Corp., t. V, vol. 2, n. 8116, 30.
Vases de terre portant des Inscriptions
N° 412 (Inédit.)
rb • elez • ou ; zaïa • q j
Sur un petit vase en forme d’écuelle trouvé à Saint-Cézaire
(arrondissement de Grasse). Ces caractères sont tracés en
traits noirs au fond du vase, sur la partie convexe, autour
d’un cercle. Le vase est en terre rougeâtre ; il a été trouvé v
dans une tombe romaine et contenait, dit-on, deux bronzes
très frustes, que l’on croit être des Antonins. Je tiens ces
renseignements de M. F. Brun, secrétaire de la Société des
Lettres, Sciences et Arts des Alpes-Maritimes, qui a déposé
ce vase dans les collections de la société.
N» 413
« MIRR'A
6 MVRR'
Se lit sur deux soucoupes conservées dans la collection
Guilloteau. Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, n. 8115, 77 et
99. J’ai vu ces deux soucoupes.
N» 414 .
PRISCI
Nice, villa Guilloteau. Mommsen, Corp., t. V, vol. 2,
h. 815, 99. Je fai vue.
N° 415
F I E ® 1 C I
»
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— 342 —
Nice, villa Guilloteau. — Mommsen, Corp., t. V, vol. 2,
n. 815, 154. Je n’ai pas vu cette inscription. M. Mommsen
déclare que la lecture en est incertaine.
N® 416
o ' F ■ E • L
Nice, chez M. Brun, qui le premier a publié un dessin de
ce vase : Etude sur les sépultures gallo-romaines dans
les Alpes-Maritimes du III e au VI e siècle, dans les mémoi-
res de la Soc. des Lett. Sc. et Arts, t. III, (1875), pl. ; et
après lui par Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, n. 8115, 176,
qui ne mentionne pas M. Brun, dont il connaissait pourtant
le mémoire.
Les lettres sont en relief au milieu de divers objets, parmi
lesquels on reconnaît des colombes.
N® 417
SEX • M • P
A Fréjus, chez le docteur Pascal. Mougins de Roquefort,
Notice, p. 7, 4 ; gravé dans un cartouche eh forme plan-
taire. Je l’ai vue.
N® 418
S • M • T
A Fréjus, chez le docteur Pascal. Mougins de Roquefort,
Notice, p. 7, 7, sur un fragment de vase. Je l’ai vue.
N® 419
TRADIO
A Fréjus, chez le docteur Pascal. Mougins de Roquefort,
Notice, p. 7,9, tradic. Elle est sur un fond de vase. Jel’ai vue.
N® 420
PATI
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— 343 —
A Fréjus, chez. Je docteur Pascal. Mougins de Roquefort,
Notice, p. 7, il. Cetté inscription est gravée sur un fond
de vase dans un cartouche, eh forme de croissant.
N» 481 (Inédite)
STR0B1L1 (Voy. pl. IV, n. 13)
Nice, villa Guilloteau. Sur un fond de vase.
Lampes funéraires
- N® 422
VICTOR
Nice, chez M. Brun, qui l’a publiée et dessinée dans son
Etude sur les sép., etc. — Mommsen, Corp., t. V, vol. 2,
n. 8114, 139. Gravée sur une petite lampe trouvée en 1867,
sur la route de Cimiez, propriété Camous.
N® «3
*
FORTIS
• Nice, villa Guilloteau, et chez M. Brun. Les deux exem-
plaires ont été décrits parM. Mommsen, Corp., t.V,vol. 2,
n. 8114, 54, lll etmmm. M. Brun a publié l’un des deux
dans sa brochure Étude sur les sèpult., pl. J’en ai vu un
troisième exemplaire chez un habitant de Cimiez. Voy. pl. IV,
n. 22.
N» 424 (Inédite)
ERACLID (Voy. pl. IV, n. 9)
Nice, villa Guilloteau. Sur un fragment de lampe.
N® 485 (Inédite)
CRESC (Voy. pl. IV, n. 21)
Nice, villa Guilloteau. Surjune lampe enterre grise.
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344
N® 426 (Inédite)
CELIA • FOR ( Voy. pi. IV, n. 1 i)
Nice, villa Guilloteau. Sur une petite lampe rouge.
N<> 427 (Inédite)
MOMI SOSI (Voyez pl. IV, n. 6)
Nice, villa Guilloteau. Dans un cartouche, sur une lampe
en terre rouge.
N» 428 (Inédite)
LVCINA (Voy. pl. IV, n. 16)
Nice, villa Guilloteau. Sur une petite lampe en terre rouge.
N® 429 (Inédite)
RECIAS (Voy. pl. IV, n. 7)
Nice, villa Guilloteau. Sur une petite lampe en terre rouge.
N® 430
ANNI • SER
Nice, villa Guilloteau. Mommsen, Corp., t. V, vol. 2,
n. 8114, 6. Je l’ai vue.
N® 431
EX • OF • IVSTI
Nice, villa Guilloteau. Mommsen, Corp., t. V, vol. 2,
n. 8114, 77. Je l’ai vue.
N® 432
PAS AVC
Nice, villa Guilloteau. Mommsen, Corp., t. V, vol. 2,
n. 8114, 105e. Je n’aijpas vu cette lampe. •
• ' ' N® 433
C-CAECS
Digitized by
Google
— ' 345* —
, A Antibes, chez le colonel Gazan. Mougins de Rôque-
fort, Notice, p. 13.
îi» 434
Tirvüsvôc
- Titi Julii euccessi.
A Antibes, trouvée dans la propriété Torreille ; actuelle-
ment chez le colonel Gazan. Mougins de Roquefort, Notice,
p. 13.
N» 435
‘ aGILlS
# •
A Antibes, chez le colonel Gazan. Trouvée à la Badine,
près de la ville. Mougins de Roquefort, Notice, p. 12. J’ai
vu les trois numéros ci-dessus chez le colonel Gazan.
N» 436
GENNATVS
A Fréjus, chez le docteur Pascal. Mougins de Roquefort,
Notice, p. 7. ,
N® 437
MARI
A Fréjus, chez le docteur Pascal. Mougins de Roquefort,
Notice, p. 7.
• N® 436
L-P-AAR
A Fréjus, chez le docteur Pascal. Mougins de Roquefort,
Notice, p. 7.
N® 439
CRESTI
A Fréjus, chez le docteur Pascal. Mougins de Roquefort,
Notice, p. 7.
N® 440
VOL* SI
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— 3i# —
- A Fréjus, chez le docteur Pascal. Maugins de Roquefort,
Notice , p.7. '
N» 441
OF'RASIN
A Fréjus, chez le docteur Pascal. Mougins de Roquefort,
Notice , p. 7.
N® 442
RVR
A Fréjus chez le docteur Pascal ; Mougins de Roquefort,
notice p. 7. •
N® 443
OCTAVI
A Vintimille, chez le professeur G. Rossi. Mommsen,
Corpus, t. V.vol. 2, n. 8114, 100 o.
N® 444 (Inédite)
CATO fVoy.pl. IV, n. 25.)
A Vence, au quartier de la Foux. Cette petite lampe est
actuellement au musée de Cannes.
N® 445 (Inédite)
PATERNVS
A Coursegoules, chez M. Bernard, juge de* Paix.
Amphorea et Urne* funéraire*
N° 44ô
maE'R
A Nice, villa Guilloteau. Sur une anse d’amphore.
Mommsen, Corp. t. V. vol. 2, n. 8112, 8. Je l’ai vue.
N® 447
C&: 0
Digitized by AaOOQle
— 347 —
Caii Antonii oficina ; Nice, villa Guilloteau. Anse d’am-
phore. Mommsen, Corp. t. V. vol. 2, n 8112, 10, lit G. à la
dernière lettre.
N® 448
D C R (Voy. pl. IV, n. 24)
Nice, villa Guilloteau. Sur une anse d’amphore.
Mommsen, Corp. t. V. vol. 2, n. 8112, 24, a lu Q C R.
N® 449
REGIAS
Nice, villa Guilloteau. Sur un fragment de poterie.
Mommsen, Corp. t. V. vol. 2, n. 8112, 115, déclare la
lecture incertaine. J’ai lu ainsi, et si l’on compare avec le
n® 429, il ne peut, ce me semble, rester aucun doute.
N® 450
FL<>VA
NTINVS
Flavius Va ntinus.
Nice, villa Guilloteau. Mommsen, Corp. 8112, 116. Je
l’ai vue, l’inscription est gravée à la pointe.
N® 451
ISoSIlsOItl
Momi Sosi ? Voy. pl. IV, n. 6, l’inscription d’une lampe
funéraire, qui paraît être la môme, à cette seule différence
près que celle-ci est rétrograde. Elle est gravée sur un
fragment d’urne funéraire: à Nice, villa Guilloteau. Momm-
sen, Corp. t. V. vol. 2, n® 8112, 117. Je l’ai vue.
N® 452 (Inédite)
PHOSTO
Publii Hostilii oficina ?
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— 348 —
A Vence, collection Marcellin Guérin ; aujourd’hui à la
bibliothèque municipale à Nice, fragment d’urne.
Tallet à, rebord»
N° 453
CASTORIS
A Antibes, chez le colonel Gazan. Mougins de Roquefort,
Notice, p. 11. Cette marque à souvent été rencontrée à
Fréjus.
N» 454
a L ■ HSREN\
b L- H5RENN (Voy. /pl. IV, n. 47).
c HERENN
d L ■ FER- OP
a. A Antibes, chez le colonel Gazan : Mougins de Roquefort,
Notice, p. 11, et à Cimiez, couvent des Récollets : Bourque-
lot, Inscr. a nt. n. 152, et d’après lui, Carlone, Vest. épigr.,
n. 141 de la façon suivante: FERENt.
b. On en trouve de nombreux exemplaires à Nice et dans
les environs ; il y en a quatre dans la collection Guilloteau.
c. Nice, villa Guilloteau.
d. A Cimiez : actuellement chez M. Brun, qui l’a publiée
dans son Etude sur les sépult., pl., fig. 12.; età Vintimille,
trouvée en 1865 : actuellement chez M. Rossi.
Mommsen, Corpus, t. V, vol. 2, n. 8110, 445, a décrit
tous ces types. Je les ai tous vérifiés.
N» 455
MARI
Marque très répandue dans le département et surtout
dans l’arrondissement de Grasse. Il en existe une multitude
d’exemplaires :
a. A Vence, dans la cour des pompiers (inédite).
gitizecfrby
Google
m —
• b. A Cannes, au musée : donnée par moi (inédite), voy.,
pi. IV, n. 23. •
c. A Antibes, chez MM. Mouginsde Roquefort, Gazan et
d’autres personnes. Elles, ont été trouvées à huit ou dix
exemplaire^, en faisant les fouilles pour l’établissement de
l’hôtel du Cap, en 1870. — Mougins dè Roquefort, Notice ,
p. 9. — J’en ai vu d’autres exemplaires, perdus aujourd’hui,
à Saint-Val lier, à Saint-Cézaire, à Coursegoules età Carros.
d. Il en existe deux dans la collection Guilloteau.
Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, n. 8110, 446 c. — Brun,
Etude sur les sépult., pi., fig., 11, e ; à Cimiez, dans le
jardin des Observatins réformés, que l’on trouve dans
Gioffredo, Nie. civ., p. 35 ; et dans son ms. de la Stor. delle
Alp., p* 47, — Ricolvi, inscr., n. 29. — Zaccaria, Excurs.
litt., 1, 54. — Bonifassi, Nie. Inscr., n. 63, 153. — Carlone,
Vest. épigr., n. 137. — Tisserand, Hist. de Nice, t. I,
p. 39. — Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, n. 8110, 446, b. A
l’exception de ce dernier auteur, tous les autres l’ont publiée
dans la forme suivante :
MAHIANILLA
Je n’ai pas retrouvé cette brique.
f. On en trouve un exemplaire à Monaco, chez M. de
Wagatha. Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, n. 8110, 446, a.
N® 456
GEME
Cemenelensi ?
Nice, villa Guilloteau. Mommsen, Corp., t. V, vol, 2,
n. 81 10, 442. CT est le seul exemplaire que je co nnaiss e à
cette marque ; il est brisé avant le C. de Cerne.
N® 457
et G * BÆBI * S
b BÆBI
* a. Nioe, villa Guilloteau. Mommsen, Corp., t. V* vol. 2,
n. 8110, 443,
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— 350 —
b. Cimiez. Brun, Etude sur les sépult pl., n. 13.
L’exemplaire est cassé à droite et à gauche.
N® 458
PRIMI (Yoy. pl. IV, n. 5.)
a. Nice, villa Guilloteau. Mommsen, Corp., t, V, vol 2,
n. 8110,448.
b. A Falicon. Actuellement à Tourette-de-Levens, chez
le curé (Inédite).
N® 459
a M- MEL- POL'
*
b M- MEL- POLI i-3
c 1EL POLH (Voy. pl. IV, n. 14.)
d MEL POLI —
e M- MEL POL’
a. A Cimiez. Brun, Etude sur les sépult., pl., fig. 10.
b. Nice, villa Guilloteau, où je l’ai vue (Inédite).
c. Nice, villa Guilloteau. Probablement la même que la
suivante.
d. A été vue par Bourquelot, Inscr. a nt., 152. —
Carlone, Vest., n. 142. — Mommsen, Corp., t. V, vol. 2,
n. 8110, 447, c.
e. Villa Guilloteau. Mommsen, Corp., t.V. vol. 2, n. 8110,
447, a b.
N® 460
R
A Cimiez, couvent des Récollets. Bourquelot, Inscr. a nt.,
n. 153. — Carlone, Vest. épigr., n. 141. — Mommsen,
Corpus, t. V, vol. 2, n. 8110, 452. Je ne l’ai plus retrouvée.
N® 461
vv • C
Nice, villa Guilloteau. Mommsen, Corp., t. V. vol. 2,
n. 81 10, 453. Je l’ai vue.
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— 351 —
M. Mommsen classe parmi les tuiles de Cimiez les
suivantes, qui ont été retrouvées de Vintimille à Taggia :
je leur conserve cette classification.
N® 462
P • COEPISII
A Taggia, sur une brique ayant la forme d’un cadran
solaire.. Vinc. Lotti, Gazzetta piemontese, n. du 3 juin
1842. — Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, n. 8110, 444.
N® 463 '
PROBA n • ?
Taggia. Trouvée en 1829-30, dans les ruines d’une villa
romaine, entre le cap Dono et Saint-Cyr. Vincent Lotti,
chanoine de Taggia, Gazzetta piemontese, n. du 3 juin
1842. — Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, n. 8110, 449.
N® 464
C X X
ET RASI XX
A Taggia. Trouvée à la même époque et au même lieu
que la précédente. Vinc. Lotti, Gazz. piem., 3 juin 1842. —
Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, n. 8110, 450.
N® 465
t
HHMH 1VH
fli 3- XMII
Cette dernière est actuellement à Gênes chez M. Varni.
Son origine n’est pas certaine ; mais M. Mommsen l’attribue
à Cimiez. Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, n. 8110, 451.
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— 36Î
SUPPLÉMENT A LA LISTE DES PROCURATEURS
DES "ALPES-MARITIMES
, Je tiens deM. Héron de Villefosse, l'inscription suivante,
qui est inédite ; elle a été trouvée par lui à Djimila (Cuicu-
lum) en 1874.
L • TITIN6
ACOM\ENTAR • PRA
PRAES1DI • ET • PROCI
ALPIVM • MARli'MARvI
niî’T’i rvNi » T ' T 'or*nïj
C| lodiano
tf-praetl
uratori
m
Lucio Titinio Clodia.no , acommentariensi praefecti
praetoriae, praesidi et procuratori Alpium Maritima-
rum
A Lucius Titiuius Clodianus, greffier du préfet du prétoire, prœses,et proco»
rateur des Alpes-Maritimes
La dernière ligne est incertaine.
Lucius Titinius Clodianus, egregius vir, est bien connu
par une autre inscription de Djimila publiée par divers
auteurs et notamment par M. L. Rénier, Insc. d’Algérie,
n. 2535, où il est qualifié de procurator Auguatorum noa-
trorum (probablement Septime Sévère et Caracalla). Dans
ce cas, il faudrait placer la préfecture de Titinius dans les
premières années du troisième siècle.
Mais il est possible que ces Augustes soient Valérien et
Gallien ; ce serait alors dans la seconde moitié du troisième
siècle, de 253 à 260, qu’il aurait administré les Alpes-Mari-
times.
Ce L. Titinius avait épodsé- Claudia Salvia et en avait
eu un fils, L. Titinius Maximus Clodianus, et une fille dont
le nom ne nous a été conservé qu’en partie. Son fils était
flamine à Cuiculum.
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— 3S3 —
ADDITIONS ET CORRECTIONS BIBLIOGRAPHIQUES
N° i. Peiresc, ms. de Paris, fonds latin 8958, p. 30. —
Bouche, Hist. de Prov. t. I, p. 118. — et dans
Orelli, Ampl. collectif), n. 1356, dans l’énuméra-
tion des éthniques de mars.
N° 2. Peiresc, n. 8957, p. 230, et 8958, p. 30. — Gruter,
p. xxix et non xxiv.
N® 3. Peiresc, n. 8958, p. 30, d’après les copies de
M. de Flayosc.
N° 7. Peiresc, n. 8958, p. 30, d’après Flayosc.
N” 9. On en trouve trois copies dans Peiresc, n. 8958,
p. 28, 36 et 170. — Orelli en fournit deux copies :
l’une, que j’ai citée au numéro 993, où il l’attribue
à Feltre, et l’autre au numéro 5227 où il la rend
& Vence.
N® 14. Peiresc, n. 8958, p. 30, d’après Flayosc.
N® 18. Peiresc, n. 8957, p. 230.
N® 21. Peiresc, n. 8958, p. 30, d’après Flayosc.
N® 22. Peiresc, n. 8958, p. 30, d’après Flayosc.
N® 23. Peiresc, n. 8958, p. 30, d’après Flayosc, et 36, d’a-
près Blacas. — Gruter, t. II, dcccclxxviii, n.
13. — Bouche, Hist. de Prov. t. I, p. 224.
N® 34, Peiresc, 8957, p. 230, et 8958, pp. 63 et 152.
N® 36. Peiresc, n. 8958, p. 28.
N® 37. Peiresc, n. 89.58, p. 206 en fac-similé, première;
ligne : TOSIMO.
N® 38. Peiresc, n. 8958, p. 28. — Bourquelot, n. 126.
Î'J® 65. ' Au lieu de « Bulletin de la Société française . ^‘ar-
chéologie, » ce qui indiquerait à proprement
parler le Bulletin monumental, lisez : « CQngrè&
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- 35 * —
archéologique de France, xxxiv® session , 1867,
p. 334, n. 33. »
N° 66. Au lieu de « Rev. Arch. 1862, p. 315 », lisez :
1869, p. 305.
N® 67. Peiresc la cite deiix fois, n. 8957, p. 229, d’après
Maurand, qui 1 ne donne qu’une seule partie de
l’inscription, et 8958, p. 29, d’après la pierre
copiée par lui-même. — Bourquelot, dans son
commentaire sur l’inscription à Mars Vintius.,
cite aussi cette inscription. — le n. d’Herzog est
312. — et Dom Bouquet, Recueil des Hist. 1. 1,
p. 135, col. 1, n. 2.
N® 68. Peiresc, n. 8957, p. 222 et 8958, p. 140.
N® 69. Est aussi citée par Breton, Antiquités de la ville
d'Antibes (Va r), in Mém. de la Soc. archéolog.
du midi de la France, p. 395.
N® 70. Peiresc, n. 8957, p. 229. — Breton, Ant. de la
ville d'Ant. p. 395, — Jos. Rocc. Vulpius, Vê-
tus Latium profanum et sacr. t. 3, p. 150.
— Fr. de Ficorini, Le maschere sceniche e le
figure comiche, etc. p. 52. — P. Victorius, Va-
riarum lectionum libri xxxvm, 8. — Dom
Bouquet, Recueil des hist. de la Gaule et de la
France, t. I, p. 135, col. 1, p. 1. — Caylus,
Recueil d' Antiquités, t. II, p. 290, pl. lxxxii, 6.
— Duchesne, Les Antiquités et recherches des
villes, châteaux, etc. t. II, p. 275. — Enfin,
tout dernièrement, M. William Bonaparte-Wise
a publié à son sujet une touchante pièce de vers
provençaux, dans laquelle il n’a que le tort de
traduire biduo par quatre jours.
N* 71. Breton, Antiquités, p. 394.
N® 73. Peiresc, n. 8957, p. 229 et 8958, p. 29. — Et
Duchesne, Antiq. et recherch. t. II, p. 275.
N* 74. Peiresc, n. 8957, p. 229. — Breton, Antiquités,
p. 396.
N fc 75. Peiresc, n. 8957, p. 229.
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— 355 —
N° 76. Peiresc, n. 8957, p. 229. — Breton, Antiquités ;
p. 394. Au lieu de Oruter, dcCcxcvii, 15,
lisez : 15.
N® 77. Citée aussi par Millin, Voy. dans les dép. t. II,
p. 512. — Breton, Antiquités, p. 397. — Revue
Arch. t. XIII, p. 45.
N° 81. Peiresc, n. 8957, p. 229 et 8958, p. 29.
N # 88. Peiresc, n. 8957, p. 229 et 8958, p. 29. — Breton,
Antiquités, p. 394. — Et dom Bouquet, Recueil
des llist. t. I, p. 134, col. 2, n. 13. — Papon,
.Hist. Gén. deProv. t. I, p. 585.
N® 89. Peiresc, n. 8957, p. 229, Maurand ( dentro délia
torre Antipolitana) , et 8958, p. 29. — Et dom
Bouquet, Recueil des Hist. 1. 1, p. 135,col.l,n. 3.
N® 92. Peiresc, n. 8957, p. 230, Maurand. — Un lapsus
me fait attribuer à Gruter le Corpus -de Bœcke.
Dom Bouquet, Recueil des hist. t. I, p. 134,
col. 2, n. 12.
N® 93. Peiresc, n. 8957, p. 229 et 8958, p. 29. — Breton,
Antiquités, p. 397.
N® 94. Peiresc, n. 8957, p. 229, Maurand (trovata alpetit
fort, adesso ne ’ la canonica) et 8958, p. 29. —
Gruter, dccclxxx, 2.
N® 95. Peiresc, n. 8957, p. 229, Maurand (Al gran mol),
et 8958, pp. 29 et 139.
N® 96. Peiresc, n. 8957, p. 229 et 8958, p. 29 et 139. —
Bouche, p. 289.
N® 97. Peiresc, n. 8957, p. 229, Maurand.
N® 98. Peiresc, n. 8957, p. 229.
N® 99. Peiresc, » »
N® 100. Peiresc, » » et 8958, p. 147.
N® 101. Peiresc, » » et 8958, p. 29.
N® 102. Peiresc, n. 8957, p. 229, et 8958, p. 29. — Papon,
Hist. gén. de Prov. t. I, p. 13. *
N® 103. Peiresc, n. 8957, p. 229, Maurand (insu la porta
délia chiesa) de la façon suivante : IMF | CAES |
AVG.
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— 356 —
N # 104. Peiresc, n. 8957, p. 229 : Maurand, avec le dessin
du portail.
N* 107. Peiresc, n. 8957, n. 230
N® 108. Herzog, Gall. narb. n. 620. — Revue Arch. 1861,
t. III, p. 117.
N® 112. Revue arch. 1862, t. Y, p. 316.
N® 125. Peiresc, n. 8957, p. 230. — Papon (p. 12).
N® 126. Peiresc, n. 8957, p. 230. Maurand, qui, à tort, n’en
fait qu’une seule avec le n® suivant (127).
N® 128. Peiresc, n. 8957, p. 230.
N® 133. Peiresc, n. 8958, p. 141.
Une grande quantité des omissions ci-dessus m’ont été
indiquées par mon confrère et ami M. V. Lieutaud, biblio-
thécaire de la ville de Marseille, à qui je suis heureux d’offrir
ici mes remerciements.
Edm. Blanc.
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LES PATOIS
DE
t
BIOT , VALLAURIS , MONS ET ESCRAGNOLES
Une circonstance imprévue m’a amené à m’occuper des
origines et en particulier des idiomes des communes de
Biot, Vallauris, Mons et Escragnoles. J’ai pensé que le
résultat de mes recherches pourrait offrir quelque intérêt,
et, dans cette pensée, j’ai cru devoir publier les quelques
notes qu’on va lire.
Les habitants de ces quatre communes ont conservé un
patois dans lequel on reconnaît très-bien encore, malgré
de graves altérations, l’idiome de la Rivière de Gênes.
Depuis la diffusion de l’instruction primaire, la création
des voies de communication de toute espèce qui sillonnent
aujourd’hui notre contrée, et l’accroissement des relations
qui en a été la conséquence, cette teinte génoise tend à
s’effacer de plus en plus. Dans les communes de Vallauris
et de Biot, les jeunes générations ne parlent plus le patois
d’autrefois et le comprennent à peine ; les personnes âgées
le parlent seules entre elles. Il est donc facile de prévoir
l’époque prochaine où cet idiome local aura fait place à.
notre provençal dans la conversation familière ; car il est
bien entendu que tous les habitants, ou du moins presque
23
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358
tous, parlent couramment le français. L’accroissement
incessant de l'industrie de la poterie, spéciale à ces deux
communes ; les relations quotidiennes, qui en sont la consé-
quence, entre les fabricants et les ports voisins de Cannes
et d’Antibes ; la fréquentation des écoles ; les visites nom-
breuses de nos hôtes d’hiver, ne peuvent manquer d’amener
ce résultat. L’importance toujours croissante de Vallauris
l’y produira plus tôt qu’à Biot: il est aisé d’en juger par
ce fait, que le patois local s’est déjà provençalisé dans le
premier de ces villages beaucoup plus que dans le second.
Escragnoles, petite commune de 400 âmes environ, dans
la partie la plus montagneuse du canton de Saint-Vallier,
arrondissement de Grasse, a suivi le sort de Vallauris et de
Biot, grâce surtout à la route nationale qui la traverse et
la met en communication avec Grasse. Le patois local y
est de moins en moins en usage. On peut même dire qu’on
ne le retrouve plus que dans les hameaux, très-isolés, de Bal
et de Rougères : dans tous les autres et au chef-lieu en
particulier, qui est situé sur la grande route, on parle le
français ou le provençal.
Des quatre communes qui nous occupent, c’est celle de
Mons qui conserve le mieux son ancien idione. Cette
commune, de 1,000 habitants environ, est la plus reculée
dans la partie montagneuse du canton de Fayence (Var).
Elle est éloignée de Draguignan, a très peu de relations
avec Grasse, et elle n’est sur aucune grande ligne de com-
munication ; il n’est pas étonnant, dès lors, que le vieux
patois s’y soit conservé mieux qu’ailleurs. Il faudra que
plusieurs générations se succèdent encore pour que notre
provençal le détrône. Ce patois est plus rude, plus dur et
plus accentué que celui de Vallauris et de Biot. Sans parler
de l’infinitif, souvent employé pour l’impératif, l’article seul
^suffirait à lui donner cette rudesse : c’est, au singulier, rou
et ra, au lieu de ou et a ; au pluriel, ri et re, au lieu de i et
de e. Ce patois est, à très peu de chose près, le mauvais
génois de^ hameaux de Figounia, commune de Vintimille,
qui constitue une sorte d’idiome à part au milieu des
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359
nombreux dialectes de la Rivière de Gênes. Il est bien plus
inintelligible pour nous que les patois de Vallauris et de
Biot. Celui d’Escragnoles est le même.
Pour mettre le lecteur à même d’aprécier aisément les
différences de ces divers idiomes, je transcris ci-après
l’Oraison dominicale, ainsi que la Salutation angélique en
provençal de Grasse et en patois de Vallauris, de Biot et
de Mons. J’écris les mots tels q.u’on les prononce :
Provençal de Grasse : Nouestré pèro qué sias oou ciel, qué vouostré
noun siégué santifia, qué vouostré régné arribé, qué vouostro vourounta
siégué facho su la terro coum’oou ciel. Douna nous ooujourd’hui
nouostré pain dé chaquo jou é pardouna nous nouostréi ooufenso
coumo pardounan en aquélei qué n’an ooufensa, non nou laissés pa
succoumba à la tentation, mai délivra-nou d’oou maou. Ensi soit i.
You saludi, Mario, pléno dé gracio ; lou Ségnour és émé vous : sias
bénido entré tou tei lei frémo é Jesu, lou frui dé vouostrei entraillo,es
béni.
Santo Mario, méro dé Diou, prégas per naoutrè, paourés pécadou,
aro é à Touro dé nouostro mouor. Ensi soit-i.
Vallauris : Nostrou païre qué séi aou ciel, qué vostrou noum séché
santifiaou, ché vostrou régné arribé, qué vostra vourounta séché facha
su a terra cou ma aou ciel. Dounaï ne ancuéi nostrou pan dé tutti i di é
perdounai nè i nostré aoufensé couma perdounan en # aquéli que n’an »
aoufensaï, é noun nélachaï pas succoumba a tentatioun, mai délivrai né
d’ou ma. Ensin soit-i.
Yè saludou, Maria, chéna dé graci, ou Ségnoù lé émé vouï: sé
bénésia sututté i frémé é Jésus, ou frui di vostré tripé, lé bénisiou.
Santa Maria, maïré de Diou, pregaï per naoutri, paouri pécadou, aüra
é à l’oura dé nostra mouart. Ensin soit-i.
Biot : Nostrou pa qui sei aou tzé, qu’ou vostrou nomé ou ségué
santifiaou, qu’aou vostrou rouyaïmé ou né végué, qué a vostra volountai
a ségué fàtcha chu a terra couma drentou au tzé. Daï ne ancuéi ou
nostrou pan dé cada di è pardounaï né è nostré aüffentzé couma naoutril
a pardounamou an échi qui n’an auffenzaou, è né non latcha pa catz£
drentou a tentatzioné, ma délivrai né d’aou ma. Qué couchi ségué.
A vé saludo, Maria, tchéna dé grazia ; ou Signou ou l’é émé vouï,
é sei bénia en déchu dé tutté lé feuméné é Jésu, ou fruit dé vostré
entraillé é béniou.
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360
Santa Maria, mairé dé Diou, prégai per naûtri, povéri pécadoui,
aou é à l’oura d’a nostra morté. Que couchi ségué.
Motis et Escrag noies : Nostro papo qui es a rou cer, què vostro
nomé séché santifiaou, què vostro régno séché arribaou, quèvostra
voulountaou séché facha chu ra terra coum’a rou cer. Daî-né ancuéï
nostro pan dè cada di, perdounaï-né nostreï aouffensé coumou naoutri
perdounémou à tutti échi qui n’an aouffensaou, é né nous lacha pas
succoumba a ra tentatiouné, é nous délivra de tutou ma. Ainsi-soit-il.
Mi vé saludou, Maria, chénadé grassa ; ou Seignou lé coun vouï : ou
sé bénéjia pu déchu tutté ré féméné é Jesu, ou frui dé vostré entraillé,
è béniè.
Santa Maria, a mar dé Diou, prégaï per naoutris, paouris pecadouis,
avou é & l’oura dè nostra morté. Ainsi-soit-il.
Pour peu que l’on ait quelque notion du génois, les
textes qui précèdent doivent faire juger que ces trois patois
nous viennent, comme je l’ai dit en commençant, de la
Rivière de Gênes. Je trouve surtout dans la désinence des
mots féminins le cachet qui distingue ces patois de notre
idiome. Cette désinence est en a au singulier et en e au
pluriel, tandis que dans notre provençal elle est ordinaire-
ment en o et toujours invariable.
Ceux de Vallauris et de Biot semblent avoir eu une origine
commune et avoir été primitivement les mêmes à peu de
chose près. Celui de Vallauris s’est provençalisé bien plus
que l’autre. J’ai déjà fait cette observation, et les échantillons
ci-dessus doivent, je pense, lajustifier complètement.
Ainsi, dans le Pater de Vallauris, vous trouvez une
seule fois l’article précédant le prénom possessif : i nostri
aufensè, tandis que cet italianisme se reproduit régulière-
ment dans celui de Biot : ou voustrou nomé, ou vostrou
rouyaïmé, avostravoulountaï, etc. Vous n'avez, d’ailleurs,
.qu’à rapprocher les mots pairé et ciel de Vallauris, des pa
et tzé de Biot. Je ne parle pas de l’ensin soit-i, du premier,
qui est presque du français, et du qué couchi ségué si ori-
ginal du ^pcond.
Il est assez difficile, en étudiant cet idiome profondément
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— 364 —
altéré aujourd’hui, d’en préciser l’origine : d’autant plus que
la Rivière de Gênes, d’où il vient évidemment, est très-fertile
en dialectes. On reconnaît aisément à l’idiome les habitants
de deux communes voisines et même de deux hameaux
voisins. Chacun des hameaux très-nombreux de Vintimille
a un dialecte qui n’est pas exactement celui du chef-lieu
de la commune et qui diffère aussi de celui du hameau
limitrophe. Ainsi de San-Remo, Oneille, Albenga et autres
communes de la Rivière du Ponent.
Au milieu de ce fouillis, il est utile de s’aider, dans la
recherche qui nous occupe, de l’histoire de nos quatre com-
munes. Cette histoire est assez connue ; je crois devoir
néanmoins la rappeler en quelques mots.
Biot, que l’on suppose avoir été un ancien Castrum
romain, fut donné par le comte de Provence en 1126 à
l’abbé de Lérins, qui y établit un prieuré autour duquel se
forma un groupe d’habitations. La grande peste du XV e
siècle le dépeupla entièrement. Isnard de Grasse du Bar,
évêque de Grasse, abbé commendataire de Lérins, le
repeupla en 1470 en y appelant quarante-huit familles de
la vallée d’Oneille. Les lettres patentes du roi René, en
date du 10 mars 1470, base de l’acte d’habitation, sont dignes
d’intérêt. En voici une courte analyse :
« Le roi dit que rien n’est plus glorieux à un prince que
« de faire, de petits pays , des villes considérables, ou de
« repeupler des terres abandonnées. Il fait remarquer que
« les guerres et la peste ayant laissé Biot inculte, il voit
« avec plaisir que des habitants de la vallée d’Oneille
« veulent repeupler cette habitation comme ils ont fait à
« la Napoule. Il leur abandonne donc toutes les tenes
« délaissées et le pays avec le droit d’édifier, de construire
« fours, moulinset autres maisons, de pêcher dans le district
« de la mer libéré et impunè, de chasser, sans prétendre
« pourtant toucher en rien au droit des coseigneurs. Il les
« dispense de tailles pendant vingt ans. Il leur donne le
« privilège d’élire syndics, conseillers, gardes-champs et de
« s’assembler, etc. » (Tisserand, Histoire religieuse et
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362
civile de la cité de Nice et du département des Alpes-
Maritimes, t. I, p. 306.)
Vallauris fut donné aux moines de Lérins par les
Grimaldi, seigneurs d’Antibes au XI e siècle, époque de
terreur religieuse, où tous les seigneurs de la contrée se
dépouillaient à l’envi en faveur de ces religieux.
Un prieuré y existait déjà au XIII e siècle. Jean André de
Grimaldi, évêque de Grasse, abbé commendataire de Lérins,
donna le plan de la commune actuelle en 1501, et la même
année, René Lascaris, sacristain de Lérins, la peupla an
moyen de colons venus de Port- Maurice et d’Albenga.
L’origine de Mons est plus lointaine et plus obscure. Un
premier acte d’habitation avait été passé en 1260 entre le
seigneur du lieu et des colons de la Rivière de Gênes. A la
suite d’une émigration dont les causes sont inconnues, un
second acte d’habitation fut dressé en 1468. Une nouvelle
colonie venant aussi de la rivière de Gênes s’y établit, d’où
peut-être le nom de Tardé venistis, que porte un quartier
du territoire. Ce document, que je n’ai pas eu sous les yeux,
d’ailleurs, n’en dit pas d’avantage, à ce qu’il parait ; mais
il est permis de penser que les colons qui y sont désignés
vinrent, sinon tous du moins en majorité, des hameaux de
Figounia, commune de Vintimille. J’en trouverais la preuve
dans la similitude des idiomes et dans le nom sous lequel ce
langage est désigné dans toute la contrée. Les patois de
Vallauris et de Biot sont appelés vulgairement ici lou Val-
laurian, le vallaurien, lou bioutenc, le biotois ; celui de
Mons et d’Escragnoles, particularité digne de remarque,
n’est pas désigné comme les autres par le nom de la com-
mune, on l’appelle lou figoun ; et c’est par ce même mot
qu’à Vintimille, à Menton et dans tous les environs, on
‘désigne un habitant de Figounia, ainsi que l’idiome qu’il
parle. On dira de cet homme : c'est un figoun, il parle
figoun.
Il y a quelques années, un poëte du cru a composé sur
la rivière de Siagne un poëme en dix chants, dont six en
français, deux en provençal et deux en langue figoune. Je
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363 —
prends au hasard une strophe du neuvième chant et je la
fais suivre de la traduction :
A ra cassa, a ra pesca
L’éran quada matin,
Et ra bonna aiga fresca
Remplaçava rou vin.
Alavour si pigava
De truche et dou giber,
Et se gne fricassava
Souvengi à chen carner.
A la chasse, à la pêche
Ils étaient chaque matin,
Et la bonne eau fraîche
Remplaçait le vin.
Alors il se prenait
Des truites et du gibier,
Et il s’y fricassait
Souvent à plein caraier.
»
Je n’ai pas beaucoup de renseignements sur l’histoire
d’Escragnoles. Toutes les chroniques s’accordent à dire que
cette localité, dévastée par Raymond-Turenne, Tut repeuplée
par quelques familles pauvres venues de Mons. Les uns font
remonter cet établissement à 1468 ; d’après les autres, il
aurait eu lieu en 1562 avec permission de Françoise de
Grasse, dame d’Escragnoles.
Les quelques faits que je viens de rappeler expliquent
suffisamment, ce me semble, les origines des patois de
Biot, Vallauris, Mons et Escragnoles.
Ces quatre communes ne sont pas les seules de la contrée
qui aient été peuplées ou repeuplées par des colons venus
de la Rivière de Gênes. Plusieurs autres sont dans le même
cas ; je me bornerai à signaler les suivantes :
Saint-Laurent-du-Var. — Cette commune avait été
dépeuplée par la grande peste. L’évêque de Vence, son
seigneur, la repeupla au moyen de trente familles d’Oneille.
L’acte d’habitation est de 1480.
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— 364 —
Cabris. — Cette commune avait été désertée à la suite
des dévastations de Raymond-Turenne. Son seigneur,
noble et généreux personnage BaLthazar de Grasse, la
repeupla au moyen de quarante-huit chefs de famille, dont
vingt-cinq de Menton, treize de Sainte-Agnès et dix
d’Oneille. L’acte d’habitation fut dressé au village de
Cabris et en la salle du chasteau d'îceluy, l'an de l’incar-
nation salutaire de N. S. Jésus-Christ H96 et le premier
jour de mars.
Auribeau. — (Selon bien des probabilités, les Home a de
la table de Peutiger et de l’Itinéraire d’Antonin). Ce lieu
avait été donné à l’abbaye de Lérins par le comte de Pro-
vence en même temps que Biot : la peste l’ayant entièrement
dépeuplé, Jean-André de Grimaldi, évêque de Grasse,
abbé commendataire de Lérins, prévôt de l’église de Grasse
et, en cette dernière qualité, seigneur d’ Auribeau, le repeupla
au moyen de vingt-cinq familles, venues du diocèse d’ Albenga
et de Menton. L’acte d’habitation fut dressé, le 5 juin 1497,
au lieu d' Auribeau, proche le chkteau démoli et près
l'église de N. D. k présent découverte et en partie abattue.
Si ces communes ont complètement perdu leur patois
originaire et n’en ont plus d’autre que notre provençal, il
faut l’attribuer évidemment aux conditions dans lesquelles
elles se sont trouvées : Saint-Laurent est sur la grande
route d’Italie, Cabris et Auribeau sont à quelques kilomè-
tres de Grasse, et, dès leur origine, ont été en relations
quotidiennes avec cette ville pour la vente du bois de chauf-
fage et pour celle des olives, à mesure que la culture de
l’olivier prenait plus d’importance. Quant à la Napoule, dont
il est parlé dans les lettres patentes ci-dessus du roi René,
après avoir été dépeuplée par la peste, elle avait été repeu-
plée par ses nouveaux seigneurs, les de Villeneuve, au
moyen de colons de la Rivière de Gênes. L’antique Epulia
n’est plus aujourd’hui qu’un petit hameau de la commune
de Mandelieu ; il n’est pas étonnant qu’il ait perdu toute
teinte de son origine en raison de ses relations quotidiennes
avec Cannes. En ce qui concerne l’émigration génoise, que
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365
signalent les actes d’habitation précités, je crois qu’on peut
lui attribuer une double cause : d’une part, les conditions
favorables faites aux nouveaux venus par les seigneurs qui
ne retiraient plus rien de leurs terres abandonnées ; d’autre
part, l’état de guerre et de révolutions continuelles dans
lequel s’est trouvée la République de Gênes, pendant toute
la seconde moitié du XV e siècle.
Les lettres patentes relatives à Biot, que j’ai citées plus
haut, donnent une idée des conditions qui étaient faites aux
nouveaux habitants. Ces conditions se trouvent reproduites
dans les divers actes d’habitation, dont la base, d’ailleurs, est
l’emphythéose perpétuelle. Ces conditions devaient paraître
avantageuses et attrayantes aux malheureux cultivateurs de
la Rivière de Gênes, tourmentés par les dissensions inces-
santes de leur République.
Cette République, dont l’existence a été si violemment
troublée, fut loin en effet de trouver le calme èt le repos dans
la seconde moitié du XV e siècle. Son histoire à cette époque
est remplie de ses guerres avec les Sforza de Milan, la
République florentine et les rois d’Aragon , au milieu
des luttes des Adorne, des Fiesque, des Frégose et
des révolutions incessantes qu’elles amenaient. C’est à
peine si l’on constate une dizaine d’années de calme
sous la domination des ducs de Milan François Sforza et
Jean Galéas, son fils. Les troubles renaissent à la mort
tragique do ce dernier ; ils se compliquent d’une nouvelle
guerre malheureuse avec les Florentins et se prolongent
jusqu’aux dernières années du siècle où la grande peste et
l’invasion de Charles VIII viennent mettre le comble à tous
ces maux.
Il est facile d’admettre qu’au milieu d’une situation aussi
intolérable, bon nombre de pauvres cultivateurs peu éloi-
gnés de la frontière aient répondu à l’appel des seigneurs de
la Provence, alors surtout qu’on leur faisait dans notre pays
une position relativement excellente.
Il est, d’ailleurs, à observer que ce mouvement d’émigra-
tion n’a jamais cessé et que nous le voyons tous les jours se
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366
continuer. Des familles . de la Rivière de Gênes et de la
province de Coni nous arrivent sans cesse. Ce sont des journa-
liers qui commencent par louer leurs oeuvres, qui prennent
ensuite une propriété à colonage partiaire, lorsqu’ils se sont
familiarisés avec nos cultures, et qui finissent assez souvent
par devenir propriétaires. Le manque de bras et l’élévation
du prix de la main-d’œuvre, qui en est la conséquence,
nous valent ces travailleurs, sans lesquels nos moulins à
ressence chômeraient souvent et nos campagnes seraient à
peu près désertes.
Il va sans dire que ces étrangers sont aujourd’hui noyés
parmi nous et qu’au lieu d’importer lé\ir idiome, ils ont
bien vite appris notre provençal.
P. SÉNEQUIER.
Grasse , 15 mai 1878 •
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RÉSUMÉ
DIB
OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES
Faites à Nice en 1870
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368
Résumé des observations météoroloça
Les thermomètres de M. Teysseire, excellents instruments sortant de cbei lnü
au-dessus du sol ; ils font face au N-N-E et dominent un vaste espftœooipn *
moitié nord du compas. Le baromètre (Gay-Lussac) est observé à 2 heures;L*^
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s à, Nice en 1876, par M. Teysseire
iusement contrôlés, sont placés à une fenêtre du 4 œe étage de sa maison, à 16 mètres
des maisons basses et des jardins ; ils reçoivent directement tous les vents de la
> de température et au niveau de la mer. Le psychromètre est observé à midi.
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10 jours pour les vents.
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— 370
La pression atmosphérique en 1876 (760.90) a été légêre-
mentinférieure à la moyenne de vingt-cinq ans (76 1.10). C’est,
comme à l’ordinaire, janvier qui a présenté la moyenne la
plus élevée (767.30) et mars la moyenne la plus basse
(755.80). Le maximum et le minimum absolus, se sont pro-
duits, le premier, le 24 janvier (777.50) par un ciel sans
nuages, le second (738.70) le 21 décembre par un temps très
pluvieux et orageux. La différence de ces deux chiffres,
c’est-à-dire l’écart absolu en 1876, a donc atteint 38“",8 ; il
a dépassé de 3 mm ,6 l’écart moyen annuel qui, d’après mes
nombreuses observations, est de 35“”, 2.
La température moyenne nycthémérale, c’est-à-dire
déduite des minima de la nuit et des maxima du jour, ne
s’est élevée qu’à 15°, 60 ; elle a donc été légèrement infé-
rieure à lamoyenne de vingt-huit ans (15°, 67).
Les températures trimestrielles résultant du tableau, sont
les suivantes :
Hiver 9°, 72
Printemps 17 °, 07
Eté 22°,23
Automne 13°, 39
Comme toujours, la moyenne mensuelle la plus basse
appartient à janvier (8°, 74) et la plus haute à juillet (23°,91).
La plus forte chaleur a été observée le 8 août (30°, 4) par
une faible brise du S. E., et le plus grand froid s’est produit
dans la nuit du 6 au 7 février (+ 0°,i). Le thermomètre n’est
donc pas descendu une seule fois au point de congélation à
ma fenêtre ; mais il n’en a pas été de même à la campagne,
où l’on a vu de la glace le 7 et le 8 dans la matinée; quelques
plantes délicates telles que les Sparmannia , les Aralia, les
Datura arborea, etc., ont souffert de ces gelées, qui pourtant
n’ont atteint que leurs fleurs et leurs rameaux supérieurs.
La moyenne annuelle d’humidité relative donnée par le
psychromètre d’Auguste a été de 63,3 0/0 ; c’est 2 0/0 de
plu3 que la moyenne ordinaire : les mois les plus humides
ont été décembre, avril, octobre, septembre et novembre ;
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— 374 —
décembre surtout a fourni une moyenne très élevée pour
Nice (73,9 0/0), puisqu’elle a dépassé de 10 0/0 la moyenne
ordinaire de ce mois.
Les mois les plus secs ont été mars, juin, mai et juillet ;
mars qui a été comme toujours , le plus sec de tous, n’a
donné que 57,2 0/0, chiffre qui dépasse pourtant sa moyenne
normale (55,7 0/0). Si l’on groupe les moyennes mensuelles
par trimestres, on obtient les chiffres suivants :
Hiver 61,6 0/0
Printemps 62,0 —
Eté 61,8 —
Automne 67,9 —
On voit que l’hiver de 1876 a été, comme c’est l’ordinaire
à Nice, la saison la plus sèche, et l’automne la plus humide.
Le maximum absolu d’humidité s’est produit le 7 mars par
un ciel sans nuages et sous l’influence d’un fort coup de
mistral qui a porté, dans l’après-midi de ce jour, la diffé-
rence psychrométrique à 11°, 4 (thermomètre sec 20°, 2); l’hu-
midité relative n’était donc, en ce moment-là, que de 10 0/0
et la tension de la vapeur atmosphérique ne dépassait pas
l mn, ,63 : ce qui indique un degré de siccité peu ordinaire et
qui se réalise assez rarement, même à Nice. Quant au maxi-
mum absolu, très accentué aussi, il a été noté le 21 décem-
bre par un temps de pluie abondante qui durait depuis la
veille, et pendant laquelle la différence psychrométrique était
tombée à 0°,2 (thermomètre sec + 8°, 2) : l’humidité relative
et la tension de la vapeur atmosphérique, donnée par les
tables, d’après ces chiffres, était, la première de 97 0/0 et la
seconde de 7 ma, ,90; on voit combien l’atmosphère était char-
gée de vapeur d’eau ce jour-là, puisqu’il eût suffi d’une aug-
mentation de 3 0/0 pour que le point de saturation fût atteint.
C’est l’état hygrométrique le plus prononcé qu’il m’ait été
donné d’observer dans ce pays.
La nébulosité du ciel a été de 43 0/0, exactement égale à
celle de l’année précédente ; elle a correspondu à cent qua-
tre jours nuageux ou couverts : ce qui est un chiffre consi-
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372
dérable pour Nice, où la moyenne annuelle ne dépasse guère
quatre-vingt-six jours.
Le nombre de jours plus ou moins pluvieux a été de soi-
xante-six, légèrement supérieur à la moyenne de Vingt-huit
ans, qui est de 64,7. La couche d’eau de pluie mesurée à mon
pluviomètre a été, pour l’année entière, de 747 mm , 5 ; et ce sont
les mois d’avril et de décembre qui ont donné les plus forts
contingents, comme on peut le voir au tableau : les mois les
moins pluvieux ont été février, juillet et septembre; ce der-
nier n’a pas eu une goutte de pluie.
Le nombre des jours sans nuages ou très peu nuageux n’a
pas dépassé cent quatre-vingt-sept; c’est vingt-un de moins
que la moyenne de vingt-huit ans ; les mois les moins favo-
risés ont été mars, avril, novembre, et décembre, qui n’ont
eu , à eux quatre , que quarante-deux beaux jours.
L’année 1876 doit donc être mise au rang des moins belles;
il y en a trois, seulement, sur les vingt-huit que j’ai déjà ob-
servées, qui aient été moins belles encore : 1869, 1872 et
1875.
Les vents ont soufflé avec force pendant soixante-deux
jours (18 jours de moins que la moyenne de 28 ans). Ce sont
les mois de mars, de mai et d’octobre qui ont eu les plus
forts contingents ; les moins venteux ont été juillet, juin,
septembre, novembre et décembre. Les forts vents d’est
et de sud-ouest, ont, comme toujours, soufflé le plus fré-
quemment ; ce dernier, en effet, a régné vingt-quatre jours,
et le premier vingt jours. Viennent ensuite le nord-est (12
jours), l’ouest (3 jours), le nord-ouest ou mistral (2 jours) et
le sud-est (1 jour) ; quant au nord et au sud, ils n’ont pas
été notés une seule fois. Les vents faibles ou modérés ont
eu un long règne de deux cent soixante-quinze jours ; et ce
sont les légères brises du sud-est et du sud, si bien faisantes
et si caractéristiques de notre climat, qui ont, comme à l’or»
dinaire, eu la priorité. La première, en effet, a régné qua-
tre-vingt-onze jours et la seconde soixante-dix-neuf. Les
brises modérées d’est et de sud-ouest occupent le second
rang avec un contingent de cinquante-neuf jours pour la
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373
première et de vingt-six jours pour la seconde. Enfin il y a
eu dans l'année, dix-neuf jours de calme complet, où nulle
brise ne s’est fait sentir; et ce sont surtout les mois d’hiver
qui ont joui de cette faveur.
J’ai noté, en 1876, seulement neuf orages avec tonnerre,
juste autant que l’année précédente ; — c’est cinq de moins
que la moyenne de vingt-huit ans. — La foudre est tombée,
pendant l’orage du 1 er avril, sur le sémaphore du cap Ferrât
(Villefranche) ; elle a pénétré, en suivant le fil télégraphique,
dans la tour des veilles, qu’elle a parcourue dans toute sa hau-
teur ; les carreaux des croisées ont été brisés, et une pierre de
plus de 2 mètres cubes a été lancée à une certaine dis-
tance ; le guetteur chef est resté étourdi pendant plusieurs
heures, mais les autres guetteurs n’ont rien ressenti ; le pla-
tine terminant le paratonnerre a été volatilisé. Le 25 juin
la foudre a frappé le château à l'Anglais et y a fait quelques
dégâts matériels, sans blesser personne.
Il est tombé deux fois un peu de grêle mêlée de pluie pen-
dant les orages du 1 er mai et du 20 décembre ; et quelques
grains de grésil pendant ceux du 18 mars et du 21 décembre.
Nous avons eu de la neige le 22 mars ; elle a blanchi pen-
dant vingt-quatre heures les montagnes environnantes : sur
les collines voisines delà ville il n’y en avait plus la moindre
trace le lendemain matin. Quant à celle qui est tombée sur
la ville même, elle a fondu en touchant le sol ; le thermo-
mètre a oscillé, ce jour-là, entre le minima de-|- 2°,1 et le
maxima de + 6° 0.
Enfin j’ai noté deux brouillards, l’un sur les collines le
19 avril, par un temps pluvieux; l’autre sur la ville même,
le 30 mai au matin ; mais il n’était pas très dense, puisqu’on
distinguait les maisons à une distance de 500 mètres; il s’est
d’ailleurs dissipé très rapidement, et le soleil brillait dans
tout son éclat dès 9 heures du matin.
Je dois, en terminant, mentionner deux phénomènes ex-
ceptionnels observés tous les deux en décembre, et presque
aux mêmes heures: 1° le 21, à 5 heures du soir , légère se-
cousse de tremblement de terre ressentie à Nice et à Cannes;
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— 374 —
2° dans la nuit du 21 au 22, ras de marée épouvantable : les
vagues ont envahi la promenade des Anglais, qu’elles ont
couverte, sur plusieurs points, d’une couche épaisse de sable
et de galets ; elles sont entrées dans beaucoup de jardins,
ont détruit certaines parties du perré qui soutient la chaus-
sée des piétons, et arraché en plusieurs endroits la haie
d’atriplex qui sert de brise-vent à la promenade. — La
quasi-simultanéité de ces deux phénomènes n’indiquerait-elle
pas une certaine identité dans les causes qui les ont pro-
duits?
J. Teysseire,
Membre de la Commission météorologique du département.
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SÉANCE PUBLIQUE ANNUELLE
dn 13 Avril 1878
SOUS LA PRÉSIDENCE DE M. DONIOL, PRÉFET DES ALPES-MARITIMES
M. le préfet a ouvert la séance par le discours suivant:
« Messieurs,
« Votre société comptera bientôt dix-sept ans de date.
Elle représente, en quelque sorte, le côté intime de la vie
intellectuelle dans cette ville de Nice, où la vie extérieure et
déplaisir tient naturellement tant de place, qu’il semblerait
n’en pas rester pour les travaux de l’esprit.
» Vous avez rendu des services réels : à deux reprises, en
1866 et tout dernièrement, vous avez amené ici le Congrès
scientifique. Grâce à vous, le comité de Nice a été ainsi rat-
taché au courant d’études des érudits et des savants des
autres provinces françaises. Vous avez signalé à l’attention
les monuments anciens de ce pays, assuré leur conservation
en faisant connaître leur importance historique. Les con-
cours annuels de la Sorbonne ont reçu de vous des commu-
nications très-appréciées. Ce sont là des titres de sympathie
publique que tout le monde reconnaît, et je serais heureux
que ma présence au milieu de vous pût leur donner une
sanction nouvelle.
» Vous avez voulu, Messieurs, décerner une médaille ex-
ceptionnelle à des travaux qui vous ont tout particulièrement
honorés. C’est une vive satisfaction pour moi que de remettre
à M. Sardou cette distinction très-méritée. M. Sardou et
moi, nous avons une petite passion commune, celle de la
vieille langue des Gaules. Il me semble que je deviens votre
collègue à couronner ainsi l’un des doyens de votre compa-
gnie qui s’est plu, comme moi, à ce que l’on peut appeler
l’archéologie des langues latines.
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376
» En vous mettant à môme de publier les poëmes proven-
çaux du XIII 0 siècle qui s’appellent la Vie de saint Hono-
rât et le Martyre de sainte Agnès, M. Sardou avait déjà
droit à votre gratitude et à celle des érudits attirés par votre
ancienne littérature nationale. Il y a ajouté encore par son
ouvrage sur l’idiome niçois, qui présente des vues nouvelles
et fournit la réunion de textes niçois pleins d’intérêt pour
l’histoire de la langue. La médaille décernée par vous à
M. Sardou sera pour les jeunes membres de la société un
motif d’émulation. Pour vous comme pour eux, je forme le
souhait que des récompenses pareilles soient bien d’autres
fois recherchées et remises par le préfet de ce département. »
Cette allocution a été couverte par d’unanimes et chaleu-
reux applaudissements. M. le docteur Macario, vice-président
de la Société, a pris ensuite la parole et a fait l'exposé sui-
vant des travaux de la Société durant le cours de l’année 1877.
Mesdames, Messieurs,
« Je ne m’attendais pas à l’honneur de présider la Société
des Sciences, Lettres et Arts du département des Alpes-
Maritimes en cette occasion solennelle. C'est un deuil récent
de notre honorable président qui m’y a appelé en ma qua-
lité de vice-président.
» Pris au dépourvu, j’ai donc dû rassembler à la hâte les
travaux qui se sont produits dans le sein de la Société pen-
dant l’année qui vient de s’écouler et les analyser avec une
hâtive rapidité. Aussi, l’exposition de ces comptes rendus
doit-elle se ressentir nécessairement de la précipitation avec
laquelle elle a été rédigée. C’est pourquoi je réclame toute
l’indulgence des auditeurs qui nous font l’honneur d’assister
à cette séance.
» Cela dit, j’entre en matière sans autre préambule.
» M. le D r de Labordette a communiqué à la Société une
notice sur un travail de M. Groult, dans laquelle il fait res-
sortir avec l’auteur l’utilité des musées cantonaux, où les
pièces d’histoire naturelle, les instruments de l’industrie et
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377
de l’agriculture de notre contrée, seraient classés avec ordre
et une légende d’après les données de la science moderne,
de manière à les rendre abordables et utiles au public ordi-
naire. Ce serait là une véritable attraction pour les étran-
gers qui viehnent passer l’hiver parmi nous.
» Notre savant secrétaire, M. Brun, a fait une fidèle des-
cription des chars gaulois qu’on a trouvés dans le départe-
ment de la Marne.
» Il a lu, en outre, une notice sur le nom de l’antique
Cemelenum , le chef-lieu dos Alpes-Maritimes de l’époque
romaine. Cemelenum viendrait de Keméné, mot celtique
qui signifie chef-lieu. Ce mot a été traduit au moyen âge
dans les chartes bretonnes par le mot commendatio.
» M. Brun nous a fait également connaître l’étymologie
des noms des tribus celtiques des Alpes-Maritimes et nous a
donné la description du théâtre antique découvert à Vinti-
mille par M. le professeur Rossi.
» L’architecture de ce théâtre se rapprocherait, d’après
lui, de celle des théâtres grecs comme disposition générale ;
cependant les moulures, quoique fort élégantes, ne sont
point grecques.
» Notre collègue pense que la construction de cet intéres-
sant édifice remonte à la fin do la République ou au commen-
cement de l’Empire romain.
» Enfin, le même auteur nous a donné lecture d’un épi-
sode du siège de Chàteaudun en 1870, qu’il va vous commu-
niquer et dans lequel il fait ressortir l’héroïque courage
d’une jeune fille de dix-huit ans, Léontine Proux, dont le
nom mérite de passer à la postérité.
» Toujours infatigable M. Brun a lu, à la Sorbonne, deux
remarquables mémoires , dont l’un sur l’importance des
étymologies dans les recherches archéologiques, et l’autre
sur deux autels dédiés à Apollon et à Mercure, découverts à
Cimiez. Il en a tracé le dessin avec le plus grand soin.
» Enfin il a adressé cette année à la Sorbonne, pour le con-
cours, une rectification de Y Itinéraire d'Antonin entre Nice
et Vintimille, travail important rempli d’aperçus nouveaux.
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378
» Dans tous ces travaux notre éminent secrétaire a fait
preuve d’une érudition vaste et de bon aloi.
» M. d’Izalguier a analysé avec soin l’onvrage du célèbre
naturaliste de Montpellier, Charles Martins, sur l'origine
paléontologique des arbres, arbustes et arbrisseaux du
midi de la France, où perce l’idée transformiste.
» C’est en outre à la suite de sa proposition faite à la
Société, dans sa séance du 1 er juin 1877, et de son mémoire sur
l’établissement des cours public d’enseignement supérieur,
présenté le 18 juin, que lut fondé Y Athénée sous le patronage
de la Société des Sciences, Lettres et Arts, lequel jeta tant
d’éclat pendant la saison qui vient de s’écouler. M. d’Izalguier
occupa lui-même une piace importante dans notre Athénée
par son cours d’économie politique.
» M. Peragallo, directeur des contributions indirectes, a
dressé un catalogue détaillé des insectes coléoptères du dé-
partement des Alpes-Maritimes.C’est une oeuvre importante,
qui a coûté de nombreuses recherches à son auteur et qui
mériterait assurément d’être publiée, car elle complète
l’histoire naturelle de notre contrée.
» A la demande du célèbre félibre Mistral, l’auteur de
Mireille, nous nous sommes empressés de créer à Nice une
commission félibresque, qui netarderapas à donner les fruits
que nous en attendons.
» M. Teysseire a formé le projet d’une colonne météorolo-
gique destinée à être élevée au Jardin-Public, à l’instar de
celles qui existent dans plusieurs villes de Suisse et d’Alle-
magne, afin que les étrangers puissent se rendre un compte
exact de la douceur de nos hivers. C’est là le moyen de com-
battre, avec efficacité, la médisance qu’on ne cesse de diri-
ger de toutes parts contre notre climat.
» M. Teysseire, enfin, qui depuis trenteans prend avec une
grande exactitude les observations météorologiques à Nice,
continue d’en communiquer les résumés à nos Annales.
» M. le docteur Henry a parcouru, en explorateur intelli-
gent, nos Alpes-Maritimes pendant la saison d’été, et y
aurait constaté, à l’exemple de Montgreege, des traces de
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379
glaciers antiques. Cette découverte, si elle venait à se con-
firmer, serait d’une haute importance scientifique ; car
jusqu’ici on a toujours cru que l’époque glaciaire n’avait pas
fait son apparition en Italie et dans le midi de la France à
partir de Nimes, si je ne me trompe. Cette opinion est fondée
sur l’absence d’ossements de rennes dans ces régions. Aussi
devons-nous garder une certaine réserve à l’égard de l’asser-
tion de MM. Montgreege et Henry.
» Le même hauteur nous a communiqué également une
intéressante étude sur l’abaissement de température qui a
lieu à Nice au coucher du soleil. L’écart thermique est alors
considérable ; mais la température ne tarde pas à se relever.
» Moi-même j’ai attiré, dès 1860, l’attention sur cet impor-
tant phénomène, dans mon livre sur l'influence médicatrice
du climat de Nice: c’est pourquoi je conseillais aux valétu-
dinaires de se soustraire à ces brusques transitions, en se
hâtant de rentrer dans leurs appartements., d’où ils pouvaient,
si cela leur convenait, sortir de nouveau sans inconvénient
quelques heures après, c’est-à-dire vers 7 heures lj2 ou
8 heures.
» M. Edm. Blanc, l’éminent archéologue a recueilli avec
soin dans l’arrondissement de Grasse plusieurs inscriptions
qu’il s’est empressé de nous communiquer.
» L’idiome niçois, ses origines, son passé, son état pré-
sent, a été étudié avec une profonde sagacité par notre savant
président honoraire, M. Sardou, le digne père d’un fils dont
vous connaissez tous les œuvres et que l’Académie française
a appelé dans son sein.
» M. Sardou nous a encore communiqué un travail sur la
position géographique de YÆgytna de Polybe, qui se trou-
vait, parait-il, à l’emplacement de Cannes.
» Les nombreux et importants travaux de notre collègue
ont - déjà valu des distinctions académiques à notre Société,
qui ne saurait trop se montrer reconnaissante du zèle et du
dévouement du doyen de ses membres. A l’unanimité nous
avons décidé de lui faire agréer un témoignage public de
notre gratitude et de notre estime.
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380
» M. Mougins de Roquefort nous a adressé une notice
très-bien faite sur les poteries sigillées d'Antibes.
» M. Baldy nous a fait plusieurs lectures fort intéressantes
sur le siège de Beauvais en 1472. — Dans ce travail, l’auteur
a eu surtout pour but de mettre en lumière le courage des
femmes de Beauvais personnifié dans Jeanne Hachette. Les
dames actuelles de cette ville sauront sans doute gré à
M. Baldy d’avoir ainsi glorifié leur sexe.
» Un jeune poète, M. Fabre des Essarts, nous a récité
deux charmantes poésies : Y Arc-en-Ciel, en réponse au
Désespoir, poésie sublime mais sombre de Mme Ackermann,
et üélos. Cette dernière pièce a été jugée digne d’un prix
(un souci ) aux jeux floraux de Toulouse.
» Vous allez bientôt juger vous-mêmes de leur mérite.
» Moi-même j’ai exposé devant la Société une nouvelle
théorie sur la multiplicité des centres dans l’Univers. Cha-
que nébuleuse, à mon sens, formerait un organisme à part
dans les abimes de l’espace, et il y aurait autant de centres
qu’il y a des nébuleuses. Celles-ci ne s’attireraient point
entre elles, à cause des immenses distances qui les séparent
les unes des autres.
» Cette théorie me parait être la seule qui puisse s’accor-
der avec l’infinité de l’espace admise par les philosophes et
les mathématiciens.
» Enfin, c’est à notre Société que l’on doit la réunion à
Nice de la 44 e session du Congrès scientifique de France, qui
a eu lieu au mois de janvier dernier et à laquelle elle a pris
une part active ; et, il faut l’avouer à l’honneur de notre corps
médical, la section de médecine, que j’ai eu l’insigne hon-
neur de présider, s’y est distinguée d’une manière toute
particulière.
» Tels sont les travaux que notre Société a produits dans
le courant de l’année. Tous sont remarquables à des titres
divers, et sont dénaturé à attirer sur elle la considération des
hommes sérieux et instruits. Aussi les demandes d’admission
sont-elles fréquentes : il ne se passe presque pas |de séance
où quelque candidat no sollicite l’honneur d’en faire partie.
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384 —
» Outre les travaux communiqués à la Société, plusieurs
membres ont publié dans le courant de l’année des ouvrages
qui ont été remarqués. Je citerai entre autres les Soixante
jours en Italie, où, après tant d’écrits sur la Péninsule,
M. Teysseire a trouvé encore le moyen de faire du nouveau.
» L’Essai de Psychologie appliquée aux sciences mathé-
matiques de M. le commandant Cugnin, ouvrage d’une haute
valeur qui a été jugé digne d’être couronné par notre Société.
» Une très-belle étude bibliographique sur le centenaire
de Pétrarque par M. de Berluc-Pérussis, dont le nom est
très-connu dans les Lettres.
» La 2* éditoin des opérations sur le terrain, avec notice
sur les instruments diostimométriques de MM. Peucellier
et Wagner, par M. Brun.
» Enfin la description du musée Kmers de Saint-Germain
par le marquis de Croizier, le fondateur de la nouvelle Société
indo-chinoise , le même qui a fait un remarquable rapport
sur mon livie intitulé : de la Genèse des mondes et des lois
qui la régissent. Je suis heureux de lui témoigner ici toute
ma reconnaissance.
» Tel est l’état, moral et intellectuel de la Société des Scien-
ces, Lettres et Arts des Alpes-Maritimes. Son état financier
n’est pas moins prospère, à tel point qu’il peut nous per-
mettre de vivre pendant plusieurs années, abstraction faite
des cotisations annuelles de ses membres.
» A tous les points de vue, comme vous le voyez, notre
Société mérite donc les encouragements des amis du pro-
grès. Aussi avons-nous lieu d’espérer que les promesses
réitérées qui nous ont été faites, prendront enfin un corps
et qu’elle ne tardera pas à être déclarée d’utilité publique. »
Diverses lectures ont été faites à la suite de cette intéres-
sante communication du D r Macario.
M. Fabre des Essarts a lu deux charmantes poésies, dont
l’une a été couronnée cette année aux jeux floraux de Tou-
louse.
M. Ch. Deslys a su captiver l’auditoire par son sympathi-
que talent de lecteur et le charme tout particulier de la
u.-.
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382
nouvelle intitulée : Pierre, qui, à juste titre, a déjà été
récompensée par l’Académie française.
M. Brun a fait connaître avec succès l’épisode héroïque
peu connu de la défense de Châteaudun, signalé dans le
discours précédent du docteur Macario, et qui fait le plus
grand honneur au courage et au patriotisme d’une jeune fille,
M 11 " Léontine Proux. Toutes ces lectures ont été chaleu-
reusement applaudies.
Aprèsla remise solennelle, parle préfet, à M. A.-L. Sardou,
de la médaille qui lui a été décernée par ses collègues
de la Société pour son dévouement, son zèle et ses impor-
tants travaux sur la langue provençale, M. le Préfet a remis
aux lauréats les médailles qui leur ont été décernées par
l’Institut des provinces, à l’occasion de la 44* session du
Congrès scientifique, tenue à Nice.
Voici la liste des récompenses obtenues : •
MÉDAILLES D’ARGENT
m
A la Société des Lettres, Sciences et Arts des Alpes-Maritimes ;
A la Société d’ Agriculture , d’ Horticulture et d’ Acclimatation de
Nice ;
A la Société de Médecine et de Climatologie de Nice, pour ses tra-
vaux et pour la création du journal Nice-Médical, œuvre d’émulation
et d’intérêt régional.
MÉDAILLES DE BRONZE
A la Société académique de Cannes ;
A M. le chevalier G. Rossi, pour ses découvertes archéologiques ;
A M. le docteur Millot, d’Hyères, pour ses études sur l’application
de l’électricité à la chirurgie ;
A M. Teysseire, pour ses savantes observations météorologiques ;
A M. le commandant Ramakers pour ses inventions scientifiques
appliquées au sauvetage.
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STATUTS
DE LA SOCIÉTÉ DES LETTRES, SCIENCES ET ARTS
DES ALPES-MARITIMES
ARTICLE PREMIER
La Société a pour objet de propager le goût des travaux intellectuels
dans le département des Alpes-Maritimes, et d’encourager, par tous
les moyens dont elle pourra disposer, l’étude des lettres, des sciences
et des arts.
Elle s’occupe particulièrement des monuments, de l’histoire, de la
géographie, des sciences naturelles et de la linguistique, en ce qui
concerne le département des Alpes-Maritimes et la principauté de
Monaco.
ART. Il
La Société se compose :
1° De Membres honoraires ;
2° De Membres titulaires ;
3° De Membres correspondants.
Le nombre des Membres est illimité.
art. in
Les Membres titulaires participent seuls aux élections et aux
délibérations de la Société.
art. iv
La présentation des Membres honoraires est faite par le bureau,
ou sur une demande signée de trois Membres titulaires.
art. v
Pour être élu Membre titulaire ou correspondant, il faut adresser
au Président une demande écrite, qui devra être appuyée, dans une
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384
séance ordinaire, par deux Membres titulaires , chargés d’exposer
les titres du candidat.
Le vote aura lieu à la séance ordinaire suivante, au scrutin secret et
à la majorité des trois quarts des Membres présents. Il en sera de
même pour les Membres honoraires.
Nul ne peut être nommé Membre correspondant s’il habite Nice,
ou s’il y passe habituellement l’hiver.
ART. VI
La Société se réunit deux fois par mois, excepté pendant les mois
de juillet, août et septembre , époque de ses vacances. Tous les
Membres titulaires, honoraires ou correspondants peuvent assister à
ces réunions. Le Président peut toujours convoquer la Société extraor-
dinairement. Il est tenu de le faire sur la demande écrite de cinq
Membres titulaires. Les motifs de la convocation extraordinaire
devront être indiqués dans les lettres d’invitation.
art. vn
La présence du quart des Membres titulaires, et la majorité absolue
des suffrages, sont nécessaires à la validité des décisions.
Cependant, quand une décision n’aura pu être prise faute d’un
nombre suffisant de Membres présents, la question en délibération sera
reportée à l’ordre du jour de la séance suivante, et spécialement indi-
quée dans des lettres de convocation. Elle pourra alors être votée, quel
que soit le nombre des Membres présents.
art vra
Le bureau de la Société se compose : d’un Président, d’un Vice-
Président, d’un Secrétaire, d’un Trésorier-bibliothécaire-archiviste,
d’un Secrétaire-adjoint et d’un ou plusieurs conservateurs des collec-
tions.
Ils sont tous rééligibles.
En cas d’absence du Président et du Vice-Président, le plus âgé des
Membres présents les remplace.
Le Président représente la Société en justice et dans les actes de
la vie civile.
ART. IX
Le Préfet du département, le Général de Division et l’Evèque du
diocèse sont, de droit, Présidents d’honneur de la Société.
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385
La Recteur de l’Académie d’Aix est, de droit, Membre honoraire et
l’Inspecteur d’Académie en résidence a Nice est, de droit, Membre de
la Société. Il fait toujours partie de la Commission de publication et
de celles qui sont nommées pour juger les mémoires présentés aux
concours ouverts par la Société.
Les séances ordinaires ne seront pas publiques ; cependant, les
personnes étrangères qui seraient présentées par un Membre titulaire,
pourront assister à une ou deux séances, avec l’agrément du Président
ou du bureau. «
art. x
Tous les ans, dans la première séance de janvier, le Trésorier pré-
sentera la situation financière de l’exercice précédent. Une commission
de trois Membres, prise en dehors du bureau, sera chargée de vérifier
les comptes ; elle fera son rapport dans la séance suivante. Dans la
seconde séance de janvier, la Société, après l’audition du rapport de la
commission des finances, réglera son budget et fixera le taux de la
cotisation pour l’année courante»
Elle procédera ensuite à l’élection des Membres qui doivent composer
son bureau.
Le nouveau bureau entrera immédiatement en fonctions.
Dès qu’il sera installé, la Société nommera trois Membres titulaires,
qui formeront, avec le bureau, le Conseil d’administration.
ART. xi
Le Conseil d’administration est convoqué par le Président aussi
souvent que les besoins l’exigent. Il doit se réunir au moins une fois
tous les deux mois, même pendant les vacances.
ART. XII
Le Président fixe l’ordre du jour des séances, dirige les délibérations
et fait partie de droit de toutes les commissions, à l’exception de celle
dont il est parlé à l’article x.
En cas de partage dans les votes, la voix du Président est prépon-
dérante.
ART. xm
Le Secrétaire est chargé de la correspondance, il rédige les procès-
verbaux qui devront être signés par le Président et par lui.
art. xiv
Le Trésorier-bibliothécaire-archiviste recueille les fonds destinés à
la Société et paye les dépenses, sur mandats signés par le. Président et
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386
par le Secrétaire. Il est chargé de la conservation et de la garde des
ouvrages, plans, gravures, etc., appartenant à la Société.
art. xv
L’exercice financier commence au 1 er octobre ; mais les cotisations
ne sont mises en recouvrement qu’après la deuxième séance du mois de
janvier suivant.
Tout Membre nouveau devra la cotisation entière de l’année, quelle
que soit la date de sa réception.
Les ressources de la Société se composent : des cotisations de ses
Membres, des subventions qui lui sont allouées, des produits de la
vente des ouvrages qu’elle publie, des dons et legs qu’elle sera auto-
risée à recevoir.
Les délibérations relatives à l’acceptation des dons et legs, aux
acquisitions, aliénations ou échanges d’immeubles, seront soumises à
l’approbation du Gouvernement.
art. xvi
Les excédants de recette qui ne sont pas nécessaires aux besoins de
la Société sont placés, conformément aux décisions du Conseil d’admi-
nistration, en fonds publics, en obligations du Crédit Foncier ou en
obligations de chemin de fer auxquelles un minimum d’intérêt est
garanti par l’Etat.
ART. X\il
La Société se réunit tous les ans en Assemblée générale.
Elle pourra tenir, tous les ans, une ou plusieurs séances publiques
où elles rendra compte de ses travaux, et où il sera donné lecture des
mémoires littéraires, scientifiques et artistiques présentés par ses
Membres, et préalablement approuvés en séance ordinaire.
Si la Société a ouvert un concours, les manuscrits couronnés feront
l’objet d’un rapport, et la distribution des prix aura lieu dans cette
même séance publique.
art. xvi i
Les listes des Membres de la Société, les comptes rendus et les pro-
cès-verbaux des séances de l’Assemblée générale ainsi que des exem-
plaires dea travaux publiés, sont adressés au ministre de l’Instruction
publique et au préfet des Alpes-Maritimes,
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Google.
387
ART. XIX
La Société s’interdit de traiter dans ses réunions et dans ses publi-
cations des questions politiques ou religieuses.
Elle s’interdit également d’introduire dans ses publications des
travaux de polémique ou de propagande religieuse ou politique. Le
Conseil sera chargé de la rédaction du règlement intérieur, qui sera
adopté en séance générale convoquée ad hoc .
art. xx
En cas de dissolution de la Société, la dévolution et l’emploi de son
avoir, tant mobilier qu’immobilier, feront l’objet d’une délibération du
Conseil qui sera soumise à l’approbation du Gouvernement.
art. xxi
Les présents statuts ne pourront être modifiés qu’en vertu d’une
délibération du Conseil d’administration et de l’approbation du Gou-
vernement.
Nice, le 22 mai 1879.
Le Président , Le V. Président,
D ? MACARIO. D’ MAURIN.
Le Secrétaire,
BRUN.
Vu à la Section de l’Intérieur, le 5 août 1879.
Le Rapporteur,
Signé : H. de VILLENEUVE.
Ces statuts ont été délibérés et adoptés par le Conseil d’Etat, dans
sa séance du 7 août 1879.
Le Maître des Requêtes, Secrétaire général du Conseil d'Etat ,
Albxàndm FOUQUIER.
Pour copie conforme :
Le chef du Bureau des Archives,
H. VALMORE.
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DÉCRET
DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE DÉCLARANT QUE LA SOCIÉTÉ
EST RECONNUE COMME ÉTABLISSEMENT D’UTILITÉ PUBLIQUE
Le Président de la République Française ,
Sur le rapport du Ministre de l’Instruction Publique et des
Beaux-Arts ,
Vu la demande formée par la Société des Lettres, Sciences
et Arts des Alpes-Maritimes, dont le siège est à Nice, à l’effet
d’être reconnue comme établissement d’utilité publique ;
Vu les Statuts de ladite Société, l'état de sa situation finan-
cière et les autres pièces fournies à l’appui de sa demande ;
Vu l'avis favorable du Préfet des Alpes-Maritimes;
Le Conseil d’Etat entendu;
Décrète :
ARTICLE PREMIER
La Société des Lettres, Sciences et Arts des Alpes-Maritimes est
reconnue comme établissement d'utilité publique.
art. 2.
Les Statuts sont approuvés tels qu’ils sont annexés.
Aucune modification ne pourra y être apportée sans l’autorisation du
Gouvernement.
art. 3.
Le Ministre de l’Instruction Publique et des Beaux-Arts est chargé
de l’exécution du présent décret.
Fait à Paris le 25 août 1879.
Signé : Jules GRÉVY.
Par le Président de la République :
Le Ministre de l'Instruction Publique et de* Beuux-Arts ,
Signé : Jules FERRY.
Pour ampliation :
Pour le chef du Cabinet et du Secrétariat ,
Le chef du bureau des Archives,
H. VALMORE.
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LISTE
DES MEMBRES DE DA SOOIÊTÉ
Président Honoraire
M. A. L. Sàrdou, y, 0. #
Membres Honoraires
S. A. S. Charles III, Prince de Monaco.
Le Préfet du Département /président d’honneur) .
Mgr l’Evêque de Nice (président d’honneur).
M. le Recteur d’ Académie d’Aix.
M. Camille Flammarion, *, astronome (1 er avril 1873).
M. Gazan, 0. #, colonel d’artillerie en retraite (3 juin 1873).
M. Gambart, consul d’Espagne (1 er avril 1876).
M. Dumoncel Ch., *, membre de l’Institut (1 er avril 1876).
S. A. le duc de Parme (11 mai 1876).
M. Garnier, sénateur (11 mai 1876).
M. César Daly, # , # , architecte , directeur de la Revue
d* Architecture (16 février 1878).
M. Fréd. Mistral , # , littérateur , Capoulié du Fédibrige
(16 juin 1878).
M. Delestràc, 0. ife, #, Inspecteur général des Ponts e^
chaussées (16 octobre 1878).
M. Victorien Sardou, 0. #, membre de l’Académie française
(16 octobre 1878).
M. Ch. Robert, >g<, membre de l’Institut (16 décembre 1878).'
M. Gustave Vallier, > 8 «, numismate à Grenoble (1 er mars 1879).
M. de Sor, géologue, professeur de l’Université, à Neufchàtel
(17 mars 1879).
M. le baron Boyer de Sainte-Suzanne, 0. >gc, gouverneur
général de la principauté de Monaco (12 avril 1879).
M. William Boyne, numismate à Nice (16 mai 1879).
M. Fr. Guessard, #, membre de l’Institut, ancien professeur à
l’Ecole des Chartes (16 décembre 1879).
M. Bischoffsheim, #, à Paris (16 janvier 1880).
BUREAU
Année 1879
Président
Vice-Président
Secrétaire
Secrétaire-Adjoint . .
Trésorier-A rchiviste .
D r Macàrio.
D r Maurin.
M. F. Brun.
D r Niepce fils,
M. Thénard.
Année 1880
D r Maurin.
M. Seligman.
M. F. Brun.
D r Niepce fils.
M. Thénard.
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390
Membres Titulaires
MM.
F. Brun, architecte à Nice,
membre fondateur, rue Sainte
Etienne, 29 (14 novembre 1861).
Juge, ingénieur des mines, membre
fondateur, rue Saint-Etienne, 24,
(14 novembre 1861).
P. Marguet , # , conseiller de
préfecture, rue Chauvain, 7 (5
février 1863).
Niepce, O. #, docteur en médecine,
quai Masséna, 5(16 février 1865).
Teysseire , météorologiste, rue
Croix-de-Marbre,2 (8 mars 1866)
F. Lagarrigue, C. >$c , consul de
Turquie et de Portugal, rue
Gioffredo, 45 (6 décembre 1866) .
A. Funel de Clausonne, avocat,
rue Gioffredo, 52 (5 décembre
1867).
A.-L. Sardou Q. O. >$<, ancien
chef d’institution, rue Adélaïde,
3 (19 mars 1868).
Blond, agent-voyer à Grasse (1 er
septembre 1868).
Piccon, #, > 5 «, avocat, ancien dépu-
té, rue Saint-François-de-Paule,
24 (1 er septembre 1868).
E. Corinaldi , propriétaire, rue
Masséna, 13 (13 novembre 1868.)
L. Giraud, docteur en médecine,
rue Saint-François-de-Paule, 11,
(13 novembre 1868).
Germain, conducteur des ponts
et chaussées en retraite, rue de
France, 32 (11 février 1869).
Chevallier, architecte à Nice,
avenue de la Gare, 28 (16 mai
1873).
Macario, >Ss docteur en médecine,
rue Croix-de-Marbre, 2 (17 no-
vembre 1873).
Carré (Charles), HS*» artiste musi-
cien et compositeur, place Saint-
Etienne, 18 (16 janvier 1874).
MM.
Bonn al, docteur en médecine, rue
de la Buffa, au Hammam (16
janvier 1874).
Faraut (Henri), docteur en méde-
cine , rue Saint-François-de-
Paule, 20 (16 janvier 1874).
Proll, docteur en médecine, di-.
recteur des eaux de Gastein
(Autriche), rue du Temple, 20
(16 janvier 1874).
De Coppet (G.-C.), chimiste, à sa
• villa des Baumettes (19 février
1874)
Henry, docteur en médecine, rue
Palermo, 5 (1 er décembre 1874).
Collongues, docteur en médecine,
rue Masséua, 24 (16 décembre
1874.)
Lambron, O. docteur en méde-
cine, rue Beaulieu, villa Michel-
Ange (4 janvier 1875).
Bonnaffé, propriétaire, rue Pas-
torelli, villa Bonnaffé (16 avril
1875) .
Domergue, géologue, rue de Paris,
7, villa des Epis (16 avril 1875).
Desforges, notaire, rue de la Pré-
fecture, 10 (16 avril 1875).
Baréty, docteur en médecine, place
Saint-Etienne, 18 (3 novembre
1875) .
Thaon, docteur en médecine, mem-
bre du Conseil général, rue Mas-
séna, 4 (3 novembre 1875).
De Montbrial, ancien magistrat,
chef d’institution, avenue de la
Gare, 23 (1 er décembre 1875) .
Regnier (An tony), artiste-peintre,
à Marseille (1 er mars 1876).
Cugnin, O. commandant du Gé-
nie, rue du Paillon, 29 (12 avril
1876) .
Masse, notaire, rue du Pont-Neuf, 7
(12 avril 1876).
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391
MM.
Bessat, procureur général à la cour
d’appel d’Aix (11 mai 1876).
Chiris (Léon), *, député, à Grasse
(11 mai 1876).
Dieudé-Défly (Auguste), >Ss ar-
chitecte, rue de France, 15 (11
mai 1876).
Duràndy, #, ingénieur civil, con-
seiller général, rue Saint-Michel,
10 (11 mai 1876).
De Fontanes, avocat, ruede France
(11 mai 1876).
Gilly (Jules), villa Giulia, montée
de Villefranche (11 mai 1876).
Roissard de Bellet, député, place
Masséna, 2 (11 mai 1876).
Bai.hstre, docteur en médecine,
professeur adjoint à la Faculté dé
Montpellier, place Charles-Félix,
3 (10 juin 1876).
Chauvain (Pierre), quai Saint-Jean-
Baptiste, hôtel Chauvain (16 juin
1876).
Risso A., avocat, rue Ségurane, 4
(16 juin 1876).
Steinbruck , hôtel d’Angleterre ,
place du Jardin-Public (16 juin
1876).
Maurin, #, docteur en médecine,
ruePapacino, 8 (16 octobre 1876).
Thénard, artiste-peintre, rue Gar-
nieri, 10 (3 novembre 1876).
Arnulphy (Bernard), docteur en
médecine, place du Jardin-Public,
6 (8 janvier 1877).
DeBarrême (comte), rue de France
60, (6 janvier 1877).
Labordette (de) O. #, #, docteur
en médecine, place Masséna , 6
(8 janvier 1877).
Niepce (Alexandre), fils, docteur
en médecine, quai Masséna, 5 (8
janvier 1877).
Grandvilliers, docteur en méde-
cine, avenue de la Gare, 8 (18 jan-
vier 1877).
MM.
Desprez , docteur en médecine ,
avenue de la Gare> 27 (16 février
1877).
Conduzorgues-Lairolle (E. ) avo-
cat, rue Longchamp, 7 (2 mars
1877).
D’Izalguier , professeur libre et
publiciste, rue Gioffredo, 47 (16
avril 1877).
Alàux, 9 . docteur ès-lettres, pro-
fesseur de philosophie au lycée de
Nice, rue Saint-Etienne, 25 (2 mai
1877) .
Defly (A) , ancien consul , rue
Saint-Etienne, 31 (2 mai 1877).
Arène (Edouard), négociant , rue
Pastorelli, 18, maison Cabasse
(3 novembre 1877).
James Bruyns Andrews, proprié-
taire , villa Pyganti, à Menton
(16 novembre 1877).
Peragallo (Al.) , directeur des
contributions indirectes, rue Pas-
torelli, 18 (15 décembre 1877).
J andin , président du tribunal de
commerce, à Lyon (9 janvier
1878) .
Lambert, docteur en médecine, rue
Garnieri, 5 (9 janvier 1878).
Petit-d'Ormoy, propriétaire, quai
Masséna, 13 (16 février 1878).
Tiengou des Rovaries, rue de la
Paix, 1 (16 février 1878).
Schouvaloff (comteP.), villa Mon-
ticello (1 er juin 1878).
Delestrée, inspecteur d’académie,
rue Gubernatis , 21 (l* r juin
1878).
Séligman, O. #, président du tri-
bunal de l re instance, rue Pa-
lermo, 5 (1 er février 1879).
Commandré , docteur en médecine,
rue de la Paix, 1 (8 février 1879).
Ducoux, docteur en médecine, ave-
nue de la Gare, 37 (l er mars 1879).
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392
MM.
Lovenstein (L.), villa Lions, pro-
menade des Anglais, 51 (1 er mars
1879).
Desjardins (P. A.) , docteur en
médecine, chalet Bounin, à St-
Barthélemy (17 mars 1879).
Harris, artiste-peintre , villa des
Rochers, ancienne route de Vii-
lefranche (17 mars 1879).
Aimé Martin, négociant, conseil-
ler général, rue Palermo, 1 (16
avril 1879).
Barbe, père, ancien maire de Can-
nes (3 novembre 1879).
MM.
Prkirk, avoué, ancien juge de paix,
rue du Pont-Neuf, 1 (3 novem-
bre 1879).
Dupeyron , docteur en médecine,
rue du Pont-Neuf, 1 (3 janvier
1880).
Schmelt, docteur en médecine, rue
Gioffredo, 46 (3 janvier 1880).
Deville (Louis), rue Garnieri, 8
(2 février 1880).
D r Troque, avenue de la Gare, 24
(16 février 1880).
Membres Correspondants
MM.
De Berluc-Pérussis, président de
la Société académique, à Aix, rue
Cardinale, ou au château de Por-
chères, par Forcalquier.
Lombard (Alexandre), à Genève.
Tarbé (Prosper), correspondant de
l’Institut, à Reims.
Mougins de Roquefort. #, con-
seiller à la Cour d’appel d’Aix.
Mougins de Roquefort, #, doc-
teur en médecine à Antibes.
Malval, ancien chef de division à
la préfecture, rue Blatin, 90, ù.
Clermont-Ferrand .
Parrocel, à Marseille.
Lescouvé, #, premier président à
la Cour d’ Appel de Limoges.
D’Aüvàrre, G. O. >jc, général
de division en retraite, place Cas-
sini, maison Astraudo.
Luigi, pasteur évangélique à l'école
de Sainte-Philomène, près Nice.
Cabrol , O. docteur-médecin,
hôpital militaire Saint^Martin, à
Paris,
MM.
Cassagne, (Armand), artiste-pein-
tre, rue du Bac, 12, à Paris.
Durenne, $*, maître de forges, rue
de la Verrerie, 20, à Paris.
Rivière, correspondant du mi-
nistre de l'Instruction publique,
rue du Bac, 93, à Paris.
Milliers, naturaliste, à Cannes.
Blanc (Edmond), y, archéologue,
correspondant du ministre de
l’Instruction publique , rue du
Faubourg -Poissonnière , 68 , à
Paris.
Cortambert (Emile), conserva-
teur à la Bibliothèque nationale
(dépôt des cartes), à Paris.
Heuzey (Léon), conservateur au
Musée du Louvre.
Azais (Gabriel) , littérateurà Béziers.
Von Sigmund, docteur en méde-
cine, à Vienne (Autriche).
Santiago Garcia de Mendoza,
consul de Portugal, à Marseille.
Vingtrinier, membre de la Société
littéraire de Lyon.
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393
MM.
Didier (l’abbé), directeur du petit
séminaire de Brignoles.
Mazard, conservateur de la bi-
bliothèque du Musée de Saint-
Germain .
Duhamel, archiviste du départe-
ment de la Corse.
Sénequihr (Paul), juge de paix à
Grasse.
Chevrier (Jules), directeur du Mu-
sée de Chàlons-sur-Saône.
Fàraut (Félix), $*, ingénieur civil
à Saigon.
Pierrugues (l’abbé) , vicaire , à
Grasse.
Lecocq , (Georges) , avocat , à
Amiens.
De Puymaigre (comte de), mem-
bre de l’Académie de Metz.
Bacquias, docteur en médecine à
Troyes.
Bersezio (Victor), auteur drama-
tique, à Turin.
Guébhard (René), ingénieur-topo-
graphe, à Zurich.
Bélin (Gaspard), homme de lettres,
à Lyon.
Raillard (l’abbé) , rédacteur du
journal scientifique les Mondes ,
à Paris.
Sémerie, (Henri), propriétaire à
Biot.
Rovery, $$, maire de Saint-Etienne
des-Monts.
Roumanille, *, littérateur à Avi-
gnon.
MM.
De Croizier, consul de Grèce, à
Versailles.
Rossi (G.),>5s inspecteur des fouil-
les de la province de Vintimille.
Baldy, ancien proviseur à Beuu-
vais.
Deslys (Ch.), littérateur, à Paris.
Dubarle, (Achille), homme de let-
tres, à Boulogne-sur-Mer.
William Ch. Bonaparte-Wyse,
littérateur et propriétaire en Ir-
lande.
Mougins de Roquefort, proprié-
taire, à Grasse.
Desjardins (Tony), #, président
de l’Académie de Lyon.
Saunière (Faul) , littérateur à
Paris.
Grellety, docteur en médecine ,
rue Lafayette, 137, à Paris.
Jolïvet (Ch.), Q f secrétaire du
gouverneur général de la princi-
pauté de Monaco.
Macê, docteur en médecine, à Aix-
les-Bains.
Bourguignat, *, géologue, à Saint-
Germain-en-Laye.
Likutaud (V.) bibliothécaire de la
ville dé Marseille.
Bénard, secrétaire en chef de la
mairie, à Boulogne-sur-Mer.'
Bottin, receveur des postes et télé-
graphes, àSaint-Vallier-de-Thiey
(Alpes-Maritimes) .
Lazard, ingénieur-civil, à Paris.
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394
ARTICLE NÉCROLOGIQUE
Dans le courant de l’année 1879 et le mois de janvier 1880,
notre Société a perdu quatre de ses membres : M. le comte
de Montalivet, M. Walferdin, membres honoraires; MM. le
colonel Féraud et Charles Nègre, membres titulaires. Une
courte notice sur chacun d’eux sera insérée dans le prochain
volume de nos Annales.
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TABLE DES MATIÈRES
Pag*
Discours du docteur Lambron , président de la Société, à la
séance publique annuelle du 19 mars 1877 5
Deux vieilles tours au Cannet, près Cannes, par M. A. L. Sardou 27
Epigraphie antique du département des Alpes-Maritimes. —
Deuxième partie : arrondissement de Nice et de Puget-Thé-
niers, par M. Edmond Blanc 50
Les patois de Biot, Vallauris, Mons et Espagnoles, par M. Paul
Sénéquier 357
Résumé des observations météorologiques faites à Nice en 1876,
par M. Tesseyre 367
Séance publique annuelle du 13 avril 1878. — Discours du Préfet.
— Exposé des travaux de la Société par le docteur Macario.
— Distribution de médailles 375
Statuts de la Société 383
Décret du Président de la République française déclarant que la
Société des Lettres, Sciences et Arts des Alpes-Maritimes,
est reconnue comme établissement d’utilité publique 388
Liste des membres de la Société 389
Article nécrologie 394
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Imprimerie et Papeterie Malv&no-Mignon, rue Gioflfredo, G2
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ES
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41
ORATELLI
41
NERMSI
\E
VEL^NI
ATTI
SVETRI
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